[vidéo] Conférence sur l'avenir de la sidérurgie européenne

Écrit le 29/07/2025

Marc Ferracci, ministre chargé de l'Industrie et de l'Énergie, a organisé, jeudi 27 février 2025 à Bercy, une conférence ministérielle sur l'avenir de la sidérurgie européenne. Plusieurs ministres européens ont participé à ce sommet en appelant, dans une déclaration commune, à un plan d’action d’urgence pour la sidérurgie européenne.

L’avenir de la sidérurgie européenne

Pour préparer le dialogue stratégique sur l’acier lancé par la Commission européenne en mars prochain, les ministres européens ont échangé autour des difficultés actuelles de l’industrie sidérurgique. Dans une déclaration commune [pdf-113Ko], la France, l’Espagne, l’Italie, le Luxembourg, la Belgique, la Roumanie et la Slovaquie appellent à un plan d’action d’urgence pour maintenir l’activité sidérurgique en Europe et conduire la décarbonation de ce secteur.

La sidérurgie, un secteur en difficulté

La filière sidérurgique européenne fait face à une baisse de sa production et à la mise sous cocon de certaines de ses capacités de production en raison d’une baisse de la demande et à une hausse des importations.

Cette situation découle de plusieurs causes :   

  • une surcapacité mondiale croissante,
  • la hausse des prix de l’énergie en Europe,
  • la hausse du coût du carbone.

Mettre en œuvre un plan d’action d’urgence pour l’industrie sidérurgique

Les participants à ce sommet mènent une réflexion pour élaborer une feuille de route ambitieuse qui permettra de développer une industrie propre en Europe, d’attirer les investissements et de préserver la présence d’industries énergo-intensives sur le continent.

Ainsi, les pays appellent à prendre des mesures d’urgence pour renforcer les instruments de défense commerciale dans le but d’assurer aux sidérurgistes européens un cadre de concurrence internationale loyal et équitable, avec :   

  • la mobilisation complète et accélérée des instruments anti-dumping et anti-subventions, y compris sur la base de la notion de « menace de préjudice » en continuant d’ouvrir des enquêtes sans attendre que le préjudice soit effectif, de sorte à protéger l’industrie avant que le dommage ne soit irréversible.   
  • l’amélioration rapide de la mesure de sauvegarde actuellement en vigueur. Des propositions concrètes ont déjà été adressées à la Commission européenne. Les participants du sommet sont favorables à la révision des quotas d’importation pour les rendre plus conformes à la demande réelle de l’Union européenne.   
  • des mesures pour protéger efficacement l’industrie sidérurgique européenne contre la concurrence déloyale et la surcapacité mondiale. Les mesures de sauvegarde sur l’acier expireront en juin 2026 et leur prolongation n’est pas autorisée par les règles de l’OMC. L’Union européenne doit, par conséquent, travailler à la conception d’une solution pour protéger l’industrie sidérurgique. Ce nouveau cadre nécessitera une approche équilibrée qui prendra en compte l’intérêt de l’Union européenne dans son ensemble (producteurs, utilisateurs, importateurs et consommateurs). Le montant des droits de douane appliqué aux importations excédentaires pourra être réhaussé si nécessaire. La France et ses partenaires européens demandent à la Commission d’étudier l’effet de droits de douane additionnels de 50 %.

Pour favoriser la décarbonation et assurer la compétitivité de la sidérurgie européenne, des mesures structurelles sont nécessaires, dont :   

  • l’amélioration du mécanisme d’ajustement aux frontières pour le carbone (MACF) pour lutter contre les fuites de carbone.   
  • la garantie d’un approvisionnement énergétique stable et sûr, et d’un coût de l’énergie compétitif au niveau de l’Union européenne pour les entreprises fortement consommatrices d’énergie et exposées à la concurrence internationale.
  • la sécurisation de l’accès aux matières premières en encourageant, notamment, le recyclage des ferrailles et en contrôlant mieux les exportations de ferrailles hors de l’Europe.  
  • le développement d’une industrie sidérurgique bas carbone et circulaire en remplaçant autant que possible le minerai de fer par de la ferraille. Pour cela, l’Europe doit soutenir la recherche pour recycler la ferraille. Le Fonds d’innovation doit, par conséquent, être plus simple et plus efficace. 
  • le financement des projets de décarbonation et d’électrification de l’industrie sidérurgique. L’Union européenne doit évaluer les besoins de financement public et privé et proposer de nouvelles voies de financement. 
  • la création d’un cadre pour la croissance des marchés pilotes pour les produits verts. La déclaration commune soutient le développement de marchés publics verts dans toute l’Union européenne qui obligeraient, par exemple, l’utilisation d’un pourcentage d’acier vert dans les infrastructures publiques et la construction.

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