Écrit le 24/04/2026
À l’occasion de l'événement « Objectif Reprises » organisé ce jeudi 23 avril 2026 à Bercy, Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat a présenté le plan d'action de l'État pour soutenir la transmission-reprise d'entreprise. Détails des mesures.
500 000 : c’est le nombre d’entreprises qui seraient susceptibles d’être cédées dans les dix prochaines années du fait du départ à la retraite de dirigeants.
Pour faire face à ce défi majeur pour la vitalité économique des territoires, l’ensemble des acteurs publics et privés se sont réunis à Bercy à l’occasion de l’événement « Objectif Reprises ».
500 000
Dirigeants qui partiront à la retraite dans les 10 prochaines années
3 millions
Nombre d'emplois potentiellement concernés
50 %
Part des entreprises ne trouvant pas de repreneurs
Cet événement marque le lancement d’une mobilisation inédite et de la prise d'engagements forts pour accompagner les entrepreneurs dans la transmission ou la reprise d'entreprises, qui doit devenir une grande cause économique nationale.
S’appuyant sur les travaux de la « Mission Reprise » lancée en 2025, le plan d’action de l’État s’articule autour de trois axes principaux :
Axe 1 : informer et sensibiliser les cédants comme les repreneurs
Si l'information relative à la transmission-reprise est aujourd'hui abondante, elle peut sembler trop souvent dispersée. La reprise d'entreprise reste par ailleurs une voie d'accès à l'entrepreneuriat largement sous-estimée, tandis que trop de dirigeants abordent encore tardivement la question de leur transmission.
Cet axe vise à réunifier, clarifier et rendre accessible l’ensemble des ressources utiles, mais également à installer durablement la transmission-reprise dans l’imaginaire économique collectif, auprès notamment des dirigeants cédants, des repreneurs potentiels, des jeunes et des prescripteurs.
Parmi les solutions qui seront mises en place :
- L’envoi d’un courrier à tous les dirigeants atteignant 55 ans pour les sensibiliser à l’anticipation de la transmission de leur entreprise. Cette démarche sera renouvelée tous les ans pour les chefs d’entreprise ayant atteint 55 ans.
- Dès avril 2026, lancement d’une campagne de sensibilisation des dirigeants via l’Opération nationale menée par les CCI et CMA.
Ce guide unique a pour objectif de centraliser l’ensemble des informations utiles pour les cédants et repreneurs, conçu par et diffusé via l’ensemble des membres de la Mission Reprise dès avril 2026.
Il présentera notamment les différentes formes juridiques possibles pour la reprise d’une entreprise (entreprise individuelle, holding, coopérative, etc.) dans le but d’accompagner le repreneur dans le choix de la structure la plus adaptée à son projet.
Dès avril 2026, une campagne de communication à destination du grand public et de publics de repreneurs potentiels sera lancée, notamment à travers l’Opération nationale menée par CCI-CMA.
Par ailleurs, de nouvelles ressources pédagogiques seront déployées, notamment auprès des lycées professionnels, des établissements d’enseignement supérieur et des principales associations intervenant auprès des jeunes et des étudiants.
Interlocuteurs privilégiés des dirigeants des TPE et PME, les experts comptables seront sensibilisés via plusieurs actions (webinaires, guides, actions locales, etc.) afin qu’ils incitent leurs clients à anticiper leur transmission, leur proposent une estimation en continu de la valeur de leur entreprise, et les conseillent.
Lancement de l’Opération nationale Transmission 2026
Lancée par CCI France et CMA France, l’Opération nationale Transmission 2026 est une initiative ambitieuse pour anticiper, accélérer et sécuriser les transmissions d’entreprises.
Dès le 24 avril 2026 et pendant une année entière, des actions de sensibilisation seront organisées dans toute la France conjointement par les CCI et CMA, en partenariat avec les acteurs de l’accompagnement à la transmission reprise, à destination des cédants, des repreneurs, du public jeune et des acteurs économiques locaux.
Objectif : sensibiliser 25 000 cédants ou repreneurs potentiels par an.
Axe 2 : rapprocher cédants et repreneurs
La grande majorité des opportunités de reprise n’est pas annoncée publiquement. Les cédants privilégient souvent les réseaux informels, notamment par crainte pour la stabilité de leur entreprise. Cette asymétrie d’information décourage les repreneurs potentiels et ralentit les transactions.
Cet axe vise à rendre visible et accessible le marché caché de la reprise, en mobilisant les plateformes numériques et les évènements de terrain.
L’objectif est de rénover la Bourse de la Transmission Bpifrance et en faire « l’application de rencontre » de référence entre cédants et repreneur :
- en permettant aux experts-comptables et aux organisations professionnelles de diffuser des annonces pour le compte de leurs clients/membres,
- en orientant vers les plateformes dédiées aux reprises à la barre parmi les sites partenaires de la Bourse,
- en renforçant la visibilité de la Bourse dans les contenus de communication sur la transmission et la reprise.
82 %
Part des dirigeants qui méconnaissent le Pacte Dutreil
57 %
Part des cessions en 2024 qui concernaient le commerce et la restauration
30 %
Part des repreneurs ayant eu des difficultés à financer leur reprise (44 % pour les repreneurs salariés)
Axe 3 : soutenir et accompagner la transmission d’entreprise
La transmission et la reprise d’entreprises constituent un enjeu majeur pour la pérennité du tissu économique français et la vitalité des territoires. Aujourd’hui, une reprise sur deux s’effectue dans un cadre familial, soulignant le rôle structurant de la transmission familiale dans la continuité des activités, notamment au sein des PME, ETI et très petites entreprises. Ces entreprises, souvent ancrées localement, se distinguent par des performances solides, portées par une vision de long terme. Des dispositifs comme le pacte Dutreil participent à soutenir cette dynamique essentielle.
Parallèlement, la reprise par les salariés apparaît comme une voie prometteuse pour préserver les emplois, les compétences et les savoir-faire. Elle présente des avantages significatifs, tels qu’une meilleure connaissance de l’entreprise et des perspectives économiques souvent plus favorables. Pourtant, cette forme de transmission reste encore insuffisamment développée, ne représentant que 17 % des reprises, ce qui souligne la nécessité de la renforcer pour en faire un véritable levier de continuité économique.
Plusieurs freins viennent par ailleurs limiter ces dynamiques notamment la complexité des cadres fiscaux et juridiques, qui nécessite un besoin important d’accompagnement, ainsi que des difficultés d’accès au financement : près d’un tiers des repreneurs peinent à réunir les ressources nécessaires, dans un contexte où les prix de cession ont fortement augmenté ces dernières années.
Dans ce contexte, il apparaît essentiel de soutenir et de stimuler les différentes formes de transmission, tout en simplifiant leur environnement fiscal et juridique et en facilitant l’accès aux financements. L’objectif est de faire de la transmission familiale et de la reprise par les salariés deux piliers complémentaires, capables d’assurer la pérennité des entreprises et le dynamisme économique des territoires.
Afin d’améliorer l’identification du dispositif et la capacité à le mobiliser par les chefs d’entreprise souhaitant transmettre leur entreprise, il est proposé d’engager un travail de concertation avec les parties prenantes concernées en vue de définir un « dossier type Dutreil ». Ce cadre commun préciserait les engagements attendus, les pièces justificatives et le calendrier de mise en œuvre, en s’appuyant sur des cas pratiques et des schémas de transmission partagés. Une telle démarche favoriserait la capacité des chefs d’entreprise à y recourir dans des conditions sécurisées.
Parmi les actions à mener :
- démocratiser la transmission d’entreprises aux salariés souhaitant devenir actionnaires via le partage de la valeur et l’actionnariat,
- favoriser la stabilité de la gouvernance actionnariale en faisant mieux connaître les conditions permettant de conserver le FCPE reprise une fois l’opération achevée,
- et renforcer l’obligation d’information triennale des salariés de toute entreprise de moins de 250 salariés.
L’objectif de cette mesure est de faire du crédit-vendeur un levier de financement des reprises en permettant un étalement du paiement de l’imposition des plus-values pour tenir compte de la disponibilité des fonds échelonnée dans le temps.
Deux dispositifs sont visés en particulier :
- le Prêt Croissance Transmission permettant de financer la reprise des PME,
- la garantie transmission permettant de faciliter le financement des reprises (titres et fonds de commerce) des TPE et des PME avec une quotité maximale de 60 % proposée aux partenaires bancaires.
Parmi les dispositifs de financement, deux gagneraient à être valorisés :
- le prêt d’honneur,
- le plan d’épargne d’entreprise : les détenteurs d’un tel plan peuvent le débloquer pour reprendre une entreprise.
À propos de la Mission Reprise
Lancée en juillet 2025, la Mission Reprise rassemble les principaux acteurs de la transmission-reprise d'entreprises en France. Elle réunit ainsi plus de 200 acteurs, issus d’une trentaine de structures (chambres consulaires, institutions, administrations, réseaux d'accompagnement, organisations professionnelles, banques et collectivités) autour de deux objectifs :
- aider les dirigeants à anticiper et préparer leur transmission,
- faire de la reprise d'entreprise un acte entrepreneurial accessible, sécurisé et valorisé.
Elle devient un dispositif pérenne, après avoir identifié les principaux freins à la transmission-reprise et formulé des réponses concrètes.