Écrit le 12/03/2026
Le 10 mars 2026, la France a organisé le deuxième sommet sur l’énergie nucléaire, en partenariat avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIA). Ce sommet a rassemblé l’ensemble des acteurs du secteur pour échanger sur la relance du nucléaire civil et établir une feuille de route pour 2050.
Plus de 60 pays, des acteurs économiques mondiaux, les organisations internationales du nucléaire ou encore l’Union européenne via le Conseil européen et la Commission étaient conviés à ce deuxième sommet sur l’énergie nucléaire.
Trois volets spécifiques ont été abordés :
- développer le nucléaire comme outil de lutte contre le changement climatique, de souveraineté énergétique et de compétitivité,
- mettre en avant les réponses des industriels et des filières nucléaires dans le monde,
- travailler à la convergence sur les solutions matérielles nécessaires à la concrétisation de l’engagement de tripler les capacités nucléaires d'ici 2050.
Le nucléaire, une énergie décarbonée pour répondre à la demande croissante d’énergie
Le nucléaire est une énergie décarbonée et permet chaque année d’éviter le rejet de deux milliards de tonnes de CO2 dans le monde. En effet, cette énergie est moins émettrice que le gaz et le charbon, puisqu’elle émet 12 g de CO2 par kWh d’électricité produite, contre 490 g de CO2 par kWh pour le gaz et 820 g de CO2 par kWh pour le charbon, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).
Aussi, pour concilier la demande croissante en électricité et l’enjeu de décarbonation, le nucléaire apparait comme une solution indispensable, en complément des énergies renouvelables.
L’énergie nucléaire permet notamment d’apporter une réponse à la décarbonation de certains usages jusqu'ici dépendants des énergies fossiles, comme la production de chaleur pour certains secteurs industriels ou encore de répondre aux besoins de secteurs en pleine expansion et énergivores, comme l'intelligence artificielle.
C’est pourquoi, pour répondre à ces enjeux, il est nécessaire de tripler les investissements dans l’énergie nucléaire d’ici 2030, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
La France, principale puissance nucléaire civile
En plus de 70 ans d’expérience, la France s’est positionnée comme une puissance nucléaire civile majeure. Fort de ses 57 réacteurs et de ses 18 sites, le parc nucléaire français est le plus important du monde en proportion de sa population. Sa production électrique, elle, représente plus de 65 % du mix électrique en France et près d’un quart du mix énergétique total.
La stratégie française repose sur trois axes visant à la maintenir parmi les grandes nations nucléaires, tout en contribuant à la transition bas-carbone :
- prolonger et moderniser le parc nucléaire existant,
- construire de nouveaux réacteurs de grande puissance,
- investir dans l’innovation.
À savoir
Le 13 février 2026, le Gouvernement a publié la nouvelle édition de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) et son annexe la Stratégie de développement des mobilités propres (SDMP), documents qui présentent la politique énergétique de la France pour répondre aux enjeux de consommation et de production d’énergie sur la période 2026-2035.
Un secteur d’avenir
La formation de nouveaux talents est au cœur de la stratégie pour relancer le nucléaire en France. Deux milliards d’euros sont mobilisés, dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) « compétences et métiers d’avenir » du programme de France 2030, pour former de nouvelles personnes et répondre aux enjeux de réindustrialisation et de souveraineté. En effet, la relance du nucléaire nécessitera plus de 100 000 recrutements dans les dix prochaines années.
38 pays en faveur du triplement des capacités nucléaires d'ici 2050
Lors de la COP28 à Dubaï, 25 pays dont la France avaient appelé à tripler la production d'énergie nucléaire d'ici 2050. À la suite de cela, huit autres pays avaient soutenu cet objectif.
Désormais, à l'issue de ce deuxième sommet sur l'énergie nucléaire, la déclaration a reçu le soutien de la Chine, de l'Afrique du Sud, de la Belgique, du Brésil et de l'Italie.
Au total, ce sont donc 38 pays signataires pour tripler les capacités nucléaires d'ici 2050.
- Dossier de presse – Deuxième sommet sur l’énergie nucléaire – pour « une énergie nucléaire sûre et accessible pour tous » - 10 mars 2026
- Sommet sur l’énergie nucléaire : vers un triplement des capacités mondiales d’ici à 2050 (10 mars 2026) – sur le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
- Déclaration de l'Alliance du Nucléaire - 10 mars 2026, Paris [PDF - 115 ko]
- Communiqué de presse - Sommet pour l'énergie nucléaire : 38 pays en faveur du triplement des capacités d'ici 2050 - 11 mars 2026