Écrit le 15/09/2025
Alors que les effets du changement climatique sont de plus en plus intenses, un événement organisé à Bercy le 12 septembre 2025 a mis en lumière les actions et solutions concrètes pour renforcer la résilience des entreprises, en lien avec les acteurs publics, privés, financiers.
Face aux effets du dérèglement climatique (sécheresse, inondation, hausse du niveau de la mer, etc.), l’adaptation des entreprises est indispensable pour garantir la poursuite de leur activité. Pour assurer la résilience du pays, la France a annoncé un troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) en mars 2025.
Alors que les effets du changement climatique sont déjà visibles, un des cinq volets du PNACC est spécifiquement dédié à l’économie et aux entreprises avec une attention particulière sur les secteurs les plus vulnérables (agriculture, pêche, industrie agroalimentaire, tourisme, énergie et transport, etc.).
S’adapter au changement climatique
Le dérèglement climatique affecte déjà les activités des entreprises de nombreux secteurs économiques, en impactant les conditions de travail, la disponibilité en eau, la fiabilité des approvisionnements énergétiques et les infrastructures de transport. Afin de répondre aux enjeux de résilience des entreprises, les services et opérateurs de l’État ont mis au point des mesures et des outils d’accompagnement, en particulier pour les secteurs les plus vulnérables.
Pour s’adapter, les entreprises doivent, d’abord, identifier les risques actuels et futurs auxquels sont exposées leurs activités. Elles peuvent s’appuyer sur l’outil de diagnostic pour l’adaptation au changement climatique (ODACC) de la Banque de France qui permet de consulter gratuitement et confidentiellement l’exposition de leur activité sur plusieurs familles d’aléas (température, précipitation, tempête, etc.). Les CCI sont aussi de plus en plus sensibilisées aux risques sur leur territoire pour accompagner les entreprises.
En complément des outils à disposition des entreprises, les entreprises peuvent s’appuyer sur des méthodes d’adaptation comme Diag’Adaptation, OCARA, Act Adaptation conçues par l’ADEME et d’autres organismes ou opérateurs de l’État, ainsi que sur des guides sectoriels adaptés aux spécificités de chaque secteur.
Adapter l’organisation ou les moyens de production impose aux entreprises d’investir. Face aux besoins de financement, les acteurs financiers ont un rôle essentiel auprès des entreprises. Plusieurs solutions de financement existent pour faciliter les investissements d’adaptation et de transition écologique des entreprises.
En 2024, le Gouvernement a créé les prêts verts garantis par l’État en complément des nouvelles garanties vertes « création et développement » de Bpifrance pour les TPE et PME. Quant aux ETI, elles peuvent émettre des Obligations Transitions pour des financements de long terme (huit ans) avec un différé d’amortissement de quatre ans. Ce dispositif est valable jusqu’au 31 décembre 2029. Enfin le fonds chaleur-froid de l’ADEME, doté de 800 millions d’euros en 2025, permet de financer des projets de froid géothermique et des réseaux chaud-froid.
Face aux risques climatiques, des actions sont menées pour maintenir une offre assurantielle à un prix accessible. Le PNACC-3 comprend plusieurs actions en faveur de l’assurabilité des entreprises, dont l’instauration en 2025 d’un Observatoire de l’assurance des risques climatiques et le renforcement de la prévention et de la sensibilisation aux risques naturels.
Des actions spécifiques aux secteurs vulnérables
Certaines activités économiques sont plus vulnérables aux effets du dérèglement climatique. Pour cette raison, des mesures spécifiques sont prévues pour accompagner ces secteurs.
L’État a appelé, en 2024, les grandes entreprises essentielles pour le fonctionnement des systèmes énergétiques et de transport à mettre au point une étude de vulnérabilité et un plan d’adaptation au changement climatique. Ce travail de vulnérabilité leur a permis d’identifier les risques induits par les différents aléas climatiques et de décrire les niveaux de service qu’ils leur seront possibles de continuer lors d’évènements climatiques, et enfin de définir les actions à mener pour assurer la résilience de leurs services.
Le tourisme, et en particulier le tourisme de montagne, est particulièrement vulnérable au dérèglement climatique. Le modèle économique des stations de ski est très affecté depuis la fin des années 2000 avec une baisse de la fréquentation. L’adaptation du tourisme de montagne devra favoriser une diversification des modèles économiques afin de réduire la dépendance aux seules activités de neige et à l’immobilier touristique.
Le secteur de l’agroalimentaire est lui aussi fortement impacté par les évolutions climatiques du fait de l’interdépendance entre les ressources naturelles, les cycles de production agricoles et la stabilité des chaines d’approvisionnement. Des mesures financières, des actions sur la consommation et la préservation de l’eau ou encore des études sur l’évolution de la production agricole et sur la transformation des procédés industriels permettront d’assurer la transformation et la résilience de ce secteur.
Les évènements climatiques extrêmes comme les tempêtes Ciaran et Domingo, impactent les réseaux les secteurs des communications électroniques. Le PNACC met en avant la nécessité d’identifier les points de vulnérabilité avec des schémas locaux de résilience et de mener des actions pour accélérer la remise en service des réseaux.
D’autres initiatives d’adaptation sectorielle sont en cours d’élaboration pour le secteur du bâtiment et de l’industrie de transformation du bois.
Développer une économie de la résilience
Le dérèglement climatique peut aussi représenter une opportunité économique pour les entreprises qui offrent des solutions d’adaptation. Les services et les opérateurs de l’État soutiennent l’émergence d’une économie de la résilience par la structuration de filière.
Par exemple, l’appel à programmes CEE soutient le développement de solutions innovantes ou performantes de rafraîchissement dans les bâtiments à usage tertiaires ou résidentiels. Autre exemple, la feuille de route nationale 2025-2030 soutient le développement de la filière du génie écologique qui regroupe des bureaux d’études et des entreprises de travaux spécialisés dans la restauration des milieux naturels.
Communiqué-Accompagner les entreprises face au changement climatique-15/09/2025
- Faire de la France la première économie verte en 2040
- Une industrie souveraine et durable
- Accompagner les entreprises face au changement climatique : anticiper et partager les solutions sur le site de la direction générale du Trésor