NOR : ECOC0400095V
Partant du constat
quil y avait un vide à léchelon
régional, aussi bien en ce qui concerne le dialogue
social sur les sujets de consommation que relativement à
lémergence et à lexpression du point
de vue des consommateurs, des associations nationales de consommateurs
ont proposé que soit engagée une réflexion
politique sur ce sujet.
Le secrétaire dEtat en
charge de la consommation a présenté un mandat
au bureau du CNC le 25 janvier 2002.
Ce thème, confié à
un groupe de travail, implique de réfléchir
au poids grandissant de léchelon régional
afin que les questions touchant à la consommation puissent
y être examinées avec tous les interlocuteurs
concernés.
Une telle réflexion implique
nécessairement de sinterroger sur la place des
structures départementales existantes et leur devenir.
Le CNC a pris connaissance des propositions
relatives à léchelon régional contenues
dans le rapport parlementaire du 9 juillet 2003
de M. Luc Chatel « de la conso-méfiance
à la conso-confiance ».
Le CNC a estimé que la question
prioritaire à régler, au regard des nouvelles
compétences des régions, dans un premier temps,
était celle de la création dun organisme
régional paritaire consultatif.
I. - La
nécessité de créer un échelon
régional
Le
CNC a estimé demblée que la question des
centres techniques régionaux de la consomation (CTRC)
nentrait pas dans le périmètre du mandat.
Ceux-ci sont des structures associatives dappui aux
seules associations de consommateurs de la région,
y compris à la demande du collège consommateurs
du comité régional de la consommation. Ils nont
pas pour fonction de développer le dialogue social
sur toutes questions de consommation dintérêt
régional.
Le mouvement de décentralisation
en cours laisse à prévoir un développement
rapide des besoins de concertation au plan régional
sur des thèmes aussi variés que la santé,
lenvironnement, la gestion des déchets, léducation
et la formation des consommateurs, les transports, léquipement
commercial, le développement durable, lénergie,
leau et plus globalement tous les services publics ou
dintérêt général... Tout
ceci plaide en faveur de la création dun organisme
consultatif paritaire : le comité régional
de la consommation.
Missions du comité régional
de la consommation
Le CNC propose
que le futur comité régional de la consommation
ait une compétence proche de la sienne, à savoir :
- permettre la confrontation
et la concertation entre les représentants des intérêts
collectifs des consommateurs et usagers et les représentants
des professionnels, des services publics et des pouvoirs publics
pour tout ce qui a trait aux problèmes régionaux
de la consommation ;
- émettre
des avis et des recommandations sur les questions régionales
de consommation, de concurrence et de formation des prix.
Il apparaît indispensable que
cette création soit accompagnée dune circulaire
précisant le champ de compétence des comités
régionaux de la consommation tel que décrit
dans lintroduction, tout en laissant la souplesse nécessaire
pour traiter tout sujet concernant la consommation à
linitiative des comités eux-mêmes ou de
leurs présidents. Elle devrait également organiser
les modalités de publication des travaux des comités
régionaux de la consommation ainsi que leurs règles
de fonctionnement, celles-ci devant assurer aux associations
de consommateurs les moyens de sinvestir dans cette
instance.
Le CNC estime que le champ de compétence
du comité régional de la consommation doit être
large afin de pouvoir couvrir toutes les questions de consommation
sans lenfermer dans la compétence stricte de
la région administrative. En effet, le comité
régional de la consommation devrait avoir vocation
à traiter de tout sujet dès lors quil
concerne les questions de consommation de la région.
Si le cadre régional semble le plus pertinent pour
élaborer des rapports et avis, le comité régional
de la consommation dont la création est proposée
ne se substitue pas pour autant aux structures locales de
concertation.
Il semble également nécessaire
dorganiser une coodination des travaux entre le Conseil
national de la consommation et les comités régionaux
de la consommation dès lors que les travaux des uns
peuvent enrichir, compléter ou précéder
ceux des autres.
Le CNC estime que la création
dun comité régional de la consommation,
lieu de dialogue permanent entre toutes les parties prenantes
dune politique de la consommation sur le territoire
régional doit se faire en liaison avec les organismes
existants, au premier rang desquels le CESR, dans une logique
de complémentarité.
Ceci amène dailleurs
le CNC à suggérer que le comité régional
de la consommation, au travers de son collège consommateurs,
puisse faire des propositions au préfet de région
lorsque celui-ci nomme leurs représentants dans différentes
structures régionales, notamment au CESR où
leur nombre est extrêmement réduit.
Composition et désignation des collèges
Le Conseil national
de la consommation propose que le comité régional
de la consommation soit composé de deux collèges
à parité, lun pour les professionnels
et lautre pour les consommateurs.
Le collège consommateurs du
CNC estime quil doit y avoir un siège pour chaque
association nationale agréée (18 actuellement)
présente dans la région. Deux sièges
supplémentaires pourraient être attribués
à des associations agréées localement,
actives sur le territoire régional et non affiliées
à une association nationale agréée.
Tous les membres du comité
régional de la consommation devraient être nominativement
identifiés dans larrêté préfectoral
et être pourvus dun suppléant non nominatif,
afin de laisser à lorganisme représenté
la souplesse de faire venir un représentant plus spécialisé
selon le thème abordé.
Le CNC recommande que le préfet
de région veille aux liaisons nécessaires avec
les instances délibératives et les services
du conseil régional et du CESR.
En conclusion, il ressort que la création
proposée dun comité régional de
la consommation obéit à une logique propre à
répondre à des besoins spécifiques de
léchelon régional. Il ne sagit en
aucune manière dune décentralisation du
CNC ni dun regroupement à ce niveau des moyens
de léchelon départemental. Celui-ci a
des attentes particulières auxquelles il convient de
répondre au mieux.
II. - Organisation
de la consultation et de la concertation
au plan départemental
Institués
par un décret du 29 décembre 1986,
les comités départementaux de la consommation
sont créés, dans chaque département,
par arrêté préfectoral. Larticle D. 512-1
du code de la consommation précise quil est présidé
par le préfet ou son représentant. Composé
paritairement de représentants des consommateurs et
des professionnels, il a pour rôle démettre
des avis et des vux sur les questions de consommation,
de concurrence et de formation des prix. En outre, depuis
un arrêté du 20 décembre 1994,
une commission de règlement des litiges peut être
instituée au sein de chaque CDC. Dautre part,
le collège consommateurs du CDC est sollicité
par le préfet pour lui proposer des représentants
à nommer dans diverses structures départementales.
Le bilan du fonctionnement des CDC
fait ressortir un faible nombre de réunions annuelles
(moins de deux en moyenne par an) alors que larrêté
du 21 février 1987 relatif à la composition
et au fonctionnement des CDC dispose quils sont réunis
au moins trois fois par an par le préfet.
Plusieurs raisons président
à cet état de fait parmi lesquelles on peut
citer une faible participation des professionnels hormis lorsque
lordre du jour concerne directement leur profession.
Une autre raison tient à la multiplication des instances
de concertation et de consultation qui se sont développées
à léchelon départemental (une quarantaine
en moyenne). Ceci a vidé le CDC dune partie de
son champ de compétence potentiel. Quant aux commissions
de règlement des litiges de la consommation, moins
dune dizaine fonctionnent actuellement. Enfin, il convient
de souligner lintervention croissante dinstances
régionales sur des sujets voisins (services publics,
eau, transports...).
Si ce constat a conduit le Conseil
national de la consommation à rendre prioritaire la
mise en place dun comité régional de la
consommation, celui-ci ne saurait pour autant se substituer
aux structures départementales, pour autant quelles
soient maintenues.
Le conseil national de la consommation
estime quil faut répondre au besoin de concertation
et de consultation dune part, et à celui de désignation
de représentants des consommateurs dautre part,
en ayant une approche pragmatique ne reposant pas systématiquement
sur le CDC.
Pour ce qui est de la désignation
de représentants des consommateurs nommés par
le préfet, celui-ci doit solliciter les associations
de consommateurs agréées pour quelles
lui fassent des propositions. Selon le cas, il lui revient
dutiliser la méthode la plus appropriée
(convocation, réunion, appel de candidatures, élection...).
Dans un tel cas, il fait appel à toutes les associations
de consommateurs agréées dans le département.
Ceci implique que tous les textes qui disposent que les représentants
des consommateurs sont nommés sur proposition du collège
consommateurs du CDC soient modifiés afin de supprimer
toute référence à ce comité.
Pour tout ce qui touche à la
consultation et à lémission davis
départementaux, le CNC souhaite que les textes législatifs
et règlementaires qui font actuellement référence
au CDC pour cette fonction soient rapidement modifiés.
Le conseil national de la consommation
demande quau fur et à mesure de lexamen
des lois de décentralisation et des textes législatifs
sectoriels, les termes « avis du comité
départemental de la consommation » soient
remplacés par « avis des organisations de
consommateurs et des organismes professionnels concernés ».
De ce fait, le préfet provoquera une réunion
spécifique des organisations professionnelles et des
associations de consommateurs représentatives.
Le CNC souhaite quun examen
au cas par cas soit mené pour chaque commission administrative
ayant un rôle consultatif ou davis afin de valider
la pertinence de son maintien à léchelon
départemental ou pour envisager les conditions de son
transfert à un autre échelon.
Le dispositif proposé par le
CNC laisse la possibilité au préfet de département
de prolonger lexistence du CDC en tant que de besoin,
mais pour une courte période et avec des mesures dassouplissement
par rapport aux règles de fonctionnement actuellement
en vigueur.
Ainsi, larticle 2 de larrêté
du 21 février 1987 qui prévoit lobligation
de trois réunions minimum par an devrait disparaître.
Dans le même temps, il conviendrait dassouplir
les règles de composition de larticle 1er de cet arrêté afin de restreindre le nombre de
membres.
Le CNC estime que ce dispositif en
glissement qui ne nécessite pas de modifier le code
de la consommation doit être accompagné dune
circulaire. Celle-ci organisera, à léchelon
départemental, les modalités de la concertation
tant à la demande des associations de consommateurs
ou des organisations professionnelles quà linitiative
des pouvoirs publics.
Les membres du Conseil national de
la consommation, réunis en séance plénière
le 29 janvier 2004, ont adopté lavis
à la majorité du collège des consommateurs
et usagers et à lunanimité du collège
des professionnels.
RAPPORT DU CONSEIL NATIONAL DE LA CONSOMMATION RELATIF À
LINTÉGRATION DU FAIT RÉGIONAL DANS LES
STRUCTURES DE LA CONSOMMATION
Introduction
Depuis
quelques années, une majorité dassociations
membres du CNC ont étudié la possibilité
daméliorer lefficacité et la visibilité
du mouvement consommateur au niveau local, départemental
et régional.
Les associations de consommateurs
souhaitent continuer à réfléchir à
lorganisation du mouvement consommateur et aux structures
auxquelles elles participent à léchelon
local, départemental ou régional.
Dans ce but, elles ont préconisé
une révision voire une remise en cause du rôle
des nombreux organismes et structures existant tels que :
CDC, CTDC, COLOC, CLAC et CTRC.
Constatant le poids grandissant, au
plan politique et administratif de léchelon régional,
ces associations ont appelé de leurs vux la création
dune structure institutionnelle régionale de
concertation qui, par référence au CNC et aux
CDC, pourrait revêtir la forme dun comité
régional de la consommation (CRC).
Pour certaines dentre elles,
non seulement une adaptation des instances de concertation
savérait nécessaire au regard de lévolution
de la construction européenne, des politiques territoriales
nouvelles et de la régionalisation, mais encore, la
suppression de léchelon départemental
devait être envisagée si la création des
CRC saccompagnait dun transfert des compétences
des CDC aux CRC.
Telle est lorigine du mandat,
donné par le secrétaire dEtat chargé
de la consommation, présenté au bureau du CNC
le 25 janvier 2002.
Le mandat
Les
structures de la consommation répondent au moins aux
trois objectifs suivants :
1. Fournir aux
consommateurs un service de proximité, dinformation
et dappui dans les situations de consommation.
Ce service de proximité est
assuré par les associations de consommateurs elles-mêmes.
Il bénéficie en tant que de besoin de lappui
développé par lInstitut national de la
consommation, ainsi quau plan régional par les
centres techniques régionaux de la consommation et
structures associées. Ce service de proximité
tient en particulier à linformation et à
laide qui sont apportées sur le terrain aux consommateurs
individuels, dans lexercice de leur choix de consommation
et dans le traitement des litiges. Il intègre également
les actions déducation et de formation.
2. Favoriser lémergence
et lexpression du point de vue des consommateurs. La réalisation de cet objectif est un apport indiscutable
au bon fonctionnement de la société, dès
lors que le consommateur demeure lun des principaux
acteurs économiques du marché.
Sa mise en uvre repose sur les
contributions des associations de consommateurs, sur le crédit
et ladhésion quelles emportent dans le
débat national et européen.
3. Développer
le dialogue social sur les sujets de consommation. Il importe en effet que professionnels et consommateurs disposent
de lieux de dialogue et de convergence dont les travaux sinsèrent
dans le débat public et la formation de lexpertise
socio-économique.
Le Conseil national de la consommation
est au plan national linstance de référence
de ce dialogue. Il a aussi lieu au plan local dans les comités
départementaux de la consommation, sans que ces instances
en détiennent lexclusivité absolue, dès
lors que le cercle de lévaluation socio-économique
demeure par nature ouvert à toute forme dexpression
significative, reconnue et constructive.
Les objectifs 2 et 3 peuvent
être reliés en ce quils participent dune
logique de projection et de perspective (logique « de
projet »), alors que lobjectif 1 procède
plus largement dune logique dappui aux consommateurs
individuels (logique « de guichet »).
Pour autant, cest de la combinaison de ces trois objectifs
que relève lefficacité des structures
de la consommation.
En particulier, le CNC est
invité à sinterroger et à formuler
des propositions sur la prise en compte du fait régional
dans lorganisation et le fonctionnement des structures
de la consommation en France.
Il devra estimer si la réalisation
des trois objectifs mentionnés y est assurée
au mieux dans le schéma actuel, ou si une redistribution
et une clarification des rôles et moyens disponibles
permettraient de mieux répondre aux exigences de service,
dexpression et de dialogue sur les sujets de consommation.
Pour ce faire, le CNC partira dun
état des lieux, en dressant notamment un bilan des
structures existantes, à partir dun recensement
de lactivité des CDC sur trois ans et dune
analyse de la situation et de laction des centres techniques
régionaux de la consommation (CTRC). Il analysera leur
capacité à prendre en compte le fait régional,
avec un développement sur la fonction du dialogue social.
Il recherchera une cohérence et une efficacité
globales des structures de la consommation au plan local,
sur le modèle du principe de subsidiarité. Il
proposera les formules qui lui apparaîtront les mieux
adaptées pour exercer au niveau local les missions
considérées comme essentielles.
Le Conseil national de la consommation
devra enrichir sa réflexion par une consultation ouverte
et large des forces vives de la consommation aux plans local
et national. Il rendra un rapport et un avis au cours de lannée 2002.
Les axes de réflexion du
groupe de travail
Report, à une date ultérieure, de lexamen
des structures associatives CTRC
MM. Peinoit
et Lebrun ayant été respectivement désignés
comme rapporteurs par le collège des consommateurs
et usagers et celui des professionnels, le groupe de travail
sest réuni six fois entre le mois de juin 2002
et le mois de février 2003.
Lors de la première réunion,
le groupe de travail a procédé à une
modification du périmètre du champ de son mandat
en excluant de la réflexion commune la partie traitant
des CTRC.
En effet, plusieurs membres du groupe
ont fait observer quen dépit de leur nom et bien
que le législateur leur ait attribué un pouvoir
de désignation de représentants de consommateurs
dans les CESR et confié la réalisation démissions
télévisées régionales, destinées
à linformation des consommateurs, les CTRC sont
des associations régionales dassociations de
consommateurs départementales de type loi 1901.
A ce titre, les CTRC ne peuvent pas
être considérés comme des structures de
la consommation paritaires comparables au CNC et aux CDC dont
les missions sont définies par le code de la consommation
qui prévoit que ces instances peuvent émettre
des avis et des vux sur les questions de consommation,
de concurrence et de formation des prix. En conséquence,
lexamen dune réforme de ces associations
incombe donc aux seuls représentants de consommateurs.
Cet argument ayant été
retenu par le groupe, il a été décidé
de renvoyer à une date ultérieure, postérieure
à ladoption de lavis du CNC sur les autres
points du mandat, létude des possibles évolutions
des diverses « structures » de la consommation
composées, uniquement, de représentants de consommateurs.
Débat sur lactivité
des CDC à partir dun bilan sur trois ans
Conformément
au mandat, le groupe de travail a examiné lactivité
des CDC sur une période de trois ans. Les tableaux
ci-après montrent que seuls 15 à 18 %
des CDC se réunissent selon la fréquence prévue
à larticle 2 de larrêté
du 21 février 1987 relatif à la composition
et au fonctionnement des comités départementaux
de la consommation.
Fréquence des réunions
| |
ANNÉE 2000 |
| Total de réunions. |
191 |
| Nombre de réunions
par département. |
0 |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
| Nombre de CDC concernés |
6 |
19 |
57 |
12 |
4 |
0 |
1 |
| |
ANNÉE 1999 |
| Total de réunions. |
188 |
| Nombre de réunions
par département. |
0 |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
| Nombre de CDC concernés |
1 |
31 |
53 |
11 |
3 |
0 |
1 |
| |
ANNÉE 1998 |
| Total de réunions. |
181 |
| Nombre de réunions
par département. |
0 |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
| Nombre de CDC concernés |
6 |
31 |
45 |
13 |
4 |
1 |
0 |
Lanalyse des sujets
traités par les comités départementaux
de la consommation fait apparaître une activité
récurrente dans le traitement des points suivants :
- la date
des soldes constitue lépicentre de lactivité
des CDC, le fait que les CDC sont obligatoirement consultés
sur la période des soldes (décret no 96-1097
du 16 décembre 1996 pris en application de
la loi no 96-603 relative au développement
et à la promotion du commerce et de lartisanat)
nest bien sûr pas étranger à ce
constat ;
- le thème
de leau (tarification, qualité et facturation) ;
- les opérations
de contrôle (opération interministérielle
vacances et opération fin dannée) ;
- les désignations
au sein de la commission départementale de règlement
des litiges, de la commission départementale déquipement
cinématographique, de la commission départementale
daction touristique, commission départementale
durbanisme commercial ou celles concernant la commission
départementale de surendettement et au sein des comités
de bassin des agences de leau.
Les autres thèmes abordés
traduisent une prise en compte des sujets dactualité
ponctuels (la Coupe du monde de football, le passage à
leuro) et permanents comme :
- la sécurité
alimentaire, avec notamment des communications émanant
des directions départementales de la concurrence, de
la consommation et de la répression des fraudes et,
le cas échéant, des services vétérinaires,
et portant, au fil de lactualité sur la dioxine,
lESB, la traçabilité des viandes, la listériose,
la chaîne du froid, les OGM et les pôles de sécurité
alimentaire ;
- la protection
économique des consommateurs (questions relatives
notamment au traitement des litiges de consommation, aux clauses
abusives, au relations entre les banques et les consommateurs,
aux problèmes de crédit et dassurance,
au surendettement, au logement).
| PRINCIPAUX THÈMES TRAITÉS |
NOMBRE DE CDC AYANT ABORDÉ
le thème en 1998 |
NOMBRE DE CDC AYANT ABORDÉ
le thème en 1999 |
NOMBRE DE CDC AYANT ABORDÉ
le thème en 2000 |
| Dates des soldes |
80 |
88 |
79 |
| Sécurité
alimentaire |
24 |
41 |
47 |
| Qualité des
produits |
|
6 |
7 |
| Marchés de
plein air |
4 |
53 |
16 |
| Surendettement |
1 |
18 |
14 |
| Téléphonie
mobile |
2 |
28 |
19 |
| Prix de leau |
15 |
15 |
9 |
| Commerce électronique |
|
4 |
9 |
| Commerce automobile |
|
|
14 |
| Prix des carburants |
|
8 |
8 |
| Passage à
lan 2000 |
|
14 |
|
| Coupe du monde de
football |
8 |
|
|
| Passage à
leuro et mise en place des observations de leuro |
78 |
|
|
| Protection économique
du consommateur (dont notamment litige de consommation,
pratiques commerciales, clauses abusives, banque,
crédit, logement) |
25 |
26 |
33 |
Les bilans quantitatifs
portant sur les années 1998, 1999 et 2000
ont montré une diversité de situations présentant,
cependant, plusieurs points communs.
En premier lieu, et bien que les CDC
aient la possibilité de créer en leur sein une
commission de règlement des litiges de consommation
(CRLC), le groupe a constaté que cette faculté
na été utilisée quen un très
petit nombre de cas et que les missions dévolues à
ce type dinstance de conciliation nont pas eu
les effets escomptés.
De même, les tentatives dassocier
les CDC aux travaux du CNC, dès 1994, année
au cours de laquelle la DGCCRF avait demandé que les
travaux des groupes de travail du CNC soient systématiquement
communiqués aux CDC, navaient suscité,
malgré plusieurs rappels, quune participation
sporadique et limitée de quelques départements.
Enfin, les bilans détaillés
joints en annexe ont montré que les CDC, dans leur
grande majorité, se réunissaient moins de trois
fois par an, nombre de réunions minimum fixé
par les textes, et que, de lavis de plusieurs membres
du groupe de travail, seul le débat sur la fixation
de la période des soldes semblait interrompre labsentéisme
chronique de la parité professionnelle.
Dune manière
générale, le groupe de travail a constaté
que compte tenu de la composition des CDC et du mode de désignation
de leurs membres, prévus par larrêté
et fonction de la taille du département, les consommateurs
siégeant dans les CDC des départements les moins
peuplés ne représentaient quimparfaitement
la diversité du mouvement consumériste local.
Le lien avec le
débat sur la régionalisation
et le calendrier de la mise en uvre des réformes
Linscription
au programme du Parlement dun projet de loi relatif
à la décentralisation, pour le 1er semestre
2003, a suscité des interrogations sur lopportunité
de réunir le groupe de travail avant que soient connus
les contours de la réforme issue du débat parlementaire.
Certains membres du groupe ont estimé
quil fallait prendre le temps dauditionner le
ministère chargé de la décentralisation
et un représentant de lAssemblée permanente
des CESR pour pouvoir apprécier la compétence
nouvelle des régions et des départements et
le positionnement des futurs CRC par rapport aux CESR.
Dautres, à linverse,
ont souhaité poursuivre la réflexion sur la
création de CRC en se fondant sur lidée
que, quels que soient les contours et les nouveaux pouvoirs
des régions, lincidence éventuelle sur
le contenu des missions des CRC pourrait être examinée
au fur et à mesure du déroulement des débats
parlementaires.
Nécessité de créer
un échelon régional
Les enjeux
Le groupe de
travail a constaté que le fait régional était
largement pris en compte aussi bien dans les instances qui
structurent le secteur socio-économique (chambres consulaires
et CESR), que dans le domaine du consumérisme non seulement
par ladministration française (même si
lentité de base reste le département)
mais encore par lUnion européenne, comme en témoigne
la récente communication de la commission sur la « stratégie
pour la politique des consommateurs 2002-2006 ».
Cette constatation a été
assortie de deux observations : dune part, la création
dinstances régionales na pas nécessairement
entraîné la suppression des échelons locaux
dont la création était antérieure (chambres
de commerce et dindustrie, chambre des métiers
et chambre dagriculture), dautre part, la création
des CESR na pas donné lieu à déclinaison
locale. Ces observations faites, lune par les partisans
du maintien des CDC, lautre par les tenants de la suppression
des échelons locaux nont pas été
sans incidence dans le débat, qui sera traité
plus bas, sur le sort à réserver aux instances
départementales.
Le groupe de travail a estimé
que lexamen du fonctionnement de ces instances et de
leurs relations avec le niveau départemental, lorsquil
existe, devrait permettre de mieux comprendre les raisons
qui ont conduit à organiser le niveau régional.
Sagissant de la nécessité
de créer une instance régionale de concertation
entre les représentants des consommateurs et des professionnels
sous légide de ladministration, le débat
a permis de dégager une forte majorité favorable
à la création de CRC, à condition que
les missions de ces derniers soient bien définies,
quelles ninterfèrent pas avec les missions
dévolues aux CESR et que les services de proximité
fournis par les associations, dans le domaine de la formation
et de linformation des consommateurs, ainsi que dans
le règlement des litiges, puissent être maintenus
voire améliorés.
Au cours des débats, le groupe
a relevé que les CRC navaient pas les mêmes
fonctions que les CESR qui sont saisis, pour avis, sur des
actes forts de la vie régionale tels que la préparation
et lexécution du contrat de plan, le projet de
plan régional, lorientation du budget annuel
et lorientation générale dans les domaines
de compétence transférés aux régions.
De plus, les représentants
des consommateurs (nommés généralement
sur proposition des CTRC qui ne regroupent pas nécessairement
toutes les associations de consommateurs de la région)
sont au nombre de 1 à 3 maximum sur un nombre
total de membres compris en moyenne entre 75 et 80,
voire plus.
Compte tenu du fait que les futurs
CRC seront des organismes consultatifs paritaires placés auprès des préfets de
région et quils auront pour objet, à limage
du CNC, de permettre la confrontation et la concertation entre
les représentants des intérêts collectifs
des consommateurs et des professionnels, une majorité
de membres du groupe de travail estime que les CRC pourront,
par leurs travaux et en raison du pouvoir de saisine des CESR
par les préfets de région, contribuer à
la sensibilisation des CESR aux problèmes de consommation.
Si les membres du groupe de travail,
dans leur grande majorité, ont considéré
quil fallait créer un échelon régional,
plusieurs représentants des consommateurs, se fondant
sur le faible taux de participation des professionnels aux
réunions des CDC, se sont inquiétés de
savoir si ce phénomème ne risquait pas de se
reproduire au sein des futurs CRC.
Les représentants professionnels
ont indiqué que ce risque était minime dans
la mesure où les missions des CRC seraient bien définies
et à condition que la création des CRC saccompagne
de la suppression des CDC.
Une minorité de représentants
de consommateurs faisant observer que le bilan quantitatif examiné ne reflétait pas nécessairement
laspect qualitatif des travaux des
CDC a plaidé en faveur du maintien des CDC tout en
estimant nécessaire dopérer un « toilettage »
de ces structures.
Définition des missions des CRC
La question
des missions a soulevé quelques interrogations quant
à la manière de la traiter.
Faut-il définir, dune
manière précise, les missions confiées
aux CRC au risque dempêcher toute modification
du champ de compétence de ces derniers ?
Ny a-t-il pas de risques de
redondance, de confusion, voire de conflit entre les CDC et
les CRC ? En cas de suppression des CDC, les CRC pourraient-ils
reprendre, au plan départemental, les missions des
ces instances départementales ?
A la première interrogation,
la réponse la plus simple consisterait à donner
aux CRC les mêmes attributions générales
que celles définies, pour le CNC et les CDC par les
articles D. 511-1 et R. 512-1, cest-à-dire permettre la confrontation et la concertation entre
les représentants des intérêts collectifs
des consommateurs et usagers et les représentants des
professionnels, des services publics et des pouvoirs publics,
pour tout ce qui a trait aux problèmes de la consommation
et émettre des avis et des vux sur les questions
de consommation, de concurrence et de formation des prix.
A la deuxième interrogation,
plusieurs membres du groupe de travail ont suggéré
quune circulaire indique le champ de compétence
des CRC sur lequel un large concensus sest dégagé.
Lespace régional semble offrir la possibilité
de traiter certaines questions dune façon plus
globale dans les domaines de lenvironnement, de la santé,
de la gestion des déchets, de léducation
et de la formation, des transports du développement
durable, des énergies, de leau et, dune
manière générale, des services dintérêts
collectifs.
Certains intervenants ont même
indiqué que léquipement commercial entrait
dans les compétences des CRC après avoir rappelé
que des professionnels avaient demandé, compte tenu
de limpact des décisions des CDEC, la dévolution
des pouvoirs de la CNEC à des CREC. Dautres ont
fait référence à un rapport du Conseil
national des transports de juin 2000 proposant la suppression
des CDT pour ne conserver que les CRT.
Quant au rôle qui pourrait être
joué, au plan départemental, par les CRC, si
plusieurs voies peuvent être explorées, il subsiste,
cependant, un obstacle, infranchissable à ce stade
de la réflexion, lié aux pouvoirs respectifs
des préfets de région et de département.
Cependant le groupe a estimé
que le comité régional de consommation serait
principalement un lieu de concertation et de dialogue entre
consommateurs et professionnels, à limage du
CNC, sur des sujets dintérêt régional.
La quasi-unanimité des participants a donné
son accord sur cette proposition. Le groupe a constaté
quil nexistait pas dinstance équivalente
au CNC à léchelon régional et que
le fonctionnement de certains CDC était devenu anecdotique
par rapport à leur importante activité passée.
Ensuite, le comité régional
de la consommation pourrait constituer un cadre dans lequel
seraient élaborés des rapports et des avis sur
des sujets dintérêt régional, étant
entendu quil aurait de vrais liens avec les différentes
instances déjà existantes. Ainsi, le groupe
suggère de travailler sur des thèmes prioritaires
tels que la formation, léducation, les transports,
la santé, leau, le développement durable,
le traitement des déchets, léquipement
commercial notamment.
Le groupe a souhaité que la
création du comité régional de la consommation
ne soit pas considérée comme une action de « décentralisation »,
car lobjectif nest pas de décentraliser
le CNC à léchelon régional. Par
ailleurs, il a estimé quil ne serait pas judicieux
denfermer le comité régional de la consommation
dans le champ de compétence de la région administrative
telle quelle existe actuellement. En effet, si les problèmes
deau et de déchets ménagers entrent dans
le champ de compétence des services publics locaux,
il serait cependant intéressant de produire un avis
sur ces sujets au niveau régional.
Enfin, le comité régional
de la consommation pourrait faire des propositions au préfet
de région lorsque des représentants devront
être désignés pour siéger dans
différentes structures régionales.
Composition et désignation des collèges
du CRC
Le groupe de
travail a proposé que le comité régional
de la consommation soit composé de deux collèges
à parité, lun pour les professionnels
et lautre pour les consommateurs.
Les représentants des consommateurs
ont estimé quil devrait y avoir un siège
pour chaque association nationale agréée (18 actuellement)
présente dans la région. Deux sièges
supplémentaires pourraient être attribués
à des associations agréées localement,
actives sur le territoire régional et non affiliées
à une association nationale agréée.
Enfin, le groupe de travail a suggéré
que tous les membres du comité régional de la
consommation soient nominativement désignés
dans larrêté de nomination. Cet arrêté
devrait, en outre, ouvrir la possibilité dattribuer
un siège de suppléant non désigné,
afin de laisser à lorganisme représenté
la faculté de faire participer à certaines réunions
les personnes les plus compétentes pour traiter des
sujets mis à lordre du jour. Cette proposition
vise aussi à diminuer labsentéisme constaté
dans les réunions des CDC.
Maintien ou suppression des CDC
Certaines associations,
qui restent attachées à léchelon
de proximité au niveau départemental, demandent
que les CDC ne soient pas supprimés brutalement et
souhaitent que les partenaires locaux soient rassurés
afin quils ne se sentent pas spoliés par la création
dun comité régional de la consommation.
Sur ce point, le groupe de travail
a estimé que toute réforme devrait être
prudente et que les acteurs locaux puissent recevoir un certain
nombre dassurances.
Ainsi, le groupe voudrait être
certain quun directeur départemental de la concurrence,
de la consommation et de la répression des fraudes
serait en mesure de réunir, soit les consommateurs
sur un sujet qui leur serait propre, soit les deux collèges
lorsque le problème concernerait les deux entités
du département. Ces différentes consultations
pourraient sans doute se révéler aussi efficaces
sinon plus que la consultation dun comité départemental
de la consommation.
Les représentants professionnels
ont tenu à préciser quils étaient
favorables à la création dun échelon
régional à la condition quil ne sajoute
pas à lexistant : un « empilement
des structures » ne serait pas de nature à
favoriser une participation assidue à toutes les réunions.
Le groupe de travail a ensuite examiné
les avantages et les inconvénients de la suppression
et du maintien dun échelon départemental
rénové. Si la suppression des CDC a eu la préférence
de la majorité des représentants des consommateurs
et de tous les représentants des professionnels, les
membres du groupe ont pris en considération les difficultés
de mise en uvre dune telle mesure en raison de
limportance du corpus réglementaire qui fait
référence aux comités départementaux :
plus de quarante textes demandant aux CDC ou au collège
consommateur de ces deniers, soit de donner un avis, soit
de permettre la désignation de représentants
dans dautres instances de concertation locales, ont
été recensés.
Pour tenir compte de cet écueil
il a semblé préférable au groupe de travail
de proposer une « sortie progressive »
de cette situation. Ainsi, il lui a paru souhaitable quau
fur et à mesure de lexamen des lois de décentralisation
et des textes législatifs sectoriels, les termes « avis
du comité départemental de la consommation »
par exemple soient remplacés par « avis
des organisations de consommateurs et des organismes professionnels
concernés ». De même les termes « désignés
par le collège des consommateurs et usagers du CDC
(ou nommés sur proposition du) soient remplacés
par « nommés sur propositions des organisations
représentatives (ou agréés).
Le groupe de travail a préconisé
quun examen au cas par cas soit mené pour chaque
commission administrative ayant un rôle consultatif
ou davis afin de valider la pertinence de son maintien
à léchelon départemental ou pour
envisager les conditions de son transfert à un autre
échelon.
Le dispositif proposé par le
groupe de travail laisserait la possibilité au préfet
de département de prolonger lexistence du CDC
en tant que de besoin, mais pour une courte période
et avec des mesures dassouplissement par rapport aux
règles de fonctionnement actuellement en vigueur.
Ainsi, larticle 2 de larrêté
du 21 février 1987 qui prévoit lobligation
de trois réunions minimum par an devrait disparaître.
Dans le même temps, il conviendrait dassouplir
les règles de composition de larticle 1
de cet arrêté afin de restreindre le nombre de
membres.
Le groupe de travail a estimé
que ce dispositif en glissement, qui nentraînerait
pas lobligation de modifier le code de la consommation,
devrait être accompagné dune circulaire,
ministérielle ou préfectorale, définissant,
à léchelon départemental, les modalités
de la concertation tant à la demande des associations
de consommateurs ou des organisations professionnelles quà
linitiative des pouvoirs publics.
Conclusion
Les
débats auxquels a donné lieu lexamen du
mandat ont montré que la création dun
échelon régional recueillait une large majorité
de suffrages. Le groupe na pas éludé les
problèmes que pourrait engendrer larrêt
« brutal » de lactivité
des CDC instances qui trouve des défenseurs parmi les
organisations de consommateurs.
Cest la raison pour laquelle
il a, dans sa majorité, proposé de soumettre
au CNC plénier un projet de mandat dans lequel la disparition
progressive des CDC est requise. |