Sécurité du développement de la filière hydrogène

photo hydrogene

Rapport à la demande de Madame la ministre de la Transition écologique.

Dans un contexte d’impérieuse nécessité de diminuer drastiquement l’usage des énergies fossiles, l’Union européenne et plusieurs Etats membres, dont la France, ont élaboré des stratégies ambitieuses pour le développement de l’hydrogène.

Les priorités de la stratégie française sont d’une part la fabrication d’hydrogène décarboné, produit par électrolyse de l’eau réalisée en utilisant de l’électricité renouvelable ou d’origine nucléaire ; d’autre part son usage par les industries déjà utilisatrices d’hydrogène carboné mais aussi par d’autres industries pour permettre leur décarbonation.

La stratégie française prévoit également de développer l’usage de l’hydrogène décarboné dans le domaine de la mobilité lourde (véhicules utilitaires, poids lourds, trains, avions).

La mission confiée par la ministre de la transition écologique au CGE et à l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) porte sur la sécurité du développement de cette nouvelle filière.

La mission a constaté que l’hydrogène est l’objet en France d’un engouement très fort qui conduit à un grand foisonnement de projets. On observe toutefois un écart important entre ces projets et les objectifs ambitieux qui sont annoncés, et des réalisations effectives encore très modestes. La mission en donne plusieurs explications comme les incertitudes majeures relatives à l’évolution des prix de l’électricité dans les prochaines années, ou celles concernant le rythme auquel la « massification » de la fabrication des équipements permettra d’en baisser les coûts.

Le deuxième volet de la mission concerne la sécurité du développement de la filière. En effet, l’hydrogène s’enflamme beaucoup plus facilement que d’autres gaz et les risques de fuite sont également plus élevés. Des phénomènes de fragilisation des métaux des canalisations sont aussi observés.

L’ampleur du risque est fortement réduite à l’extérieur et en milieu ouvert. En revanche, le risque est sensiblement accru en milieu confiné. Ainsi, le stationnement des véhicules à hydrogène dans un parking couvert ou fermé, et leur circulation dans des tunnels, sont des situations à risques, sur lesquelles malheureusement la réglementation est aujourd’hui à peu près muette. Par conséquent, il est indispensable de fixer aussi rapidement que possible une doctrine concernant la sécurité dans les parkings fermés et les tunnels.

L’ensemble des leviers mis en place par l’Etat pour soutenir le développement de la filière devraient être mobilisés afin d’accroître la sécurité. La mission recommande également d’approfondir les analyses des accidents et incidents liés à l’hydrogène et d’améliorer leur partage au sein de la profession, et de veiller à maintenir au meilleur niveau l’expertise publique sur la sécurité hydrogène.

Enfin, la mission souligne l’intérêt de la démarche de travail conjoint que la Direction Générale de la Prévention des Risques (DGPR) a mise en place avec l’association France Hydrogène qui fédère les acteurs de la filière. C’est la meilleure voie possible pour réussir à adapter la réglementation, en évitant toute « sur-sécurisation » qui se traduirait par des contraintes excessives ou trop différentes de celles en vigueur dans les pays voisins.

Consulter le rapport (11.3 Mo).

Auteurs :

  • Isabelle WALLARD - CGE.
  • Emmanuel CLAUSE - CGE.
  • Michel ROSTAGNAT - IGEDD.
  • Bernard LARROUTUROU -IGEDD.