Que finance l’épargne des Français ?

Écrit le 15/01/2026

La direction générale du Trésor a publié une étude sur le comportement d’épargne des Français dans sa dernière note Trésor-Éco. Prudents, les Français privilégient les placements liquides et sécurisés, mais leur épargne n’en contribue pas moins au financement de l’économie.

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Le patrimoine financier des ménages atteint 6 596 milliards d’euros au premier semestre 2025. Ce montant représente 40 % du patrimoine total des Français, le reste étant principalement investi dans l’immobilier.

Cet argent ne dort pas sur les comptes bancaires des épargnants, puisqu’il est réinjecté dans l’économie pour financer les besoins en capitaux des entreprises, des ménages et des administrations publiques. Ainsi, les acteurs économiques disposent de moyens financiers pour investir et créer de la valeur. En épargnant, les Français participent au financement de l’économie réelle.

Lire la note Trésor-Eco

Une épargne abondante, sécurisée et diversifiée

Depuis la crise du Covid, les ménages français épargnent beaucoup. Le taux d’épargne financière (10,5 % du revenu brut disponible au T2 2025) dépasse désormais celui des ménages allemands. Une première depuis l’an 2000.

Prudents dans leurs choix d’investissement, les Français privilégient deux critères pour placer leur argent :

  • la sécurité : en protégeant son argent (capital garanti par l’État, éviter la volatilité)
  • la liquidité : en s’assurant que l’argent reste disponible en cas de besoin.

Ce biais de prudence incite les Français à adopter une allocation équilibrée de leur épargne qui se répartit de manière agrégée au niveau de l’ensemble des français, ainsi :

  • un tiers de dépôts bancaires (2 127 milliards d’euros) sur les comptes courants, les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP), les dépôts à vue et comptes à termes,
  • un tiers de produits d’assurance (2 245 milliards d’euros) dans des contrats d’assurance-vie via notamment les fonds euros,
  • un tiers de détention d’entreprises (2 167 milliards d’euros) via des actions (cotées et non cotées) ou d’autres participations.

Les dépôts bancaires et les supports en fonds euros sont considérés comme des placements sûrs. Le capital est garanti et accessible. En contrepartie, leur potentiel de rendement est plus faible.

Pour une épargne plus dynamique, les Français s’exposent aux titres financiers avec leur PEA et CTO, ainsi qu’aux unités de compte dans l’assurance-vie. Enfin, le patrimoine professionnel des entrepreneurs constitue également une forme d’investissement. 

L’épargne financière : un outil pour financer l’économie

Quel que soit le profil de risque de l’épargnant, l’argent ne dort jamais sur un compte. Comme un jeu de vases communicants, les intermédiaires financiers (banques, assureurs, fonds d’investissement) réinvestissent systématiquement les fonds pour financer les besoins en capitaux :

  • des entreprises (à travers l’achat d’actions, d’obligations ou en fournissant des prêts bancaires),
  • des ménages (en fournissant des crédits)
  • des administrations publiques (à travers l’achat de la dette souveraine).

Ainsi sur 10 euros de patrimoine financier des Français, l’allocation finale se décompose en :

  • 4 euros investis dans le capital des entreprises (actions). Ce montant global représente, d’une part, l’argent investi par les épargnants pour acquérir des actions en bourse (deux euros), et d’autre part, les capitaux investis par les entrepreneurs dans leur propre entreprise (deux euros),
  • 3 euros investis dans les obligations (la dette) des administrations publiques et des entreprises, essentiellement françaises,
  • 2 euros pour financer des prêts aux ménages et aux entreprises,
  • 1 euros pour la trésorerie des intermédiaires financiers.

Par exemple, en plaçant l’épargne dans un livret A, les Français participent indirectement au financement du logement social et d’autres infrastructures en France. De la même manière, en investissant dans des fonds euros sur un contrat d’assurance-vie, l’épargne permet de financer, en partie, la dette de l’état et de ses administrations. 

Une structure d’épargne stable dans le temps

Depuis la crise sanitaire, la composition du patrimoine financier des Français a peu évolué, même si la part investie dans les entreprises tend à progresser en raison de la hausse de la valeur des entreprises.  

Ces investissements peuvent constituer une source de financement pour les entreprises qui peuvent, ainsi, financer des projets à long terme, notamment dans la transition écologique et dans le développement des nouvelles technologies. 

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