[Vidéo] Le plan « Notre IA » pour les services publics dévoilé

Écrit le 17/06/2026

À la veille du salon VivaTech, David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, a organisé le 16 juin 2026 à Bercy un événement consacré au déploiement de l'intelligence artificielle dans les services publics, réunissant agents publics et acteurs du numérique français. Le ministre a conclu ces travaux par une présentation du plan pour une IA utile, humaine et souveraine pour les agents et l'efficacité de l'action publique. Découvrir les annonces du plan « Notre IA ».

Revoir la keynote et les annonces de David Amiel

Une IA utile : outiller les agents avec des solutions pertinentes et souveraines

L’IA est déjà présente dans les administrations, parfois de manière informelle ou sans cadre commun. La stratégie de l’État vise à organiser ces usages en concentrant les efforts sur des applications utiles, sécurisées et immédiatement efficaces pour les agents.

Trois priorités guident le déploiement :

1-  Redonner du temps aux agents grâce à une IA du quotidien sécurisée et souveraine

« L’Assistant » : une IA conversationnelle pour chaque agent de l’État

Développé par la DINUM avec Mistral AI, cet assistant IA sécurisé et souverain est désormais accessible à tous les agents de l'État. Il permet de résumer un rapport, reformuler une note, extraire des informations d'un document ou traduire un texte. Il s'est récemment enrichi de nouvelles fonctionnalités, notamment la création de projets s'appuyant sur des bases documentaires dédiées. Il continuera d'évoluer avec l'ajout de la commande vocale, de bases de connaissances spécialisées et d'agents adaptés à certains métiers. 

Déjà utilisée par plus de 200 000 agents et en cours de déploiement à tous les agents, Visio deviendra d'ici 2027 la solution de visioconférence de référence de l'État. La plateforme intègre également de nouvelles fonctionnalités d'IA développées à partir de technologies françaises, notamment l'identification automatique des intervenants, la génération de comptes rendus de réunion et, prochainement, le sous-titrage en temps réel pour améliorer l'accessibilité. Son usage généralisé permettra d’économiser plusieurs millions d’euros par an en licences de logiciels non-européens.

Avec Transcripts, l'État met à disposition de tous ses agents un outil souverain capable de retranscrire automatiquement un échange audio en quelques secondes, en identifiant les différents intervenants et leurs prises de parole. Accessible depuis un navigateur web, une application mobile ou directement intégré aux outils métiers, Transcripts permet de transformer un enregistrement en transcription exploitable sans ressaisie manuelle. 

Développé par le MEAE, DiploIA permet de traduire des documents dans 64 langues ainsi que de transcrire et sous-titrer automatiquement des contenus audio et vidéo. Cette solution commencera à être déployée dans des administrations de l'État à partir de la seconde quinzaine de juin 2026.

2- Améliorer la qualité du service rendu et simplifier les démarches

Les conseillers France services sont sollicités par les usagers sur des centaines de démarches, dont certaines évoluent fréquemment. Afin de les aider au mieux dans l’exercice de leurs missions, un outil d’IA générative à leur disposition sera expérimenté d’ici l’automne 2026. Il s’appuiera sur la solution ARIA, un assistant IA conçu par la DILA pour les téléconseillers du dispositif « Allô Service Public 3939 » et du site service-public.gouv.fr.

Déployé auprès des agents de la DGFiP, Langage Clair utilise l'IA pour reformuler les courriers administratifs dans un langage plus simple, plus direct et plus accessible.  L'outil aide les agents à transformer des formulations techniques ou juridiques en explications compréhensibles par le plus grand nombre, tout en conservant la précision nécessaire.

Chaque année, la Justice, dans l’ensemble de ses métiers, rend plusieurs millions de décisions et réalise plusieurs millions d’auditions. Dans ce contexte l’usage prioritaire de l’IA consiste à appuyer les métiers sur des cas d’usage de synthèse de dossiers et de retranscription. Ces cas d’usage permettront de réduire les délais de traitement et d’améliorer les conditions de travail des personnels du ministère de la Justice.

3- Renforcer les fonctions support et expertes au cœur de l’action publique

Qu'il s'agisse du juridique, des achats, des finances, de l’informatique ou des ressources humaines, en facilitant l'analyse de dossiers complexes et l'accès à l'expertise.

Parmi les solutions :

L’État déploiera progressivement une solution d’intelligence artificielle pour assister les acheteurs publics dans l’analyse des offres de marchés.

Afin d’accélérer la production d’analyses, de faciliter la veille normative et d’assister la rédaction de textes. Plusieurs milliers de juristes de l’État pourraient être équipés d’ici 2027.

Cette solution permet de préremplir automatiquement dans Chorus les données des marchés publics notifiés sur PLACE, à partir de l’analyse des pièces contractuelles aujourd’hui saisies manuellement par les agents.

Une IA humaine, qui se construit avec et pour les agents

Le succès de l'IA dans les services publics repose d'abord sur les agents qui les utilisent au quotidien. Former les agents, accompagner l'évolution des métiers, donner un cadre clair aux usages, associer les organisations syndicales aux choix de déploiement et mobiliser les compétences de l'ensemble de l'écosystème public sont des conditions indispensables à la réussite de cette transformation. 

Pour éclairer le déploiement de ce plan, une enquête a été menée auprès d’environ 2 000 agents publics issus de neuf administrations et opérateurs de l’État. Les résultats montrent une perception largement positive de l'IA au travail : 83 % des répondants en ont une image favorable. Surtout, 59 % estiment qu'elle permet de réduire les tâches les plus répétitives ou les moins valorisantes, tandis que 46 % considèrent qu'elle améliore le sentiment du travail bien fait. Ces résultats confirment une attente forte des agents : utiliser l'IA pour alléger la charge administrative et consacrer davantage de temps aux missions qui donnent du sens à leur engagement au service du public. Consulter les résultats de l’enquête.

L'IA transforme déjà la manière de travailler dans les services publics. Parce qu'elle touche à l'organisation du travail, aux métiers, aux compétences et aux conditions d'exercice des missions, elle doit devenir un objet à part entière du dialogue social. Le ministre de l’Action et des Comptes publics a annoncé en avril 2026 l’ouverture d’une négociation avec les organisations syndicales de la fonction publique en vue d'aboutir à un accord-cadre sur l'IA à l’automne.

Pour accompagner le déploiement de l’IA dans les services publics, l'État met à disposition de l'ensemble des agents un guide d'usage de l'IA. Ce document rappelle les bonnes pratiques à adopter, les précautions à prendre en matière de confidentialité et de protection des données, ainsi que les situations dans lesquelles le recours à l'IA est pertinent ou, au contraire, doit être évité. Ce guide constitue dès à présent un socle commun utilisable par les agents pour développer des usages de confiance, cohérents avec les principes du service public. Il pourra être amené à évoluer à l’issue de la négociation de l’accord-cadre sur l’IA. Consulter le guide 

Pour réussir le déploiement du plan Notre IA, l'État engage un plan de formation à grande échelle.
Les premiers déploiements d'outils d'IA se sont accompagnés d'actions de sensibilisation, avec plus de 50 000 agents publics formés ou sensibilisés à l'IA en 2025. Le Campus du numérique public met déjà à disposition un ensemble de ressources et de formations en accès-libre à tous les agents tels que les MOOC « Découvrir les IA génératives », MOOC « Objectif IA », et des webinaires trimestriels.

L’enjeu est désormais de permettre à chaque agent concerné par l'usage de l'IA de disposer des connaissances et des repères nécessaires pour l'utiliser dans de bonnes conditions. L’objectif : former d'ici 2027 les agents de l'État les plus directement concernés par l'usage de l'IA dans leur activité professionnelle. En s’appuyant sur l'INRIA, la DINUM et la DGAFP, l'État déploie une offre de formation dédiée pour les aider à identifier les opportunités offertes par l'IA, conduire les transformations au sein de leurs équipes et accompagner l'évolution des métiers

À partir de la rentrée 2026, les Instituts régionaux d'administration (IRA), futurs Instituts du service public (ISP), renforceront l'enseignement de l'IA dans leurs formations initiales et continues afin de préparer les cadres publics à utiliser ces outils, à en comprendre les limites et à accompagner leur déploiement dans les administrations.

Pour accompagner le déploiement de l'IA et renforcer la maîtrise de ses systèmes numériques, l'État engage un mouvement de réinternalisation des compétences du numérique d'ici 2027 dans les domaines les plus stratégiques : intelligence artificielle, cloud, cybersécurité, données, architecture et développement logiciel, en face d’économies budgétaires en prestations externes.

Une IA souveraine, fondée sur des infrastructures et des technologies maîtrisées par l'État et ses partenaires européens 

L'IA ouvre une nouvelle bataille de souveraineté. Les infrastructures de calcul, le cloud, les données, les logiciels et les modèles d'IA sont stratégiques, et l'État ne peut bâtir les services publics de demain sur des technologies qu'il ne maîtrise pas.  Face à cet enjeu, l'État fait le choix d'une stratégie collective associant administrations, recherche, collectivités territoriales et entreprises françaises et européennes. Le plan « Notre IA » s'appuie sur trois priorités : 

La DINUM devient l'Autorité référente pour l'intelligence artificielle et le numérique de l'État (ARIANE). Elle aura pour mission de définir les standards communs, piloter les infrastructures numériques stratégiques, coordonner les grands partenariats technologiques et veiller à la maîtrise des dépenses numériques. Son rôle sera également de garantir la cohérence des architectures techniques de l'État et de favoriser la mutualisation des investissements entre administrations.

Le déploiement du plan « Notre IA » reposera par ailleurs sur une gouvernance interministérielle renforcée associant ARIANE, la Direction des services publics (DSP) et la DGAFP.  Cette « cellule de l'IA dans l'État » aura pour mission de coordonner l'identification des usages prioritaires, l'accompagnement des administrations et le suivi des projets.

Plus globalement, l'État met en place un socle technique commun permettant à l'ensemble des administrations de développer et d'exploiter des usages d'IA dans des conditions de sécurité et de performance homogènes. Cette architecture repose sur des infrastructures cloud qualifiées SecNumCloud, des capacités de calcul mutualisées et des briques technologiques communes mises à disposition des ministères. Au-delà des infrastructures, l'État se dote d'une doctrine commune en matière d'IA ainsi que d’une cellule conformité IA.

Chaque ministère fera remonter ses besoins en capacités de calcul et déclarera les ressources existantes afin de les intégrer au socle interministériel commun. 

Une circulaire du Premier ministre sur les achats numériques fixe un cadre commun visant à rationaliser les décisions, à privilégier la réutilisation et la mutualisation des solutions existantes, et à mettre fin à la logique coûteuse et peu efficace du développement systématique en silo.

Cette démarche s'inscrit dans une ambition plus large : structurer une véritable base industrielle et technologique du numérique (BITN). À l'image de ce qui existe dans le domaine de la défense, l'État entend identifier, accompagner et développer des partenariats de long terme avec les acteurs industriels français et européens stratégiques du cloud, de l'IA, de la cybersécurité et des logiciels critiques. Dans ce cadre, des partenariats structurants sont d’ores et déjà engagés, notamment dans le domaine de l’IA générative, du cloud souverain et des infrastructures de calcul. 

Cette stratégie s’inscrit dans un impératif d’efficience de la dépense numérique de l’État, qui représente aujourd’hui environ 4,5 milliards d’euros par an (hors opérateurs), répartis entre les infrastructures, les logiciels, les services cloud, la maintenance et les prestations associées. Une part significative de cette dépense concerne des éditeurs non souverains.

Dans ce contexte, l’État se fixe un objectif clair de réduction, puis de sortie progressive, des dépendances critiques aux solutions logicielles non souveraines, en particulier dans les domaines du système d’exploitation et de la bureautique, dépendances appelées à s’accentuer avec le déploiement massif des outils d’IA. L’enjeu est double : reprendre la maîtrise technologique sur les outils quotidiens des agents publics et renforcer la souveraineté numérique de l’État.  

Ressources complémentaires

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