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Pourquoi les entreprises existent-elles ?

Les entreprises sont tout autour de nous : elles sont plus de 3,4 millions en France. On les retrouve dans la quasi-totalité des secteurs. Mais pourquoi trouve-t-on toutes ces entreprises autour de nous ? Pourquoi avons-nous besoin des entreprises ?
Pour expliquer l’existence des entreprises, deux approches peuvent être proposées : la spécialisation et la division du travail.

Entreprise et auto-entrepreneur

On oppose souvent l’entreprise et l’auto-producteur.

Cet auto-producteur est une fiction, il n’a jamais vraiment existé, mais il permet de comprendre pourquoi l’entreprise existe.

L’auto-producteur serait une personne qui n’a besoin de personne pour vivre, car elle fait tout elle-même : elle a construit sa maison, elle cultive son potager pour se nourrir, elle fabrique ses vêtements… Or il est difficile de savoir faire tout ça, mais surtout d’avoir le temps chaque jour de faire l’ensemble de ces activités.

Plutôt que de rester des auto-producteurs isolés, les hommes ont préféré se spécialiser, c’est-à-dire ne faire qu’une seule activité.
Si quelqu’un est un bricoleur par nature, il construira plus vite les maisons. En revanche, certains sont de meilleurs jardiniers ou paysans, et auront de meilleures récoltes. Chacun se spécialisant, la production totale augmente : plus de maisons pourront être construites, plus de légumes seront cultivés, plus de vêtements seront fabriqués…

Les économistes parlent donc de l’impact positif de la spécialisation sur la production et la croissance.

Tous ces biens vont alors être échangés, en les troquant ou grâce à de la monnaie. En revendant ces biens, chaque personne constituera une entreprise. Les entreprises sont nées.

Mais certains biens ou services sont plus compliqués que d’autres et nécessitent beaucoup de temps et de connaissances pour les produire. Il faut donc se mettre à plusieurs pour les élaborer, les construire et les vendre. Plutôt que de tous travailler en parallèle (chacun fabrique de A à Z une voiture), on va diviser le travail pour produire plus et plus vite (un travailleur s’occupera des roues, un des portes, un de la carrosserie, un de la peinture…).

On pourra produire plus et plus vite : c’est le résultat de la division du travail.

Adam Smith

« Prenons un exemple dans une manufacture de la plus petite importance, mais où la division du travail s’est fait souvent remarquer : une manufacture d’épingles. […] Cet ouvrage est divisé en un grand nombre de branches. […] Ainsi ces dix ouvriers pouvaient faire entre eux plus de quarante-huit milliers d’épingles dans une journée ; donc chaque ouvrier, faisant une dixième partie de ce produit, peut être considéré comme faisant dans sa journée quatre mille huit cents épingles. Mais s’ils avaient tous travaillé à part et indépendamment les uns des autres, et s’ils n’avaient pas été façonnés à cette besogne particulière, chacun d’eux assurément n’eût pas fait vingt épingles, peut-être pas une seule, dans sa, journée. »
Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776, Édition Folio Essais, 1976, p. 38-39).

Lire aussi :
Qui est Adam Smith ?

Les coûts de transaction

Si l’explication de l’existence des entreprises par la spécialisation et la division du travail est ancienne, une nouvelle approche a été développée au XXe siècle : l’approche par les coûts de transaction.

Qu’entend-on par ce terme obscur ?

Il s’agit d’un coût lié à une transaction économique, essentiellement dans le cadre d’un échange sur le marché. Les coûts de transaction regroupent donc l’ensemble des coûts liés à un achat.

Par exemple, si quelqu’un souhaite refaire sa cuisine, les coûts de transaction seront :

  • avant l’achat  : recherche d’entreprises construisant des cuisines, obtention et analyse des devis, rencontre des personnes, rédaction du contrat,…
  •  après l’achat : s’assurer que les travaux sont bien réalisés, vérification que tout fonctionne bien,…

Toute transaction est à l’origine de coûts de transaction. Ainsi, à chaque transaction, les agents économiques vont perdre du temps (et donc de l’argent) à vérifier que tout fonctionne bien. Or la multiplication de ces transactions va entrainer une augmentation des coûts de transaction.

Face à cette explosion des coûts de transaction, les artisans décident de se regrouper au sein d’une seule grande entreprise. Les contrats sont alors remplacés par des ordres, et les coûts de transactions sont réduits :

  • on sait à l’avance qui seront nos partenaires
  • les contrats n’auront pas être rédigés à chaque fois
  • chaque service de l’entreprise a intérêt à faire un travail de bonne qualité, il n’est donc plus nécessaire de le surveiller.

Le chiffre

Au 1er janvier 2010, la France comptait plus de 3,4 millions d'entreprises en activité  (source INSEE)

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