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NOR : ECOC0400094V
Le ministre
a demandé au CNC de constituer un groupe de travail
visant à arrêter le dispositif cadre
de reconnaissance des initiatives engagées en faveur
du développement durable par les entreprises produisant
ou distribuant des biens de grande consommation et leur valant
le droit dutiliser une signalétique spécifique.
Lobjectif poursuivi par le ministre
est de sensibiliser sans tarder et très concrètement
les consommateurs aux conséquences de leurs choix de
consommation courante sans attendre que les critères
dattribution des signes soient établis de manière
exhaustive et définitive, ambition du reste
contradictoire avec les conditions nécessairement évolutives
du développement durable.
Le groupe de travail du CNC a engagé
des travaux dans ce sens. Un prérapport détape
a été présenté lors du Conseil
national de la consommation du 10 juillet 2003. Il avait
pour objectif déclairer le ministre sur les premières
pistes de réflexion dégagées lors de
ces travaux.
Le groupe de travail « Reconnaissance
de la contribution au développement durable »
a poursuivi ses travaux et soumet au prochain Conseil national
de la consommation le projet davis suivant :
Le groupe de travail propose :
Premièrement, que le
CNC mette en place un groupe permanent sur le développement
durable qui aurait pour objectif :
a) De créer
un lieu déchange permanent entre les organisations
professionnelles et les associations de consommateurs sur
les sujets visant à favoriser les actions en faveur
du développement durable.
La réflexion doit être
poursuivie et éclairée par des experts, sociologues
par exemple, compétents sur le sujet.
Il sagira de travailler dune
part dans deux directions :
- le suivi
des nouveaux modes de consommation (services, transports,
logement...) : principales caractéristiques, évolution
du comportement des consommateurs, généralisation
des pratiques de la nouvelle consommation dans la population
générale, etc., et le suivi de la réaction
des entreprises aux nouveaux modes de consommation :
perception des nouveaux comportements, intégration
de ces nouvelles données dans la stratégie des
entreprises, actions et projets menés par les entreprises
pour répondre aux nouvelles exigences des consommateurs,
etc. ;
- la communication
que pourraient faire les entreprises (en particulier sur les
produits transformés et manufacturés) :
la question du foisonnement des logos quils soient éthiques,
équitables, écologiques et linformation
quelles pourraient donner sur les produits.
Dautre part deux grands domaines
seraient prioritairement exploités : les matières
premières agricoles, les produits transformés
et manufacturés. Il sagira détudier
les conditions de leurs possibles évolutions qualitatives
par lintégration de nouvelles exigences économiques
sociales et environnementales.
b) Dutiliser un
langage compréhensible par tous et dinventer
un alphabet du développement durable.
Il sagira dans un premier temps
de répertorier les travaux réalisés autour
de la terminologie associée du développement
durable et de réaliser un glossaire utile à
la compréhension mutuelle des participants. Nous pourrons
déjà demander à lAFNOR de nous
communiquer celui qui a été créé
dans le cadre de la réalisation du document SD21000.
La vision européenne de cette question doit nous guider
vers un glossaire qui dépasserait « les
frontières » de la langue française.
c) De permettre un audit
exhaustif de lensemble des signalements existants quils
soient dorgine privée ou publique, selon les
différents axes du développement durable (logos,
labels, signes de qualité, notations, autodéclarations...).
Il sagira en plus de loffre
existante de sintéresser aux comportements dachats
des consommateurs en étudiant la perception quils
ont des signalements utilisés.
Un bilan annuel des initiatives, de
leur pertinence, de lintérêt porté
par le destinataire final de produits et de services sera
élaboré par les pouvoirs publics.
d) De peser dans le
processus délaboration des documents de référence
du DD concernant la consommation afin de donner cohérence
à lensemble du dispositif DD.
Le groupe CNC développement
durable pourrait être la chambre décho
des éventuels projets communautaires. Des avis sur
la base dun large consensus pourraient être élaborés.
Ils deviendraient des documents de
références venant éclairer les pouvoirs
publics et permettant aux membres du CNC davoir un point
de vue sur cette question à porter au niveau européen.
Ce travail permettrait danticiper
et expérimenter là ce que les professionnels
et les associations demandent aux pouvoirs publics depuis
longtemps, à savoir : organiser une parole pour
mieux faire passer des points de vue dans le cadre des consultations,
concertations et négociations organisées par
la Commission européenne.
e) De suivre et dévaluer
les initiatives et les expérimentations volontaires
engagées par les entreprises dans des secteurs économiques
prioritaires.
Il serait intéressant de bénéficier
des bilans déjà effectués sur lapplication
de larticle 116 de la loi NRE (prise en compte
des données sociales et environnementales dans le cadre
des rapports de gestion des sociétés cotées)
et davoir un bilan des expériences dutilisation
du guide AFNOR SD 21000 conduits au niveau de certaines
régions par certaines entreprises.
f) De soutenir et suivre
les travaux normatifs initiés dans le domaine de la
RSE et du DD.
Au plan français, lAFNOR
organise une veille active et un haut niveau dimplication
internationale. Elle en informe son comité dorientation
et de prospective et ses différents comités
dorientation stratégique concernés.
AFNOR a prolongé le mandat
du groupe dimpulsion stratégique RSE jusquen
juin 2004 en concordance avec le nouveau plan de marche
de lISO. Ce groupe stratégique a pour objet de
contribuer aux réflexions en cours au niveau international
et de conseiller les instances dirigeantes dAFNOR sur
toutes les actions quil serait opportun dentreprendre
dans le cadre du système français de normalisation.
Ces réflexions intègrent
les différentes initiatives prises dans ce domaine :
- au plan
européen, le livre vert (2001) de la commission
et sa communication en 2002 sur la promotion de la responsabilité
sociale des entreprises constitue une base de travail montrant
la diversité des conceptions et des pratiques des différents
pays. Le Parlement européen a adopté en 1999
un « code de conduite à lintention
des entreprises européennes opérant dans les
pays en développement » insistant sur leurs
responsabilités sociales et environnementales ;
- au plan
international, en 1999, le secrétaire général
des Nations unies a proposé aux entreprises multinationales
un « pacte global » (à ce jour,
plus dun millier dentreprises y ont adhéré),
autour du respect de neuf principes relatifs aux droits
de lhomme (droits fondamentaux : respects
et violation) - aux normes du travail (respect
de la liberté dassociation et du droit à
la négociation collective, élimination des pires
formes de travail des enfants, suppression du travail forcé
et obligatoire, élimination de la discrimination en
matière demploi et de profession) et à
lenvironnement (principe de précaution,
initiatives pour la préservation des équilibres
écologiques et mise au point et diffusion de nouvelles
technologies propres). LISO par ailleurs a démarré
des travaux qui visent à mettre au point un premier
rapport technique recensant les initiatives et les référentiels
existant sur la planète et de les caractériser.
g) Dorganiser
les nécessaires passerelles avec le CNDD.
Il sagira de construire des
passerelles régulières entre les travaux conduits
dans le cadre du ministère de lécologie
et du développement durable et le secrétariat
dEtat chargé de la consommation.
Une stratégie nationale de
développement durable a été mise en place
par le ministère de lécologie et du développement
durable. Elle est relayée au sein de chaque ministère
par les hauts fonctionnaires du développement durable
qui se réunissent dans le cadre dun comité
de hauts fonctionnaires et réalisent régulièrement
un tableau de bord de lavancée des actions préconisées
par la stratégie nationale.
Dans un souci de perméabilité,
les projets dactions qui concernent les modes de consommation
devraient être présentés au groupe de
travail du CNC, afin que celui-ci puisse apporter le nécessaire
éclairage des acteurs socio-économiques.
Deuxièmement que la
réflexion française sur le sujet du développement
durable intègre la réflexion européenne
et soit portée, en temps utiles, aux niveaux européen
et international :
Que ce soit dans le domaine des droits
de lhomme, de lenvironnement ou de la gouvernance,
les initiatives sont nombreuses. Elles portent sur des objectifs
de transformation des définitions et de contrôle,
légal ou non, du développement durable et de
lengagement des entreprises dans ce domaine.
Il est difficilement imaginable de
limiter la réflexion relative au développement
durable au seul niveau national au regard des évolutions
économiques et sociales. Il faut donc renforcer les
capacités dintervention aux niveaux communautaire
et international des associations de consommateurs et des
professionnels.
Des initiatives se multiplient aussi
bien du côté des entreprises que des associations :
« Global Compact » de lONU, lignes
directives de lOCDE à lattention des entreprises
multinationales, adhésions volontaires aux démarches
internationales dintégration du développement
durable, Clean Clothes Campaing, Initiative européenne
de vérification...
Le Conseil national de la consommation
sous limpulsion de son groupe de travail permanent développement
durable devra élaborer des propositions concrètes
qui débouchent sur des initiatives à prendre
aux niveaux européen et international.
Troisièmement que les
échanges soient poursuivis et quils débouchent
sur des propositions de modalités dune information
des consommateurs, indépendante, notamment par le biais
des nouvelles technologies (e.g. site internet) :
Dans un premier temps pourrait
être mis en place un site internet (outil indépendant
et ouvert à la discussion) à destination du
grand public et donc des consommateurs.
La mise à disposition dun
site internet népuise pas le sujet de la communication
sur le développement durable qui relève dune
palette doutils existants ou à construire.
Le CNC souhaite que lon continue
à réfléchir à la construction
de loutil institutionnel permanent « dobjectiver »
la communication sur le sujet.
Il sagit dune proposition
très concrète, de nature pédagogique
facile à mettre en place et directement en phase avec
le mandat du groupe qui vise à « sensibiliser
sans tarder et très concrètement les consommateurs
aux conséquences de leur choix de consommation courante » :
publications détudes comparatives sur les signalétiques
existantes, étude sur le devenir des produits, études
sur limpact du commerce équitable, informations
sur les démarches en cours des entreprises, études
de comportement dachat...
Le site doit être porté
par la puissance publique pour en garantir lindépendance.
Lapport de la puissance publique réside par ailleurs
dans :
- la reconnaissance
accordée aux organismes dévaluation ayant
déposé auprès de lautorité
administrative les informations permettant de garantir leur
impartialité et leur compétence (notamment critères
et méthodes de mesures utilisées, transparence
et adéquation aux points de vue des différentes
parties prenantes au développement durable) ;
- la présence
dun « modérateur » (ou
dun comité de lecture où siègent
les professionnels et les associations de consommateurs) nadmettant
les entreprises à déposer sur le site quaprès
vérification du sérieux des évaluations
les concernant ou de leurs engagements ;
- la mise en place
dune « tribune libre » pour les
associations de consommateurs et de professionnels.
Le site est relié aux autres
sites institutionnels traitant du développement durable :
ADEME, AFNOR, CNC, CNDD, IFEN, ISO, OIT, notamment, de manière
à permettre aux intéressés de connaître
précisément le contenu des termes et outils
utilisés par les évaluateurs et les entreprises
engagées.
Les membres du Conseil national de
la consommation, réunis en séance plénière
le 29 janvier 2004, ont adopté lavis
à lunanimité des deux collèges.
RAPPORT DU CONSEIL NATIONAL DE LA CONSOMMATION RELATIF À
LA « RECONNAISSANCE DE LA CONTRIBUTION AU DÉVELOPPEMENT
DURABLE »
Le ministre a demandé au CNC,
à la suite de sa présentation des grands axes
de la politique de consommation pour 2003, de constituer un
groupe de travail visant à arrêter le
dispositif cadre de reconnaissance des initiatives engagées
en faveur du développement durable par les entreprises
produisant ou distribuant des biens de grande consommation
et leur valant le droit dutiliser une signalétique
spécifique. A cette fin, le bureau du CNC a approuvé
le 13 mars 2003 la proposition dun mandat relatif
à la « contribution au développement
durable ».
Lobjectif des pouvoirs publics
est de donner au développement durable une dimension
majeure et lintégrer dans lensemble des
politiques publiques. Ce souhait vaut au premier chef pour
la politique de consommation dès lors que le développement
durable nécessite de donner aux consommateurs les moyens
dorienter leur demande vers les produits les plus respectueux
de lenvironnement, de léthique sociale
et de léquité. Le Conseil national de
la consommation est donc appelé à jouer dans
ce cadre un rôle éminent.
Lambition poursuivie par le
ministre est de sensibiliser sans tarder et très concrètement
les consommateurs aux conséquences de leurs choix de
consommation courante sans attendre que les critères
dattribution des signes soient établis de manière
exhaustive et définitive, ambition du reste
contradictoire avec les conditions nécessairement évolutives
du développement durables.
Le groupe de travail du CNC a engagé
des travaux dans ce sens et a tenu six réunions. Le
rapport est le fruit des travaux successifs suivants :
Un prérapport détape
a été présenté lors du Conseil
national de la consommation du 10 juillet 2003. Il avait
pour objectif déclairer le ministre sur les premières
pistes de réflexion dégagées lors de
ces travaux. Ont été auditionnées les
organisations suivantes : le Collectif de léthique
sur létiquette, lObservatoire de léthique
(ODE), lObservatoire sur la responsabilité sociale
des entreprises (ORSE), lADEME et lAFNOR concernant
les écolabels et les autres formes de communication
environnementale.
Les travaux du groupe se sont aussi
appuyés sur les réponses à un questionnaire
établi par ladministration (DGCCRF et DPPR).
Des associations de consommateurs y ont répondu :
UFCS, Familles de France, Familles rurales, Léo Lagrange
Consommation, AFOC, ORGECO et les organismes professionnels
(la CCFA, lAPCA, lAPCM...). Une synthèse
des réponses aux questions figurent en annexe à
ce document.
Le rapport reprend enfin les premières
conclusions du prérapport détape présentées
par les deux rapporteurs au cours du CNC plénier du
10 juillet 2003. A cette occasion, le ministre a réorienté
le travail et a demandé dapprofondir la question
en reconnaissant que la proposition de créér
un logo « développement durable »
devait être, pour le moment, abandonnée.
I. - Les opinions
des représentants
des professionnels
Les
membres du collège des professionnels ont arrêté
une position commune qui considère quajouter
un signe distinctif supplémentaire risque dalimenter
la confusion actuelle résultant de dispositifs (labels,
signes qualités...) excessivement nombreux et, pour
une bonne part dentre eux, méconnus par les consommateurs,
si cet ajout nest pas précédé dune
mise en ordre des signes existants.
Ils insistent sur la nécessité
de protéger les dispositifs existants les mieux perçus
par les consommateurs comme les messages dalerte inscrits
sur les produits dangereux.
En raison du champ extrêmement
large du développement durable, lattribution
dun signe sur les produits ne pourrait être consentie
que sur la base de critères nombreux et unanimement
déterminés. Les travaux conduits sur la question
des indicateurs du développement durable et les premières
auditions délà réalisées par le
groupe montrent la complexité du sujet et de surcroît
que le choix des critères pertinents devrait varier
en fonction des produits visés.
Le collège des professionnels
insiste sur le fait que linitiative actuellement prise
dans un cadre national doit être étendue à
un cadre au moins européen, mieux adapté aux
entreprises dont le périmètre dactivité
dépasse le territoire national.
Les démarches en faveur du
développement durable ne pourront donc être signalées
aux consommateurs que sur la base dune large palette
doutils de communication dont lélaboration
nécessitera des travaux approfondis.
Par ailleurs, sagissant des
entreprises artisanales, une signalétique DD devrait
être attribuée à lentreprise plutôt
quà ses produits ou services. Il conviendrait
que le système soit à la fois suffisamment simple
et souple pour permettre aux plus petites entreprises dy
accéder. Le secteur artisanal nest donc pas favorable
à ce que la signalétique DD sinscrive
dans le cadre de démarches de certification ou de normalisation
car ces démarches restent souvent hors de portée
des artisans et des petites entreprises, tant en terme de
coût que de temps à y consacrer.
La CCFA nest pas favorable à
une communication qui sappuie sur un logo apposé
sur les produits. La CCFA souhaite que les initiatives des
entreprises en matière de développement durable
soient évaluées et reconnues par tierce partie,
afin dapporter la transparence et la caution des pouvoirs
publics. Cette reconnaissance externe devrait pouvoir sappuyer
judicieusement sur des outils (systèmes de management
tels que ISO 9000, ISO 14000) et référentiels
existants (tels que SA 8000) relevant du domaine public,
notamment des référentiels gérés
par lAFNOR ou lISO, permettant dévaluer
la mise en uvre simultanée des trois piliers
du développement durable dans lensemble de lentreprise.
Elle considère que toute demande
de reconnaissance au titre du développement durable
devrait reposer sur une démarche de progrès
intégrant les principes de lamélioration
continue.
La CCFA indique que la démarche
doit différencier laspect référentiel
de laspect certification. Laspect certification
est déjà bien balisé par les normes ISO,
les procédures de certification et les contrôles.
Il ne paraît donc pas utile de rechercher dautres
choses.
La démarche de progrès
doit se situer au sein même du référentiel,
car le référentiel est en lui-même un
facteur de progrès. Ainsi, un référentiel
en quatre étapes permettrait dinciter celui qui
est lobjet de la certification à toujours progresser.
Le premier niveau de la première étape doit
être faible pour inciter les producteurs à continuer
à progresser dans la qualité sans avoir limpression
de déployer trop defforts. Il rappelle que la
confiance du consommateur tient à la réalité
de ce qui est écrit sur létiquette et
il ny a que la certification par tierce partie qui peut
lapporter.
Sur la partie « cadre juridique »
le GIFAM comprend que, pour les consommateurs, la certification
procure un degré de confiance élevé.
Néanmoins, il ne peut souscrire à une approche
binaire de ce sujet - certification ou autodéclaration -
et encore moins à une dévalorisation (officielle)
de lautodéclaration (1).
En effet, la contribution au développement
durable ne peut être précisément appréciée
que sur la base dune multitude de critères.
Pour certaines de ces composantes,
la certification pourra être un outil intéressant
voire indispensable. Pour dautres, lautodéclaration (1)
(avec ou sans intervention de tierce partie) pourra savérer
plus judicieuse.
Le GIFAM souhaite que le Conseil national
de la consommation retienne que lévaluation de
la contribution au développement durable puisse in fine
reposer sur lutilisation appropriée des différentes
voies dappréciation à définir au
cas par cas.
Le collège des professionnels
considère que la proposition ministérielle crée
lopportunité de redonner du sens et de la cohérence
aux dispositifs actuels visant à reconnaître
les progrès réalisés en matière
de développement durable. Il propose plusieurs pistes
de travail.
(1) Il existe des exemples
dautodéclaration dans le cadre réglementaire
(sécurité des matériels électriques
et indication de la consommation dénergie) dont
les résultats sont salués tous les jours (que
les consommateurs peuvent apprécier objectivement).
Faire réaliser un état
des lieux
et une analyse des dispositifs existants
Un
audit exhaustif des outils de communication actuellement utilisés
par les entreprises pour signaler les efforts quelles
ont engagés selon les différents axes du développement
durable (logos, labels, signes de qualité, notations,
autodéclarations...) pourrait être mené.
Il permettrait davoir une idée
plus précise du degré de sensibilité
des consommateurs à ces signes quils soient dorigine
publique, privée ou venant des ONG, du nombre dentreprises
concernées, des critères dattribution
retenus, de leur impact en matière de sensibilisation
au développement durable...
Cet audit pourrait se faire à
partir dune enquête dopinion qui devrait
permettre de mieux cerner la perception que chaque partie
prenante a des enjeux du développement durable et identifier
les comportements et les demandes des consommateurs en la
matière.
Une étude comparative de linfluence
réelle des dispositifs de signalement sur les comportements
de consommation pourrait également être proposée.
Susciter une réflexion sur
le sujet au niveau européen
Létat
des lieux et lanalyse engagés au niveau national
pourraient trouver, en parallèle ou dans un deuxième
temps, leur prolongement au niveau européen.
Mettre en place un groupe permanent
du Conseil national
de la consommation sur le développement durable
Cette
création permettrait dinformer lensemble
des parties prenantes sur les progrès de la réflexion
communautaire, de leur rendre compte des travaux sur la perception
par les consommateurs des différents modes de signalement
du développement durable, de leur présenter
les nouvelles initiatives et leur permettre de dégager
une « jurisprudence » en la matière.
Créer un site internet
Le
collège professionnel propose quun site internet
soit créé, outil dinformation et déchange
permanent, dont le portage et le contrôle seraient assurés
par la puissance publique. Ce site permettrait de mettre toute
linformation utile sur le sujet (informations sur les
signes existants, sur les résultats de laudit,
sur les démarches produits et services engagées
par les entreprises, portail vers dautres sites...)
à la disposition de lensemble des parties prenantes
au développement durable, de manière à
« sensibiliser sans tarder et très concrètement
les consommateurs aux conséquences de leur choix de
consommation courante » comme le mandat du ministre
le suggère.
II. - Les opinions
exprimées
par les représentants des consommateurs
LADEIC
considère que la signalétique concerne
bien les produits et les services mais donne sa préférence
à un label « entreprise » plutôt
quà un label « produit »
qui ne pourrait être envisagé quaprès
une réflexion permettant de savoir si une entreprise
pourrait accéder au label dans le cas où un
de ses produits répondrait aux critères du développement
durable.
La SA 8000 et/ou lISO 9004 pourraient
être la base minimale pour accéder au label.
LADEIC propose que lentreprise puisse afficher,
dans la mesure où lon a besoin dune démarche
progressive durable, une graduation qui sera basée
sur la durée (millésime et graduation) et qui
traduira son évolution permanente.
Elle considère que la question
du coût demeure et quil ne faudrait pas que la
signalétique soit réservée aux grandes
entreprises. Des solutions devraient être trouvées
pour mutualiser les coûts.
La CSF rappelle que
le concept de développement durable est un concept
large qui sappuie sur les trois piliers et qui signifie
une évolution profonde de nos modes de consommation
et de production. Elle pense que la problématique du
logo est une drastique réduction du concept et que
cela ne doit pas aboutir à moins defforts de
la part des consommateurs, des professionnels et des pouvoirs
publics. Enfin, une signalétique doit être accompagnée
dactions à destination des consommateurs pour
quils changent leur mode de vie. La CSF pense que la
signalétique doit porter sur la totalité du
cycle de vie (y compris le transport) des biens (produits
agricoles compris) et sur les services ainsi que sur lensemble
de la démarche de progrès de lentreprise.
Elle devrait mesurer lécart entre le point de
départ de lentreprise et des objectifs de progression
datés. La signalétique doit sappuyer sur
les trois piliers (viabilité économique, respect
de lenvironnement et respect des droits sociaux).
Il convient de partir des dispositifs
existants (SA 8000, ISO 14001, ISO 9004) afin damener
les entreprises dans une démarche de développement
durable. Si ces trois piliers sont déjà réunis
sous une forme quelconque, celle-ci peut alors se transformer
en un signe DD en tant que tel. La CSF ne reconnaît
enfin aucun caractère de développement durable
à lagriculture raisonnée.
LASSECO-CFDT doute
de la viabilité de ce mandat. Elle pense que le mandat
du groupe de travail aurait dû porter sur les modes
de consommation. Le CNC a une mission dinformation et
déducation des consommateurs. En matière
de prise en compte du concept de développement durable,
les consommateurs ont un rôle stratégique à
travers le choix des produits quils achètent
ou des services quils utilisent.
LASSECO-CFDT sopposera
à ce que la signalétique développement
durable, si signalétique il y a, bénéficie
à des démarches dont une des trois composantes
serait absente. Pour elle, le concept est un tout indissociable.
En tout état de cause, lASSECO-CFDT souhaite
que le travail sur la signalétique porte sur des secteurs
dactivités plutôt que, uniquement, sur
des entreprises ou des produits. Pour cette association, il
faudrait que le groupe de travail définisse quelques
secteurs dactivités prioritaires.
LAFNOR, à condition
que la partie responsabilité sociale soit bien intégrée
par la présence, notamment, des organisations syndicales
représentatives de salariés, pourrait être
le cadre de travail pour élaborer des signalétiques.
LAFOC se demande
sil ne serait pas utile de sinterroger dabord
sur ce que permettent le cadre juridique et les procédures
existants. Elle rappelle que le code de la consommation vise
principalement à garantir aux consommateurs un bon
rapport qualité/prix et quil ne peut envisager
une problématique différente quen intégrant
des dispositions législatives particulières
imposant des cahiers des charges précis et une marque
publique.
Par ailleurs, elle remarque que le
cadre juridique actuel nautorise pas le CNC à
donner un signe de qualité pour le développement
durable, rôle qui incombe aux partenaires concernés.
Le CNC serait plus à laise pour promouvoir une
certification avec un référentiel comprenant
des aspects ponctuels et immédiats. Dans cet esprit,
son organisation est favorable à un label européen
dinitiative française. Il souligne quelle
est totalement hostile à la création dune
marque collective dont les entreprises pourraient disposer
sans contrôle.
Elle propose de créer une agence,
structure indépendante, qui regrouperait pouvoirs publics,
représentants des professionnels et des consommateurs,
et qui aurait pour rôle de diffuser largement de linformation
auprès des consommateurs en matière de développement
durable. Cette agence compléterait le site Internet,
tous les consommateurs nayant pas nécessairement
accès à cet outil.
ORGECO rappelle quil
y a une différence entre logo et label : le logo
est un signe libre alors que le label fait appel à
un référentiel. Elle souhaite que la marque NF
environnement soit fondue dans lécolabel européen,
quitte à conserver une déclinaison à
lintérieur de ce label. Dans un but de lisibilité
et afin déviter une cascade de labels, il conviendrait
dagréger sous une signalétique développement
durable les différents labels existants par domaines,
filières ou secteurs à déterminer.
LUFCS considère
que la signalétique doit concerner une démarche
dentreprise et souhaite que les produits qui bénéficient
déjà de signes de qualité soient les
premiers à entrer dans la démarche du développement
durable, sous la condition dune révision des
cahiers des charges. La signalétique est destinée
à récompenser des efforts, à condition
toutefois quelle prenne effectivement en compte les
trois piliers du développement durable. Elle ne doit
donc pas être minimaliste.
LUFC Que Choisir estime
que la signalétique développement durable induit
une exigence de résultats pour le produit mais que
le CNC na pas vocation à définir cette
signalétique. Elle rappelle quil a été
jugé, après réflexion, nécessaire
de mettre en place une réglementation pour une agriculture
raisonnée mais que celle-ci ne bénéficie
daucun logo.
Elle demande quune réflexion
soit menée sur un référentiel minimal
qui pourrait véhiculer lappellation « développement
durable » et qui corresponde aux attentes de la
société. Ensuite, on verrait si le référentiel
mis en place peut être utilisé par les entreprises
et sil pourrait y avoir une indication sur les produits
et services de ces entreprises.
Face au foisonnement de logos écologiques
et éthiques, lUFC est contre la création
dun logo spécifique au développement durable.
Une signalétique DD intégrée aux signes
de reconnaissance existants est envisageable. LUFC insiste
sur la nécessité de communiquer au plus vite
de manière transparente auprès des consommateurs.
Le développement durable repose en effet sur une modification
des modes de consommation.
Face au foisonnement didentifiants
déjà existants, Familles rurales nest
pas favorable à lapposition dun nouveau
logo ou dune signalétique développement
durable.
Lobjectif à poursuivre
est que tout produit et service mis sur le marché intègre
les critères du développement durable dont la
liste serait établie par consensus (norme).
Le préalable doit donc être
la définition de critère tenant compte des trois
piliers du développement durable, ces critères
devant bénéficier à terme dune
reconnaissance au niveau national, européen et international.
Dans un premier temps, ils seraient
à intégrer dans les référentiels
de certification existants et futurs pour les produits et
services revêtus de signes officiels de qualité.
De plus, la nécessaire garantie
à apporter aux consommateurs sur lapplication
des critères dans les référentiels passe
par un contrôle public et par un contrôle par
un organisme certificateur tiers.
La CGL pense quune
signalétique sur le développement durable est
aujourdhui prématurée car son élaboration
demande une ample réflexion. Lapposition dun
logo sur les produits et services doit sensibiliser les consommateurs
dans une démarche de citoyen responsable. Le logo doit
avoir une signification pour eux, dans la mesure où
il aura pris en compte les divers aspects législatifs-réglementaires,
normatifs existants tant en droit du travail, en matière
denvironnement, de social, déconomique,
etc., appliqués et développés par les
entreprises.
La signalétique doit sinscrire
dans une démarche européenne et lélaboration
dun futur référentiel doit faire appel
au plus grand nombre dinterlocuteurs concernés.
Léo Lagrange Consommation
encourage les entreprises à sengager
sur la voie du développement durable et dans une démarche
délaborations, doutils, de règles.
Elle les invite à communiquer de manière transparente
en direction des consommateurs en leur permettant de pouvoir
vérifier la véracité de leurs engagements.
Pour elle, une société
socialement responsable et engagée dans le développement
durable devrait répondre à 5 critères
relativement précis consistant à appliquer :
1. Les règles de lOIT et du pays où
se situe lentreprise avec prise en compte du droit du
travail des salariés du pays concerné dautant
quil serait encore plus protecteur ; 2. Les
règlements ou normes environnementales ; 3. Les
futures normes européennes du commerce éthique ;
4. Les futures normes françaises du commerce équitable ;
5. Les référentiels de produits et de services
existants dans ce domaine.
III. - Les souhaits
exprimés par certains représentants
des consommateurs et des professionnels
Les
représentants des consommateurs et des professionnels
qui ont répondu au questionnaire estiment quune
signalétique ne serait viable quà condition
quelle :
- porte dabord
sur une démarche individuelle des entreprises (la démarche
produit ne pouvant être envisagée quà
plus long terme) ;
- concerne tous les
produits et services issus de ces entreprises, avec une particularité
pour les produits et services portant déjà un
signe officiel de qualité ;
- récompense
un niveau déjà atteint tout en prenant en compte
les progrès réalisés sur une période
de temps déterminée (deux ou trois ans), par
exemple sous la forme dun millésime ;
- soit rigoureusement
contrôlée ;
- ne soit pas décernée
pour seulement un des trois aspects du développement
durable ;
- réponde
à des exigences substantielles mais permettant une
démarche de progrès.
Ils considèrent que ladossement
du signe à une marque collective ne constituerait pas
une solution adéquate pour les produits et services
sous signes officiels de qualité ou certifiés
et devrait être réservé aux organismes
autres que les organismes de certification qui contrôleraient
le respect des critères du « DD ».
Ils considèrent enfin quil
est souhaitable dapporter des restrictions plus marquées
quaujourdhui aux allégations trompeuses
ou mensongères relatives aux produits et ayant trait
aux préoccupations du DD et que le rôle des organismes
de contrôle soit réaffirmé.
IV. - Les questions
en suspens
Le
groupe de travail souhaite quon fonde la définition
du développement durable sur le triptyque « social,
économique, environnemental » et que le
concept ne soit pas mis en avant dune manière
partielle qui conduise à des interprétations
inexactes.
Les membres du groupe qui sont favorables
à une signalétique considèrent quelle
doit identifier une démarche dentreprise mais
pour considérer également que seule une indication
sur les produits serait de nature à impliquer concrètement
les consommateurs.
Sil apparaît difficile
dimaginer quun produit soit signalé comme
participant au DD sans que lentreprise qui le produit
soit elle-même dans une démarche de DD, il est
possible dimaginer que lentreprise se soit engagée
dans une telle démarche sans que tous ses produits
en concrétisent les effets, au risque de tromper les
consommateurs qui nauront pas une compréhension
exacte de ce que recouvre le signe.
A cet égard, il est important
de relever le souhait pressant de plusieurs intervenants que
les bilans réalisés pour accorder un signe de
développement durable prennent en compte les modes
de consommation et que les pouvoirs publics se préoccupent
également de léducation des consommateurs
au DD. Certains membres ont par exemple relevé, au
vu de la pénétration des produits labellisés,
un écart significatif entre les déclarations
dintention des consommateurs et leurs comportements
réels dachats.
Le groupe a souhaité que les
travaux du CNC puissent tenir compte de ceux menés
par le Conseil national du DD dès la première
synthèse issue des groupes de travail de cette instance
nouvelle qui pourrait tracer certaines pistes daction
à confronter à celles dégagées
par le CNC.
Il existe un réel consensus
au sein du collège consommateurs pour rejeter la reprise
sur les produits des autoproclamations des entreprises en
matière de développement durable.
Plusieurs membres considèrent
enfin que le CNC nest pas linstance adéquate
pour établir des référentiels détaillés
et ne peut arrêter que des orientations générales.
V. - Le débat
en CNC plénier du 10 juillet 2003
La prise de conscience
de la mondialisation des marchés a conduit à
lémergence de nouveaux modes de consommation
qui intègrent à lacte dachat des
considérations qui relèvent de la responsabilité
collective. Le nouveau consommateur ne se préoccupe
plus seulement du rapport qualité/prix des biens, il
sintéresse également aux conditions dans
lesquelles ce rapport est atteint. Lincidence environnementale,
sociale, éthique des conditions de production et de
distribution des biens constitue désormais un élément
du choix des consommateurs. Pour certains dentre eux,
encore minoritaires mais sans doute pionniers, le commerce
équitable, léco-conception des produits
ou la responsabilité sociale des entreprises pèsent
désormais autant que linnovation ou le prix compétitif.
Consommer devient de moins en moins un comportement visant
à la satisfaction immédiate de besoins de tous
ordres pour sériger en acte responsable engageant
le présent et lavenir. Un tel comportement sinscrit
dans les objectifs du développement durable.
La CLCV, très intéressée
par lanalyse faite sur le « nouveau consommateur »,
constate que les associations nont pas accès
aux études réalisées par des sociologues
ou des experts compétents en la matière. Elle
souhaite que le groupe de travail puisse auditionner certaines
de ces personnalités, afin de progresser dans sa réflexion.
Par ailleurs, elle considère que la segmentation des
comportements des consommateurs, à partir de leur pouvoir
dachat, doit être utilisée avec précaution
car un consommateur à faible pouvoir dachat peut
avoir des convictions supérieures à celles dun
consommateur à fort pouvoir dachat.
Le MEDEF confirme quen dépit
des réserves exprimées dans un premier temps
les professionnels ont la volonté de prolonger les
travaux du CNC sur le développement durable et, avec
lappui des pouvoirs publics, parvenir à des propositions
originales.
LADEIC constate que le travail
effectué sur un éventuel « logo développement
durable » a mis à jour une réflexion
beaucoup plus vaste sur la consommation, et plus particulièrement
sur la méthode à mettre en uvre pour associer
les consommateurs à la démarche « développement
durable ».
Il est convaincu que la nature des
réponses sera différente de celles données
généralement dans les autres groupes de travail.
Il pense que ni la normalisation, ni la certification ne pourront
fournir les solutions et que le CNC devra faire preuve dinvention
et doriginalité. En effet, selon les catégories
de consommateurs et les secteurs concernés, les points
de vue sont très différents : la condition
sociale de production est la préoccupation principale
pour le secteur textile, alors que le souci sanitaire est
celle de lagroalimentaire. Les problématiques
sont de plus en plus émiettées et fragmentées
et les consommateurs les plus avertis peuvent être victimes
dune certaine schizophrénie : achat écologique
le lundi, équitable le mardi, etc. Les consommateurs
ont de moins en moins la possibilité darbitrer
leur choix et finissent par se détourner des informations
qui leurs sont données.
Il observe que, en matière
de pouvoir de décision, les pouvoirs publics se déchargent
sur les consommateurs : le consommateur, par exemple,
doit décider seul si les OGM sont ou ne sont pas dangereux.
Cette démarche nest pas satisfaisante parce quil
faut mettre en uvre une démarche collective pour
répondre à des contraintes collectives :
la limite entre lobligatoire et le volontaire doit être
arbitrée.
La FCD-MEDEF constate que la réflexion
confiée au CNC, aujourdhui, est beaucoup plus
ambitieuse et prospective que celle qui lui avait été
donnée auparavant. Il pense quil faut poursuivre
les travaux compte tenu des désaccords entre les deux
collèges, en particulier sur un point fondamental de
la démarche quest l« approche
entreprise » ou l« approche produit ».
A N N E X E S
1. Synthèse
des réponses au questionnaire élaboré
par ladminitration.
2. Sensibilisation de lopinion
au développement durable : contribution de lAFOC.
3. Intervention de lAssociation
française de normalisation (AFNOR).
4. Intervention de lObservatoire
sur la responsabilité sociétale des entreprises
(ORSE).
5. Intervention du Collectif
de léthique sur létiquette (CEE).
A N N E X E S
AU RAPPORT DU CNC
« Reconnaissance
de la contribution au développement durable »
1. Synthèse
des réponses au questionnaire élaboré
par ladministration.
2. Sensibilisation de lopinion
au développement durable : contribution de lAFOC.
3. Intervention de lAssociation
française de normalisation (AFNOR).
4. Intervention de lObservatoire
sur la responsabilité sociétale des entreprises
(ORSE).
5. Intervention du Collectif
de léthique sur létiquette (CEE).
A N N E X E 1
SYNTHÈSE DES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE
ÉLABORÉ PAR LADMINISTRATION
Associations de consommateurs :
UFCS Familles de France, Familles
Rurales,
Léo Lagrange Consommation, AFOC, ORGECO
Le
logo doit-il porter sur les produits ou sur les démarches
individuelles ou collectives des entreprises ?
[démarche entreprise / démarche entreprise
/ démarche globale « DD » des
entreprises / démarche individuelle de lentreprise
puis 2e temps produit / volonté
de lentreprise / les 2]
Le logo doit porter sur une
démarche individuelle des entreprises. La démarche
produit pourrait, à long terme, être envisagée.
Dans lhypothèse où
il serait porté sur un produit, devrait-il également
garantir que lentreprise productrice satisfait à
des conditions particulières en relation avec le développement
durable ?
[oui / oui / oui, mais pas favorable à logo
produit / oui, mais pas favorable à logo produit / ?]
Oui, mais nous ne parlons
pas aujourdhui de démarche produit.
Le groupe a-t-il
intérêt à se concentrer dans le premier
temps sur les produits industriels de grande consommation
et ne traiter les services et les produits alimentaires, ces
derniers déjà largement pourvus de signes de
qualité, que dans un second temps ?
[non, priorité produits avec signes de qualité
/ ne pas exclure produits alimentaires / harmonisation,
opposition à nouveau logo sur produits ayant déjà
signes ou certifications officiels / produits industriels
et services, révision et harmonisation pour signes
existants / attention, cf. droit et code de la consommation
/ non, cf. signes existants]
Tous les produits et services
issus des entreprises devraient être concernés,
avec une particularité pour les produits et services
portant déjà un signe officiel de qualité.
Le logo doit-il
récompenser un niveau dimplication déjà
atteint dans le développement durable ou bien les efforts
faits par les entreprises ?
[récompenser les efforts / progressif, note
éliminatoire et engagement de deux ou trois ans
/ niveau atteint par entreprise (obligation de moyens et de
résultats) / niveau atteint, mais notion de progrès
dans le cadre dune graduation / signalétique
doit récompenser un niveau dimplication :
1D, 2D, 3D]
Il doit récompenser
un niveau déjà atteint, mais il faut prendre
en compte la démarche progrès, notamment en
fixant une échéance (deux ou trois ans).
Dans lhypothèse
où le logo identifierait des efforts par rapport à
une situation antérieure, devrait-il être millésimé ?
[pourquoi pas ? / engagement sur deux ou
trois ans / oui, mais au moins 1 contrôle par
an (qui est propriétaire du logo ? qui a la charge
de délivrer lusage du logo ? contrôle :
comment, par qui ?) / oui / oui, mais à manier
avec précaution]
Oui, il devrait être
millésimé.
Le logo pourrait-il
être décerné pour seulement un des trois
aspects du développement durable ?
[non / minimum respecté pour les 3 / non,
sinon tromperie / non, mais attention à démarche
de progrès / oui, avec précision sur lensemble
des 2 étapes]
Non, sinon il ne sagit
plus de DD.
Les exigences auxquelles
les entreprises devraient satisfaire (pour elles-mêmes
ou leurs produits) doivent-elles être élevées
dès la première année au risque de décourager
les initiatives et de ne pas vraiment lancer le mouvement ?
[oui / progressif / oui, élevées
dès 1re année, démarche
de progrès / pas trop haut, mais pas minimalistes /
les exigences sont accessibles par la volonté dintégrer
la démarche]
Elles ne doivent surtout pas
être minimalistes et doivent permettre une démarche
de progrès.
Faut-il à
linverse fixer un référentiel minimaliste
permettant de décerner très largement le logo
pour « stigmatiser » les produits qui
ne le portent pas ?
[non / non, notion de progrès = encouragement
/ non / non, DD nest pas un concept minimaliste / non]
Non.
Comment éviter
les conflits entre signes de qualité dans le cas, hypothétique,
où une entreprise titulaire dun signe de qualité
ne respecterait pas du tout les critères du développement
durable ?
[Revoir cahier des charges des signes de qualité
avec critères de DD / signes de qualité et
label de DD portent sur 2 notions différentes /
introduction de critères « DD »
dans cahier des charges, donc pas apposition dun logo
« DD » sur produits et services avec
signe officiel de qualité / révision des signes
officiels de qualité / application de la démarche
3D]
Il devrait y avoir une révision
des signes officiels de qualité existants, ce qui ne
signifie pas que ces derniers soient changés en un
logo « DD ».
Ladossement
du logo à une marque collective pourrait-il constituer
une solution adéquate ?
[pourquoi pas ? / marque collective ?
/ non pour produits et services sous signes officiels de qualité
et pour marques collectives de certification. Oui pour organismes
de contrôle tiers non OC qui contrôleraient respect
des critères du « DD » et pour
marques collectives non sous signe officiel de qualité
/ non, chaque entreprise sengage en son nom et pour
les produits quelle fabrique et vend / pas logo, mais
signalétique]
...
Quel bilan peut-on
tirer de la situation actuelle en matière de signes
et allégations portés par les produits et ayant
trait aux préoccupations du DD ?
[Signes et allégations encore trop peu connus /...
/... / étudier la portée et en tirer des conclusions
/ définition du DD encore méconnue, concept
peu explicable par simple étiquetage, DD doit faire
objet dune info particulière]
Encore peu connu, nécessite
une étude et en tirer des conclusions.
En se tournant
vers lavenir, quel rôle pourraient jouer les consommateurs
et à quelles conditions pour contribuer à lévolution
de nos sociétés vers un DD ?
Est-il souhaitable dapporter
des restrictions plus marquées quaujourdhui
aux allégations trompeuses ou mensongères ayant
trait aux préoccupations du DD ?
[/... /... / ... / bien évidemment / rôle des
organismes de contrôle existants doit être affirmé]
Oui.
Est-il opportun
de rassembler sous une signalétique unique, applicable
aux produits, les diverses préoccupations du DD ?
si oui, quelles relations établir avec les signes et
allégations existants ?
[oui, mais à faire connaître auprès du
consommateur /... /... / oui, dans mesure où révision
de ce qui existe / oui]
Oui, mais cela ne signifie
pas que ces derniers soient changés en un logo « DD ».
Association
de consommateurs :
Confédération syndicale des familles (CSF)
Le
concept de développement durable sappuie sur
une transformation des modes de production et de consommation.
Les modes de consommation ne sarrêtent pas à
choisir un produit, mais embrasse lensemble des actes
quotidiens de chacun. Le choix des produits est une des voies
mais largement insuffisante. Ainsi, sil est utile de
choisir une voiture qui respecte des critères de développement
durable (on peut rêver), la vraie réponse en
termes de développement durable est de développer
des modes de transports alternatifs.
Ainsi il semble que la signalétique
développe une approche centrée sur les efforts
des entreprises et sur la communication de ces efforts, et
non pas principalement sur la possibilité de permettre
aux consommateurs de faire un choix. Le référentiel
doit porter sur les produits et sur lentreprise. Une
entreprise doit respecter les principes du développement
durable dans lensemble de ses structures. Mais en même
temps, le produit doit répondre à un certain
nombre de spécifications notamment sur les conditions
dutilisation, de durée de vie, de recyclage,
de production quand interviennent plusieurs sous-traitants
dans des pays du tiers monde. Lélaboration du
référentiel ne peut être confiée
au CNC mais plutôt à lAFNOR.
Il semble également quil
serait intéressant de sattacher à quelques
secteurs dactivité emblématiques pour
commencer. On peut envisager la coexistence dune exigence
de niveau et dune démarche de progrès.
En effet, sengager dans une démarche de progrès
veut dire évaluer le niveau de départ et fixer
des niveaux à obtenir, en sachant que lon va
chercher à atteindre le plus haut possible. Le niveau
de départ ne doit pas être inférieur aux
réglementations et conventions des secteurs concernés,
en sachant que se pose la question de quelles réglementations
on parle quand le produit est fabriqué dans des pays
du tiers monde.
Enfin pour notre part, il nest
pas envisageable daccepter un système dauto-proclamation
sans contrôle indépendant par une tierce partie.
Plus globalement, on peut également se poser la question
de lintérêt du mandat, au vu du rapport
du CNDD qui a repoussé clairement toute idée
de label.
Contribution de la FNSEA
La FNSEA soutient le développement durable
La
FNSEA soutient les démarches se réclamant du
développement durable, et souligne que ce concept dépasse
les seuls aspects écologiques et environnementaux dans
le secteur agricole. Une agriculture durable suppose en effet
dintégrer également des paramètres
plus larges, telles des préoccupations économiques
et sociales (la présence dagriculteurs sur tout
le territoire, des exploitations transmissibles, des prix
de vente rémunérateurs, des organisations communes
de marché performantes), afin que notre agriculture
puisse continuer de se développer de façon pérenne
sur tout le territoire.
Les exploitants agricoles déjà
engagés
dans le développement durable
Au-delà
de lengagement global de la FNSEA vers une agriculture
durable, cette dernière sest investie dans le
développement de signes de qualité français
(AOC, label rouge), et européens (AOP, IGP), et plus
particulièrement dans le développement de lagriculture
biologique (AB). Dès lannée 2000,
elle sest engagée par ailleurs dans la mise en
place de la démarche « agriculture raisonnée ».
La FNSEA demeure investie dans le
développement de lagriculture biologique, et
sest engagée pour que ce mode de production puisse
se développer dans des conditions sereines, au-delà
des 2 % de la surface agricole utile française
quil représente actuellement.
La démarche de qualification
des exploitations agricoles au titre de lagriculture
raisonnée, plus récente, a vocation à
sappliquer à lensemble de lagriculture
française et a été conçue comme
une démarche de progrès. Elle porte sur le respect
de lenvironnement, la santé et la sécurité
au travail, et le bien-être des animaux sur la base
dun référentiel national, et prévoit
un contrôle des exploitations par des organismes tiers,
indépendants, agréés par les pouvoirs
publics.
...
Les premières exploitations
seront qualifiées prochainement et les produits issus
de ces exploitations pourront être étiquetés
dans des conditions très précises afin de permettre
aux consommateurs didentifier ces produits.
Prendre en compte les démarches
existantes
plutôt que de créer de nouveaux référentiels
Cest
pourquoi, si un logo ou un signe distinctif commun devaient
être créés, la FNSEA souhaite que soit
pris en compte lensemble de ces démarches, qui
reposent sur des référentiels déjà
définis. Elle souhaite néanmoins attirer lattention
sur le fait que les consommateurs éprouvent déjà
des difficultés à repérer les quatre
signes de qualité existant dans le secteur agroalimentaire
(label rouge, agriculture biologique, appellation dorigine
et certificat de conformité).
Pour ces raisons, la FNSEA ne cautionne
pas lapposition à court terme dun nouveau
logo « développement durable »
sur les produits alimentaires et souhaite que le CNC prenne
le temps dengager une réflexion de fond sur le
sujet, sans précipitation.
Contribution de lAssemblée
permanente
des chambres dagriculture (APCA)
Le
groupe a-t-il intérêt à se concentrer
dans le premier temps sur les produits industriels de grande
consommation et ne traiter les produits alimentaires que dans
un second temps ?
LAssemblée permanente
des chambres dagriculture se félicite, au préalable,
de la volonté du CNC de travailler sur ce thème.
Elle rejoint lidée avancée par le président
du groupe de travail, M. Amand, de traiter dans un premier
temps les produits industriels de grande consommation, dans
la mesure où il existe un dispositif cohérent
au niveau agricole et agro-alimentaire avec les signes didentification
de la qualité et de lorigine.
Les différentes démarches
des signes didentification de la qualité et de
lorigine participent au développement durable,
notamment sur :
- les modes de production
pour lagriculture biologique ;
- les aspects terroir
et origine pour les appellations dorigine contrôlées
(AOC) ;
- les aspects de
qualité supérieure pour le label rouge ;
- certaines spécificités
particulières pour la certification de conformité
(CCP).
Le label rouge, la certification de
conformité et lagriculture biologique reposent
sur un système de certification du produit construit
autour :
- dune
démarche volontaire, et dans le cas du label
rouge obligatoirement collective ;
- dun
cahier des charges public qui va au-delà du
respect de la simple réglementation ou de normes obligatoires
dans lequel sont consignées les caractéristiques
du produit ou du mode de production ;
- dun
contrôle effectué par des organismes certificateurs
agréés et accrédités
sur la base du respect des dispositions de la norme EN 45011,
en matière dindépendance, dimpartialité,
defficacité et de compétence.
Le dispositif de lagriculture
raisonnée, en tant que démarche de
gestion globale de lexploitation qui vise à
généraliser les bonnes pratiques agricoles,
donne des garanties aux consommateurs quant à
leurs préoccupations relatives à limpact
des pratiques agricoles sur la protection de lenvironnement,
sur la maîtrise de la sécurité alimentaire,
la santé et le bien-être animal. Elle
répond ainsi tout à fait à cette réflexion
de développement durable.
Le dispositif de lagriculture
raisonnée est appelé à devenir
le socle unique sur lequel les autres démarches de
signes officiels de qualité et dorigine pourront
se greffer.
LAPCA considère donc
que lenjeu de développement durable doit avant
tout sappuyer sur ces démarches qui concourent
déjà à cet objectif.
Le logo doit-il porter sur
les produits ou sur les démarches individuelles ou
collectives des entreprises ? Devra-t-il, sil est
porté sur un produit, garantir que lentreprise
productrice satisfait à des conditions particulières
en relation avec le développement durable ?
Une démarche de développement
durable nest pas une démarche produit, par contre
elle garantit une attitude de lentreprise qui
répond aux exigences du développement durable.
Cette démarche peut se traduire par lutilisation
dun logo sur le produit pour autant que :
- il ny ait
pas dambiguïté ;
- lentreprise
soit impliquée totalement,
- elle concerne lensemble
des entreprises ayant participé au processus de fabrication
du produit.
Dans un souci de cohérence
vis-à-vis des consommateurs, lutilisation du
logo pourra être possible si les trois aspects, à
savoir laspect environnemental, laspect social
et la nécessité dun commerce équitable,
sont concernés.
Le logo doit-il récompenser
un niveau dimplication déjà atteint dans
le développement durable ou bien les efforts faits
par les entreprises ? Devrait-il être millésimé ?
Il est souhaitable dafficher
un minimum de garantie sur le logo afin de
sassurer dune certaine lisibilité de la
démarche auprès des consommateurs. Cela doit
se traduire par des exigences à respecter pour toutes
les entreprises quel que soit leur niveau dimplication.
Par ailleurs, la proposition du millésime
serait en contradiction avec la pérennité
de la démarche pour lentreprise. Cette
démarche doit sinscrire dans la durée
par le moyen dun contrôle étalé
dans le temps pour une période de cinq ans par exemple.
Les exigences auxquelles les
entreprises devraient satisfaire doivent-elles être
élevées dès la première année ?
Faut-il fixer un référentiel minimaliste ?
Il faut, dune manière
générale, trouver un optimum au niveau des exigences,
pour ne pas décourager les initiatives avec une démarche
trop élitiste, mais mettre en place un outil de progrès.
Le dispositif doit être crédible et accessible. La crédibilité passe par un seuil minimum,
des modalités de contrôle, une démarche
inscrite dans le temps. Le dispositif doit également
être accessible pour permettre la démarche de
progrès.
Contribution
de la Confédération française
de la coopération agricole (CFCA)
En
préambule, rappelons que la CFCA représente,
à travers une quarantaine de fédérations
nationales spécialisées (lait, vin, céréales,...)
et régionales, près de 3 500 entreprises
coopératives et 1 500 filiales qui réalisent
un chiffre daffaires global évalué à
65 milliards deuros dans le secteur agroalimentaire
en employant plus de 150 000 salariés directs.
Les entreprises coopératives,
de part leur statut spécifique, leur mode de gouvernance
et leur organisation en filières attachées aux
territoires, sinscrivent pleinement dans la démarche
de développement durable fondé sur les trois
piliers visant à concilier efficacité économique,
respect de lenvironnement et responsabilité sociale.
Par ailleurs, la coopération
agricole a dores et déjà créé,
et mis en uvre, des outils en faveur du développement
durable : le système de management de la qualité
et de lenvironnement de lamont agricole (Agri
Confiance®), le développement des filières
sous signes officiels de qualité et dorigine,
le bilan sociétal en sont des exemples probants.
Pour poursuivre sa contribution à
lensemble des réflexions denses du groupe de
travail du Conseil national de la consommation, et compte
tenu de limportance que nous attachons à une
formulation pragmatique du concept de développement
durable, il nous semble utile de préciser les points
suivants :
En
ce qui concerne le concept de développement durable
proprement dit :
1. Il est essentiel
que les trois piliers, axes du développement
durable, soient pris en compte de manière simultanée
et que le concept soit commun aux produits et aux
services mais aussi à tous les secteurs socio-économiques
et à tous les acteurs : entreprises, organismes,
collectivités, associations... Seules les normes dobjectifs
doivent pouvoir être sectorisées.
2. Dans un souci de transversalité
socio-économique et géographique, il est également
important de prendre en considération des outils
déjà diffusés et reconnus, donc potentiellement
unificateurs sur un plan national et international.
Ces outils de reconnaissance mutuelle ne doivent pas être
minimalistes et doivent relever de dispositifs publics ;
leur élaboration et leur mise en uvre doivent
être gérées par des organismes sous contrôle
ou selon des procédures contrôlées par
les pouvoirs publics.
En
ce qui concerne la reconnaissance par un logo :
3. Ce
logo ne doit pas sappliquer au produit, mais
constituer un vecteur de communication institutionnelle dentreprise,
dopérateur ou dun groupe dopérateurs
du développement durable. En effet, à titre
dexemple, il nest pas envisageable quune
entreprise puisse vendre simultanément des produits
« labellisés développement durable »
et des produits qui ne le seraient pas, ni posséder
des sites « propres » et dautres
polluants.
Le logo doit donc sappliquer
à une action globale de lopérateur, traduisant
une démarche de gestion du développement durable
au sein de toute son entité ou de toutes ses entités.
Cest donc une communication de type « institutionnelle »
qui doit porter sur lensemble des sites et/ou activités
placés sous la responsabilité de lacteur
concerné.
4. Même sil
peut être envisagé de le souligner grâce
à des mentions spécifiques (tourisme durable,
agriculture durable,...), il est préférable
que ce logo soit commun aux différents secteurs
économiques et acteurs du développement durable.
Ceci afin de rester facilement identifiable par tous
ceux qui seront amenés à le reconnaître :
les consommateurs, les pouvoirs publics, les citoyens.
En
ce qui concernent les conditions et le système de reconnaissance :
5. Toute demande
de reconnaissance au titre du développement durable
par un opérateur devra reposer sur une démarche
de progrès :
- qui sapplique
à tous ses sites et filiales, produits et services,
et à une analyse de tous les fournisseurs ou « parties
intéressées » ;
- qui concerne les
trois piliers : économique, social et
environnemental ;
- qui tienne compte
des niveaux dexigence progressifs en intégrant
les principes de lamélioration continue.
6. Il doit sappuyer
au maximum sur des systèmes, normes et référentiels
existants, afin de ne pas créer de nouveaux
référentiels et de nouveaux audits qui sajouteraient
aux démarches partielles existantes, ou pire, qui ne
les reconnaîtraient pas. Cette nouvelle approche ne
doit pas déstructurer les systèmes présents
dans les entités économiques, mais intégrer
ou compléter les démarches existantes, en ayant
le souci de reconnaître et de valoriser les efforts
déjà effectués.
7. Il doit conceptuellement
pouvoir sappliquer à tout secteur dactivité
(industrie alimentaire, mécanique, services, pharmacies,
etc.) et à tout type de structure économique :
entreprise privée, collectivités locales, administrations,...
même si des déclinaisons normatives spécifiques
peuvent être envisagées comme pour lagriculture,
lartisanat,...
8. Il doit nécessairement
faire intervenir un référentiel (à définir,
voir propositions au point suivant) dont lapplication,
afin dêtre crédible aux yeux des consommateurs
et citoyens, sera contrôlée par tierce
partie selon des procédures reconnues.
9. Le système de
reconnaissance doit sappuyer sur des outils publics
(type normes EN, ISO) et des organisations publiques (ISO,
AFNOR, COFRAC), en excluant toute reconnaissance basée
sur des référentiels privés.
En
ce qui concerne le référentiel utilisé
pour cette reconnaissance :
10. Outre le fait
quil doit sappuyer sur des référentiels
existants, constitutifs de normes, il doit naturellement rester
dapplication volontaire.
11. Le référentiel
de reconnaissance devra associer :
- un système
de management (ISO 9000, ISO 14000) des
trois composantes du développement durable, constituant
une démarche de progrès placé sous le
signe de lamélioration continue dans le domaine
économique, environnemental et social ;
- et des objectifs
quantifiables dans ces trois domaines (entre 3 et 5 objectifs
par domaine) se concrétisant par des exigences
progressives de résultats.
Ces objectifs sappuieraient
sur des normes/documents génériques (exemple :
SA 8000 pour les aspects sociaux) ou des normes spécifiques
sectorielles (ex : norme secteur automobile, électricité,
exigences forêt durable...).
12. En sappuyant
sur les travaux déjà effectués dans le
cadre du guide AFNOR SD 21000 intitulé Développement
durable - responsabilité sociétale
des entreprises, il serait judicieux de saisir les instances
normatives (AFNOR, CEN, ISO) de la création dune
norme internationale articulant les normes de management existantes
(ISO 9000, ISO 14000) et des référentiels
comme la SA 8000.
13. Les principes de la
certification globale « développement durable »
seraient assurés par des organismes certificateurs
selon les principes de la norme EN 45 012 et mis en uvre
dans le cadre daudits intégrés. Pour bénéficier
de la certification globale, il sera nécessaire que
lopérateur concerné réunisse lensemble
des conditions précisées dans ce nouveau référentiel.
14. Dans lattente
dune norme ISO, il est vivement recommandé que
les principes et orientations énoncés dans le
guide SD 21000 servent de base aux orientations politiques
et quun guide dapplication du document SA 8000
soit élaboré pour la France.
15. Des recommandations
spécifiques devront être faites sur la création
et/ou lutilisation de normes de management du développement
durable adaptées à des secteurs dont lactivité
est particulièrement atomisée (exploitations
agricoles, artisanat, professions libérales...). Des
outils normatifs adaptés devront, le cas échéant,
être mis en uvre dans le cadre de commissions
de normalisation spécialisées pour leur permettre
de répondre avec efficacité à ce nouvel
enjeu.
Position de lAssemblée permanente des
chambres de métiers aux questions soumises par le CNC
« Reconnaissance de la contribution au développement
durable »
Le logo doit-il porter
sur les produits ou sur les démarches individuelles
ou collectives des entreprises ?
Position de lAPCM :
le logo doit porter sur les démarches individuelles
ou collectives des entreprises.
Dans lhypothèse où
il serait porté sur un produit, devrait-il également
garantir que lentreprise productrice satisfait à
des conditions particulières, en relation avec le développement
durable ?
Position de lAPCM :
dans la mesure où nous optons pour une démarche
axée sur lentreprise, la question ne se pose
pas.
Le groupe a-t-il intérêt
à se concentrer dans le premier temps sur les produits
industriels de grande consommation et ne traiter les services
et les produits alimentaires, ces derniers déjà
largement pourvus de signes de qualité, que dans un
second temps ?
Position de lAPCM :
si lon adopte une approche entreprise et non une approche
produit, la question ne se pose plus, elle intègre
tous les secteurs dactivité.
Le logo doit-il récompenser
un niveau dimplication déjà atteint dans
le développement durable ou bien les efforts faits
par les entreprises ?
Position de lAPCM :
il vaut mieux raisonner en terme defforts faits par
les entreprises que de niveaux atteints, pour privilégier
une démarche de progrès.
Dans lhypothèse où
le logo identifierait des efforts par rapport à une
situation antérieure, devrait-il être millésimé ?
Position de lAPCM :
si on se place dans une logique de démarche de progrès,
la réponse est oui, mais cela pose immédiatement
le problème du dispositif à mettre en place.
Pour vérifier que les entreprises
sont toujours bien dans cette logique de démarche de
développement durable et donc le problème du
coût de ce dispositif. Est-ce que ce dispositif se ferait
via un système auto déclaratif à
renouveler au bout dune période donnée
ou via un système de certification qui tout de suite
savérera coûteux pour une TPE ? Dans
tous les cas, il ne faut pas que la solution choisie exclue
les entreprises, et notamment les plus petites, en raison
de son coût.
Le logo pourrait-il être
décerné pour seulement un des trois aspects
du développement durable ?
Position de lAPCM :
oui ; en effet, si lon optait pour un logo couvrant
les 3 aspects, cela concernerait au final que très
peu dentreprises, grandes ou petites, en raison du niveau
dexigences demandées, et aurait donc peu dimpact
sur les consommateurs, en raison du nombre restreints dentreprises
concernées.
Les exigences auxquelles les entreprises
devraient satisfaire (pour elles-mêmes ou leurs produits)
doivent-elles être élevées dès
la première année au risque de décourager
les initiatives et de ne pas vraiment lancer le mouvement ?
Position de lAPCM :
non, bien sûr il faut proposer un système progressif,
et intégrant au fur et à mesure des possibilités
de chaque entreprise les 3 aspects.
Faut-il à linverse
fixer un référentiel minimaliste permettant
de décerner très largement le logo pour stigmatiser
les produits qui ne le portent pas ?
Position de lAPCM :
rappelons que nous souhaitons privilégier une approche
entreprise et non pas une approche produit. Concernant lidée
dun référentiel, si cette hypothèse
était retenue, il devrait donner les éléments
minimaux à intégrer dans les démarches
déjà existantes (démarches qualité,
environnementale, de sécurité au travail...).
Par ailleurs, la notion de référentiel
pose tout de suite la question de certification : or,
lidée dune certification développement
durable napparaît pas souhaitable, étant
donné la multiplicité des certifications déjà
existantes.
Comment éviter les conflits
entre signes de qualité dans le cas hypothétique
où une entreprise titulaire dun signe de qualité
ne respecterait pas du tout les critères du développement
durable ?
Position de lAPCM :
cette question renvoie à celle posée précédemment
sur un logo couvrant les 3 aspects du développement
durable, avec le risque que cette approche ne concerne au
final que très peu dentreprises.
Ladossement du logo à
une marque collective pourrait-il constituer une solution
adéquate ?
Position de lAPCM :
pourquoi pas. Il faudrait en tout cas que ce logo appuie la
communication des démarches déjà existantes
sur lun des trois aspects du développement durable
(qualité, environnement, sécurité).
Questions destinées à compléter
le questionnaire adressé aux membres du groupe de travail
« reconnaissance de la contribution au développement
durable »
1. Quel bilan
peut-on tirer de la situation actuelle en matière de
signes et allégations portés par les produits
et ayant trait aux préoccupations du développement
durable ?
Position APCM : on constate
une multiplicité de signes relatif à la qualité
des produits et au respect de lenvironnement où
finalement le consommateur a du mal à se retrouver
et où il ne connaît pas toujours, sur quels critères
ils reposent.
Aussi, un nouveau logo sur le concept
du développement durable risque de rajouter à
la confusion.
2. En se tournant vers
lavenir, quel rôle pourraient jouer les consommateurs,
et à quelles conditions, pour contribuer à lévolution
de nos sociétés vers un développement
durable ?
En
particulier :
a) Est-il souhaitable
dapporter des restrictions plus marquées quaujourdhui
aux allégations trompeuses ou mensongères ayant
trait aux préoccupations du développement durable ?
Position APCM : certainement
oui.
b) Est-il opportun de
rassembler sous une signalétique unique, applicable
aux produits, les diverses préoccupations du développement
durable ?
Position APCM : non, il faut
privilégier lapproche entreprise et rester axé
sur les efforts entrepris sur un des 3 aspects, dans
une logique démarche de progrès.
c) Si oui, quelles relations
établir avec les signes et allégations existants ?
Position APCM : il faut que
la réflexion engagée par le CNC sintègre
dans les démarches existantes en matière de
qualité, denvironnement et de sécurité
au travail, afin de conforter et dappuyer ce qui a déjà
été entrepris.
Il faut donc procéder à
linventaire de lexistant et faire une analyse
de la manière dont les dispositifs existants intègrent
ou pas les éléments du développement
durable.
A partir de cette analyse, le groupe
pourra adopter une position.
Plus généralement sur
ce sujet, la position de lAPCM rejoint celle de lUPA :
Les démarches de certification
savèrent lourdes, coûteuses et souvent
peu adaptées aux spécificités des entreprises
artisanales.
Les entreprises artisanales se sont
engagées, souvent à linitiative de leurs
organisations professionnelles, dans des démarches
damélioration de leur performance, plus dans
une optique de management par la qualité que de certification
pure.
Ces démarches abordent à
la fois le volet stratégie et organisation de lentreprise
mais également, pour certaines dentre elles,
des aspects liés au respect de lenvironnement,
de la sécurité au travail et du management des
ressources humaines (politique dinformation, de motivation
et de formation du personnel), qui rejoint largement les préoccupations
du développement durable.
De même, concernant lenvironnement,
les entreprises artisanales intègrent progressivement
des démarches de respect de lenvironnement :
gestion des déchets, traitement des eaux usées,
économie dénergie, réduction des
nuisances olfactives ou sonores... et se placent pour certaines
dentre elles, notamment les entreprises du bâtiment
comme prescripteurs, par exemple pour le respect des normes
de haute qualité environnementale. Des professions
telles que les pressings, les réparateurs automobiles,
les carrossiers, les entreprises du bâtiment, les imprimeurs,
les photographes, les entreprises du secteur alimentaire,
... se sont fortement investies ces dernières
années.
Différents dispositifs ont
été mis en place au sein des chambres de métiers
pour informer et accompagner les entreprises artisanales dans
ces démarches en partenariat, notamment avec les organisations
professionnelles de lartisanat.
Nous attirons lattention sur
le risque dopter pour la création dun nouveau
référentiel « développement
durable », à partir de normes telles que
les ISO 9000, lISO 14 000, le SA 8000, qui aboutirait
à lexclusion des TPE dune reconnaissance
des efforts quelles fournissent déjà en
matière de développement durable : ce référentiel
comprendrait en effet des critères ne correspondant
pas aux spécificités de ces petites entreprises.
Par ailleurs, la démarche de
certification ne doit pas être la condition exclusive
pour lobtention dun logo développement
durable.
Si le choix est fait par le CNC de
la création dun logo développement durable,
celui-ci devra appuyer les démarches existantes, afin
davoir tout de suite un impact conséquent aussi
bien au niveau des entreprises (récompenser les efforts
déjà engagés) quau niveau des consommateurs
(nombre plus important dentreprises engagées
dans la démarche).
Contribution de lUnion professionnelle
artisanale (UPA)
Si
le concept de développement durable est de plus en
plus employé, il nen reste pas moins que ses
contours restent difficiles à cerner et que par conséquent
cette notion est encore assez mal connue. Cette notion repose
en effet sur trois piliers quil faut associer :
lenvironnement, le social et léconomie.
Le champ couvert est donc extrêmement
large englobant des problématiques aussi vastes et
complexes que sont la protection de lenvironnement,
le respect des droits fondamentaux de la personne, la mondialisation,
la protection de lenfance, etc.
Il apparaît nécessaire
aujourdhui de procéder à une clarification
du concept de développement durable si lon veut
que ses enjeux soient mieux pris en compte.
La mise en place dun signe de
reconnaissance « développement durable »
peut concourir à sensibiliser davantage les citoyens,
les élus et les entreprises sur la modification dun
certain nombre de comportements environnementaux, économiques
et sociaux.
Pour lUPA, cette orientation
ne peut toutefois être envisagée
que dans la mesure où le dispositif :
- est accessible
à toutes les entreprises quelle que soit leur taille ;
- est simple dans
sa mise en uvre ;
- noccasionne
pas de coût supplémentaire pour les entreprises.
Aussi, il conviendrait de définir
un cahier des charges tenant compte de la diversité
des entreprises.
La création dune signalétique
« développement durable » ne
doit pas conduire à lexclusion des entreprises
artisanales et des petites entreprises. Dès lors, il
est essentiel que ce logo ne soit pas exclusivement attribué
sur la base dune procédure de normalisation ou
de certification.
Dans le cas contraire, la très
grande majorité des entreprises françaises ne
pourrait entrer dans le dispositif.
Questions soumises aux membres du
groupe de travail
du CNC sur le développement durable
Le
logo doit-il porter sur les produits ou sur les démarches
individuelles ou collectives des entreprises ?
LUPA considère que le
logo devrait être attribué à lentreprise
plutôt quà un ou plusieurs de ses produits.
En effet, linscription dans une démarche de développement
durable ne peut pas porter que sur une partie de la production
de lentreprise.
Il sagit dune démarche
globale.
De plus, il ne peut raisonnablement
pas être demandé à une entreprise artisanale
dengager une procédure pour chacun des produits
ou service quelle fournit.
Enfin, il convient avant tout de mettre
en place un système qui soit le plus simple possible
de manière que le plus grand nombre dentreprises,
donc les plus petites, y ait accès.
Dans lhypothèse où
il serait porté sur un produit, devrait-il également
garantir que lentreprise productrice satisfait à
des conditions particulières en relation avec le développement
durable ?
Pour les raisons évoquées
ci-dessous, lattribution du logo doit concerner lentreprise
et non ses produits.
Le groupe a-t-il intérêt
à se concentrer dans le premier temps sur les produits
industriels de grande consommation et ne traiter les services
et les produits alimentaires, ces derniers déjà
largement pourvus de signes de qualité, que dans un
second temps ?
LUPA considère que la
création dun logo doit concerner toutes les entreprises
quelle que soit leur taille ou leur activité et nest
pas favorable à lidée de ne traiter dans
un premier temps le seul cas des produits industriels de grande
consommation.
Il faut dailleurs faire remarquer
que les produits industriels de grande consommation sont déjà
pourvus de signes de qualité. Enfin, il ne faut pas
introduire damalgame entre développement durable
et qualité.
Le logo doit-il récompenser
un niveau dimplication déjà atteint dans
le développement durable ou bien les efforts faits
par les entreprises ?
Il semble préférable
dans un premier temps de prendre en compte la situation actuelle
des entreprises afin de faire en sorte que le plus grand nombre
dentreprises, dans leur diversité, bénéficie
du signe de reconnaissance.
Pour lUPA, la mise en place
dun logo doit essentiellement avoir un objectif de promotion
et de sensibilisation au concept.
Dans lhypothèse où
le logo identifierait des efforts par rapport à une
situation antérieure, devrait-il être millésimé ?
LUPA fait observer que lorientation
consistant à mettre en place un logo millésimé
risque de décourager un bon nombre de chefs de petite
entreprise qui pourraient y voir une certaine forme de contrainte.
Or, il apparaît souhaitable
de faire en sorte que le développement durable ne soit
pas perçu comme une contrainte supplémentaire.
De plus, il est à craindre
quun logo millésimé entraîne un
coût financier et un investissement en temps trop importants
pour les petites entreprises.
Le logo pourrait-il être
décerné pour seulement un des trois aspects
du développement durable ?
Il serait paradoxal que le logo développement
durable soit décerné pour seulement lun
des trois aspects alors même que le développement
durable consiste à réunir lenvironnement,
le social et léconomique.
Les exigences auxquelles les entreprises
devraient satisfaire (pour elles-mêmes ou leurs produits)
doivent-elles être élevées dès
la première année au risque de décourager
les initiatives et de ne pas vraiment lancer le mouvement ?
Comme nous lavons déjà
formulé, il nous semble souhaitable que la mise en
place dun logo soit surtout le moyen de promouvoir et
de sensibiliser les entreprises et les citoyens.
Aussi, il ne paraît pas souhaitable
de fixer des exigences élevées.
Faut-il à linverse
fixer un référentiel minimaliste permettant
de décerner très largement le logo pour « stigmatiser »
les produits qui ne le portent pas ?
LUPA est favorable à
cette orientation dès lors que le signe de reconnaissance
est attribué à lentreprise et non à
ses produits.
Comment éviter les conflits
entre signes de qualité dans le cas, hypothétique,
où une entreprise titulaire dun signe de qualité
ne respecterait pas du tout les critères du développement
durable ?
Pour lUPA, il faut éviter
de créer une confusion entre qualité et développement
durable et il faut donc dissocier les deux notions.
Effectivement, une entreprise devrait
pouvoir utiliser un signe de qualité et ne pas être
détentrice du logo développement durable et
vice versa.
Ladossement du logo à
une marque collective pourrait-il constituer une solution
adéquate ?
LUPA rappelle quelle ne
juge pas opportun de créer un amalgame entre développement
durable et toute autre forme de reconnaissance officielle.
Quel bilan peut-on tirer de la
situation actuelle en matière de signes et allégations
portés par les produits et ayant trait aux préoccupations
du développement durable ?
Pas dobservation.
En se tournant vers lavenir,
quel rôle pourraient jouer les consommateurs, et à
quelles conditions, pour contribuer à lévolution
de nos sociétés vers un développement
durable ? En particulier, est-il souhaitable dapporter
des restrictions plus marquées quaujourdhui
aux allégations trompeuses ou mensongères ayant
trait aux préoccupations du développement durable ?
Le rôle des associations de
consommateurs doit avant tout se concentrer sur les consommateurs
eux-mêmes afin de les sensibiliser sur ladoption
de comportements conformes au concept de développement
durable.
En effet, la notion de développement
durable concerne dans les mêmes proportions les entreprises
et les citoyens.
Est-il opportun de rassembler sous
une signalétique unique, applicable aux produits, les
diverses préoccupations du développement durable ?
Si oui, quelles relations établir avec les signes et
allégations existants ?
LUPA rappelle tout dabord
quelle nest pas favorable à lutilisation
dun logo applicable aux produits. Le logo doit être
décerné à lentreprise.
En ce qui concerne la forme de la
signalétique, il faut privilégier une reconnaissance
unique dans un premier temps. En effet, le concept de développement
durable est suffisamment compliqué pour ne pas ajouter
de confusion dans lesprit des consommateurs et des chefs
dentreprise.
A N N E X E 2
CONTRIBUTION DE LAFOC
Sensibilisation de lopinion au développement
durable
Selon
un point de vue de plus en plus partagé, la maîtrise
du développement durable conditionne la toute première
priorité dune société, la nôtre :
celle de sa survie à une échéance qui
se rapproche rapidement : de lordre de quelques
dizaines dannées.
Les décideurs publics et privés,
les militants dassociations sont pour la plupart conscients
de la nécessité dun engagement fort de
sensibilisation de lopinion sans laquelle rien de très
significatif ne sera possible. Or actuellement les efforts
de toute nature restent dispersés, trop foisonnants
et ponctuels pour ne pas susciter le doute voire la confusion :
une réaction simpose de clarté et de synthèse
pour élaborer un message efficace et mieux coordonné.
Il conviendrait de mettre en place
à cet effet une structure représentative de
tous les intérêts et modes de pensée :
privés (entreprises), publics ( Etat - administrations
- collectivités locales), associatifs (consommation,
environnement), familiaux, scientifiques, culturels... capable
de concevoir, préconiser voire impulser une action
forte et constante dans le domaine de la communication, avec
les moyens les plus appropriés existants ou à
créer.
Cette action devrait être indépendante,
assurée par des professionnels de qualité soutenue
au moins dans un premier temps par des contributions volontaires
reconnues dutilité publique et financée
au besoin de manière pérenne par des prestations
payantes.
Cette communication, informative et
incitative, répondrait à des objectifs préalablement
élaborés dans le plus large consensus. Sa transparence
serait complètement assurée dans tous les aspects
de son action et de sa gestion.
Ce dispositif pourrait prendre la
forme dune fondation disposant dun moyen de communication
approprié.
Le choix de ses animateurs en nombre
relativement limité devrait recueillir ladhésion
du public.
Audition de lAFNOR du 25 avril 2003
Les écolabels officiels
NF Environnement et lEcolabel
européen
Pourquoi des écolabels officiels
Dans
les années 90 les écolabels officiels semblaient
un des outils permettant de répondre au mieux à
la préoccupation des consommateurs sur la fiabilité
des informations apparaissant sur les emballages. En effet,
la prolifération des autodéclarations environnementales
laissent toujours les consommateurs dubitatifs sur la crédibilité
des arguments avancés et nuisent par ailleurs aux labels
officiels existants.
La démarche de certification,
point fort de ce système, impliquant des contrôles
périodiques par des organismes certificateurs indépendants,
garantit au consommateur linformation mentionnée
sur lemballage et, dautre part, le respect des
exigences écologiques dans le temps.
Les principes
Les
écolabels, lun national, NF Environnement,
et lautre européen, lEcolabel européen,
reposent sur une démarche multicritères
qui prend en compte lensemble du cycle de vie
depuis la production, à lextraction des ressources,
jusquà lusage du produit par le consommateur.
Un autre principe important retenu
est celui de laptitude à lusage
car acheter un produit plus respectueux de lenvironnement
ou répondant au principe du développement durable
qui ne répondrait pas à ce critère entraînerait
une décrédibilisation du système
auprès du consommateur.
Ces écolabels reposent sur
une démarche volontaire pour les fabricants
souhaitant valoriser leurs produits auprès des consommateurs.
A propos du logo
Le
logo NF Environnement est propriété dAFNOR
certification, le logo Ecolabel européen étant
la propriété de la Commission européenne.
Ce sont des logos de marques collectives, déposés
à lINPI et lOMPI pour la marque NF Environnement.
Marques collectives car les règlements des certification
sont validés par lensemble des partenaires au
sein dun comité (le Comité français
des écolabels) regroupant des professionnels, les associations
denvironnement et de consommateurs, les pouvoirs publics
et lADEME. Les industriels disposant dune marque
NF Environnement ou dun Ecolabel européen doivent
présenter des produits conformes au même règlement
pour une application donnée.
Les écolabels permettent de
mettre sur le marché, à lattention des
consommateurs, des produits plus respectueux de lenvironnement
et ainsi doffrir au consommateur un moyen simple de
participer à la réduction des impacts sur lenvironnement
par le biais dachats de produits moins polluants que
des produits analogues existant sur le marché. Ainsi
acheter des produits labellisés est également
le moyen pour le consommateur davoir une part active
dans le développement durable en réduisant les
impacts sur lenvironnement grâce aux produits
écologiques.
Visibilité de ces labels aujourdhui
Ces
écolabels concernent aujourdhui 50 groupes
de produits, essentiellement pour les consommateurs et les
collectivités locales. Depuis janvier 2003, lEcolabel
européen concerne également les services, le
premier service concerné étant celui de lhébergement
touristique.
Lobjectif est darriver
à couvrir 80 % du marché en doublant le
nombre de catégories.
68 fabricants (dici peu
80 fabricants) et 523 marques commerciales tous
produits confondus, avec des parts de marché de produits
labellisés par rapport au marché national très
variables dun groupe de produit à un autre (de
valeurs proches du 0 % par exemple 0,040% pour les textiles
à 14 % pour les peintures et sacs poubelle)
Pour la plupart des industriels ayant
demandé ces écolabels, il sagissait dune
demande du marché. Ainsi pour les composteurs individuels
de jardin, les sacs poubelle, les appels doffres ont
privilégié les produits écologiques avec
la marque NF Environnement ; pour les enveloppes France
Télécom, prescripteur, a joué un rôle
prépondérant. Pour dautres produits comme
les textiles, les amendements pour sols, les filtres à
café, produits à grande consommation, la demande
de la distribution a été lélément
déclencheur.
Ces demandes se font soit pour améliorer
limage de son entreprise, soit pour valoriser limage
de sa marque (marque distributeur) soit répondre à
une logique dachats éco-responsables.
Raisons du lent développement
Les
raisons premières sont le manque de connaissance de
ces logos et les a priori existant sur les produits
écologiques (produit écologique = produit non
efficace), le manque de connaissance du consommateur mais
aussi des industriels et des distributeurs. Pour pallier ce
phénomène la sensibilisation et la communication
sont indispensables.
Pour les industriels les freins proviennent
souvent du fait dune impression de manque découte
sur leurs difficultés et parfois la mise en place dexigences
écologiques trop exigeantes ne permettant pas à
tous les industriels dune profession de parvenir à
obtenir ces écolabels (sélectivité).
Egalement le coût de la certification
peut paraître élevé (entre 2000 et 4000 euros
en moyenne) bien quaujourdhui les PME soient les
entreprises qui en priorité sintéressent
aux écolabels.
La tendance aujourdhui
Les
distributeurs commencent à référencer
de plus en plus des produits écologiques et exiger
de leurs fournisseurs des produits labellisés (produits
détergents, peintures, amendements pour sols...).
Les collectivités sinforment
plus régulièrement sur les listes de produits
labellisés.
Les sites internet saméliorent,
des liens se font avec les sites des entreprises
Une nette tendance à se développer
plus rapidement avec un regain dintérêt
de la part des entreprises.
Cette croissance positive ne pourra
que saccélérer avec une promotion
et une communication forte auprès du consommateur.
Les écolabels officiels sont un des piliers du developpement
durable.
DONNÉES CHIFFRÉES SUR LES ÉCOLABELS
(DATE DE MISE À JOUR : 28 MARS 2003)
| CATÉGORIES |
DONNÉES DE MARCHÉ |
CIBLES |
| |
Nombre dentreprises
potentielles |
Nombre dentreprises
titulaires |
Part de marché labellisée
et CA marché national
(en euros HT) |
Collectivités |
Administrations |
Distributeurs |
ECOLABELS
officiels
à
létranger |
| NF-ENVIRONNEMENT |
|
|
|
|
|
Marques
propres |
Marques
fabricants |
| Sacs poubelle (source SFP et fabricants). |
11 entreprises françaises |
14 |
14 %
(CA 150 millions) |
Oui |
Oui |
++ |
+++ |
+ |
| Sacs de caisse (source SFP et fabricants). |
10 |
6 |
0,02 %
(CA 230 millions) |
Non |
Non |
+++ |
0 |
+ |
| Enveloppes (source fédération
article de papeterie). |
14 |
4 |
0,000 26 %
(CA 335 millions) |
Oui |
Oui |
++ |
+++ |
+++ |
| Filtres à café. |
5 (Melitta 85 % du marché) |
1 |
0,11 %
(CA 14 millions) |
Non |
Oui |
++ |
+++ |
+ |
| Composteurs individuels de jardin. |
15 |
7 |
0,35 %
(CA 3,5 millions) |
Oui |
Non |
0 |
++ |
+ |
| Produits de signalisation horizontale. |
|
2 |
x % |
Oui |
Non |
0 |
0 |
0 |
| Mobilier de bureau (*) (source SESSI
données 2000). |
10 principales, sinon
677 entreprises |
2 |
x %
(CA 1 milliard) |
Oui |
Oui |
0 |
+++ |
++ |
| Peintures et vernis. |
81 grand public et bâtiment
24 grand public |
11 |
14 %
(CA 600 millions) |
Oui |
Oui |
++ |
+++ |
+++ |
| Profilés de décoration. |
|
0 |
0 % |
Non |
Non |
0 |
++ |
0 |
| Colorants universels. |
3 |
0 |
0 % (CA ) |
Non |
Non |
+ |
++ |
0 |
| Lubrifiants pour chaîne de
tronçonneuse. |
|
0 |
0 % (CA ) |
Oui |
Non |
0 |
+ |
++ |
| Aspirateurs. |
50 |
0 |
0 %
(CA 320 millions) |
Non |
Non |
+ |
+++ |
+ |
| Auxiliaires mécaniques de
lavage. |
2 |
0 |
0 % |
Non |
Non |
0 |
++ |
0 |
| Cartouches impression laser. |
|
0 |
0 % |
Oui |
Oui |
0 |
0 |
++ |
| Colles pour revêtements de
sols (source FIPEC 2000). |
21 |
0 |
0 %
(CA 650 millions) |
Non |
Oui |
+ |
++ |
++ |
| CATÉGORIES |
DONNÉES DE MARCHÉ |
CIBLES |
| |
Nombre dentreprises
potentielles |
Nombre dentreprises
titulaires |
Part de marché
labellisée
et CA marché national
(en euros HT) |
Collectivités |
Administrations |
Distributeurs |
ECOLABELS
officiels
à
létranger |
| ÉCOLABEL EUROPÉEN |
|
|
|
|
|
Marques
propres |
Marques
fabricants |
| Nettoyants multi-usage. |
282 |
1 |
0 %
(CA 100 millions) |
Oui |
Oui |
+++ |
+++ |
++ |
| Liquides vaisselle. |
1 |
0 %
(CA 174 millions) |
Oui |
Oui |
+++ |
+++ |
++ |
| Lessives. |
0 |
0 %
(CA 1,2 milliard) |
Non |
Non |
++ |
+++ |
+ |
| Détergents
pour lave-vaisselle. |
0 |
0 %
(CA 236 millions) |
Non |
Non |
++ |
+++ |
+ |
| Peintures et vernis. |
25 |
6 |
0,43 %
(CA 600 millions) |
Oui |
Oui |
++ |
+++ |
+++ |
| Amendements pour sols. |
50 |
9 |
0,23 %
(CA 230 millions) |
Oui |
Non |
+ |
+++ |
++ |
| Articles chaussants. |
212 |
0 |
0 %
(CA 2 milliards) |
Non |
Non |
++ |
+++ |
+ |
| Produits textiles. |
1300 |
11 |
0,040 %
(CA 35 milliards) |
Oui |
Oui |
+ |
+++ |
+ |
| Papiers absorbants
et papier toilette. |
15 |
1 |
0,007 2 %
(CA 1 150 millions) |
Oui |
Oui |
++ |
+++ |
++ |
| Papier photocopie et
impression. |
|
0 |
0 % |
Oui |
Oui |
|
+++ |
++ |
| Réfrigérateurs/congélateurs. |
50 |
0 |
0 %
(CA 1 million) |
|
Oui |
|
+++ |
+ |
| Lave-vaisselle. |
50 |
0 |
0 %
(CA 523 millions) |
|
|
|
+++ |
+ |
| Lave-linge. |
50 |
0 |
0 %
(CA 963 millions) |
|
|
|
+++ |
+ |
| Aspirateurs. |
50 |
0 |
0 %
(CA 320 millions) |
|
|
|
+++ |
+ |
| Matelas (données
SESSI année 2000). |
41 |
0 |
0 %
(CA 3 milliards) |
|
|
|
+++ |
0 |
| Ampoules électriques. |
|
0 |
0 % |
Oui |
Oui |
++ |
+++ |
++ |
| Ordinateurs portables. |
|
0 |
0 % |
Oui |
Oui |
++ |
+++ |
+ |
| Ordinateurs personnels. |
|
0 |
0 % |
Oui |
Oui |
+ |
+++ |
+ |
| Téléviseurs. |
10 |
0 |
0 %
(CA 1 milliard) |
|
Non |
+ |
+++ |
+ |
| Revêtements pour
sols durs. |
|
0 |
0 % |
Oui |
Oui |
+ |
+++ |
++ |
| Hébergement
touristique. |
|
0 |
0 % |
|
|
|
|
|
Les écolabels
Champ dapplication
Produits
destinés aux consommateurs.
Produits dusage intermédiaire.
Services (pour lEcolabel européen).
Une démarche volontaire
Une
démarche multicritère.
Une exigence daptitude à
lusage.
Une information consommateur spécifique.
Cadre des écolabels
Règlement
CEE no 1980/2000 du Parlement européen
et du Conseil, du 17 juillet 2000, et décisions
publiées au Journal officiel des Communautés
européennes.
Règles générales
et règlements de certification.
Les catégories de produits
16
catégories de produits pour lesquelles lEcolabel
européen peut dores et déjà être
attribué.
5 autres catégories en cours
délaboration.
A lheure actuelle, 450 produits
déjà certifiés pour un total de 130 fabricants.
14 catégories de produits pour
lesquelles la marque NF Environnement peut dores et
déjà être attribuée.
4 autres catégories en cours
délaboration.
A lheure actuelle, 350 produits
déjà certifiés pour un total de 60 fabricants.
Points forts des écolabels
Comité
français des écolabels.
Contrôles périodiques
de la conformité des produits aux exigences.
Vérification de linformation
consommateur.
Contrôles réalisés
par un organisme tiers.
Les modalités de contrôle
Lors
de ladmission :
- un audit du site
industriel est effectué ;
- des essais sont
réalisés sur le produit.
Contrôle annuel :
- des échantillons
peuvent être prélevés lors de la visite
ou dans le commerce pour examens ou essais ;
- un audit de suivi
est effectué.
La démarche décolabellisation
Pistes damélioration
Améliorer
la connaissance sur le contenu du logo auprès des différents
partenaires :
- prendre en compte
les efforts damélioration et de progrès
des industriels dans les cahiers des charges ;
- simplifier les
procédures, améliorer la transparence et laccessibilité
aux exigences ;
- prendre en compte
le coût des essais lors des développements.
Comité dorientation et
de programmation
COP N 229cor
Juin 2001
RAPPORT
« ETHIQUE SOCIALE »
1. Rappel sur la conduite de létude
Pour instruire létude
sur léthique sociale demandée par le COP
dans sa résolution 17/2000 du mois de novembre, AFNOR
a adopté la démarche suivante :
- étude documentaire
visant à repérer les principaux documents de
référence de toutes origines ;
- repérage
des acteurs impliqués dans le champ ;
- conduite dune
série dentretiens avec les principaux acteurs ;
- définition
et administration dun questionnaire, relayé par
le forum Mercure ;
- tenue dune
réunion débat le 28 février 2001 ;
- organisation de
4 ateliers (retour dexpérience sur le SA 8000,
évaluation et audit social, informations transmises
au consommateur, approche système) du 23 au 27 avril 2001 ;
- préparation
de la synthèse avec les animateurs de la réunion
et des ateliers ;
- présentation
au COP du 12 juin 2001.
2. Les principales initiatives
dans le domaine de léthique sociale
Cette partie présente
les principaux documents de référence existant
sur le sujet.
2.1. Les initiatives publiques
Dans
lUnion européenne :
Des initiatives gouvernementales se
développent autour des labels et rapports sociaux.
En France : le projet de loi
relatif aux nouvelles régulations économiques
prévoit dans son article 64 que le rapport annuel
des entreprises cotées contienne des informations sur
la manière dont lentreprise prend en compte les
conséquences sociales et environnementales de son activité.
Ce point est développé dans la partie 3
du rapport.
En Belgique : un projet de loi
prévoit de promouvoir la production socialement responsable
des entreprises belges ou étrangères, commercialisant
des produits sur le marché belge, ou des produits dimportation,
au travers dun label social. Celui-ci serait basé
sur une approche volontaire. Les entreprises demandeuses de
label seraient soumises à des contrôles par des
organismes accrédités. Les critères sont
issus des textes OIT.
La Belgique a lintention de
promouvoir ces démarches à loccasion de
sa future présidence de lUnion européenne.
En Italie : un projet de label
social vise à encourager les petites entreprises à
lutter contre le travail des enfants. Une incitation financière
serait prévue par lEtat. Par ailleurs, lItalie
prépare un projet de loi sur lobligation pour
les grandes entreprises de fournir un rapport social.
Au Danemark : un projet dindex
social vise à fournir une cotation sociale des entreprises
danoises, basée sur leur degré dimplication
dans le territoire national au regard de leur responsabilité
sociale. Cette démarche sappuie sur le principe
selon lequel les entreprises performantes sur le plan économique
le sont également dans le domaine social.
Aux Pays-Bas : le ministère
néerlandais des affaires économiques a récemment
initié un code type dentreprise en matière
de responsabilité sociale et environnementale. De plus,
le ministère essaie également dinciter
les entreprises à être actives dans ce domaine
en jouant la transparence financière de même
quen donnant un rapport annuel environnemental obligatoire.
Le Parlement européen
a voté une résolution (en janvier 1999)
visant à appuyer la création dun label
social au plan européen et à demander à
la Commission et aux Etats membres de travailler dans cette
direction.
La Commission européenne
prévoit pour juin 2001 une communication sur
la responsabilité sociale des entreprises. Selon une
enquête de septembre 2000 sur les labels sociaux et
la responsabilité sociale des entreprises dans des
pays de lUnion européenne et la Suisse arrivent,
en tête, santé/sécurité, droits
de lhomme, sécurité au travail et environnement...
Sur
le plan mondial :
Linitiative « Global
Compact » prise par le secrétaire général
des Nations unies (janvier 1999) à lintention
des entreprises mondiales vise les pratiques individuelles
de celles-ci et le soutien adéquat des politiques publiques.
Neuf principes ont été édictés
autour de trois sujets : les droits de lhomme,
le travail et lenvironnement.
LOCDE à loccasion
de la révision en 1998 de ses principes directeurs
à lattention des entreprises multinationales
a mis laccent sur la responsabilité sociale de
lentreprise.
2.2. Les
principales initiatives privées
SA 8000
(Social Accountability) :
Le document américain
SA 8000 élaboré par SAI (Social Accountability
International), précédemment connu sous le nom
Council on Economic Priorities Accreditation Agency (le CEPAA),
a été publié en 1998.
Ce document sappuie sur les
conventions et recommandations de lOIT, la Déclaration
universelle des droits de lhomme et la convention de
lONU sur les droits des enfants.
SA 8000, outre des définitions,
stipule neuf exigences de responsabilité sociale (éléments
de code de conduite) et des dispositions de type système
de management proches de celles des normes ISO 9000 et
ISO 14000.
SAI regroupe des entreprises, des
syndicats, des ONG, des représentants gouvernementaux
et des organismes certificateurs.
SAI accrédite des organismes
chargés de certifier des sites de production à
partir daudits de conformité à SA 8000.
A ce jour, 58 sites sont certifiés
dans les domaines : jouets, habillement, mobilier, cosmétiques,
agroalimentaire, produits pharmaceutiques, composants automobile.
SA 8000 sinscrit dans le
cadre de linitiative « Global Compact ».
SAI, dans un deuxième temps,
envisage un document sur lintégrité, relatif
à la lutte anticorruption, mettant en avant transparence
et visibilité. En ce sens SAI établit un lien
avec les principes directeurs de lOCDE qui comportent
un volet anticorruption. SAI siège également
au bureau du GRI.
GRI
(Global Reporting Initiative) :
La GRI « Global
Reporting Initiative » a été fondée
en 1997 par lONG américaine CERES (Coalition
for Environmentally Responsible Economies) en collaboration
avec le programme des Nations unies pour lenvironnement.
La GRI vise à créer
une grille universelle dévaluation des impacts
humains et écologiques des activités des entreprises.
Les lignes directrices de linitiative GRI énoncées
sous le titre Sustainability Reporting Guidelines (2 juin 2000)
représentent une approche multilatérale des
rapports de performance. Les rapports intègrent des
critères environnementaux, économiques, sociaux,
intégrés pour lélément durabilité.
Ces critères sont liés à des groupes
dindicateurs (96 indicateurs à ce jour).
La GRI fournit un outil pour collecter
et présenter les informations.
Actuellement, 21 entreprises
volontaires américaines ont testé la première
grille dévaluation.
Lobjectif de la GRI est de restaurer
limage des multinationales et de répondre à
lexigence de transparence des actionnaires, des investisseurs
et de la société civile.
AA 1000
(Accountability AA 1000) :
Accountability AA 1000 - Standards
guidelines and professional qualification (novembre 1999)
de lInstitute of Social and Ethical Accountability (organisme
international dont le siège est en Grande-Bretagne).
LAA 1000 est proche de
linitiative GRI mais accorde la même importance
à tous les éléments du processus, de
la planification à lintégration, en passant
par la comptabilité, laudit et létablissement
de rapports. Cest un document de procédés
visant la responsabilisation. LAA 1000 est particulièrement
axé sur le dialogue avec les parties prenantes, lintégration
et laudit.
Le document AA 1000 vise à
assurer la qualité des responsabilités, de laudit
et des rapports sur le comportement social et éthique.
Codes
de conduite :
Ils sont en général
établis par des entreprises multinationales ou des
fédérations professionnelles :
Quelques exemples :
La Fédération mondiale
du sport ;
Adidas/Salomon ;
Union des industries du textile et
Euralex ;
En cours de préparation pour
la Fédération mondiale du jouet ;
TotalFinaElf ;
...
Ces codes reprennent tout ou partie
des recommandations de lOIT sur les droits fondamentaux.
Ils peuvent également inclure des dispositions complémentaires
(ex : confidentialité, propriété
industrielle, conflits dintérêt, délits
dinitié, rejet de la corruption...).
Certaines grandes entreprises ont
déjà créé en leur sein des comités
déthique.
La
notation sociale :
Certains fonds financiers,
notamment ceux issus de lépargne salariale, souhaitent
prendre leurs décisions dinvestissements en prenant
en compte le comportement éthique et social des entreprises
concernées. Des organismes sont ainsi apparus qui visent
à influencer le comportement de lactionnaire
en lui fournissant des informations dans ce domaine. Leurs
méthodes de notation ne sont pas publiques : elles
constituent le savoir-faire de ces organismes. Elles sappuient
généralement sur des questionnaires envoyés
aux entreprises.
La
labellisation du commerce équitable : Max Havelaar
et FLO international :
Le label Max Havelaar
est un label de qualité sociale qui bénéficie
à 2 types de producteurs : les petits producteurs
et les salariés (respect des normes définies
par lOIT). Lassociation Max Havelaar (loi 1901)
gère le label en France (créée il y a
dix ans en Hollande).
La démarche de Max Havelaar
consiste à travailler à deux niveaux :
- permettre le développement
des populations des pays du Sud par un accès au marché
mondial à des conditions équitables ;
- influer sur les
acteurs du commerce international.
Le commerce équitable doit
permettre aux petits producteurs et aux salariés de
plantations de vendre le fruit de leur travail à un
prix décent leur offrant la possibilité dinvestir
et daméliorer leurs conditions de vie.
FLO (Fairtrade Labelling Organisations
International) sest créée en 1997 (siège
en Allemagne) afin de coordonner les 17 initiatives nationales
de labellisation du commerce équitable (notamment Max
Havelaar, TransFair et Fairtrade) dans toute lEurope,
ainsi quen Amérique du Nord et au Japon.
FLO assure la certification des producteurs
et des importateurs et signe des contrats avec ces acteurs
qui fixent leurs engagements réciproques (respect de
critères de transparence et de fonctionnement pour
les producteurs ; respect de conditions dachat
équitables pour les importateurs).
Max Havelaar France octroie lutilisation
de son label à des transformateurs et distributeurs
sur le marché français qui achètent des
matières premières « équitables »
auprès dimportateurs agréés par
FLO. Le consommateur reconnaît les produits équitables
grâce au sigle de commerce équitable de Max Havelaar.
Après le café, dautres
filières alimentaires ont été labellisées
(le thé, le cacao, le sucre, le miel, le jus dorange
et la banane).
En France des distributeurs (Monoprix,
Auchan...) se sont engagés à mettre les produits
dans leurs rayons.
Label
Child Priority 182 pour la suppression du travail des enfants
et leur réhabilitation sociale :
La société
Child Priority International a élaboré une charte
destinée aux entreprises qui souhaitent adopter une
démarche éthique pour un commerce responsable.
La charte Child Priority 182 a comme base les conventions 138
et 182 et les recommandations 146 et 190 de
lOIT relatives au respect de lâge minimum
daccès au travail et à la suppression
des pires formes de travail des enfants.
Lobjectif de la charte est ladhésion
dentreprises engagées directement ou indirectement
dans le commerce international à un programme daction
progressif visant à terme la suppression du travail
des enfants et leur réhabilitation sociale.
Lengagement des entreprises
dans cette démarche est contrôlé de manière
indépendante et est matérialisé par un
label sur les produits, signifiant pour les consommateurs
quils ont été fabriqués dans des
conditions de respect des droits de lenfant.
Child Priority International sest
par ailleurs engagé à poursuivre une mission
sociale qui consiste à redistribuer des fonds récoltés
à travers le programme du label, dune part à
des fins de scolarisation des enfants et de développement
de structures éducatives dans les pays émergents,
et dautre part en participant financièrement
à des projets destinés à améliorer
la condition économique et sociale des populations
locales. Cette mission sociale consiste également à
mettre en place des campagnes de sensibilisation grand public,
dans le but de mieux informer et de responsabiliser les consommateurs
sur le problème du travail des enfants.
Collectif
de léthique sur létiquette :
Ses actions et son projet
de label sont présentés au chapitre 3.
2.3. Les initiatives des organismes
de normalisation
AFNOR - COS
Environnement (COS : comité dorientation
stratégique) :
Le COS Environnement
a mis en place un groupe « développement
durable » afin de débattre et partager des
expériences pour construire un consensus sur le concept.
Lobjectif est de disposer de bases de références
et davoir une vision commune sur la notion de développement
durable pour les entreprises.
Lentreprise « durable »
serait celle qui mettrait en uvre les trois composantes
du développement durable : économie, environnement
et social.
SIGMA
(Sustainability Integrated Guidelines for Management) :
Le projet SIGMA est un
partenariat entre la BSI (institut britannique de normalisation),
linstitut Social and Ethical Accountability (initiateur
de lAA 1000) et Forum pour le futur. Ce projet
a été mis en place à linitiative
du ministère britannique du commerce et de lindustrie
et est soutenu par trois autres départements du gouvernement
britannique : le département de lenvironnement,
du transport et des régions (DETR), le département
pour léducation et lemploi (DfEE) et le
département pour le développement international
(DfID).
Ce projet vise à accroître
la performance sociale, économique et environnementale
des organismes, indépendamment de leur secteur dactivité
et de leur taille, en développant un système
de management intégré de développement
durable.
La phase 2 du projet SIGMA est une
phase pilote de 2 ans en vue de développer un
guide pratique et des outils appropriés pour aider
les organisations à gérer la durabilité
- en utilisant les meilleures pratiques existantes et
en créant de nouveaux outils si nécessaire (ex. :
évaluer le besoin dune approche normalisée
du management de la durabilité, sassurer que
les développements prévus sont alimentés
dun véritable processus de dialogue des parties
prenantes).
Normalisation
par le SII, institut israélien de normalisation :
Le SII élabore
un projet de norme relative à la « responsabilité
sociale et engagement de la communauté (SI 10 000).
Ce texte est basé sur les documents SA 8000, GRI
et AA 1000 auxquels il se réfère mais traite
en plus laspect de lengagement de la communauté,
incluant des contributions monétaires ; il est
structuré comme les autres normes de système
de management.
Le SII considère que le projet
de norme devrait être revu par le COPOLCO (comité
de lISO pour la politique de consommation) et pris en
compte comme nouveau domaine de travail à lISO.
Déontologues :
Aux USA, lorganisation
des déontologues dentreprise (EOA - Ethics Officers
Association) sest rapprochée de lANSI afin
dharmoniser la terminologie, de développer un
système de management de la responsabilité sociale
de lentreprise, vraisemblablement pour le promouvoir
ensuite à lISO.
La
norme australienne de conformité :
LInstitut australien
a publié en février 1998 une norme sur
la « conformité » (AS 3806)
qui vise les structures et procédures à mettre
en place au niveau du management quotidien des entreprises
pour faciliter le respect par celles-ci des réglementations
qui les concernent.
La norme est générique
et ne se réfère pas à un contexte réglementaire
particulier. Elle sapplique, par exemple, aux domaines
du droit, de la finance, des conditions de travail, de lenvironnement
et englobe les engagements volontaires unilatéraux
auxquels les entreprises peuvent se soumettre (codes de conduite).
3. Les positions des acteurs
Cette partie présente
les résultats issus des entretiens conduits pendant
létude.
introduction
La mondialisation des
marchés seffectue à un rythme plus rapide
que celui de lharmonisation de ses règles sociales
de fonctionnement.
Face à ce phénomène
qui remet en cause les cadres réglementaires nationaux,
on constate 3 courants qui tentent de réorganiser un
cadre relatif aux conditions sociales du fonctionnement des
entreprises dans le marché mondial :
- les organisations
intergouvernementales, internationales ou européennes,
outre la mise au point de traités internationaux contraignant
pour les états signataires, proposent des lignes directrices
pour les entreprises : les 9 principes du Global
Compact des Nations unies (droits de lhomme, droits
du travail et de lenvironnement), les lignes directrices
pour le management de lhygiène et de la sécurité
du travail de lOIT, les principes directeurs de lOCDE
à lintention des entreprises multinationales,
la charte des droits sociaux de lUnion européenne ;
- un grand nombre
dentreprises ont fait face à ces préoccupations
en mettant sur pied des dispositifs de comportement responsable,
qui comportent souvent ladoption de codes de conduite
et de systèmes connexes de gestion. Certains de ces
dispositifs font appel à des services de conseil, daudit
et de certification. On notera toutefois que léclosion
de ces codes de conduite nest pas spontanée,
mais résulte in fine de dispositions législatives,
réglementaires ou judiciaires (notamment dans les pays
anglo-saxons).
Des
fédérations professionnelles internationales
ont également défini des codes de conduite ou
sont en train de les mettre au point (articles de sport, jouets,
textiles, ...) ;
- des organisations
non gouvernementales, des syndicats de salariés ont
conduit des campagnes de communication sur le non-respect
de droits fondamentaux du travail (travail des enfants, esclavage,
conditions de travail) et font la promotion dun système
détiquetage. Les organisations daide au
développement mettent quant à elles laccent
sur les aspects économiques (le niveau de prix payé
au producteur et les actions locales de développement).
3.1. Les partenaires consultés
Outre les consommateurs
à lorigine de létude, différents
acteurs ont pour la plupart pris des initiatives en la matière
et certains ont même engagé des démarches.
On peut ainsi citer :
- les pouvoirs publics
(emploi et solidarité, économie solidaire, SQUALPI,
DGCCRF) ;
- les fédérations
professionnelles, du jouet, des sports et articles de sport,
du textile, de la distribution (FCD, CAMIF), des actionnaires
salariés, ainsi que le MEDEF ;
- des syndicats de
salariés, notamment la CFDT ;
- le collectif de
léthique sur létiquette et Max Havelaar ;
- des collectivités
locales ;
- des organismes
sintéressant à léthique et
aux notations sociales ;
- des grandes entreprises
et lUGAP ;
- des organismes
certificateurs.
3.2. Résultats des entretiens au
niveau national
Nota important.
- Les points de vue rapportés ci-après résultent
dentretiens avec des représentants des différents
organismes. Il sagit de la perception par AFNOR et non
de positions officielles de ces organismes.
3.2.1. Les pouvoirs publics
Ministère
de lemploi et de la solidarité. - Délégation
aux affaires européennes et internationales :
La DAEI souhaite jouer
un rôle actif dans la promotion des droits sociaux fondamentaux
tels que définis par lOIT et serait favorable
à la normalisation en tant que contribution effective
à cette promotion. Outre le respect des dispositions
réglementaires, la DAEI sintéresse aux
initiatives volontaires visant à promouvoir des bonnes
pratiques, en matière de réinsertion, qualification,
amélioration des conditions de travail, accueil des
handicapés salariés.
Le but recherché est de favoriser
le progrès social après sêtre assuré
du respect dun seuil minimal.
La normalisation pourrait clarifier
la démarche en offrant méthode et outils, favorisant
lefficacité et la lisibilité.
Le label social en tant quinstrument
de politique commerciale (visibilité) et outil de promotion
efficace positive des droits fondamentaux sociaux est à
considérer dans la panoplie des outils à développer.
Ce label devrait apporter des garanties
aux consommateurs sur lensemble de la chaîne,
de la production à la distribution :
Le
cabinet du secrétariat dEtat à léconomie
solidaire :
La mise en chantier dune
norme à linstar des normes ISO 9000 et ISO 14000
permettant une approche systémique, de dimension internationale,
relative aux pratiques internes de lentreprise dans
son environnement social, favorisant lapplication des
règles de lOIT concernant les droits fondamentaux
est souhaitée.
Les quatre volets suivants devraient
être pris en compte :
- norme générique ;
- norme applicative ;
- norme de certification ;
- norme dans le domaine
de la formation des formateurs.
Avant de décider de se référer
au document privé SA 8000, il convient détudier
le champ dapplication du concept de la norme, et ses
objectifs ainsi que la sémantique afférente.
Le secrétariat dEtat
à léconomie solidaire apporte son soutien
dans le processus de réflexion engagé sur le
thème de léthique sociale.
SQUALPI :
Alors que les pouvoirs
publics ne se sont pas montrés favorables à
la normalisation relative au management de lhygiène
et de la sécurité au travail (consultation au
niveau ISO), iI considère léthique sociale
comme lun des volets du développement durable,
démarche soutenue par les pouvoirs publics. Il voit
donc un intérêt à établir un lien
entre label social et label écologique mais souhaite
éviter la multiplication des référentiels.
Quant à un repérage
sur les produits, le SQUALPI signale la difficulté
à réunir les exigences portant sur le système
de management et sur le marquage des produits. Si une certification
est envisagée, elle devrait intervenir au niveau de
lorganisation.
Le SQUALPI est favorable à
la mise en place dun dispositif simple, souple et pragmatique,
évitant la confusion entre « organisation
de lentreprise » et produit. Ce système
à développer doit aller au-delà de la
réglementation actuelle (primauté des dispositions
de lOIT et des principes directeurs de lOCDE)
et favoriser les initiatives complémentaires qui contribuent
à la compétitivité des entreprises et
à leur développement.
Pour ce faire, il convient de repérer
les entreprises leaders en la matière et identifier
leurs bonnes pratiques.
Des mesures daccompagnement
des pays en voie de développement devront être
prévues en parallèle des actions de valorisation
déthique sociale.
Le document SA 8000 peut être
considéré comme une base de travail.
DGCCRF :
La DGCCRF a été
désignée par Mme Lebranchu, ministre en
charge de la consommation (cf. courrier du 12 octobre,
annexe 1) pour suivre activement le projet et participer
avec lAFNOR aux réflexions engagées. La
DGCCRF nest toutefois pas à lorigine de
létude. Elle se préoccupe de :
- lamélioration
de la transparence des relations commerciales (conditions
de production dans les règles déthique) ;
- lamélioration
de linformation portée à la connaissance
du consommateur dans le but den assurer la visibilité
et davoir la garantie quelle ne soit pas trompeuse.
En cas de création de label
social, lattention sera portée sur la loyauté
de linformation fournie aux consommateurs.
Cabinet
du ministère de laménagement du territoire
et de lenvironnement (MATE) :
Un projet de loi est
en cours dexamen, qui souligne lintérêt
à mettre à disposition des parties prenantes
un socle minimal dinformation environnementale et sociale
pour les entreprises cotées. Il sinscrit dans
une démarche de développement durable.
Cette information utilisée
par chacune des parties prenantes doit apporter la transparence
mais aussi permettre lamélioration des comportements,
des entreprises, en tant quoutil de pression sur lopinion
publique (consommateur), les investisseurs...
Lévaluation (audit) et
la diffusion dinformations apparaissent préférable
à une certification.
Une norme, à envisager sur
un plan mondial, pourrait apporter des éléments
quant à la conduite dun audit environnemental
et social.
Les pouvoirs publics plaident pour
lexamen par un organisme indépendant de lentreprise.
Linformation environnementale
et sociale doit être complétée par les
dispositions prises par lentreprise et par les mesures
correctives ultérieures apportées, ceci dans
une démarche de progrès.
Des messages globaux sur le produit
risquent dentraîner la confusion. Un message spécifique,
précis et ciblé offrant un regard citoyen sur
lentreprise (exemple : utilisation de bois ne participant
pas à la déforestation) semble plus pertinent.
Le ministère en charge de lenvironnement
prend en considération les lignes directrices du GRI
et toutes les initiatives prises par des organismes de type
« index ».
3.2.2. Les autres acteurs
FCD
- Fédération du commerce et de la distribution :
Le terme « clause
sociale » est plus utilisé que celui déthique
sociale. Linitiative « clause sociale »
lancée à lautomne 1998 dans le cadre de
la FCD se poursuit. Elle regroupe différentes enseignes :
Auchan, Carrefour, Casino et Cora (à travers leur centrale
dachats OPERA), Monoprix et Système U.
Une première campagne de tests
(janvier 1999 juin 2000) a porté sur plus
dune centaine daudits répartis dans 10
pays (Bangladesh, Birmanie, Chine, Inde, Madagascar, Maroc,
Pakistan, Thaïlande, Turquie, Vietnam) et cinq secteurs
principaux (textile, jouet, bazar, puériculture, produits
électriques).
Les résultats de cette campagne
conduisent les enseignes partenaires de la FCD à exprimer
les positions suivantes :
- elles insistent
sur la nécessité de valider un référentiel
unique, au plan international, pour faciliter la mise en application
des recommandations et conventions de lOIT.
Dans
cette attente, le document américain SA 8000 est
utilisé comme référence et appliqué
aux pays présentant un risque social manifeste. Ce
document pourrait servir de base aux travaux à mener ;
- elles décident
de poursuivre les audits en augmentant leur nombre ;
- elles proposent
aux acteurs intéressés (commerçants,
industriels, ONG) de conduire un réseau des initiatives
concertées.
La norme sociale est considérée
comme un outil transitoire pour aider les pays à respecter
la clause sociale. Il est nécessaire de sadapter
aux réalités locales en adoptant une démarche
pédagogique.
La réalisation daudits
qui permettent des actions correctives et lamélioration
des méthodologies est à développer. La
question des auditeurs devrait être étudiée
afin déviter des évaluations différentes.
Le nombre de contrôles par an devra être limité.
Une démarche globale semble
préférable à une démarche par
produit. La FCD se montre opposée au label social (refus
détiquetage sur certains produits pour éviter
toute discrimination sur les autres).
Une démarche du type « Fair
Trade Labelling » nest pas retenue bien que
la FCD soit daccord sur le principe général
de meilleure rémunération des petits producteurs.
MEDEF :
Le MEDEF participe aux
réunions PCN (point contact national) qui regroupent
les ministères en charge de lemploi et de la
solidarité, de lenvironnement, des finances (Trésor)
et les partenaires sociaux, relatives à lapplication
des principes directeurs de lOCDE. Ceux-ci intègrent
les huit conventions de lOIT relatives aux droits sociaux
fondamentaux.
Les trois thèmes : corruption,
environnement et social sont inscrits dans ces principes directeurs
(une conférence organisée par le MEDEF se tiendra
les 19 et 20 juin 2001).
La question de léthique
sociale émerge dabord dans les secteurs à
risque : distribution, pétrole et chimie...
La diversité des fonctions
des interlocuteurs rend difficile la coordination au sein
des grandes entreprises : achat, qualité, comité
éthique, personnel sont concernés.
Néanmoins la question de léthique
sociale doit être traitée au niveau mondial.
Sil doit y avoir un référentiel
il ne peut être quunique, mondial (cest-à-dire
multilatéral) et intersectoriel. La priorité
est à la définition du périmètre.
Dans lattente de la mise au
point dun référentiel mondial, le MEDEF
sappuie sur les travaux de lOCDE.
Le développement de codes de
conduite professionnels peut permettre la formation dune
masse critique qui préparerait le terrain à
la normalisation.
Fonctions
de lentreprise impliquées dans léthique
sociale :
Les directeurs des ressources
humaines sont interpellés : des écoles
de management simpliquent elles aussi sur la responsabilité
sociale et le développement durable.
Les responsables achats : des
clauses sociales sont insérées dans les contrats
avec les fournisseurs (en particulier concernant linterdiction
du travail des enfants).
Les responsables « qualité »
sont concernés avec lexemple des ISO 9000
(2000) qui peuvent offrir un cadre pour lapplication
à léthique sociale.
Lenvironnement est un des volets
du développement durable lié au social (question
de sécurité).
Les directions générales
des grandes entreprises se préoccupent plus particulièrement
de la « morale des affaires ».
Enfin, on constate lapparition
de la fonction de déontologue dentreprises.
Collectif
de léthique sur létiquette :
Il rassemble 56 organisations
impliquées dans différents domaines : associations
de solidarité internationale, organisations syndicales,
associations de consommateurs ou encore mouvement de jeunesse.
Le collectif poursuit trois objectifs :
- sensibiliser les
consommateurs afin de les inciter à acheter des produits
de bonne qualité sociale ;
- mobiliser les consommateurs
pour quils interpellent les entreprises et les pouvoirs
publics ;
- créer avec
les entreprises et les pouvoirs publics un label social garantissant
aux consommateurs le respect des droits sociaux fondamentaux.
Il a élaboré un code
de conduite fondé sur les droits fondamentaux sociaux
élaborés par lOIT.
Le collectif a mené de nombreuses
campagnes de sensibilisation et a associé les collectivités
locales (exemple : campagne « achats publics,
achats éthiques »).
Pour la mise en place du label social,
le collectif envisage le schéma suivant :
- adoption par les
entreprises dun code de conduite impliquant lacceptation
par celles-ci de contrôles ou audits externes indépendants ;
- acceptation de
réalisation daudits sociaux expérimentaux
chez les fournisseurs ;
- création
dun système de certification sociale. Ceci implique :
- la
mise en place dun référentiel servant
de base aux audits sociaux ;
- laccréditation
des cabinets chargés de contrôler le respect
des engagements des entreprises et la réalisation des
audits ;
- la
certification des entreprises respectant le code de conduite
et engagées dans un processus de progrès social.
Les
syndicats de salariés :
La CGT, la CFDT, FO et
la CFTC ont été invitées à participer
à la réflexion, notamment lors de la réunion
du 28 février.
Le secrétaire général
de Force Ouvrière a écrit au secrétaire
dEtat à la consommation pour rappeler le rôle
de lOIT dans la mise en place des normes, ainsi que
limportance du rôle des Etats dans la garantie
des droits des travailleurs, les compagnies privées
ne pouvant être considérées comme seules
responsables du respect des droits des travailleurs. Des initiatives
privées risquent de remettre en cause lOIT en
se substituant à son rôle.
Cette lettre est fournie en annexe.
Elle a été communiquée aux participants
à la réunion.
La CFDT a participé à
la réunion du 28 février.
Les
organisations de consommateurs :
Les organisations de
consommateurs réunies au sein du COSAC de lAFNOR
sont à lorigine de la démarche détude.
LAFOC (lorganisation consommateurs de Force ouvrière)
na pas souhaité sassocier à cette
demande détude.
4. Les réponses au questionnaire
Le questionnaire est
lun des éléments utilisés pour
létude de faisabilité sur léthique
sociale conduite par AFNOR, outre létude documentaire,
les interviews et les réunions déchanges.
Elaboré en février 2001,
il avait pour objectif de contribuer à la réflexion :
- préciser
le concept déthique sociale ;
- circonscrire le
périmètre de létude ;
- recenser les acteurs
favorables aux travaux sur léthique sociale ;
- préciser
le niveau dintervention éventuelle.
Le questionnaire a été
diffusé à :
- une cinquantaine
de personnes invitées à se réunir le
28 février pour un premier échange (administrations,
professionnels, grandes entreprises, consommateurs, organismes
sintéressant à léthique) ;
- une cinquantaine
de personnes du forum Mercure dont le millier dadhérents
a été informé de la démarche entreprise
par lAFNOR et a souhaité recevoir le questionnaire.
Le forum Mercure regroupe essentiellement des personnes intéressées
par la normalisation et ses métiers connexes et ayant
des fonctions dinterface dans lentreprise ;
- une vingtaine de
grandes entreprises (correspondants adhérents AFNOR).
Les réponses : 24 questionnaires
complétés retournés à lAFNOR
à fin mars 2001, émanant de distributeurs,
fédérations professionnelles, entreprises, consommateurs,
consultants, organismes de contrôle et de recherche,
organisations sintéressant à léthique
sociale.
Une compilation des réponses
a été faite (en annexe). La synthèse
des résultats pour chaque question est donnée
ci-après.
Pour vous, que recouvre léthique
sociale ?
Essentiellement la notion de responsabilité
sociale de lentreprise dans le cadre de son activité
envers les parties prenantes (actionnaires, clients, salariés,
fournisseurs, consommateurs, pouvoirs publics...) (15 sur
24).
Rapportée à un code
de conduite relatif aux conditions de travail chez les sous-traitants
(1 sur 24).
Apparaît non comme une contrainte,
mais un facteur de compétitivité supplémentaire
(1).
Quelles sont vos expériences
ou initiatives sur ce sujet ?
Sur 24 répondants ayant donné
des réponses multiples, les 3 plus cités sont :
- code de conduite/de
déontologie/charte professionnelle (19 sur 24) ;
- approche système
(qualité, environnement, social...) (12 sur 24) ;
- audit/conseil et
formation (10 sur 24),
suivis de :
- label social (6
sur 24) ;
- commerce équitable
(5 sur 24).
Quel est lobjectif suivi
par votre démarche ?
Laspect social/moral est mis
en évidence :
- amélioration
des conditions sociales dans les entreprises de production.
Règles économiques et sociales pour un commerce
loyal et équilibré (13 sur 24) ;
- solidarité/confiance
(4 sur 24) ;
- offrir aux nouveaux
investisseurs des notations sociales, environnementales discriminant
les entreprises cotées (1 sur 24).
Facteur de compétitivité
(2 sur 24) est également présent.
A quoi se rapportent les exigences ?
Les exigences visent tous les marchés.
Les exigences en matière déthique sociale
sappliquent à tous produits, ceux en provenance
des pays développés comme des pays en voie de
développement. Les produits de grande consommation
sont mis en avant (15 sur 24).
Utilisez-vous le document SA 8000 ?
Responsabilité sociale (Social
Accountability International, précédemment CEPAA).
Le document SA 8000 semble encore
peu utilisé (1/4 des répondants disent lutiliser).
Avez-vous rencontré des
problèmes quant à lutilisation du document
SA 8000 ?
5 répondants seulement ont
des difficultés dutilisation (chiffre à
rapporter au faible nombre dutilisateurs), pour les
raisons suivantes :
- peu adapté
aux pays développés ;
- ne se rapporte
ni à la distribution ni à lusage des produits
(intérêt marqué pour une approche cycle
de vie du produit) ;
- inadapté
à certaines réglementations locales (exemple
de la Chine) ;
- différent
de certaines conceptions du droit du travail.
Participez-vous à dautres
démarches ?
4 réponses citent le GRI (Global
Reporting Initiative) : principes directeurs du développement
durable relatifs à des exigences économiques,
environnementales et sociales.
Autres réponses très
diverses :
Commerce équitable (2 sur 24).
Collectif de léthique
sur létiquette.
Quels premiers résultats
avez-vous obtenus ?
7 réponses (sur 14) annonçant
des premiers résultats positifs au regard des objectifs
initiaux (cf. conception de léthique et dautres
avantages induits ; exemple : organisation interne
de lentreprise).
Si vous avez déjà
choisi une démarche sur léthique sociale,
quelle communication et quelle promotion faites-vous ?
8 répondants sur 17 communiquent
(soit la moitié), annoncent des actions de communication
sur le thème de léthique sociale.
Constatez-vous une multiplication
daudits fondés sur des référentiels
différents ?
16 répondants sur 18 mentionnent
la multiplication des audits.
Avez-vous identifié un besoin
de démarche collective sur léthique sociale
(élaboration dun référentiel),
conduite daudit ?
Certificat, label social... ?
20 réponses positives :
la moitié (9/20) en faveur du besoin dune démarche
collective lexprime sous forme dun référentiel
ou à partir dun référentiel (exemple :
système daudit).
Quels bénéfices en
attendez-vous ?
Les principaux bénéfices
attendus se rapportent à la simplification et à
lunification des référentiels existants
(6 réponses sur 13). Sy ajoutent la transparence
et la garantie des résultats obtenus.
Quels seraient pour vous le ou
les champ dapplication dune démarche collective
éthique sociale ?
Les réponses se répartissent
autour de deux axes :
- le respect des
droits de lhomme ;
- les secteurs dapplication :
- commerce,
finances, GRH ;
- alimentation,
habillement ;
- toutes
activités,
et proposent des outils/moyens :
normes référentiels.
Complémentarité avec
dautres démarches : les champs dapplication
viennent en complément de la qualité et de lenvironnement,
et font partie dune démarche intégrée.
Exclusion du champ dapplication :
Lexistant : SA 8000, commerce
équitable, temps de travail...
Quel serait selon vous le niveau
dintervention ?
13 répondants sur 18 se sont
prononcés en faveur du niveau international suivi de
très près du niveau européen (12 réponses
positives).
Pensez-vous utile de conduire :
La même étude au niveau
européen ?
Consolider lexpérience
SA 8000.
Sur 20 réponses exprimées :
10 pour la même étude
au niveau européen.
10 pour consolider lexpérience
SA 8000.
Une majorité également
de réponses favorables pour que lAFNOR prenne
ces initiatives.
Remarques et/ou suggestions :
Trouver des entreprises volontaires
pour appliquer les principes éthiques.
Viser une norme dans lesprit
ISO 9000 et ISO 14000 sur les dispositifs éthiques
dans les entreprises.
Distinguer commerce éthique
et commerce équitable.
Viser le niveau ISO.
Rechercher louverture à
limplication de tous les acteurs concernés, une
grande transparence dans un souci dinformation, les
moyens de susciter un fort courant dopinion pour imposer
le référentiel.
Faciliter lamélioration
des standards de production dans les pays.
5. Synthèse de létude
Cette partie propose
une synthèse des débats conduits dans les ateliers
ainsi quune première réponse aux questions
de la résolution 17/2000 du COP.
5.1. Le périmètre de la notion
déthique sociale
La définition
du périmètre de léthique sociale
est en elle-même une tâche normative : lutilisation
de ce terme par les différents acteurs recouvre en
effet des préoccupations et des priorités différentes.
Il ne sagit donc pas ici de
trancher définitivement la question du périmètre
de léthique sociale, mais déclairer
différentes dimensions de la question.
Un
problème Nord-Sud ?
Née de la mondialisation
et de la délocalisation de la production, la question
de léthique sociale renvoie aux conditions de
production dans le pays dorigine.
L« éthique
sociale » (certains préféreront parler
de « clause sociale ») est alors une
exigence formulée, sous la pression de lopinion
publique des marchés des pays développés,
par les donneurs dordres vis-à-vis de producteurs
installés dans les pays en voie de développement.
Le respect des conventions fondamentales
de lOIT est la clé de voûte de la plupart
des documents de référence : SA 8000,
codes de conduite professionnelle internationale.
Les référentiels du
« commerce équitable », quant
à eux, mettent en avant dautres critères :
économiques (prix payé supérieur au prix
du marché), dorganisation (producteurs indépendants,
circuits courts), de développement (formation, activités
communautaires).
Dans les deux cas, cest le commerce
Nord-Sud qui est au centre de la préoccupation.
Toutefois les expériences conduites,
les propos recueillis témoignent deffets pervers
ou de décisions hâtives aux conséquences
sociales graves.
Un problème constaté
dans une entreprise à la suite dun audit peut
ensuite être transféré dans une autre.
Larrêt dun contrat peut conduire à
la ruine dun bassin demplois. La responsabilité
vis-à-vis des fournisseurs comme vis-à-vis de
la communauté fait alors partie de la notion déthique
sociale.
Dans les pays développés,
essentiellement dans les pays anglo-saxons mais aussi dans
la foulée du dialogue social européen, on parlera
plus volontiers de « responsabilité sociale ».
Le contenu des divers codes de conduite ou des questionnaires
dévaluation utilisés par les fonds éthiques
indique que cette notion couvre les aspects liés au
droit du travail (avec une attention plus particulière
sur les aspects « disciplinaires »,
discriminations, harcèlement...). Elle recouvre également
fréquemment des aspects liés à la « morale
des affaires » (clauses anticorruption, respect
des principes directeurs de lOCDE) et donc au comportement
de lentreprise à légard de ses clients
ou de ses fournisseurs. Elle va également au-delà
de ce qui se passe dans lentreprise pour embrasser limpact
social ou « sociétal » de son
activité (activité conforme à des valeurs
religieuses, impacts environnementaux...). Léthique
sociale ne se résume plus, dans ce contexte-ci, à
un corps précis dexigences universelles (comme
les conventions fondamentales de lOIT) mais sévalue
sur de nombreux critères renvoyant à des échelles
de valeurs très variées.
La question de la dimension géographique
est donc une question clé : limitée aux
échanges Nord-Sud, la notion déthique
sociale recouvre alors essentiellement le respect des conventions
fondamentales de lOIT avec une prise en compte nécessaire
du développement local.
Etendue aux pays développés,
la notion souvre à limpact social externe
des activités de lentreprise (« responsabilité
sociale ») et met laccent sur la variété
des échelles de valeurs.
Un
facteur de différenciation ?
La question posée
concerne avant tout les produits de grande consommation. De
fait cest dans le textile, les articles de sport, les
jouets, quapparaissent les premiers codes de conduite
professionnels.
Lagroalimentaire est également
concerné : le commerce équitable concerne
le café, la banane. Des étiquettes « commerce
éthique » sont apparues sur des pommes...
Chaque secteur ayant ses propres spécificités
en terme de structure de coûts, dorganisation
des marchés, les conditions sociales sy façonnent
de façon spécifique.
La demande déthique sociale
formulée par les ONG sexprime quant à
elle sur lensemble de la chaîne qui conduit au
produit final : fabrication, transport, distribution.
A linstar des fonds éthiques
qui côtoient les autres fonds, va-t-on voir apparaître
des filières de production-distribution éthique
spécifiques ou bien est-ce chaque filière qui,
dans son ensemble, va définir collectivement et afficher
ses performances sociales ?
Autrement dit laffirmation dune
éthique sociale est-elle un élément de
différenciation compétitive dune firme,
dun secteur, dun circuit alternatif ?
Cest lengagement des acteurs
qui façonnera la réponse à cette question.
5.2. La place de la normalisation
La
normalisation comme outil :
Les cadres réglementaires
nationaux étant remis en cause par la mondialisation,
les organisations intergouvernementales, internationales ou
européennes sefforcent dorganiser un cadre
mondial.
De leur côté les entreprises,
voire certaines branches professionnelles, mettent sur pied
des dispositifs de comportement responsable.
Dans ce contexte, la normalisation
(prise ici dans son sens général délaboration
consensuelle de référentiels collectifs volontaires)
peut-elle fournir des outils utiles à ces deux niveaux
et à quelles conditions ?
La normalisation na pas pour
vocation de fixer des performances sociales aux organisations
comme elle peut définir des performances dusage
sur des produits.
Cest le rôle des différentes
institutions internationales de légiférer en
la matière et aux acteurs économiques et sociaux
de se déterminer dans ce cadre législatif.
La normalisation na pas non
plus vocation à définir les valeurs communes
à la société, ni les valeurs spécifiques
à tel ou tel groupe social.
Si lon admet que la négociation
sur les « performances sociales » se
passe ailleurs (dans les parlements, les branches, les entreprises),
la normalisation peut, en revanche, construire un consensus
général destiné à une application
volontaire, contribuant ainsi à la compréhension
mutuelle et à la cohérence des démarches.
Les quatre directions suivantes ont
été identifiées.
Linformation
du consommateur :
Lidée dun
« label social » apposé sur les
produits est considéré par ses promoteurs eux-mêmes
comme un objectif de long terme.
En effet lapparition généralisée
dun tel label suppose que soit définie et reconnue
toute une série déléments :
des référentiels généraux et spécifiques
à prendre en compte, des modalités daudit,
des modalités dattribution du label, etc.
Toutefois apparaissent dores
et déjà de façon encore marginale des
mentions de ce type sur diverses étiquettes, soit du
fait du responsable de la mise en marché, soit du fait
dorganisations tierce partie.
Sil apparaissait que le développement
de ces mentions était de nature à tromper le
consommateur, un travail normatif réunissant les acteurs
à lorigine de ce type détiquetage
informatif pourrait être proposé sur les modalités
détiquetage, de façon à homogénéiser
les différents termes, à leur donner un contenu
précis, et à préciser les responsabilités.
Les
informations de reporting :
Si le « label
social » apparaît comme une perspective lointaine,
la fourniture dinformations sur le comportement social
de lentreprise est à lordre du jour.
Le projet de loi française
sur les nouvelles régulations économiques envisage
dincorporer dans le rapport annuel aux actionnaires
un volet sur la manière dont sont prises en compte
les conséquences sociales et environnementales des
activités de lentreprise.
Les sociétés de notation
développent des questionnaires portant notamment sur
des aspects relatifs à léthique sociale.
Un groupe dentreprises travaille
au plan international à la définition dindicateurs
de reporting : ce projet, la Global Reporting Inititiative
(GRI), se fait dans une perspective du développement
durable.
Il y a là sans doute un champ
possible pour la normalisation internationale à linstar
de ce qui vient dêtre entrepris à lISO
sur la communication environnementale.
Le
management :
Les quatre ateliers tenus
après la réunion du 28 février ont
convergé vers lintérêt dune
approche par les outils de management, plusieurs entreprises
en phase de développement ayant manifesté leur
désir déchanger sur la question.
La réunion du 24 avril a
fait apparaître la nécessité de considérer
dans sa globalité le management de lensemble
des questions relatives au comportement de lentreprise
vis-à-vis de ses fournisseurs, clients, de son personnel,
de la collectivité où elle est implantée...
pour assurer aux uns et aux autres que lentreprise assumait
convenablement ses responsabilités. Cest pourquoi
une norme de management serait utile.
Le but ne serait pas de définir
des niveaux de performance (quils soient définis
par des réglementations ou quils fassent lobjet
de « clauses sociales » dans des contrats)
mais de définir un dispositif général
qui permette aux entreprises de fixer et dévaluer
leurs responsabilités sociales vis-à-vis des
parties prenantes et de mettre en place les moyens les plus
appropriés pour les assumer. Ce dispositif devrait
être conçu dans une optique de progrès
continu.
Comme vu plus haut une question clé
est celle des parties prenantes à considérer.
Si la responsabilité sociale porte dabord sur
lintérieur de lentreprise (le salarié),
elle sétend également nécessairement,
comme on la vu, aux fournisseurs, à la collectivité,
aux actionnaires ainsi quaux clients. Un tel outil nentraverait
pas la négociation faite par ailleurs des niveaux de
performance mais constituerait une garantie de respect des
engagements pris et contribuerait à organiser la confiance
sur lensemble dune filière. Il constituerait
un outil de la traçabilité des engagements pris
le long dune filière.
Laudit
social :
Les conditions de conduite
de laudit sont un enjeu important notamment la participation
directe des représentants des salariés. Il y
a là un champ de normalisation important pour asseoir
la confiance dans tout dispositif déthique sociale,
dautant plus que lISO a une large expérience
dans ce domaine (qualité, environnement...). Laudit
social quil soit conduit en interne ou en externe est
appelé à se développer sous la pression
du contexte exposé plus haut.
Pour résumer, la normalisation
pourrait sétudier dans 4 directions :
- modalités
de labellisation des produits ;
- informations de
reporting en matière déthique sociale ;
- outils de management
de la responsabilité sociale de lentreprise ;
- modalités
de conduite dun audit social.
5.3. La filière appropriée
LISO dispose dune
bonne légitimité pour débattre de ces
questions compte tenu de lexpérience accumulée
sur lISO 9000 dont la version révisée
offre un cadre solide pour une application éventuelle
dans le champ de léthique sociale, et sur lISO 14000
dont beaucoup daspects sont proches de ceux de léthique
sociale : primauté du cadre réglementaire,
pluralité des parties prenantes, étiquetage
et reporting.
Toutefois lISO doit tirer les
leçons de ces échecs répétés
en matière de management de lhygiène et
de la sécurité et trouver les moyens de collaborer
avec les autres organisations compétentes en la matière
au premier rang desquelles linitiative « Global
compact » des Nations unies et lOIT. Elle
doit aussi démontrer quelle est ouverte aux différentes
parties prenantes.
Parallèlement à toute
initiative à lISO, une concertation des points
de vue européens sous légide du CEN est
impérative compte tenu de la mise en place progressive
dun cadre européen sur ces questions.
COMPARAISON SA 8000/OIT/ISO 9000
Responsabilité sociale SA 8000
Elaboré
par SAI (Social Accountability International).
Objectif : moyen pour les entreprises
dassurer des conditions de travail justes et décentes
dans leurs lieux de travail et ceux de leurs fournisseurs.
Dans les respect des conventions et
recommandations de lOIT
Travail forcé (C 29 et C
105).
Liberté syndicale (C 87).
Droit de négociation collective
(C 98).
Égalité rémunération
main-duvre masculine et féminine pour travail
à valeur égale - et discrimination (C 100
et C 111).
Représentation des travailleurs
(C 139).
Âge minimum (C 138 + Recommandations
R 146).
Sécurité et santé
des travailleurs (C 155 et R 164).
Réadaptation professionnelle
et emploi des personnes handicapées (C 159).
Travail à domicile (C 177).
SA 8000 - Contenu
Des
définitions (entreprise, fournisseur, sous-traitant,
mesure corrective, enfant, jeune travailleur...).
Des exigences de responsabilité
sociale (éléments de code de conduite) :
Main-duvre infantile.
Main-duvre forcée.
Santé sécurité.
Liberté syndicale et droit
de négociation collective.
Discrimination.
Pratiques disciplinaires.
Heures de travail.
Rémunération.
Système de management.
Revue politique.
Représentants de lentreprise.
Planification et mise en uvre.
Contrôle des fournisseurs.
Réponses aux interrogations
et prises de mesures correctives.
Communication externe.
Accès pour vérification.
Dossiers.
ISO 9001
(2000)
Système
de management de la qualité. - Exigences :
Exigences générales.
Exigences relatives à la documentation.
Responsabilité de la direction.
Engagement de la direction.
Politique qualité.
Planification.
Responsabilité, autorité
et communication.
Revue de direction.
Management des ressources :
Ressources humaines.
Réalisation du produit :
Processus relatifs aux clients.
Achats.
Maîtrise des dispositifs de
surveillance et de mesure.
Mesures, analyse et améliorations :
Surveillance et mesures.
Maîtrise du produit non conforme.
Analyse des données.
Amélioration.
SD 21 000 : développement durable, responsabilité
sociétale des entreprises, guide pour la prise en compte
des enjeux du développement durable dans la stratégie
et le management de lentreprise (version du 5 février 2003)
Les entreprises sont de plus en plus
nombreuses à considérer le développement
durable comme un enjeu stratégique de leur avenir.
Les nombreuses initiatives et projets en cours ont motivé
la création, au sein dAFNOR, dun groupe
de réflexion sous légide du comité
dorientation stratégique « environnement »
afin de dégager un consensus sur le type doutils
volontaires pouvant favoriser lapplication et lintégration
des principes de développement durable aux entreprises.
Ce groupe de travail, présidé par M. Christian
Brodhag - directeur de recherche à lEcole nationale
supérieure des mines de Saint-Etienne, rassemble près
de 80 membres. Il a été créé
suite à la publication fin 2001 du rapport « entreprises
et développement durable ».
Le guide SD 21 000, issu
des travaux du groupe, sadresse aux responsables et
décideurs dentreprises, grandes ou petites, publiques
ou privées, de tout secteur dactivités
ayant un champ daction en France, en Europe ou dans
lensemble du monde. Son objectif est de leur apporter
une aide à leur réflexion initiale pour la prise
en compte du principe de développement durable lors
de lélaboration de leur politique et de leurs
stratégies, en particulier, en favorisant lamélioration
continue de la performance globale de lentreprise (dans
ses trois dimensions majeures : économique, environnementale
et sociale). A cette fin, il expose :
- lhistoire
de la naissance et de lessor du concept de développement
durable dans les dernières décennies ;
- son incontestable
raison dêtre pour qui souhaite la survie de lhumanité
et de la planète ;
- les conséquences
les plus probables de ce principe de politique à léchelle
planétaire sur la vie et le fonctionnement des entreprises ;
en particulier, au plan de leur responsabilité vis-à-vis
de la société et du futur de la planète :
leur responsabilité « sociétale » ;
- les enjeux majeurs
pour ces entreprises, les opportunités et risques prévisibles ;
- la prise en compte
inéluctable mais obligatoirement progressive de ce
principe lors de lélaboration de la politique
et des stratégies.
Le guide SD 21 000 se fixe
donc comme but de proposer des recommandations pour aider
à adapter à la fois techniquement et culturellement,
un système de management afin quil intègre
progressivement les objectifs du développement durable
au sein de lentreprise. Ces recommandations ne sont
pas destinées à des fins de certification ou
contractuelles. Elles ont été élaborées
dans un souci de cohérence et de complémentarité
avec les normes de systèmes de management comme celles
relatives à la qualité et à la protection
de lenvironnement qui peuvent être utilisées
indépendamment. Elles intègrent la nécessité
pour toute entreprise dêtre désormais plus
transparente sur sa stratégie de développement.
Le guide SD 21 000 peut
également être utilisé par dautres
types dorganismes sous réserve quun travail
dadaptation soit réalisé en fonction de
lorganisme concerné. Les termes suivis par un
astérisque (*) font lobjet dune définition
dans le glossaire qui peut être trouvé en annexe.
1. Le développement durable :
origine et définition
La recherche des conditions
dun nouvel équilibre durable entre les individus
et lenvironnement, dun modèle pour un développement
pérenne et une meilleure répartition des richesses
pour lhumanité sest progressivement affirmée
ces trente dernières années, en raison notamment
du développement industriel, de la croissance démographique
et de la concentration de la population dans les grandes agglomérations,
de laugmentation de la production, de la croissance
de la consommation, de la réduction de la diversité
biologique, de laugmentation du nombre et des conséquences
des accidents et catastrophes technologiques majeures. La
raréfaction de certaines ressources et sources dénergie,
les pollutions de latmosphère, des eaux et des
sols, le problème des déchets et bien dautres
nuisances mettent en évidence la nécessité
dune meilleure protection de lenvironnement, ainsi
que la maîtrise de la croissance économique afin
quelle permette un « développement
durable » pour les générations actuelles
et futures. La notion de pollution locale et réversible
des années 80 (par exemple la marée noire
provoquée par le naufrage de lAmoco Cadiz
sur les côtes bretonnes) fait actuellement place
à une notion de pollution plus globale, récurrente
et pouvant devenir irréversible : les pluies acides,
le trou dans la couche dozone, leffet de serre
défrayent alors la chronique. Cette globalisation de
la perception des risques liés à la dégradation
de notre environnement au niveau planétaire sest
accompagnée dune prise de conscience des écarts
de développement entre régions du monde et des
risques ou menaces que ces écarts peuvent générer.
La pauvreté, loin de diminuer, a augmenté tant
en valeur relative quen valeur absolue. En quinze ans,
vingt nouveaux pays sont entrés dans le cercle des
pays les moins avancés et lespérance de
vie dans certains pays dAfrique a reculé de 20
ans du fait du développement de pandémies.
La question du travail des enfants
et de pires formes de cette exploitation ont fait lobjet
de campagnes de dénonciation tant de la part dorganisations
non gouvernementales que de la part des institutions relevant
des Nations unies. Même dans les pays industrialisés,
pour certaines catégories de populations, des évolutions
inquiétantes dans le domaine social peuvent être
observées.
Au cours de ces 20 dernières
années il y a eu par conséquent une véritable
prise de conscience des limites inhérentes à
la théorie économique dominante du développement
de lhumanité centré sur le seul résultat
financier. Lexplosion démographique, la concentration
de la population dans les grandes agglomérations, la
progression de la désertification, la pollution de
leau et de lair, laccroissement du chômage
et de la pauvreté ont conduit à modifier cette
approche. Le champ danalyse des conditions du développement
sest donc élargi à la fois dans lespace
et dans le temps : dans lespace, pour réduire
le fossé qui sépare de plus en plus les pays
pauvres et les pays riches ; dans le temps, pour prévenir
les conséquences graves que pourrait induire sur le
milieu naturel et les générations futures un
processus de croissance non maîtrisé. Cest
en 1987 que le concept de développement durable est
véritablement formalisé. Sous limpulsion
de Mme Gro Harlem Bruntland, la Commission mondiale pour
lenvironnement et le développement publie un
rapport qui définit le développement durable
de la façon suivante : « Cest
un développement qui répond aux besoins du présent
sans compromettre la capacité des générations
futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents
à cette notion : le concept de besoin,
et plus particulièrement des besoins essentiels des
plus démunis, à qui il convient daccorder
la plus grande priorité, et lidée des
limitations que létat de nos techniques et de
notre organisation sociale imposent sur la capacité
de lenvironnement à répondre aux besoins
actuels et à venir. »
Le concept de développement
durable associe trois objectifs : efficacité économique,
équité sociale et préservation de lenvironnement
et des moyens pour y parvenir relevant de la gouvernance et
du management. Modèle « légitimé »
par le « Sommet de la terre » à
Rio en 1992, le développement durable sadresse
prioritairement aux responsables des institutions nationales
et internationales et des collectivités mais il interpelle
aussi le monde économique. Le sommet de Johannesburg
a conforté lanalyse faite à Rio et recommande
un changement profond des modes de production et de consommation
en sappuyant notamment sur lanalyse du cycle de
vie des produits dans les trois dimensions sociales, économiques
et environnementales.
Le développement durable représente
un double enjeu pour lentreprise : un enjeu économique
pour lentreprise et sa survie à long terme et
la contribution de lentreprise aux enjeux planétaires.
Le développement durable implique une vision et une
conception systémique, cest-à-dire que
les différents éléments des problèmes
sont envisagés comme un tout, de façon intégrée
et non plus de façon sectorielle et spécialisée.
Sa prise en compte progressive par le monde politique, la
pression conjuguée de lopinion publique, de la
sphère financière et des médias influencent
désormais de manière croissante les politiques
et stratégies des entreprises. Les dirigeants sont
de plus en plus conscients de la nécessité den
tenir compte pour assurer la pérennité de leurs
entreprises. La mise en uvre dune politique dentreprise
prenant en compte le principe de développement durable
vise donc à une gestion équitable et responsable
des performances de lentreprise dans les trois domaines
et respectant les principes qui découlent du principe
de développement durable : prévention,
précaution, responsabilité (pollueur-payeur),
participation amélioration continue... : un nouveau
projet mondial de développement économique,
dont chaque acteur en est lauteur.
2. Pour une prise en compte du principe
de développement
durable : une démarche propre à chaque
entreprise
La
prise en compte du principe de développement durable
se conçoit comme un chemin dapprentissage propre
à chaque entreprise. Cet apprentissage commence par
la réalisation dune analyse stratégique
et un état des lieux marché-entreprise qui conduit
lentreprise, ses dirigeants, à se poser un certain
nombre de questions, inhabituelles mais vitales :
Quelles sont les raisons qui exigent
dorénavant de prendre en compte des acteurs ou desfacteurs
nouveaux ?
Pourquoi se comporter différemment
vis-à-vis deux ?
Quels sont ces acteurs et facteurs
nouveaux ?
Quappelle-t-on désormais
les « parties intéressées » ?
Pourquoi leurs influences sur les performances de lentreprise
croissent-elles notablement ?
Quelles peuvent être ces influences
(positives ou négatives) sur les performances de lentreprise ?
Aujourdhui ? Dans lavenir ? Les enjeux
dans le temps ? Les risques ? Dans quels domaines ?
Où en est lentreprise sur cette voie ? Par
rapport à ses concurrents et à son marché ?
Sil faut « y aller »,
quelles mesures prioritaires prendre ? Quelles ressources
mobiliser, sous quels délais pour ne pas mettre en
péril lentreprise ?
Comment prolonger et infléchir
les politiques et programmes existants tout en introduisant
les ruptures nécessaires quand lamélioration
continue permanente « pas à pas »
ne suffit pas ?
Comment adapter les objectifs et les
processus de lentreprise à la prise en compte
du principe de développement durable ?
Il nexiste pas de réponse
toute faite à ces questions. Pour y répondre,
la direction doit se livrer à un exercice habituel
de détermination de ses stratégies, dans un
espace-temps beaucoup plus large que précédemment,
en tenant compte de nouvelles données et de paramètres
inhabituels.
Gestion des interfaces
Interface
économique-social : respect des droits sociaux
et des règles de bonne gouvernance, actionnariat des
salariés, participation aux résultats, communication
des objectifs et appropriation par le personnel, objectifs
de socio-efficience, respect de lintégrité
physique et mentale du personnel, évaluation du climat
social, anticipation financière et sociale des conséquences
de choix stratégiques...
Interface économique-environnement :
économie des ressources, éco-efficience, écodesign,
valorisation des sous-produits, écologie industrielle,
prise en compte du cycle de vie des produits et des services...
Interface social-environnement :
aspects hygiène, sécurité, santé,
gestion des risques, professionnels, gestion des risques environnementaux,
intégration de lentreprise dans son bassin demploi,
participation à la vie locale et citoyenne...
Cest en trouvant leurs propres
réponses que les entreprises vont apprendre progressivement
à articuler leurs performances économique, sociale,
environnementale et à gérer les interfaces (cf. encadré
ci-dessus). Lentreprise peut ainsi progressivement intégrer
le concept de développement durable à la fois
dans ses décisions stratégiques et dans le management
opérationnel de ses activités en gérant
de façon conjuguée leurs aspects économiques,
environnementaux et sociaux/sociétaux. La direction
doit simultanément mettre en uvre des actions
de sensibilisation, de formation (savoir, savoir-faire et
savoir-être), de développement des compétences,
de communication et de partage de connaissances (faire savoir).
Au-delà des spécificités
sectorielles, un « projet dentreprise »,
prenant en compte le principe de développement durable,
permettra à lentreprise de donner une cohérence
densemble, une mise en synergie des moyens afin datteindre
des objectifs ambitieux tant en matière déco-efficience
que déquité sociale.
3. Les conséquences
pour les entreprises
3.1. Les atouts pour lentreprise
Le rôle des entreprises
dans latteinte des objectifs du développement
durable est considérable et se conçoit aisément.
Pas seulement celui des grandes entreprises : même
si elles sont en général les premières
concernées donc les premières à intervenir,
elles entraîneront naturellement les PME et les TPE
dans leur sillage. Et, dans certains cas, ces dernières
seront mobilisées les premières. La prise en
compte du principe de développement durable sera reconnue
comme une exigence incontournable du marché. Comme
à chaque fois que les dirigeants ont à faire
face à un contexte de marché nouveau, il est
de leur intérêt de savoir transformer ce qui
leur apparaît initialement comme des contraintes nouvelles
en un défi mobilisateur pour lentreprise, en
des opportunités de développement, en un facteur
différenciant de lentreprise vis-à-vis
de la concurrence. Cela conduira les entreprises à
re-concevoir et à faire évoluer leurs modèles
de production et de consommation en intégrant plus
pertinemment les aspects environnementaux et sociaux aux aspects
économiques. Les dirigeants seront amenés à
élargir le champ de responsabilité de leur entreprise
pour tenir compte des attentes et exigences du marché,
des parties intéressées et de la pression de
lopinion publique. Il appartiendra dorénavant
à chaque entreprise de savoir comment interpréter
et intégrer dans sa stratégie et dans la gestion
opérationnelle de ses activités, ces nouvelles
attentes ou exigences pour redéfinir les dimensions
de cette responsabilité vis-à-vis de la société
et de la planète ; sa « responsabilité
sociétale ». Elle devra ensuite fournir
les preuves de son respect de cette responsabilité
globale qui dépassera parfois ses strictes obligations
juridiques. Ces dernières années, linvestissement
socialement responsable fait lobjet dun intérêt
croissant de la part des analystes financiers et des investisseurs.
Le degré de prise en compte des attentes en matière
sociale et environnementale constitue désormais pour
certains investisseurs des indicateurs de gestion qui président
à leurs arbitrages financiers. Pour contribuer à
la préservation des ressources naturelles, lentreprise
pourra mettre en uvre le concept déco-« socio »-conception.
Ce concept est la base dune stratégie dentreprise
innovatrice cherchant à accroître la valeur « fonctionnelle »
de ses produits et services tout en réduisant leurs
incidences sur lenvironnement ou leurs impacts sociaux
négatifs : cest-à-dire aboutissant
à leur éco-socio-efficience.
Léco-efficience (*),
limitée au seul environnement, a été
définie comme « la livraison de biens et
de services à prix concurrentiels qui satisfont les
besoins des personnes et contribuent à la qualité
de vie tout en réduisant progressivement limpact
écologique et la consommation de ressources tout au
long du cycle de vie, à un niveau au moins cohérent
avec la capacité que peut supporter la terre (World
Business Council for Sustainable Development) ».
De nouvelles modalités de communication, de concertation
et de collaboration avec diverses parties intéressées
seront parallèlement nécessaires. Lentreprise
contribuera dailleurs, par ses nouveaux produits et
services et linformation liée, à faire
évoluer la prise de conscience et les comportements
des consommateurs. Ces nouvelles conceptions du développement
et de la responsabilité feront apparaître le
besoin dadaptation des modes de management et gestion
(y compris comptables) capables de mettre en uvre de
manière efficiente les investissements et la gestion
socialement responsables. La mesure des progrès (objectifs
mesurables et auto-évaluation) et le reporting se développeront
car les actionnaires, les investisseurs, les salariés
(parfois salariés-actionnaires), les consommateurs,
les institutionnels, le monde associatif... seront de plus
en plus demandeurs de preuves, de critères et dindicateurs
leur permettant dévaluer objectivement la contribution
de chaque entreprise au développement durable. On parle
désormais de responsabilité sociale (ou sociétale)
de lentreprise (Agenda social européen de Nice
et livre vert de la Commission européenne). La notion
de responsabilité sociétale a tout dabord
émergé dans les pays anglo-saxons (Corporate
Social Responsibility) et sinscrit dans une vision élargie
de la responsabilité (*) de lentreprise.
Il appartient à chaque entreprise de savoir comment
intégrer dans ses stratégies et dans la gestion
opérationnelle de ses activités sa façon
de définir les nouvelles dimensions de sa responsabilité
sociétale et den démontrer lapplication.
Les enjeux stratégiques
majeurs du développement durable
La
meilleure garantie de sa compétitivité durable
grâce à sa capacité à créer
de la valeur de manière équitable et responsable
pour le client et pour toutes les autres parties intéressées.
La meilleure adéquation permanente
de ses produits et services aux exigences et attentes nouvelles
des marchés, la fidélisation de ses clients
et la capacité délargissement de ses parts
de marché.
Une gestion plus attentive et globale
des risques intégrant les aspects environnementaux
et sociaux de ces activités afin de prévenir
et de gérer les risques datteinte à limage
de lentreprise et les conséquences financières
déventuelles atteintes à lenvironnement.
Laccroissement de son potentiel
dinnovation et son aptitude à développer
des stratégies « gagnant-gagnant »
avec des partenaires.
Le maintien et la préservation
de sa réputation et la valorisation de son image auprès
de lopinion publique majoritaire.
Les enjeux opérationnels
majeurs du développement durable
Un
facteur de motivation et de mobilisation de son personnel
par son engagement dans une politique environnementale et
sociale, volontaire et responsable.
Le renforcement de sa capacité
à saisir des opportunités et à créer.
La meilleure maîtrise des risques
et de ses coûts en matière environnementale et
sociale.
Le suivi de ses performances économiques,
environnementales et sociales par des indicateurs pertinents
et un système de collecte de linformation approprié.
Ses meilleures connaissances et compréhension
du marché grâce au développement des échanges
et de la communication avec les acteurs de son marché
et ses partenaires.
La fidélisation des talents
et le développement des compétences.
Les entreprises économiquement
viables seront celles qui parviendront à générer
de la valeur au profit de leurs clients et de leurs investisseurs
mais également au profit des autres parties concernées.
Elles assureront ainsi la pérennité de leur
activité et bénéficieront dun avantage
« commercial » vis-à-vis de leurs
concurrents. La prise en compte du principe de développement
durable ne constitue donc pas une nouvelle spécialité,
ou un sujet à traiter par une nouvelle division ou
une nouvelle fonction de lentreprise, mais laboutissement
dune réflexion stratégique qui allie les
fins et les moyens, cest-à-dire les cibles stratégiques
et moyens techniques et managériaux à développer
pour atteindre ces cibles.
3.2. Les principales difficultés
initiales
3.2.1. Des difficultés pour fixer les objectifs
A sa naissance, le concept
de développement durable est le fruit du réveil
de linstinct de conservation de lhumanité
chez certains visionnaires. Le principe qui en découle
est initialement un principe de politique à léchelle
planétaire. Pour permettre son application performante
et efficiente par le monde économique, les leaders
politiques mondiaux doivent donc ladopter et prendre
les mesures pour créer le contexte favorable à
cette application. Certaines avancées ont été
réalisées dans ce sens (Rio, Kyoto, Johannesburg).
Mais le chemin restant à parcourir pour définir
et adopter de manière consensuelle cette politique
mondiale, puis préciser ses objectifs sous des formes
mesurables, est encore long. Or, ce nest quune
fois connus ces objectifs que les acteurs économiques
pourront déterminer leur propre contribution à
leur atteinte sans courir le risque soit de jouer les pionniers
dans un marché concurrentiel exacerbé, soit
dêtre montrés du doigt, écartés
par des investisseurs ou boycottés par des consommateurs...
Lentreprise est considérée comme un acteur
essentiel pour contribuer au développement durable,
mais elle nest pas seule. Elle nest pas productrice
des valeurs dune société, mais elle doit
être à lécoute des aspirations et
des valeurs véhiculées par la société
dans laquelle elle opère. Ses activités pouvant
avoir des impacts sur des biens publics mondiaux ou locaux,
lentreprise peut être amenée à développer
des partenariats avec les pouvoirs publics ou dautres
acteurs économiques, là où les conditions
économiques ne permettent pas toujours au marché
de rétribuer lensemble de ces services indirects
(et donc la viabilité économique dactivités
écologiquement et socialement responsables), compte
tenu par exemple du contexte réglementaire. Face à
ces difficultés, les entreprises sont parfois contraintes
darbitrer leurs décisions entre le fait den
faire trop par rapport aux concurrents et risquer de réduire
la rentabilité de lentreprise (voire la faillite
en allant ainsi à lencontre dune des exigences
sociales premières du développement durable
qui est dassurer lemploi de ses salariés)
et le fait de ne pas être suffisamment proactif et risquer
dêtre mis en défaut par les autres parties
intéressées.
3.2.2. Des difficultés pour
gérer la démarche dans le temps
Le plus grand défi
pour le dirigeant est de savoir intégrer pertinemment
le facteur temps dans sa réflexion stratégique
et dans sa gestion : la prise en compte du principe de
développement durable induit en effet une logique économique
de moyen - long terme. Il lui faut simultanément
savoir mettre en adéquation ses intérêts
en tant quentreprise (compétitivité, création
de valeur) avec les demandes (parfois contradictoires) des
parties intéressées par ses activités
(produits, services et processus). Des antinomies entre les
exigences économiques et les dimensions environnementales
et sociales pourront être surmontées par ladoption
dune attitude de réflexion et daction sur
le long terme. Le nouveau modèle de production et de
consommation fondé sur lamélioration continue
et sur des ruptures stratégiques profondes ne pourra
être réalisé que grâce aux innovations
techniques ou à une nouvelle organisation sociale.
Léco-conception (*) des produits et services
basée sur une prise en compte de leur cycle de vie
est une illustration de contribution de lentreprise
au développement durable de la planète.
La première étape :
une correction de trajectoire
Au
niveau du monde politique, il sagit de freiner certaines
pratiques économiques encore dominantes et de redresser
la tendance ; cest-à-dire de réduire
puis stabiliser les principales sources de dégradations
environnementale et sociale et de concevoir progressivement
le nouveau modèle de développement sans mettre
en péril léconomie mondiale.
Au niveau des entreprises (du monde
économique en général), il sagit
de développer la prise de conscience des interdépendances
et des interactions entre acteurs et lintérêt
croissant de stratégies nouvelles « gagnant-gagnant »
fondées sur des partenariats. Lobjectif pour
lentreprise est de développer sa dimension citoyenne
en élargissant sa vision et ses modes de communication,
dans une logique de responsabilité élargie vis-à-vis
des acteurs de la société civile : sa responsabilité
sociétale.
La seconde étape :
vers un nouveau modèle de production
et de consommation
Elle
exigera du monde politique beaucoup de conviction, de solidarité
et de cohérence à léchelle de la
planète.
Le monde économique pourra
alors, dans un contexte de risques mieux maîtrisables,
mettre en uvre des conditions nouvelles de développement
et production en rupture avec celles actuelles, et compatibles
avec sa compétitivité durable et son amélioration
continue. Produits, technologies et investissements productifs
seront reconsidérés dans une optique déco-socio-conception
et un objectif déco-socio-efficience.
3.2.3. Des difficultés pour
gérer linnovation
et le changement requis
La veille stratégique,
la surveillance des signaux faibles, le suivi des évolutions
internationales voire, pour les grandes entreprises, limplication
dans les réflexions internationales peuvent alimenter
la capacité danticipation de lentreprise.
En matière décologie et de santé,
diverses données fondamentales tardent à être
stabilisées ou confirmées par les milieux scientifiques.
De façon à permettre des applications plus raisonnées
du principe de précaution, ces données (seuils
de nocivité, de réversibilité...) doivent
être précisées de manière non contradictoire
ou moins fluctuante et dès que possible. Il appartient
aux pouvoirs publics (nationaux et européens) de veiller
à lapplication de ce principe. Néanmoins
une entreprise dont une activité ou un produit pourrait
être remis en cause par une application ultérieure
par les pouvoirs publics du principe de précaution
(EPE) aura intérêt à anticiper et assurer
une veille sur les controverses scientifiques en cours, et
dans certains cas informer ses consommateurs. Elle pourra
ainsi conduire son innovation en séloignant des
« zones » à risque. Lentreprise
sera conduite à développer et réorienter
certaines de ses structures (ou même à en créer
de nouvelles), à rentrer dans une dynamique dinnovation
(au niveau des processus, du cycle de vie des produits, des
services associés...) et à développer
un effort accru de communication et de transparence par rapport
aux tiers (consommateurs et ONG notamment) au moyen dindicateurs
significatifs périodiquement mesurés et communiqués.
La résistance au changement tant à lintérieur
de lentreprise que dans certains organismes environnants
constituera aussi un obstacle de taille. Des démarches
opiniâtres dinformation, sensibilisation, formation
sont le remède de base en sappuyant sur une communication
interne et externe dynamique et sans ambiguïté.
3.3. Les évolutions dans
les pratiques managériales
et la culture de lentreprise
Une fois la décision
prise, il ne reste théoriquement quà appliquer
les « techniques classiques » de management :
adapter sa politique et ses objectifs aux nouvelles données
du marché, déployer ces objectifs (nouveaux
ou seulement adaptés), planifier en conséquence
les actions et allouer les ressources (projet de développement
durable et sa planification), mettre en uvre rigoureusement
et améliorer de manière continue. Cest-à-dire
rien dautre que ce que détaillent des guides
de management général tels que le modèle
dexcellence EFQM et maintenant, lISO 9004.
Lapplication volontariste de lun ou lautre
de ces deux modèles, malgré leur incomplète
formulation actuelle, conduit le (EPE) dirigeant à
considérer la prise en compte du principe de développement
durable comme une exigence stratégique pour la survie
de lentreprise ; mais quelques particularités
dapplication restent à préciser même
si dans les principes et la méthode générale,
peu de choses change. Tant dans le monde politique que dans
le monde économique, la mise en uvre du principe
de développement durable est une question dannées.
Les démarches dans les deux domaines obéiront
sans aucun doute au principe de progressivité et exigeront
une programmation à long terme. La question nest
plus si oui ou non les principes du développement durable
doivent être intégrés aux stratégies
et aux actions politiques et économiques, mais quand
certains acteurs significatifs ont déjà démarré.
Dans ce nouveau contexte de marché, la mise en uvre
de ces modèles « classiques »
va exiger des « pratiques » managériales
et opérationnelles actualisées : surtout
en matière de comportements et de savoir-être.
La direction va devoir déterminer et conduire une évolution
culturelle importante. Cest dans ce domaine que la difficulté
majeure réside pour la direction. Au niveau de lexemplarité,
de la vision, du leadership, de lopiniâtreté
et de la volonté dinnover et de communiquer.
Cette démarche a des retombées positives immédiates
et à terme sur toutes les fonctions et composantes
de lentreprise. Sur son management global (dans les
trois dimensions du développement durable) et sur tout
le système de management qui le sous-tend. Elle permet
à lentreprise dacquérir une maîtrise
progressive de son fonctionnement au quotidien, une amélioration
continue de ses performances en divers domaines, une vision
de plus en plus globale de ses pratiques managériales
et de son marché. Fondé sur la transparence,
la concertation et le contrat, la prise en compte du principe
de développement durable induit entre autres au sein
des entreprises, principalement de celles cotées en
bourse, de nouveaux principes et pratiques de gouvernance
privilégiant lobligation de précaution,
lévaluation préalable et rigoureuse des
impacts avant toute décision et des effets rétroactifs
des actions (feed-back). Les obligations légales récentes (*),
au regard de la sous-traitance, impliquent automatiquement
une très grande proportion de PME et TPE, sous-traitantes
habituelles de ces groupes ou grandes entreprises. La priorité
donnée à la gestion du cycle de vie des produits
va renforcer la gestion conjointe des enjeux de développement
durable par les donneurs dordres, les fournisseurs et
leurs sous-traitants. Enfin, le principe de management par
amélioration continue selon le cycle PDCA (plan-do-chek-act),
dit « roue de Deming », un des huit
principes fondateurs du management par la Qualité (ISO 9000:2000)
et principe de base du management environnemental (ISO 14000),
tend à devenir un principe de management appliqué
par de grandes organisations et entreprises multinationales,
mais aussi des PME (plus de 500 000 entités
certifiées au niveau mondial, plus de 30 000 en
France). A la lecture des différents référentiels
ISO 14001, ISO 9001:2000 ou encore OHSAS 18001,
on constate quils introduisent le principe damélioration
continue et lapproche processus ; en revanche,
les parties intéressées prises en compte dans
chacun de ces systèmes de management sont généralement
spécifiques et ne couvrent pas léventail
requis pour aborder le sujet du développement durable.
LISO 9004:2000 se réfère à
toutes les parties intéressées et donne des
conseils sur une large gamme dobjectifs de système
de management, notamment pour lamélioration continue
des performances globales et de lefficience de lentreprise,
ainsi que de son efficacité. Avec pour base de départ
une politique et un système de management pertinents,
lentreprise sappuie sur des bases solides et peut
améliorer de manière continue sa contribution
globale à la prise en compte du principe de développement
durable en accroissant progressivement ses actions sur les
volets environnemental et social et en développant
le dialogue et la concertation avec les autres acteurs du
développement durable (appelés parties intéressées).
3.3.1. Les pratiques managériales
majoritairement existantes
Les pratiques managériales
sont très variables dune entreprise à
une autre. Ce qui les différencie le plus actuellement,
cest probablement leur degré de formalisation
et dinstrumentalisation (*). En France, la loi
NRE par exemple. Toute entreprise « en fonctionnement »
met en uvre, de manière formelle ou informelle,
la plupart des composantes des pratiques managériales
(cf. tableau). Pour nombre dentreprises françaises,
ces pratiques ne sont pas toujours formalisées, ni
même précisément « exprimables »
par la direction ; leur mise en uvre est souvent
intuitive et empirique, leur mode de transmission généralement
oral ; surtout dans les entreprises de petite taille.
Mais leur pertinence est en général réelle.
Seule une minorité dentreprises ont réellement
formalisé et instrumentalisé une part plus ou
moins grande des composantes de management et gestion citées
ci-dessus, en sappuyant généralement sur
des « modèles » nationaux ou
internationaux (normes ou recommandations extraites de référentiels
de prix qualité) : bien connus. A titre dexemple,
seules environ 30 000 entités sont certifiées
en France. Entre ces deux extrêmes, se trouvent des
entreprises à tous les niveaux intermédiaires
de formalisation et dinstrumentalisation. Des paragraphes
précédents, on pourrait déduire quen
théorie, en tout cas, les entreprises de la seconde
catégorie ont déjà reçu dans ce
guide toutes les indications nécessaires pour prendre
en compte le principe de développement durable dans
leurs stratégies et leur management. Pour les autres,
elles éviteront difficilement le passage à un
certain degré de formalisation et dinstrumentalisation
(= utilisation de méthodes et outils spécifiques
de gestion) de leurs pratiques managériales ;
mais, à la mesure de leur taille et de celle des risques
identifiés lors de létat des lieux. Ce
qui signifie en tout cas quelles peuvent se mettre en
route dans leur état actuel quel quil soit. Mais
quelles ne tireront tout le parti possible de la démarche
(aux moindres coût et délai) quen menant
parallèlement et à leur mesure ces actions de
formalisation et instrumentalisation de leurs pratiques, de
leur système de management. Le chapitre 5 ci-dessous
leur propose ces solutions adaptables à leur mesure.
Il contient des recommandations aidant à adapter, formaliser
et instrumentaliser, à la fois au plan technique et
culturel, leurs pratiques managériales et leur système
de management afin quils prennent en compte plus aisément
mais progressivement les objectifs du développement
durable. Même si elles sont élaborées
dans un souci de cohérence et de complémentarité
avec les référentiels déjà cités,
ces recommandations ne sont pas destinées à
des fins de certification. Leur mise en uvre doit rester
volontariste pour être le plus dynamique possible.
Pratiques managériales
Leurs
principales composantes sont :
- la vision et les
valeurs qui déterminent le choix des principes généraux
de management et des règles de déontologie qui
en découlent ;
- les stratégies
et la politique générale (orientations et intentions)
résultantes ;
- les objectifs résultants
de cette politique, planifiés et estimés à
des étapes déterminées ;
- le système
de management, ensemble des éléments et processus
corrélés et interactifs permettant dorganiser
et de gérer lentreprise de manière cohérente
et efficiente et datteindre ses objectifs.
3.3.2. Lenjeu de la formalisation
des pratiques
et du système de management
Pour réaliser
cette formalisation et la compléter par son instrumentalisation,
diverses méthodes peuvent être utilisées.
On les trouve dans les manuels denseignement du management
et de gestion dorganisme comme dans les modèles
dexcellence attachés à des prix qualité,
dans les questionnaires dagences de « rating »
ou dans des normes de système de management. Etant
donné létendue des applications internationales
des normes ISO, le présent guide privilégie
des voies compatibles avec ces dernières pour proposer
des cheminements. En particulier, avec lISO 9004:2000
solidement fondée sur ses principes universels de management
et qui fait référence à toutes les catégories
de parties intéressées. Elle donne des conseils
sur un très large horizon de management et en vue de
lamélioration continue des performances globales
et de lefficience de lentreprise. Les normes ou
référentiels de management de lenvironnement
(ISO 14001 et EMAS) et de management de la sécurité
au travail (OHSAS 18001), cohérentes avec elle, permettent
de la compléter pour des catégories spécifiques
de parties intéressées. Comme dailleurs
les principes directeurs énoncés par lOrganisation
internationale du travail (ILO/OSH 2001), les recommandations
EMAS ou celles de la SA 8000 en matière déthique.
Comme déjà souligné, la recherche de
cohérence du guide avec les recommandations de ces
textes ne sous-entend en aucune façon la nécessité
daller jusquà lobtention de certification.
3.3.3. Des
principes de management
Une fois déterminées
les valeurs (par exemple : équité sociale,
respect de lenvironnement, professionnalisme, partenariats,
création de valeur...), qui vont présider au
choix de ses stratégies et de sa politique générale,
la direction en déduit un certain nombre de principes
de management qui vont en permanence orienter ses
décisions.
Intérêt dun
système de management « formalisé »
Lengagement
et limplication de la direction, lassurance apportée
aux clients et autres parties intéressées de
sa volonté de pérenniser lentreprise,
en particulier en prenant en compte leurs aspirations ;
Les règles appliquées
par toute lentreprise pour mettre en uvre la politique
et atteindre les objectifs affichés ;
Le système de contrôle
et mesure pour vérifier la mise en uvre et évaluer
les résultats atteints, avec les indicateurs périodiquement
renseignés et fournis concernant des critères
privilégiés par les investisseurs et certaines
autres parties intéressées ;
Le système dinformation
et de communication pour faire connaître ces résultats
aux parties intéressées concernées et
lassurance apportée à toutes celles-ci
de la transparence dans sa communication des résultats
atteints, des progrès réalisés, des actions
damélioration ;
Le processus damélioration
(continue ou par rupture) en application permanente.
Plusieurs de ces principes sont désormais
considérés comme relativement universels. On
les retrouve aussi bien dans les « recueils de
bonnes pratiques » de groupes mondiaux que dans
des modèles dits dexcellence ou des normes nationales
ou internationales. Lactuelle similarité des
principes proposés par lISO et de ceux préconisés
par les modèles internationaux dexcellence (EFQM,
Baldridge...) en est une preuve. Il est utile de décrire
et promouvoir les principaux, ceux de lISO par exemple
car leur connaissance montre leur compatibilité avec
lapproche du développement durable et facilite
le choix.
Les huit principes de management
de la qualité
Le
principe de « management par approche système »
est fondamental pour cette démarche. Il préconise
en effet la vision large et globale (dans lespace et
le temps) comme champ de la réflexion stratégique
de la direction, cest-à-dire une approche initiale
complexité et des évolutions rapides, principales
caractéristiques du marché mondialisé
actuel.
Le principe de management par amélioration
continue (cycle PDCA [plan-do-check-act], dit « roue
de Deming », principe de base aussi pour le management
environnemental, le management de la sécurité
et la plupart des modèles internationaux dexcellence)
devient principe universel pour répondre à laccélération
des évolutions du marché et pour dynamiser la
conduite du changement.
Le principe de management par approche
processus focalise la politique de lentreprise
sur ses activités les plus contributives à latteinte
de ses objectifs majeurs, en particulier, sur celles qui apportent
une réponse responsable et équitable aux attentes
des parties intéressées. Cest le principe
qui permet à la direction de maîtriser le plus
efficacement ses niveaux opérationnels. Parmi le réseau
complexe de ses activités corrélées et
interactives (= les processus), iI lincite à
identifier les plus importantes pour latteinte de ses
objectifs et à vérifier le bon « engrenage »
de ces processus pour quils soient efficients.
Le principe « orientation
client » (qui pour la prise en compte
du développement durable est à élargir
aux autres parties intéressées et peut alors
sappeler simplement « orientation marché »)
constitue la porte dentrée « commerciale »
de cette prise en compte. En ajoutant dailleurs que
le « client » est aussi membre de la
« société civile », devient
parfois actionnaire ou même membre du personnel ou partenaire !
Il est souvent, à lui seul, un condensé de diverses
parties intéressées !
Les principes de leadership
et dimplication du personnel sont incontournables
pour une atteinte des niveaux maximum de créativité
et de productivité de lentreprise et sont déjà
généralement appliqués par les directions
compétentes.
Le principe de relations mutuellement
bénéfiques avec les fournisseurs (surtout
lorsquélargi à toutes les parties intéressées
prêtes à coopérer) est le principe le
plus culturellement difficile à promouvoir mais le
plus prometteur pour lavenir. Quand tous les acteurs
du marché comprendront que leur intérêt
commun est de coopérer plutôt que de saffronter,
il deviendra possible de faire évoluer nos actuelles
stratégies de jeu à somme nulle ou négative
vers des stratégies « gagnant - gagnant ».
Des progrès économiques considérables
seront réalisables.
Le principe dapproche
factuelle pour les prises de décision est
un principe de bon sens qui conseille de ne prendre les décisions
quen connaissance des causes et des conséquences.
Le développement des nouvelles technologies de linformation
et de la communication lui confère de lactualité
et de nouvelles dimensions. Il pointe le doigt sur limportance
désormais primordiale du système dinformation
et de communication de lentreprise et des mécanismes
de suivi et dévaluation, donc du besoin de planifier
avec la plus grande attention sa mise en place. Pour tous
ces principes de management, le concept de développement
durable devient supérieur et directeur. Il leur donne
une orientation, une signification communes et leur confère
une dimension humaine et planétaire sans commune mesure
avec les valeurs précédemment directrices pour
le monde économique. Le seul profit nest plus
une finalité suffisante pour lentreprise sil
ne contribue pas simultanément et dans une juste mesure
au progrès de la qualité de la vie sur la planète.
Que dire sil contribue à sa dégradation ?
3.3.4. Le
système de management
Pour développer
durablement sa performance, lentreprise veille à
ce que son système de management prenne en particulier
en considération :
Les attentes des parties intéressées,
les exigences légales et autres exigences sappliquant
à ses activités sur les aspects économiques,
environnementaux et sociaux, les principes généraux
du développement durable qui sappliquent à
son cas ;
Les enjeux significatifs et estimés
stratégiques pour lentreprise, donc traduits
en objectifs opérationnels.
Les processus (y compris ceux externalisés
et les ressources nécessaires à la réalisation
de lensemble des exigences ainsi identifié. Le
système permet ainsi :
La détermination dune
politique pour la prise en compte du principe de DD et du
programme à moyen et long terme fixant des objectifs
et cibles damélioration des performances des
processus et des produits pour les exigences identifiées ;
Létablissement et la
planification du plan daction pour lexercice ;
Lallocation et les conditions
de mise à disposition des ressources et des informations
nécessaires au fonctionnement et à la surveillance
des processus (y compris ceux externalisés) et des
produits ;
La mise en uvre des actions
nécessaires pour atteindre les résultats planifiés
et assurer lamélioration continue des processus
et produits. Les modalités dinformation et de
communication de la politique et des performances prévues
et réalisées vers les parties intéressées.
3.4. Les approches pour lintégration
des dimensions sociale et environnementale
Les modalités
dintégration des aspects environnementaux et
sociaux ont longtemps été liées à
des approches semblables mais qui ne se conjuguaient pas.
Les trois types dapproche (voir tableau) doivent être
envisagés par lentreprise de façon coordonnée
et cohérente car selon le contexte, le type denjeu
et son niveau de maturité, elles peuvent intervenir
de façon variable. La maîtrise de la troisième
approche par lentreprise renforce sa capacité
à dialoguer avec les parties intéressées
(conditions dapplication de la réglementation,
« licence to operate »). Les deux
parties qui suivent se complètent. La partie 4
vise à faciliter les choix stratégiques liés
au développement durable en proposant des recommandations
hiérarchisées et des questionnements visant
à aider lentreprise à fixer ses objectifs.
La partie 5 donne des éléments plus opérationnels
à intégrer dans le management et la mise en
uvre des moyens qui lui permettront datteindre
ses objectifs.
Les trois approches de lintégration :
Application de la réglementation.
Cette réglementation, fixée par les pouvoirs
publics nationaux ou européens, doit être appliquée
par les acteurs privés et publics. La conformité
réglementaire reste la première étape
incontournable de toute approche de développement durable.
Les politiques publiques ne se limitent pas aux approches
réglementaires ; elles développent des
approches fiscales et créent un véritable marché
avec les permis démission échangeables.
Le contexte de la mondialisation rend plus fragile la capacité
des Etats à faire respecter des réglementations,
cest pourquoi en absence de système réglementaire
mondial, les entreprises qui interviennent sur différents
marchés doivent sengager à respecter des
normes environnementales et sociales homogènes et cohérentes
partout dans les pays où elles exercent leurs activités
(production, sous-traitance, négoce).
Gestion des attentes des parties intéressées.
Nonobstant le caractère non réglementaire de
ces attentes, lentreprise intègre les demandes
et les besoins dun nombre croissants de parties intéressées.
Cette approche dans le domaine de lenvironnement permet
par exemple à lentreprise de répondre
aux attentes des riverains de ses installations industrielles.
Cette approche sest élargie dans le domaine social
ou de la qualité (ISO 9004:2000).
Gestion des aspects environnementaux
et sociaux significatifs au regard des activités (processus,
produits et services) de lentreprise. Cette réflexion
peut être nourrie des informations disponibles concernant
les enjeux sectoriels et dune analyse comparative des
démarches effectuées par les leaders sectoriels
en matière de développement durable. Cette démarche
est le résultat dune attitude proactive :
dans le domaine environnemental, elle conduit à considérer
les impacts réels sur lenvironnement sans attendre
que lopinion publique ou des parties intéressées
sen émeuvent, dans le domaine social des questions
liées à la formation, au renforcement des compétences
ou à la gestion des pyramides dâge ne font
pas toujours lobjet de demandes formelles du personnel,
pourtant, elles contribuent au versant social du développement
durable. Il sagit dinitier une démarche
volontaire apte à durer dans le temps car librement
consentie, et non dappliquer des recettes et des procédures
qui empêcheraient la remise en cause rendue nécessaire
par létat de veille dans lequel doit être
lentreprise à tous ses échelons.
4. Lapproche stratégique
4.1. Lactualisation des principes et pratiques
de gouvernance dentreprise
Dans une entreprise
qui décide de le prendre en compte, le concept de développement
durable se traduit initialement par un besoin dadaptation
du système de gouvernance (tout ce quune direction
dentreprise détermine, met en place et en uvre
[structures, règles et modalités de gouvernement]
pour gouverner ce « corps social constitué »
[corporate] de manière à lui permettre datteindre
ses objectifs. Le principe de développement durable,
considéré comme principe directeur pour la vision
de lentreprise, peut remettre en cause le choix des
valeurs et va donner un « sens commun »
et une orientation convergente aux principes de management
en vigueur - les huit principes de lISO 9000 ou
de lEFQM, par exemple, ou plus généralement
les principes plus ou moins formalisés quune
direction applique habituellement). Cest essentiellement
à ce niveau supérieur de lentreprise que
lapplication du principe de développement durable
fait son entrée. Cest pourquoi la décision
ne peut être prise que par la direction et quelle
sera difficilement réversible. Une fois prise cette
décision, les dispositions et actions initiales de
la direction sont :
- lappréciation
de la compatibilité entre les recommandations de ce
principe « directeur » dune part,
et sa vision, ses valeurs, règles déthique
et principes de management en vigueur, dautre part ;
- la prise de mesures
pour les mettre en cohérence progressivement sous un
délai raisonnable. La direction en déduit des
adaptations plus ou moins profondes de sa politique, de certaines
stratégies et des objectifs généraux
de lentreprise. Elle établit son premier plan
pluriannuel de mise en pratique de la prise en compte du principe
de développement durable.
4.2. Louverture vers les
parties intéressées
La prise en
compte des attentes de toutes les parties intéressées
est dorénavant un élément important et
permanent pour lélaboration de la stratégie
et de la politique de lentreprise. Pour une majorité
dentreprises, cest le facteur nouveau par excellence
dans lélaboration de leur stratégie et
de leur politique. La capacité individuelle et collective
de prise en compte des parties intéressées devient
un des critères de performance.
Recommandations
Identifier
de façon exhaustive les parties intéressées
(internes et externes) qui sont ou peuvent être affectées
par les activités de lentreprise (processus,
sous-traitance, produits et services).
Identifier, comprendre et hiérarchiser
les attentes de ces parties intéressées.
Estimer la capacité de chaque
partie à influencer (positivement ou négativement)
les performances de lentreprise (analyse risques/opportunités).
Estimer la façon dont lentreprise
peut avoir un impact positif ou négatif sur ces parties
intéressées.
Vérifier ladéquation
des valeurs guidant les pratiques managériales de lentreprise
avec les sensibilités nouvelles et évolutions
culturelles des parties intéressées les plus
significatives.
Adapter si nécessaire ces valeurs,
les principes de management et les règles de bonne
conduite.
Déterminer les nouvelles politiques,
stratégies et objectifs en fonction, dune part,
des ressources et compétences de lentreprise
et, dautre part, des facteurs et acteurs pouvant avoir
le plus dimpact sur les performances de lentreprise.
Développer des relations de
partenariats avec les parties intéressées prêtes
à coopérer.
Déterminer et gérer
des indicateurs (quantitatifs et/ou qualitatifs) permettant
de mesurer les performances économiques, environnementales
et sociales et de communiquer périodiquement à
ces parties intéressées les actions de progrès
réalisées dans le cadre de la politique définie
et les résultats obtenus.
Développer pour chaque partie
intéressée une communication transparente, honnête,
sincère et vérifiable adaptée à
ses attentes, étayée sur des rapports (reportings)
conformes aux exigences légales et réglementaires
(loi française du 15 mai 2001 relative aux
nouvelles régulations économiques - NRE,
« document unique » du décret
du 5 novembre 2001 en matière dhygiène,
santé et sécurité au travail, par exemple),
ou à des référentiels internationaux
comme la Global Reporting Initiative.
Sassurer du degré de
satisfaction des parties intéressées par des
mesures, enquêtes ou autres dispositions.
Reprendre périodiquement ce
cycle dactions pour alimenter la dynamique damélioration
continue ou de rupture. Cette approche sinscrit dans
une perspective de transparence et reconnaît un « droit
de savoir » aux parties intéressées
qui se traduit pour lentreprise par une obligation de
rendre compte de façon honnête, sincère,
transparente et vérifiable.
4.2.1. La prise en compte responsable
des attentes
des parties intéressées
Les parties intéressées
(aussi appelées parties prenantes) portent un certain
nombre denjeux pour lentreprise ; lentreprise
peut avoir un impact sur ces parties (celles-ci peuvent alors
demander des comptes à lentreprise) ; ces
parties peuvent également affecter lentreprise
(par leur action, ou leur inaction). Linterdépendance
entre lentreprise et ses parties intéressées
est de plus en plus sensible - une partie se trouvant
lésée par un agissement de lentreprise
(pollution, malversation, non-respect des droits de lhomme...)
pourra par son action judiciaire poser ensuite un problème
à lentreprise. Il est nécessaire didentifier
toutes les parties intéressées et découter
les besoins et attentes exprimés (même si lentreprise
peut choisir de ne pas répondre à lensemble
des attentes) ou dintégrer les attentes exprimées
de façon non formalisée sur différents
supports (signaux faibles, rapports existants...). Actionnaires,
clients et salariés sont les parties intéressées
les plus connues de lentreprise. Leur principale attente
est lobtention de produits au meilleur prix en considérant
la qualité requise pour les uns et la rentabilité
du capital investi, ou lamélioration des conditions
économiques et sociales de travail pour les autres.
Pour diverses raisons, ces parties sont de plus en plus porteuses
dautres enjeux notamment en matières environnementale
et sociale. La direction devra aussi prêter une grande
attention aux évolutions des profils de ces parties
intéressées. Elle devra sintéresser
à de nouveaux acteurs de la société civile,
comme les ONGS, qui cherchent à établir un dialogue
constructif et des partenariats avec les entreprises. Le monde
associatif se positionne de moins en moins dans le seul champ
de la contestation et de lexercice de pressions pour
évoluer vers une situation dobservateur externe
et de partenariat potentiel avec lentreprise ;
capable de contribuer à sa création de valeur.
Laptitude des directions à pressentir ces évolutions
facilite lanticipation dinitiatives de rapprochement
qui contribuent à estomper les climats de méfiance
et à prendre des mesures pour développer des
climats de confiance. Elles peuvent aussi permettre dinnover
en tirant parti dopportunités plus vite que des
concurrents et délargir ainsi les parts de marché
de lentreprise. La grande variété des
parties intéressées implique la création
de nouveaux canaux (fora) de communication et de dialogue,
qui peuvent être coûteux à gérer
pour lentreprise, et qui nécessite une véritable
organisation. La direction de lentreprise devra donc
identifier lensemble de ses parties intéressées,
connaître leurs demandes et gérer ses relations
avec elles. Lambition de cette gestion des parties intéressées
dépend bien entendu de la taille et de la structure
de lentreprise, du type dactivité et de
marché. Des parties intéressées, de plus
en plus nombreuses, comprennent que lintégration
du développement durable par les entreprises ne se
gagnera pas uniquement par des pressions directes sur les
entreprises privées. Elles utilisent désormais
leur influence pour agir auprès des politiques (à
une échelle mondiale, internationale, nationale et
locale) dont elles ont compris quils sont porteurs de
la première clé daccès à
la réussite de la démarche. Des partenariats
peuvent se nouer entre les entreprises et ces parties intéressées
pour conduire des évolutions en matière politique
et réglementaire pour le développement durable,
en tirant parti des innovations et opportunités initiées
au sein des entreprises.
Les différents acteurs en
jeu
Les
acteurs locaux - riverains, communautés locales,
associations diverses - sont attentifs aux impacts sur
lenvironnement, aux engagements de lentreprise
vis-à-vis de la collectivité en matière
économique et sociale.
Les associations de consommateurs
ou de protection des droits de lhomme vont sintéresser
à limpact des produits ou aux effets sociaux
et économiques de lentreprise hors du périmètre
immédiat de sa production, notamment lors de la sous-traitance
ou de lusage des produits.
Des acteurs économiques vont
faire valoir des attentes concernant les relations contractuelles
et partenariales avec les prestataires de services et les
sous-traitants dans le cadre dune vision globale de
lensemble du cycle de vie des produits et services.
Les analystes financiers, les investisseurs,
banques et assurances sont sensibles à la politique
et aux moyens mis en uvre par lentreprise pour
maîtriser ses risques liés aux aspects environnementaux,
éthiques et sociaux de ses activités. Lanalyse
de la communication et des indicateurs de performance de lentreprise
permettra dévaluer les risques résiduels
auxquels lentreprise est exposée et qui peuvent
avoir des répercussions financières directes
(charges et provisions) ou indirectes (perte de clientèle,
chute de la cotation boursière suite à un incident
médiatique...).
Les acteurs internes, employés
et syndicats sont sensibles aux conditions de travail, au
respect de lindividu, à la sécurité,
à la formation et aux perspectives dévolution.
Il sagit pour lentreprise de valoriser son capital
humain, gage dinnovation et dadaptation à
un environnement changeant, en attirant et en fidélisant
les talents.
4.2.2. Létat des lieux
et analyse du marché
Le parcours commence
naturellement par la réalisation dun état
des lieux, en particulier par lidentification des caractéristiques,
attentes et tendances du marché de lentreprise,
dune part, lappréciation des ressources
et compétences, des forces et faiblesses de lentreprise,
dautre part. En parcourant les questions (voir tableau),
il est clair que, contrairement à ce qui est souvent
affirmé, lapproche et la méthode nont
rien doriginal ni dinnovant en matière
de management. Il sagit dune démarche « classique »
et périodiquement mise en uvre par la direction
pour identifier et prendre en considération les données
nouvelles (acteurs et facteurs) de son marché, pour
en déduire les adaptations éventuellement nécessaires
des valeurs qui guident ses pratiques managériales,
ses stratégies, sa politique et ses objectifs généraux.
Toute direction appliquant avec une bonne ouverture desprit
des pratiques managériales pertinentes et performantes
arrive à la conclusion que, du fait de fortes évolutions
des acteurs et facteurs de son marché, la prise en
compte du principe de développement durable est une
évidente nécessité pour assurer la pérennité
de son activité.
Se poser les bonnes questions
Quels
sont les acteurs et facteurs principaux de mon marché
actuel et potentiel ?
Quels sont les produits que je peux
actuellement offrir ? A laide de quelles compétences
et ressources ?
Quappelle-t-on désormais
les « parties intéressées » ?
Pourquoi leurs influences sur les performances de lentreprise
croissent-elles notablement ?
Quelles sont les raisons qui exigeraient
que je prenne dorénavant en compte des acteurs ou des
facteurs que jomettais antérieurement ?
Pourquoi mon entreprise devrait-elle désormais se comporter
différemment vis-à-vis de ces nouveaux acteurs ?
Quels sont les risques associés à ces facteurs
sur ma réputation, mon marché, ma performance
économiques à court et à long terme ?
Quelles pourraient être les
conséquences (positives ou négatives) de leurs
influences sur les performances de mon entreprise ? Aujourdhui ?
Dans lavenir ? Les enjeux dans le temps ?
Les risques ? Les opportunités ? Dans quels
domaines ?
Comment communiquer ces informations
non financières aux publics concernés en respectant
les règles de la communication financière ?
Que font mes concurrents dans ces
domaines ? Où en est mon entreprise par rapport
à eux ?
Sil faut emboîter le pas,
quelles seraient les premières mesures à prendre ?
Quelles ressources ou compétences nouvelles seraient
nécessaires ? Sous quels délais agir sans
mettre en péril mon entreprise ?
Comment devrais-je adapter ma politique,
ma stratégie, mon plan dactions et lorganisation
existant au sein de mon entreprise ? Quels doivent être
mes nouveaux objectifs et quels sont les processus majeurs
de mon entreprise ?
Comment prolonger et infléchir
les politiques et programmes existants tout en introduisant
les ruptures nécessaires quand lamélioration
continue permanente « pas à pas »
nest pas suffisante ?
Comment adapter les objectifs et les
processus de lentreprise aux principes du développement
durable ? Une fois identifiées les parties intéressées
il est nécessaire didentifier leurs besoins et
attentes. Les attentes sont en général exprimées
sous des formes diverses, lettres de réclamation ou
dialogue direct. En revanche les besoins réels sont
plus difficiles à cerner car ils ne sont pas toujours
formulés. Les attentes de la société
civile sappliquent à deux niveaux de lentreprise :
lentreprise en tant que corps social (niveau management),
et lentreprise en tant que producteur (niveau activité
de production ou projet). Dans ses implantations territoriales,
lentreprise se présente souvent selon ces deux
niveaux. Une attention particulière sera portée
aux réflexions menées aux niveaux nationaux
et internationaux par la branche dactivité concernée
et qui peuvent se traduire par lidentification denjeux
significatifs. De même les enjeux territoriaux ont pu
être identifiés par les collectivités
locales ayant déterminé leur stratégie
de développement durable (agendas 21 locaux) ou
lors dautres initiatives collectives. Dans tous les
cas, ces processus peuvent être loccasion pour
les entreprises de simpliquer et de rencontrer directement
des parties intéressées. Le développement
de la relation entre lentreprise et les parties intéressées
pourra varier très profondément en fonction
de divers critères qui permettront de classifier les
enjeux :
- la localisation
et la dimension géographique (le degré de proximité,
le périmètre dimplication : local,
national ou international,...) ;
- les spécificités
du pays dintervention (culture, lois, coutumes, développement
socio-économique...) ;
- le niveau de stabilité
des interlocuteurs et des relations ;
- le caractère
ponctuel ou durable des relations ;
- les convictions
des interlocuteurs en matière de développement
durable ;
- la fréquence
et le mode de dialogue avec les parties intéressées.
Par ailleurs, le développement durable recommande daccorder
une attention particulière aux besoins essentiels des
plus démunis. Ces besoins ne sont pas toujours formulés
et leurs porteurs ne sont en général pas organisés
pour se faire entendre.
4.3. La prise en compte des
autres facteurs
Se limiter à
lapproche par « parties intéressées »
pourrait faire apparaître le développement durable
comme un compromis naturel dintérêts alors
que dautres enjeux doivent guider la réflexion.
On peut certes considérer les générations
futures comme une partie intéressée, mais leur
prise en compte ne peut être assimilée aux facteurs
évoqués au paragraphe précédent.
Dautres facteurs sont à considérer pour
répondre à lensemble des objectifs de
développement durable. En particulier, ceux résultants :
- de principes universels
(droits de lhomme, de lenfant, conventions ILO,...) ;
- des lois et règlements
internationaux et nationaux applicables dans le pays dintervention ;
- de conventions
ou daccords bi ou multilatéraux ;
- de lapplication
de principes découlant directement de la décision
de respecter le principe de développement durable (prévention,
précaution, équité daccès
aux ressources pour le développement, participation,
droit de savoir...) ;
- des intérêts
des acteurs faibles ou absents (populations faiblement représentées,
générations futures, espèces vivantes...) ;
- des considérations
liées au commerce équitable et à la juste
rétribution du travail et des ressources ;
- des engagements
de la profession ou de lentreprise elle-même ;
- des objectifs et
engagements des collectivités et des communautés
locales (Agenda 21 local) ;
- de problèmes
concrets économiques, sociaux ou environnementaux qui
nécessitent une expertise ou une comparaison avec des
référentiels ou avec la performance dautres
acteurs (benchmarking).
4.4. Evaluation des risques
et identification
des enjeux significatifs
Les deux étapes
précédentes peuvent faire émerger un
grand nombre denjeux potentiels. Lentreprise ne
peut prendre en considération à court terme
que ceux quelle juge les plus significatifs, cest-à-dire
importants par leur impact sur lorganisation et les
performances de lentreprise et compatibles avec les
capacités immédiates daction quelle
peut raisonnablement mobiliser. Une attention particulière
doit être portée à lidentification
des risques significatifs.
Lidentification des enjeux significatifs
se fait dans le cadre dune approche globale intégrant :
Les enjeux de lactivité
directe de lentreprise ainsi que ceux des étapes
amont et aval (fournisseurs, soustraitants, autres prestataires
intervenant en aval des processus gérés directement
par lentreprise) ;
Les enjeux liés aux produits
et service de lentreprise dans une approche cycle de
vie (depuis lextraction des ressources naturelles jusquà
la gestion des produits en fin de vie) de façon à
augmenter la valeur dusage et sociétale tout
en diminuant lusage des ressources et limpact
sur lenvironnement. Il appartient à lentreprise
dévaluer les conséquences, positives ou
négatives, associées aux aspects économiques,
environnementaux et sociaux des facteurs identifiés
(attentes des parties intéressées, réglementation
et normes, bonnes pratiques sectorielles, initiatives de la
concurrence,...). Ces risques et/ou opportunités peuvent
avoir des répercussions directes (charges, provisions,
gain ou perte de marché, ...) ou indirectes (démissions,
recrutement ou licenciement demployés, évolution
de la cotation boursière, impact médiatique
affectant positivement ou négativement la réputation
de lentreprise) sur la création de valeur et
sur la pérennité de lentreprise. Lanalyse
des risques et opportunités a pour objectif didentifier
les enjeux les plus significatifs afin que lentreprise
concentre en priorité les objectifs de sa politique,
son programme pluriannuel et son plan dactions sur les
aspects économiques, environnementaux et sociaux les
plus sensibles. Lentreprise évalue les risques
et opportunités en les pondérant (selon leur
degré dimportance potentielle et leur probabilité
doccurrence) et en les hiérarchisant afin didentifier
les enjeux prioritaires. Ces enjeux jugés les plus
significatifs sont alors pris en compte dans lélaboration
des stratégies et de la politique globale et déterminent
le plan dactions à court terme. Les autres enjeux
significatifs ne sont pas oubliés et entrent dans la
planification à moyen et long terme de lentreprise
formalisée par le programme pluriannuel. Ils feront
partie de son système de veille et pourront être
intégrés aux plans dactions ultérieurs.
Le processus qui conduit des exigences, besoins et attentes
identifiés aux enjeux significatifs doit être
transparent pour les parties concernées internes comme
externes. Lorganisation, sa direction doit pouvoir justifier
ses choix. Certains enjeux significatifs peuvent ne pas recevoir
de réponse immédiate notamment quand lamélioration
continue ne suffit pas et quil convient denvisager
le changement « par rupture » :
changement radical de ligne de produit, investissement majeur,
passage du produit au service... Dans ce cas, ce choix est
justifié et le délai annoncé. Une absence
de réponse peut être momentanément justifiée
en cas dinnovation stratégique, mais cette rétention
dinformation doit pouvoir être expliquée.
Il se peut aussi que lentreprise ait à réaliser,
dans la finalisation de sa politique et de ses objectifs,
des arbitrages sur les attentes et besoins des parties intéressées
parce quils sont antagonistes entre eux ou avec les
intérêts de lentreprise. Lentreprise
justifie alors de façon claire, dans sa communication,
les arguments qui lont amenée à de tels
arbitrages. Dans tous les cas, la phase didentification
des enjeux et dévaluation de leur importance
est loccasion pour les dirigeants danalyser attentivement
leur marché, parfois de remettre en cause des habitudes
ou des préjugés, de simpliquer et de rencontrer
directement les parties intéressées, de participer
à des mécanismes de consultations. Les enjeux
finalement réputés significatifs sont pris en
compte lors de lélaboration des stratégies,
de la politique générale et du plan dactions
prioritaires. Puis ils sont traduits en objectifs mesurables ;
des indicateurs quantitatifs ou qualitatifs leurs sont associés.
La direction justifie ses choix en fonction des règles
de la nouvelle gouvernance dentreprise et du principe
de progressivité. Non seulement pour en vérifier
la pertinence mais aussi pour être prête à
mettre en application les règles de transparence de
linformation aux parties intéressées internes
ou externes quelle sest fixées. Cette précaution
est particulièrement importante en cas de crise ou
de situation durgence.
4.5. Une vision dentreprise
intégrant les principes
du développement durable
Une fois réalisée
cette analyse des risques et opportunités, la direction
de lentreprise est en mesure de déterminer sa
nouvelle vision pour lentreprise, lactualisation
de sa stratégie, de sa politique et de ses objectifs
pour élaborer son programme pluriannuel, véritable
« projet dentreprise pour la prise en compte
du développement durable ». Elle en déduit
son plan dactions prioritaires, en général
un plan pour lexercice à venir. Une importante
conclusion peut être déjà tirée
de la présentation ci-dessus de cette démarche
aboutissant à la prise de décision : contrairement
à ce qui est souvent affirmé, cette démarche
na rien doriginal ni dinnovant en matière
de management dentreprise. Cest une démarche
« classique » de marketing stratégique
qui sait identifier et donc prendre en considération
les données nouvelles (acteurs et facteurs) de son
marché. Elle peut prolonger de façon logique
la mise en uvre de modèles de management du type
« ISO 9004 » ou « EFQM ».
Les seuls facteurs vraiment nouveaux, ce sont :
- la dimension jamais
encore atteinte des évolutions à prendre en
compte (surtout si lon est déjà en retard
sur lévolution « normale ») ;
- la dimension culturelle
et pas seulement technique des adaptations à réaliser
dans lentreprise.
Etant donné la dimension inhabituelle
des risques et des opportunités que recèle,
dans la période actuelle, la décision de prendre
en compte les recommandations du principe de développement
durable pour létablissement de la politique et
des objectifs, seule la direction (le dirigeant) peut déterminer
la mise en route de la démarche et prendre des initiatives
en la matière. Cette stratégie doit être
profondément raisonnée et mûrie par la
direction pour être mobilisatrice et donc partagée
par lensemble du personnel. Contrairement à ce
qui a pu se passer (généralement imparfaitement
dans les démarches Qualité ou Environnement),
aucun directeur fonctionnel ou opérationnel ne peut
assumer à lui seul le risque (personnel et pour lentreprise)
de lancer des démarches de développement durable,
même partielles. Il sagit plutôt dune
démarche transversale, impliquant lensemble des
directions et départements de lentreprise. Etant
donné dune part limportant fossé
existant entre lobjectif visé à terme
et la situation actuelle, dautre part lampleur
des évolutions culturelles, managériales, techniques...
quelle implique, la mise en pratique (dans lespace
et dans le temps) doit être progressive. Lart
du manager va consister à déterminer judicieusement
les objectifs à se fixer en priorité puis à
planifier leurs atteintes en fonction des ressources et des
compétences à disposition. Cela signifie que
la direction est « chef du projet développement
durable » pendant les premières années
et conçoit (au minimum, valide dans tous ses détails)
le programme pluriannuel de mise en pratique progressive de
la prise en compte du développement durable. Elle vérifie
aussi la cohérence des plans annuels successifs avec
le programme et contrôle périodiquement le degré
datteinte des objectifs prévisionnels. Cette
démarche exige donc une conviction et une implication
fortes des dirigeants de lentreprise. Elle peut être
à lorigine dune révision plus ou
moins profonde de la vision, des valeurs et des principes
éthiques et de management de lentreprise. Elle
peut aussi provoquer un changement important de positionnement
sur les produits et services fournis par lentreprise
et, à terme, une évolution notable de la culture
dentreprise et des comportements. Cette vision doit
être partagée avec lensemble du personnel.
5. Mettre
en uvre la démarche
Le
système de management est lensemble cohérent
déléments et dactivités corrélés
et interactifs (les processus) permettant détablir
la politique et les objectifs de lentreprise et datteindre
ces objectifs. Les performances de lentreprise dépendent
directement de sa mise en uvre pertinente et de son
amélioration continue qui contribuent à laccroissement
de lefficacité et de lefficience de ses
processus stratégiques et opérationnels comme
de ses produits.
5.1. Responsabilité sociétale
de la direction
5.1.1. Le rôle de la direction
Il va être fondamental
et très absorbant pendant les premières années
de cette mise en route. En le réduisant à ses
grandes lignes :
- une fois réalisé
et analysé létat des lieux et adapté
le système de gouvernance aux nouvelles conditions
du marché, adaptation de la vision, des valeurs, des
règles déthique, des principes de management
et des structures de gouvernance (pour les grandes entreprises :
mise en place par exemple, de comités déthique,
des rémunérations, de choix dadministrateurs,
daudit ; ou encore, de comités consultatifs
représentant des parties intéressées
significatives et défendant constructivement leurs
intérêts...) ;
- la direction actualise
ses stratégies, sa politique et ses objectifs généraux ;
- elle construit
ensuite son « programme pluriannuel »
formalisant le « projet dentreprise »
pour la prise en compte du principe de développement
durable ;
- elle en déduit
son « plan dactions prioritaires »
et ses objectifs prévisionnels pour lexercice
(exprimés sous des formes mesurables). Surtout lors
des premières années de la mise en route, les
activités à caractère « opérationnel »
de la fonction direction et son champ de vision (espace et
temps) sont amenés à croître fortement.
La direction devra disposer de compétences en matière
dévaluation et de maîtrise des risques,
de simulation de scénarios pour accélérer
les processus de prise de décisions, de résolution
de problèmes, danalyse stratégique prospective
(longue distance et long terme), de planification stratégique,
de communication interne et externe et sur des aptitudes et
des moyens en matière de réactivité et
de pro-activité. Ces compétences et ces aptitudes
sont nécessaires pour permettre à la direction
de contribuer directement à la création de valeur
et dévoluer dun mode de direction attentiste
ou réactif à un mode de direction pro-actif
et innovant. Enfin, progressivement, la direction sera conduite
à adapter toute lentreprise donc lensemble
de son système de management à sa vision nouvelle.
Ce système de management désigne « lensemble
cohérent déléments et dactivités
corrélés et interactifs (les processus) permettant
détablir la politique et les objectifs de lentreprise
et datteindre ces objectifs ». Les performances
de lentreprise et les progrès de ces performances
dépendent directement de sa mise en uvre pertinente
et de laccroissement continu de lefficacité
et de lefficience de ses processus stratégiques
et opérationnels comme de ses produits.
5.1.2. Lévolution
du système de gouvernance
La « gouvernance »
de lentreprise (néologisme US datant des années
1930, créé pour faire la différence avec
le concept de « government ») désigne
tous les acteurs et facteurs qui pour un « corps
social constitué » (corporate), sont responsables :
- de lorienter
vers des objectifs résultant de sa vocation et fixés
en fonction dune vision, de valeurs et principes de
management déterminés par ces acteurs ;
- de le faire fonctionner
au quotidien en vue datteindre ces objectifs.
Se poser les bonnes questions
Vers
où conduire désormais lentreprise ?
Sur quelles valeurs et quelle culture
dentreprise fonder lactivité de lentreprise ?
A quels enjeux doit répondre
lentreprise ?
Quelles politiques sectorielles doit-elle
adopter ?
Comment formaliser lengagement
de la direction et de lentreprise pour en convaincre
les parties intéressées internes comme externes ?
Comment déterminer et quantifier
les objectifs du plan dactions ?
Comment obtenir et évaluer
le retour dinformation de la part des parties intéressées ?
Comment mesurer périodiquement
le degré datteinte des objectifs prévisionnels
et assurer lamélioration continue des performances ? ...
Dappliquer pour cela des règles
du jeu consensuelles, une déontologie adaptée
à cette vision et aux spécificités des
activités. Par analogie, il est aisé didentifier
dans une PME/PMI les composantes qui (sous des formes différentes
et en général plus simples) constituent le système
de gouvernance. Le premier impact du principe de développement
durable sur une entreprise apparaît évidemment
au niveau de ce système de gouvernance. En résumant
outrageusement et trivialement, on pourrait dire que les acteurs/concepteurs
de ce système se trouvent face à la question :
« Pouvons-nous maintenir notre objectif historique
central (gagner de largent durablement) ou devons-nous
lélargir de manière à prendre en
compte les recommandations du principe de développement
durable (gagner de largent durablement mais en contribuant
simultanément et de manière responsable -
ou citoyenne - au développement harmonieux
et pérenne et au progrès continu de lhumanité
et de la planète)? » Si cette étape
est franchie, elle va surtout transformer létat
desprit et les comportements des acteurs du système
de gouvernance (révision de la vision, des valeurs,
des principes de management, des règles déthique
des affaires, de la politique et des objectifs généraux...).
Cest le pré-requis indispensable pour que les
étapes suivantes soient efficaces et permettent datteindre
le nouvel objectif « global » de lentreprise.
Parmi les évolutions probables du système de
gouvernance, on peut citer :
- lassemblée
générale, organe théoriquement suprême
du gouvernement de lentreprise, va le devenir de plus
en plus pratiquement ;
- des administrateurs
« vraiment » indépendants vont
devenir les garants de lintérêt de lentreprise
(donc de la satisfaction équitable et responsable de
ses parties intéressées) au détriment
de certains intérêts plus catégoriels
ou parfois tristement individuels ;
- des comités
« garde-fou » vont être créés
au sein des organes de direction. Par exemple, pour surveiller
la bonne application des règles déthique,
la « qualité » de la communication,
le bon choix des administrateurs, la pertinence des rémunérations,
la véracité des comptes,... Toutes ces évolutions
vont dans le sens de la recherche dun nouveau modèle
économique mondial qui mettra probablement lentreprise
au cur dun réseau dacteurs, ses principales
parties intéressées en particulier, agissant
en partenaires plus quen contradicteurs : une entreprise
« élargie » aux frontières
indécises, un système ouvert solidarisant ces
diverses parties dans le cadre de stratégies « gagnant-gagnant »,
les plus aptes à la création maximale de valeur.
La constitution dun « système
de gouvernance »
Les
acteurs, les décideurs « politiques »
organisés en une ou plusieurs structures interactives
et interdépendantes à noms divers (assemblée
générale, conseil dadministration, de
surveillance, direction « exécutive »,...) :
les représentants de lautorité et du pouvoir.
Les facteurs déterminés
par ces acteurs pour régir les manières dappliquer
lautorité et dexercer le pouvoir (les processus
de direction cohérents avec la vision, les valeurs,
les principes de management choisis par les acteurs et les
règles déontologiques en découlant).
Au travers de mesures « garde-fou »
de prévenir les dérives et les dysfonctionnements
que permet un pouvoir trop absolu.
5.1.3. Engagement et implication
de la direction
Lengagement et
limplication active de la direction sont indispensables
à la mise en route efficace dune démarche
« développement durable » et
au développement et à lentretien dun
système de management adapté à ce contexte
nouveau. Ils contribuent à construire et diffuser la
vision stratégique, à faire adhérer toute
lentreprise à la vision et aux valeurs nouvelles,
en actualisant la vocation et les orientations de lentreprise.
Pour motiver et mobiliser le personnel
vers latteinte des nouveaux objectifs et convaincre
les parties intéressées concernées de
son engagement et de son implication, la direction doit ensuite
fournir les preuves de cet engagement au respect du développement
durable et de lattention portée de manière
responsable et équitable aux aspects et impacts économiques,
environnementaux et sociaux de ses activités ainsi
quà lamélioration continue des performances
globales de lentreprise. A ces fins, la direction est
entre autres conduite à communiquer et à faire
comprendre, au sein de lentreprise, limportance
à satisfaire aux exigences réglementaires et
légales et aux attentes des parties intéressées
prises en considération dans les objectifs fixés.
Sensibiliser, motiver et mobiliser
le personnel aux nouvelles orientations stratégiques
(coacher).
Etablir une politique générale
et un programme pluriannuel de prise en compte du développement
durable et en déduire le plan dactions annuel
définissant des objectifs clairs, chiffrés et
mesurables sur les performances économiques, environnementales
et sociales de ses activités.
Assurer la juste disponibilité
des ressources en fonction des objectifs à atteindre.
Déterminer les modalités
de mesure périodique des résultats et progrès
(indicateurs sur les trois dimensions, audits périodiques
et revues de direction,...).
Communiquer et expliquer quand nécessaire
aux parties intéressées internes et externes
la politique, les objectifs et les performances prévues
puis celles réalisées de façon sincère
et vérifiable.
Conduire les revues de direction et
déterminer les nouveaux objectifs ou corriger les orientations
en fonction des informations et enseignements tirés.
Actualiser le programme pluriannuel
et élaborer le plan dactions pour le nouvel exercice.
Sassurer de la prise en compte
du retour dinformation concernant ou provenant des parties
intéressées dans la détermination des
nouveaux objectifs. Ces diverses mesures génèrent
progressivement une culture dentreprise partagée
par lensemble du personnel, adaptée aux nouvelles
conditions du marché et aux comportements des parties
intéressées.
5.1.4. Lélaboration
de la politique
et du programme pluriannuel
La détermination
de la politique générale par la direction découle
de lanalyse et des conclusions tirées de létat
des lieux initialement réalisé (enjeux significatifs,
ressources nécessaires et à disposition ou à
mobiliser, comment ? progressivité de la prise
en compte...). Cette politique cohérente avec la vision
stratégique comprend lengagement à satisfaire
aux exigences identifiées et à lamélioration
continue des performances économiques, environnementales
et sociales. Elle fournit un cadre pour établir et
revoir les objectifs économiques, environnementaux
et sociaux et est communiquée et, quand jugé
nécessaire, expliquée au sein de lentreprise
ainsi quaux parties intéressées externes.
Elle prévoit la nouvelle répartition des autorités
et responsabilités, ainsi que des engagements à
moyen et long terme en matière de performances, de
moyens et de délais. Elle est formalisée et
documentée par le « programme pluriannuel »
(en général sur trois à cinq ans) pour
la prise en compte du principe de développement durable.
Ce dernier devient le « projet dentreprise »
dont la direction ne peut être confiée quà
la direction de lentreprise elle-même.
5.1.5. Le programme pluriannuel
Pour la période
donnée, il précise en particulier :
- léchelonnement
dans le temps (principe de progressivité) de la prise
en compte des exigences et opportunités (hiérarchie
des enjeux) résultant de la décision de respecter
le principe de développement durable ;
- la planification
sur le moyen et long terme des grandes actions dadaptation
jugées nécessaires (gouvernance et éthique
des affaires, nouvelle politique de communication interne
et externe, environnementale, sécuritaire, sociale,
de gestion des RH, de relations avec les diverses parties
intéressées, de partenariats,...) ;
- la planification
sur le moyen et long terme des ressources à mettre
en uvre et de leurs modalités de mobilisation ;
- la répartition
des autorités et des responsabilités pour chacun
des volets dactions à entreprendre ;
- ...
Il constitue la base pour lélaboration
du « plan dactions » pour lexercice
en cours. Il sera actualisé de manière « glissante »
à la fin de chaque exercice en tirant parti des enseignements
recueillis lors de lexécution du plan dactions
de lexercice écoulé et de lactualisation
périodique de létat du marché (risques/opportunités)
et de lentreprise (forces/faiblesses).
5.2. Le plan daction initial
5.2.1. Lélaboration et la planification
du projet de plan
Le programme pluriannuel
fournit les éléments dentrée permettant
délaborer le plan dactions pour lexercice.
Le projet de plan dactions (en général
élaboré pour les premiers exercices par la direction
elle-même) traduit ce programme en actions prioritaires
planifiées à réaliser pendant lexercice
à venir. En tenant compte des enjeux significatifs
déterminés dans le programme, il fixe à
ces actions des objectifs en termes de délai et de
performances sous des formes mesurables ou, en tout cas, évaluables.
Un des volets principaux du premier plan est en général
la réalisation dun diagnostic approfondi dans
les domaines environnemental et social ; les deux domaines
pour lesquels la prise en compte du développement durable
exige une attention nouvelle et particulière, au-delà
du niveau dattention généralement porté
par les directions à ce jour. Dans la pratique, ce
diagnostic consiste en un approfondissement de létat
des lieux réalisé lors de létape
précédente de prise de décision. Il sagit
cette fois pour chaque site, chaque produit, chaque activité
et mode de production :
- de vérifier
lapplication conforme des exigences légales et
réglementaires ;
- didentifier
les aspects et impacts environnementaux et sociaux, les dangers
potentiels en matière sécuritaire pour le personnel
et les tiers sur les sites, pour les utilisateurs des produits ;
- dévaluer
les opportunités offertes et/ou les risques potentiels
résultants ;
- de mesurer les
performances réalisées à cet instant
zéro, et de déterminer des indicateurs pour
les situations à suivre dans la durée ;
- danticiper
les situations durgence auxquelles lentreprise
peut se trouver confrontée afin de concevoir les mesures
préventives et correctives correspondantes ainsi que
les modalités de surveillance et mesure de latteinte
des objectifs ;
- ...
Cette démarche de diagnostic
peut ne pas être réalisable sur ce seul premier
exercice. Cest encore les conclusions détudes
« dangers/risques » qui permettront
de planifier les interventions dans le temps. Cette première
étape vise essentiellement à mettre lentreprise
(sa direction) en condition de maîtrise suffisante des
domaines parfois insuffisamment contrôlés, pour
ensuite aborder la démarche damélioration
continue. Divers instruments peuvent aider à réaliser
ce travail initial indispensable. Ils ont déjà
été cités : ISO 14001 ou EMAS
qui proposent en particulier des modalités danalyse
environnementale initiale, OHSAS 18001, ILO/OSH 2001,
directive SEVESO II, décret du 5 novembre
2001, loi NRE, ... Les actions contribuant à
la réalisation de ce diagnostic approfondi occuperont
une importante partie de ce premier projet.
Le plan dactions prévoit :
- les mobilisations
et allocations de ressources juste nécessaires ;
- les modalités
de surveillance et contrôle de la mise en uvre,
de mesure des résultats atteints dans les processus
clés avec les indicateurs (de fonctionnement et de
performance) correspondants ; le tout parfois regroupé
en un plan spécifique de suivi et contrôle ;
- les modalités
permettant de mettre en route la dynamique damélioration
continue dès le second exercice ;
- la répartition
précise des autorités et responsabilités
pour mener les actions et atteindre les objectifs proposés.
Mais dautres démarches importantes devront aussi
être mises en route. Par exemple, celles concernant :
- le développement
nécessaire des relations et de la communication avec
toutes les parties intéressées concernées ;
- la politique en
matière de gestion des ressources humaines (mesures
pour le développement de linitiative et de la
créativité, actions dempowerment et délargissement
de lemployabilité...) ;
- létude
de stratégies partenariales avec les fournisseurs et
partenaires ;
- létude
des modalités pour une meilleure participation à
la vie locale ;
- ...
Enfin, le projet décrit clairement
et explicitement les divers niveaux dautorité
et de responsabilité pour la réalisation des
diverses actions et latteinte des objectifs. Les actions
impliqueront évidemment lencadrement de lentreprise
mais aussi le personnel. Etant bien entendu que le directeur
du projet est et reste la direction elle-même, même
si des délégations peuvent être envisagées
sous sa responsabilité.
5.2.2. Son déploiement,
le plan définitif
Ce projet est communiqué
à tous les responsables pour son déploiement
dans les divers niveaux de lentreprise. Cette démarche
permet l« appropriation » par
les futurs acteurs principaux de sa mise en uvre et
le retour vers la direction de remarques ou suggestions. Le
plan dactions définitif résulte de cet
aller-retour et est remis à tous les responsables qui
ont pour mission de le communiquer pour la part qui les concerne
à leurs équipes et de les expliquer quand nécessaire.
Ces étapes de déploiement garantissent en général
une forte mobilisation de tout le personnel et sa plus grande
motivation à atteindre les objectifs fixés.
Lorsquelle fixe les objectifs de ce premier plan dactions,
la direction tient compte également :
- des besoins présents
et futurs de lentreprise ;
- des attentes et
exigences identifiées, émanant des parties intéressées,
de la réglementation ou dautres sources ;
- des résultats
significatifs des revues de direction antérieures ;
- des performances
globales actuelles des produits et des processus (économiques,
sociales, environnementales) ;
- des degrés
de satisfaction identifiés dans les relations avec
les parties intéressées ;
- de lanalyse
de la concurrence et des opportunités daméliorations ;
- des ressources
nécessaires pour atteindre ces objectifs ;
- ...
En résumé, de tout le
réservoir de mémoire de lentreprise.
5.3. La mise en uvre et
le suivi du plan dactions
5.3.1. Le suivi et la mesure des impacts significatifs
La mise en uvre
du plan obéit aux règles classiques de mise
en uvre de tout projet en sappuyant sur les données
de la planification prévisionnelle, les allocations
de compétences et de ressources et la mise en uvre
pertinente des processus clés pour latteinte
des objectifs fixés à lhorizon de la fin
dexercice ; ou dobjectifs intermédiaires
prévus par la planification prévisionnelle sur
les chemins les plus critiques. Lintégration
des principes de développement durable par lentreprise
visant à élever de manière continue le
niveau des performances économique, environnementale
et sociale, les mesures de ces performances doit être
suivie et enregistrée. Pour cela, des indicateurs et
des systèmes de veille sont mis en place. Le recueil
et lanalyse des données significatives sont rigoureusement
assurés dans cette première année. Leurs
modalités (méthodes, outils et personnel affectés)
peuvent être détaillées dans le plan prévisionnel
de surveillance, contrôle et mesure. Une attention particulière
est accordée aux indicateurs de développement
durable (économiques, environnementaux et sociaux)
qui portent sur des grandeurs dont les effets accumulés
peuvent induire le franchissement de seuils. Les objectifs
correspondant aux enjeux identifiés comme les plus
significatifs doivent faire lobjet dune attention
particulière. En ce qui concerne les enjeux jugés
en première étape non significatifs, un système
de veille vérifie périodiquement si les hypothèses
qui ont conduit à ce report sont toujours vérifiées.
La veille permet de maintenir le contact avec les parties
intéressées concernées et de surveiller
leur niveau de satisfaction. De nombreuses sources dinformations
internes et externes relatives aux parties intéressées
existent et la direction met en uvre des processus efficients
pour regrouper, analyser et utiliser ces informations afin
daméliorer les performances de lentreprise.
5.3.2. Les indicateurs dits « de
développement durable »
Les dispositions pour
la vérification et le contrôle des processus,
des produits et des résultats intermédiaires
doivent être prévues dans le plan dactions.
Les solutions utilisant lautocontrôle et les auto-évaluations
sont privilégiées. Périodiquement, mais
en particulier en fin dexécution du plan, les
mesures permettant de renseigner les indicateurs de développement
durable (surtout ceux sur lesquels lentreprise a pris
des engagements en matière de performances environnementales
et sociales) sont effectuées. Ces enregistrements permettent
dassurer la traçabilité, la matérialité
et la cohérence des informations collectées
et/ou communiquées ainsi que de visualiser les tendances
dévolution dans le temps. Certains standards
tels que ceux du Global Reporting Initiative ainsi que les
indicateurs institués par la loi sur les nouvelles
régulations économiques permettent de guider
lentreprise dans la détermination des indicateurs
de performances environnementales et sociales. Les entreprises
peuvent aussi sinspirer des rapports sectoriels de développement
durable développés par certaines entreprises
en collaboration avec le PNUE (*) et le WBCSD (*).
Un certain consensus existe sur les indicateurs sectoriels.
En revanche les indicateurs composites déco-socio-efficacité
qui cherchent à consolider des performances en matière
environnementale, sociale et économique sont controversés.
Des méthodes telles que la conception en coût
global (life cycle cost), la comptabilité en
coût complet (fullcost accounting)... peuvent-être
des moyens utiles pour tenir compte de lensemble des
coûts et des avantages associés aux valeurs environnementales,
économiques et sociales dans la prise de décision
et illustrer des performances consolidées.
5.3.3. La revue de direction
Les revues de direction
représentent un des plus puissants moteurs damélioration
et de progrès continu. Conséquence dune
traduction ambiguë de langlais (« management
review » cest-à-dire revue du
management), elles sont souvent considérées
en France comme des revues faites par la direction. Les revues
de direction offrent des occasions idéales pour le
développement de linitiative et de la créativité
de tout le personnel (échange de nouvelles idées,
discussion ouverte et évaluation des éléments
dentrée...). La fréquence de revue est
déterminée par les besoins de lentreprise.
Elle correspond en général à celle de
lexercice comptable mais peuvent être plus fréquentes
dans une période de mise en route dun projet
dentreprise tel que celui ici présenté.
En cours de plan dactions les informations recueillies
et les enseignements tirés peuvent conduire la direction
à décider des actions correctives ou préventives
pour tout ou partie des phases suivantes. En fin dexercice,
ils fournissent les données principales dentrée
pour :
- lélaboration
du plan dactions pour lexercice suivant ;
- lactualisation
du programme pluriannuel.
A titre dexemples, quelques
données dentrée nécessaires pour
les revues :
- létat
davancement et les résultats atteints pour les
objectifs du plan dactions en vigueur ;
- les données
recueillies lors des audits internes et/ou externes réalisés
en tous domaines ;
- les données
actualisées de lanalyse des risques sociaux et
environnementaux, la mise en évidence de tendances ;
- les résultats
dauto-évaluation de lentreprise ;
- létat
des indicateurs internes divers et des évaluations
externes (ratings...) les évolutions ;
- les retours dinformation
sur la satisfaction des parties intéressées,
éventuellement recueillis en direct grâce à
leur participation ;
- les évolutions
de facteurs relatifs au marché tels que technologies,
recherche et développement ainsi que performances des
concurrents ;
- létat
des activités relatives aux partenariats stratégiques ;
- des facteurs susceptibles
davoir une incidence sur lentreprise, tels que
les conditions financières, sociétales ou environnementales
et les modifications légales et réglementaires.
(Voir par exemple, ISO 9004 et 14004.)
Les deux objectifs majeurs de la
revue de direction
Vérifier
lefficacité et de lefficience du plan dactions
et du système de management, et de leur mise en uvre.
Vérifier la pertinence de la
politique et des objectifs fixés par la direction.
Les sources dinformation sur
les attentes/exigences et la satisfaction des parties intéressées
comprennent :
- les réclamations
reçues ;
- la communication
directe avec les parties intéressées ;
- les questionnaires
et les enquêtes quantitatifs et/ou qualitatifs ;
- les groupes de
discussion ;
- les rapports des
associations de consommateurs ;
- les rapports dans
les différents médias, et les études
sectorielles et industrielles.
En ce qui concerne les éléments
de sortie utilisés par la direction pour établir
le nouveau plan dactions pour lexercice suivant
et comme éléments dentrée des processus
damélioration, ils doivent aussi permettre :
- la communication
vers les parties intéressées internes et externes ;
- lidentification
des opportunités damélioration de la performance
globale de lentreprise y compris par « rupture ».
Le calendrier des revues est établi en fonction des
périodes de besoin de données pour la planification
stratégique de lentreprise. Les enregistrements
sont établis de manière à permettre la
traçabilité et à faciliter lévaluation
du processus de revue de direction proprement dit, afin dassurer
le maintien de son efficacité et de la valeur ajoutée
pour lentreprise.
5.3.4. Amélioration continue
Elle doit concerner
toutes les activités, processus, projets, productions
et autres performances de lentreprise et se développer
dans toutes les composantes de ses structures. Chaque plan
dactions fixe des objectifs qui déterminent en
général :
Un accroissement des performances
en tous domaines déjà réalisées
par lentreprise et constatées à loccasion
des revues (sauf si les objectifs précédents
nont pas été atteints et que la progression
doit être reconsidérée mais non abandonnée) ;
Parfois, un élargissement du
champ de ses performances vers des domaines nouveaux. Le programme
pluriannuel guide cette progression quil a précédemment
planifiée dans ses grandes orientations. Pour impliquer
toutes les personnes de lentreprise dans cette dynamique
damélioration, la direction prend des dispositions
pour créer une culture et un environnement favorisant
linitiative et la créativité de lensemble
du personnel (mise en uvre dun système
de suggestions, par exemple) et dans lequel lautorité
est déléguée de manière à
ce que les personnes soient mises en « capacité
dagir » (lempowerment anglo-saxon)
et de rechercher toutes opportunités damélioration
des performances de lentreprise.
5.3.5. La dimension culturelle
des adaptations
Cette dimension conduit
la direction à déterminer et mettre en uvre
immédiatement dans lentreprise des actions de
sensibilisation aux nouvelles orientations, comportements
et pratiques (en particulier aux nouvelles valeurs, règles
déthique et stratégies), des actions dexplication
des objectifs, de formation (savoir, savoir-faire et surtout
savoir-être), de développement des compétences,
de partage de connaissances, de solidarisation interne, de
travail en partenariat... Ces actions sont dautant plus
importantes et à approfondir que le chemin à
parcourir (en particulier, culturellement) et les adaptations
initiales à réaliser sont grands. Parallèlement,
la direction développe linformation des parties
intéressées (voir § 5.5 ci-dessous)
sur les évolutions en cours ou envisagées. Cette
information vers lextérieur est préparée
avec une extrême attention afin déviter
tout malentendu ou quiproquo. Elle présente clairement
la dimension « durée » de la
démarche et lintérêt que lentreprise
attache à sa transparence et au dialogue permanent
avec les parties intéressées les plus significatives.
5.4. Les fonctions et domaines
spécifiques
En même
temps que la direction met en route la démarche de
mise à niveau du système de gouvernance et de
management en général, elle doit satteler
aussi à des démarches ponctuelles transversales
qui pour la majorité dentre elles se développeront
sur plusieurs exercices mais qui constituent des démarches
support indispensables au bon déroulement de la démarche
précédente. Ces démarches sont parfois
spécifiques au contexte dintervention de lentreprise
mais un certain nombre dentre elles les concernent toutes.
Ce sont en particulier, les nouvelles
modalités de gestion :
- des infrastructures
et équipements lourds ;
- de la conception
ou reconception des produits et services ;
- des achats (fournitures
et prestations) ;
- de linformation
et de la communication.
Techniques dempowerment :
- létablissement
dobjectifs qualitatifs et/ou quantitatifs pour les personnes,
les projets et lentreprise ;
- létalonnage
concurrentiel des performances de la concurrence et des meilleures
pratiques ;
- la reconnaissance
et la récompense pour la réalisation daméliorations ;
- des plans de suggestion,
(y compris des réactions opportunes de la direction).
5.4.1. La gestion des infrastructures
et équipements lourds
La gestion des installations
et des sites de réalisation (chantiers...) et dexploitation
(ateliers, usines, bureaux...) est une inscription forte de
lentreprise sur son territoire. La durée de vie
des bâtiments et infrastructures dépasse en général
celle de la plupart des technologies et procédés
utilisés dans lentreprise. La gestion de la conception/réalisation,
de lexploitation et de la fin de vie (nettoyage du chantier,
arrêt dexploitation, démantèlement)
est donc une composante à part entière de la
politique de développement durable de lentreprise
responsable. Elle passe par la mise à niveau du patrimoine
existant en terme de conditions économiques, environnementales
et sanitaires dexploitation et lintégration
de ce niveau de performance dans les nouvelles constructions.
Afin de satisfaire aux exigences de léco-socio-conception,
un certain nombre de questions doivent être prises en
compte dès la conception et la programmation de limplantation
dinfrastructures nouvelles. Entre autres :
- les niveaux des
consommations de ressources (énergie et eau notamment)
qui ont un impact sur les réserves de la planète
et induisent des surcoûts sur la longue durée ;
- les modalités
prévisionnelles (techniques et économiques)
de gestion de fin de vie (déconstruction, dématérialisation...)
voire de réutilisation des infrastructures ;
- les conditions
de travail induites par la configuration et léquipement
des bâtiments (éclairage naturel, climatisation
naturelle, expositions des travailleurs aux substances chimiques...).
5.4.2. La conception des produits
et des services
Pour préserver
les ressources naturelles et leurs équilibres et répondre
aux attentes des parties intéressées dans la
mesure de ses moyens, lentreprise met en uvre
le principe déco-socio-conception qui par sa
recherche déco-socio-efficience vise à
fournir des biens et services satisfaisant les besoins des
personnes et contribuant à la qualité de vie
tout en réduisant progressivement les nuisances environnementales
et les impacts négatifs sociaux tout au long du cycle
de vie du produit (conception, développement, extraction
des matières premières, fabrication, production
et sous-traitance, distribution, consommation, fin de vie).
Cette approche innovante déco-socio-conception
permettra de proposer aux clients de plus en plus de produits
et services « amicaux » vis-à-vis
des attentes environnementales et sociales. Développée
en amont au niveau de létape de programmation
et de conception des produits ou des services, sharmonisera
avec les différentes approches proposées au
sein de lentreprise et permettra à terme de proposer
ces produits et services sans surcoût notable par rapport
aux produits et services actuels. A léchelle
de lensemble du cycle de vie de chaque produit, les
aspects de coût global de production et de fonctionnement,
de réduction des besoins en matière, de consommation
dénergie, de nuisance, de déchets, dergonomie,
demballage seront examinés et pris en considération
dès la phase de conception des nouveaux produits. A
titre dexemple, la stabilisation des concentrations
de gaz à effet de serre impliquant une réduction
dun facteur 4 à 10 des consommations
énergétiques induira une modification profonde
des modes de production et de consommation des produits ou
services répondant aux besoins actuels et à
venir (alimentation, habitat, vêtements, mobilité,
santé, loisirs et éducation). Laccroissement
de la part « service » dans la composition
de chaque produit (« dématérialisation »)
peut être une voie vers des modèles économiques
nouveaux, comme une économie de la location. Les processus
de conception et de développement des produits et services
(design, marketing, bureau détude, bureau des
méthodes) sont donc des processus clefs où la
mise en uvre dapproches et de solutions éco-socio-efficientes
doit être encouragée. Des outils tels que lanalyse
du cycle de vie ou lanalyse des risques sur lensemble
du cycle de vie des produits et des services peuvent permettre
à lentreprise didentifier les sources daméliorations
potentielles significatives. Il appartient ensuite à
lentreprise de mettre en uvre les outils (spécifications
techniques, cahiers des charges, lignes directrices, guide
de conception...), qui permettront de limiter les impacts
environnementaux et sociaux des produits et services conçus.
Des outils tels que le rapport technique ISO 14 062 (écoconception
des produits) permettront à lentreprise de mieux
cerner les enjeux de léco-socio-conception. Par
ailleurs, la diffusion dinformation aux consommateurs
sur lusage des produits permettra de limiter leur impact
lors de leur utilisation. Les normes sur la déclaration
environnementale des produits (ISO 14 021, 14 024
et 14 025) guideront lentreprise dans la communication
environnementale des produits et services.
5.4.3. La gestion des achats (fournitures
et prestations) ;
sous-traitance et partenariat
La politique dachat
est une composante essentielle de la stratégie globale
dune entreprise. Cest donc immédiatement
à ce niveau quil faudra intégrer la prise
en compte du développement durable. Lorganisme
étant responsable des produits achetés vis-à-vis
de lensemble des parties intéressées,
et surtout de ses clients et des utilisateurs, la maîtrise
des achats a donc un impact sur lensemble de lorganisme,
ses fournisseurs et ses clients. Dès la conception
et le développement du produit, lentreprise étudie
les possibilités dapprovisionnement des produits
et de commande de prestations, non seulement sous lapproche
performance (le traditionnel trio qualité, coût
global de possession, délai) mais aussi en prenant
en considération leurs aspects et impacts potentiels,
environnementaux et sociaux. Lidentification des enjeux
et lanalyse des risques se font globalement à
la fois sur ces diverses composantes et pour le couple produit/fournisseur.
En outre et pour réellement traiter des différents
impacts, il ne faut pas se limiter aux seuls fournisseurs
directs (fournisseurs de rang 1) du produit acheté
mais aussi sassurer que lensemble de la « chaîne
dapprovisionnement » répond aux objectifs
que lentreprise sest fixée. Pour illustrer
ces concepts un peu théoriques par quelques exemples,
on peut rappeler que le comportement social du fournisseur
peut avoir des répercussions sur le niveau des ventes
de lentreprise cliente (travail des enfants), sa production
(mouvement social du personnel de lentreprise assurant
la manutention), la sécurité des approvisionnements
(fermeture dun site fournisseur suite à problème
environnemental)... Lentreprise devra en outre se donner
les moyens correspondants pour vérifier la mise en
uvre de cette politique tant en interne que par ses
fournisseurs et prestataires. Enfin, de nouveaux modes de
relations commencent à se développer entre lentreprise
et ses fournisseurs et prestataires : des « relations
mutuellement bénéfiques » comme les
nomme lISO dans un de ses principes de management. Des
coopérations sétablissent dès la
spécification ou la conception de produits et services.
Sous des formes de sous-traitance mettant mieux en complémentarité
les compétences des deux parties ; de plus en
plus des formes de cotraitance, dassociation sur un
projet et même de partenariat dans la durée.
Ces voies nouvelles sont capables de très hauts niveaux
de performances, en particulier en matière environnementale
et sociale mais aussi économique dès que le
degré de confiance réciproque des deux parties
sera suffisant. Les habitudes commerciales et relationnelles
des décennies précédentes marquent encore
négativement les esprits mais on peut espérer
que le défi que constitue la prise en compte du principe
de développement durable pour lune ou lautre
des parties va les convaincre dentrer avec de plus en
plus de confiance dans la voie de stratégies partagées
et « gagnant-gagnant ».
5.4.4. Gestion de linformation
et de la communication
Probablement, le chantier
« transversal » le plus crucial pour
le succès du projet « développement
durable » ! Linformation est désormais
réputée troisième « matière
première » de base de toute production,
à côté des ressources naturelles et de
lénergie. Peut-être passe-t-elle même
au xxie siècle au premier rang des
trois. Tout au long de ce guide, son importance et celle de
sa diffusion ont été maintes fois évoquées.
Le besoin dinformation et de communication est actuellement
une des plus exigeantes demandes de toutes les parties intéressées.
Il faut donc que cette information soit fiable, vérifiable
et rapidement accessible. Ce qui implique que lentreprise
sorganise et prenne les mesures pour quelle le
soit. Même pour informer leur direction, une majorité
des systèmes dinformation en fonctionnement (y
compris dans de grands groupes) sont encore à lâge
de ladolescence. Une des tâches majeures et urgentes
de lentreprise est de les conduire à un niveau
de maturité suffisant pour que les données de
sortie soient compatibles avec les besoins identifiés.
Les nouvelles technologies de linformation et de la
communication le permettent sans le moindre doute. Le passage
à lopérationnalité reste difficile !
Entre autres, parce quune part de lencadrement
et du personnel se familiarise difficilement avec les nouveaux
outils : un problème temporaire de génération.
Leviers de mise en uvre dune
politique sociétale
en matière dachat
Définition
des produits achetés (utilisation de matières
recyclables par exemple).
Sélection des fournisseurs
en fonction de leur capacité à répondre
à la politique définie par la direction de lentreprise
en matière de développement durable.
Elaboration doutils de prévention
(charte éthique, cahier des charges...).
Rédaction de règles
dachat tenant du « mieux-disant sociétal
et environnemental ».
Mise en place de systèmes de
cotation tenant compte du retour dexpérience,
de la place et du rôle du fournisseur au sein de la
communauté ainsi que la façon dont il y est
perçu. Le système dinformation et de communication
dune entreprise deviendra sous de brefs délais
son cerveau principal pour le management et le fonctionnement
courant. Un des objectifs majeurs de lentreprise est
donc désormais sa mise en place et son fonctionnement
pertinent. En particulier pour assurer les missions suivantes :
Gérer les relations avec les
parties intéressées : lidentification
des parties intéressées, de leurs attentes et
les échanges nécessaires pour identifier leurs
besoins et pour diffuser vers elles les informations concernant
la politique et les performances globales de lentreprise
(économiques, environnementales, sociales) deviennent
des actions récurrentes qui doivent être gérées,
actualisées et mémorisées en continu.
Dans les « canaux » mis en place, linformation
circule dans les deux sens. Ils permettent à lentreprise,
dune part, didentifier des attentes ou des signaux
faibles, dautre part, de justifier ses choix, corriger
quand nécessaire limage et les représentations
que se font certaines parties intéressées, les
informer de ses actions en réponse à leurs attentes.
Pour amortir puis valoriser ces démarches, qui ont
un coût, il faut, en premier lieu, mieux tirer parti
des flux déchange « traditionnels »
en les développant et en les mémorisant. Dans
une seconde étape, la diversification des sources savère
nécessaire :
- divers forum formels
ou informels, clubs dentreprises, associations, collectifs
dentreprises sur une zone dactivité...
sont autant de lieux où les questions de développement
durable peuvent être débattues et des solutions
collectives ou individuelles recherchées ;
- des enjeux territoriaux
peuvent être identifiés par les collectivités
locales ayant déterminé leur stratégie
de développement durable (agendas 21 locaux) ou
lors dautres initiatives collectives. Dans tous les
cas, participer à ces processus peut être loccasion
pour les entreprises de simpliquer et de rencontrer
directement des parties intéressées. Parallèlement,
lentreprise est amenée à créer
ses propres mécanismes déchange et à
provoquer des occasions de rencontre avec ses parties intéressées :
- enquêtes
et questionnaires vers des populations représentatives
de ses parties intéressées, constitution de
panels représentatifs ou de groupes dexperts
et leur questionnement périodique ;
- mécanismes
de consultation individuelle ou collective (stakeholderssession).
Flux déchange « traditionnels »
Relations
directes avec le marché, donneurs dordres, clients...
qui peuvent faire valoir leur demandes ou donner des indices
sur une évolution potentielle de leur demande.
Contacts professionnels ou sociaux
à loccasion desquels les responsables de lentreprise
peuvent identifier des attentes.
Réclamations et lettres ou
contacts spontanés, qui doivent être analysés
et traduits en enjeux potentiels pour lentreprise.
Contacts avec des représentants
des pouvoirs publics.
Analyse des médias et documents
relais...
Quand certaines parties intéressées
ne pourront pas être consultées de façon
directe, il reste possible didentifier leurs attentes
par dautres voies. Entre autres, une attention particulière
portée aux réflexions menées aux niveaux
nationaux et internationaux par la branche dactivité
concernée et qui peuvent se traduire par lidentification
des enjeux significatifs.
Gérer
la communication interne :
Comme la mise en uvre
dune politique de développement durable correspond
à un processus dinnovation (et même « en
rupture » sur de nombreux points), celui ci doit
« diffuser » dans lentreprise
et sappuyer sur des actions de sensibilisation et de
formation actives et créatives. Des questionnements
périodiques concernant les niveaux de motivation et
de satisfaction, la mise en uvre de systèmes
de suggestions, les entretiens annuels, les démarches
de déploiement et planification des objectifs... sont
autant de moyens pour y parvenir. Sur la base des informations
recueillies, lentreprise met en place les supports permettant
à la fois information et retour dinformation
(notes, bulletins périodiques dinformation, revues,
rencontres...). Le système dinformation et communication
contribue largement au bon déroulement de ces actions
de sensibilisation, de formation et de communication internes.
Lépanouissement dune culture du développement
durable dans toute lentreprise est une des conditions
de lacquisition dinformations pertinentes, de
leur utilisation efficiente, de la motivation du personnel
qui se sent considéré et valorisé, avec
comme conséquence lamélioration des performances
de lentreprise dans tous les domaines.
Gérer
la communication externe :
Limportance fondamentale
de cette communication pour les parties intéressées,
mais surtout de sa fiabilité et de son actualité,
a été diverses fois soulignée dans ce
guide. Pour la gérer avec ces objectifs et de manière
efficiente, la direction détermine et met en uvre
des processus appropriés de communication externe permettant
de répondre clairement et sincèrement aux besoins
dinformation des parties intéressées externes.
En particulier, lentreprise diffusera périodiquement
les mesures relevées pour les indicateurs de performances
de développement durable, en faisant apparaître
lévolution des performances au regard des objectifs
visés. La diffusion de linformation quantitative
et qualitative devra respecter les règles de linformation
financière. Cest-à-dire que les informations
environnementales et sociales soient diffusées de façon
sincère, honnête (par exemple sans passer sous
silence des impacts environnementaux et sociaux significatifs),
transparente et vérifiable car fondée sur des
faits et des données. Les attestations et vérifications
établies par des tierces parties établiront
clairement la nature des vérifications réalisées
(les données, les procédures de lentreprise),
le périmètre des vérifications (indicateurs,
entités intégrées à la vérification...),
les résultats des investigations et le niveau dattestation.
Les mesures de bonne communication
interne
Sensibilisation
du personnel à la prise en compte du développement
durable dans ses fonctions, ses objectifs et son comportement
quels que soient les niveaux concernés.
Identification des besoins en formation
du personnel dont le travail peut avoir des impacts directs
et indirects significatifs sur les objectifs fixés
et définition des moyens nécessaires à
sa mise en uvre.
Identification des attentes du personnel
en matière dinformation et déchange.
Il convient de distinguer la communication globale axée
sur les objectifs généraux de lentreprise
et la communication locale axée sur les sites de lentreprise.
Les contacts développés et les canaux dinformation
établis lors de la consultation des parties intéressées
peuvent être prioritairement utilisés pour la
communication. Des formes de communication sappuyant
sur des collectifs existants : réunions avec parties
intéressées, communication de proximité
(au niveau local), réunions de concertation, commission
locale dinformation sur la sécurité (CLIS),
conseil de développement (prévus dans le cadre
de la LOADDT).
Différents supports
de communication de lentreprise :
- engagement de la
direction, charte dentreprise, vision et valeurs défendues
par lentreprise ;
- présentation
de lentreprise (chiffres clefs, activités, sites
industriels), de sa politique environnementale et sociale
(objectifs et actions) ;
- intégration
dans le rapport annuel ou rapport développement durable
spécifique (version NRE ou sinspirant de la GRI) ;
- déclaration
environnementale du système de management environnemental
et daudit européen (SMEA) ;
- rapport de site,
documents de communication sur les aspects économiques-environnementaux
et sociétaux des sites ;
- communication sur
le produit (label, autodéclaration).
LE LABEL ÉCOLOGIQUE COMMUNAUTAIRE
DOSSIER DINFORMATION
Le label écologique communautaire
1. Quest
ce que cest ?
Cest le seul label
écologique officiel européen utilisable dans
tous les pays membres de lUnion européenne. Ce
label est volontaire, cest-à-dire quil
appartient aux industriels qui souhaitent lobtenir den
faire la demande. Il a été institué par
le règlement (CEE) no 880/92 du Conseil
du 23 mars 1992, publié dans le JOCE du
11 avril 1992. Ce règlement a été
révisé le 17 juillet 2000 sous le
numéro 1980/2000. Il concerne désormais les
produits et les services.
2. Quels sont ses
objectifs ?
« Promouvoir la
conception, la production, la commercialisation et lutilisation
de produits ayant une incidence moindre sur lenvironnement
pendant tout leur cycle de vie ;
Mieux informer les consommateurs des
incidences quont les produits sur lenvironnement,
sans pour autant compromettre la sécurité du
produit ou des travailleurs, ou influer de manière
significative sur les qualités qui rendent le produit
propre à lutilisation. »
3. Sur quel principe
repose-t-il ?
Le label écologique
communautaire repose sur le principe dune « approche
globale » qui « prend en considération
le cycle de vie du produit à partir de la fabrication,
y compris le choix des matières premières, la
distribution, la consommation et lutilisation jusquà
lélimination après usage ».
4. Qui décide
du développement du label écologique communautaire ?
La Commission des Communautés
européennes entame la procédure de sa propre
initiative ou à la demande du CUELE (Comité
de lUnion européenne pour le label écologique)
composé des organismes compétents et du forum
consultatif.
5. Est-il prévu
une phase de consultation ?
La Commission donne un mandat
au CUELE pour élaborer et revoir périodiquement
les critères du label écologique. La consultation
seffectue tout au long des travaux délaboration
du cahier des charges, au moment de létude de
faisabilité et de lélaboration des critères.
6. Qui fait partie
du CUELE et du forum ?
Le CUELE est constitué
des organismes compétents de chaque pays membre de
lUnion européenne. En France, il sagit
dAFNOR certification.
Dans le Forum, on retrouve toutes
les parties prenantes telles que les petites et moyennes entreprises,
les artisans et leurs organisations professionnelles, les
syndicats, les commerçants, les détaillants,
les importateurs, les groupes de protection de lenvironnement
et les organisations de consommateurs. Le CUELE doit garantir,
pour chaque catégorie de produits, une participation
équilibrée de toutes ces parties.
7. Qui assure la
gestion du système au plan national ?
Chaque Etat membre désigne
un (des) organisme(s) compétent(s) chargé(s)
notamment dinstruire les demandes dattribution
du label écologique communautaire au plan national.
En France, cest AFNOR certification (voir paragraphe 20)
qui a été désigné comme organisme
compétent.
8. A quels produits
peut-il être attribué ?
Le logo du label écologique
communautaire peut être apposé (après
instruction des demandes) sur les produits qui satisfont à
des cahiers des charges établis par catégorie.
La liste de ces catégories est donnée au paragraphe 18.
Sont exclus du champ de labellisation les denrées alimentaires,
les boissons et les produits pharmaceutiques.
9. Qui peut proposer
la création de nouvelles catégories labellisables ?
La Commission ou le CUELE
par lintermédiaire des organismes compétents
(voir paragraphe 7).
10. Quy a-t-il
dans ces cahiers des charges ?
Chaque cahier des charges
est publié au JOCE sous forme de décision
de la Commission européenne. Il définit une
catégorie de produit « labellisable »
et les critères écologiques et critères
de performance qui sy appliquent. Une information spécifique
accompagnant le logo se trouve également dans la décision.
Le règlement définit ainsi une catégorie
de produits : « les produits destinés
à un même usage et pouvant être utilisés
de manière équivalente ».
11. Comment définit-on
les critères écologiques ?
En faisant référence
aux objectifs du règlement, à des principes
généraux qui jouent le rôle de garde-fou,
et à la matrice dévaluation ci-dessous.
De plus, la Commission a rédigé des lignes directrices
destinées aux pays pilotes. Ces lignes directrices
concernent :
- les procédures
délaboration des cahiers des charges ;
- les principes stratégiques
et « politiques » ;
- lutilisation
danalyses de cycle de vie appliquées au label
écologique.
12. Comment sont
adoptés ces cahiers des charges ?
Le projet de décision est présenté
par le CUELE à la Commission européenne. Si
le mandat donné par la Commission a bien été
rempli par le CUELE, le projet de décision est présenté
au comité réglementaire pour vote. Les décisions
sont prises à la majorité qualifiée par
les représentants des Etats membres puis la décision
est adoptée par la Commission européenne et
publiée au JOCE.
13. A qui doivent
sadresser les candidats au label écologique communautaire ?
A ou aux organisme(s) compétent(s)
(voir paragraphe 7) des pays dans lequel « le
produit est fabriqué, mis sur le marché pour
la première fois ou importé en provenance dun
pays tiers ».
14. Quelles sont
les conditions financières en France ?
Toute demande dattribution
dun label est soumise au paiement des frais de traitement
du dossier. Le montant de ces frais est de 793 Euro.
Pour les PME, le tarif est de 634,40 Euro par type de
produit, 25 % de réduction étant autorisé
par le nouveau règlement pour les entreprises répondant
à la définition telle que définie dans
la recommandation 96/280/CE de la Commission (JOCE L 207
du 30 avril 1996). A cela sajoute le paiement
dune redevance dutilisation par le demandeur.
Cette redevance est calculée sur la base dun
pourcentage des ventes annuelles à lintérieur
de lUnion européenne du produit ayant obtenu
le label. Ce pourcentage est de 0,15 % : le montant
minimal de référence est de 793 Euro. La
redevance maximale est fixée à 11 103 Euro.
La redevance annuelle est réduite de 25 % pour
les PME et de 15 % pour les demandeurs qui sont enregistrés
dans le cadre du système communautaire de management
environnemental et daudit (EMAS) ou qui sont certifiés
conformes à la norme ISO 14001. Les réductions
susmentionnées sont cumulatives et sappliquent
tant à la redevance minimale quà la redevance
maximale.
15. Quelle est
la durée dattribution du label écologique ?
Cela dépend de la
durée de validité des critères écologiques
pour chaque catégorie, laquelle est de trois ans en
général à compter de la date dadoption
des critères.
16. Quels renseignements
faut-il fournir dans une demande ?
Les demandeurs peuvent sadresser
aux organismes compétents pour savoir quelle est linformation
requise dans chaque cas. Celle-ci dépend de la catégorie
de produit pour laquelle postule le demandeur.
Les organismes compétents communiquent
aux demandeurs quels tests devront être effectués
et la façon dont lévaluation sera conduite.
17. Dans quels
pays peut-on utiliser lécolabel ?
Lorsque le label écologique
communautaire est attribué par lorganisme compétent
dun Etat membre, il peut être utilisé dans
tous les Etats membres de lUnion européenne.
18. Catégories
de produits pour lesquelles le label écologique communautaire
peut dores et déja être attribué.
Elles sont au nombre de 21 :
Réfrigérateurs-congélateurs
(décision no 2000/40/CE publiée
au JOCE le 19 janvier 2000) ;
Lave-linge (décision no 2000/45/CE
publiée au JOCE le 21 janvier 2000) ;
Lave-vaisselle (décision no 98/483/CE
publiée au JOCE le 4 août 1998) ;
Amendements pour sols (décision
no 2001/688/CE publiée au JOCE le
12 septembre 2001) ;
Matelas (décision no 98/634/CE
publiée au JOCE le 2 octobre 1998) ;
Peintures et vernis de décoration
intérieure (décision no 2002/739/CE
publiée au JOCE le 4 septembre 2002) ;
Articles chaussants (décision
no 99/179/CE publiée au JOCE le
17 février 1999) ;
Produits textiles (décision
no 2002/371/CE publiée au JOCE le
18 mai 2002) ;
Orninateurs personnels (décision
no 1999/205/CE publiée au JOCE le
17 mars 1999) ;
Détergents pour lave-vaisselle
(décision no 1999/427/CE publiée
au JOCE le 2 juillet 1999) ;
Détergents textiles (décision
no 2003/200/CE publiée au JOCE le
22 mars 2003) ;
Papier à copier (décision
no 1999/554/CE publiée au JOCE le
10 août 1999) ;
Ampoules et tubes électriques
(décision no 1999/568/CE publiée
au JOCE le 14 août 1999) ;
Ordinateurs portables (décision
no 1999/698/CE publiée au JOCE le
27 octobre 1999) ;
Papier hygiénique, papier de
cuisine et autres produits en papier absorbant à usage
domestique (décision no 2001/405/CE
publiée au JOCE le 29 mai 2001) page
8/9 ;
Nettoyants universels et nettoyants
pour sanitaires (décision no 2001/523/CE
publiée au JOCE le 11 juillet 2001) ;
Détergents pour vaisselle à
la main (décision no 2001/607/CE publiée
au JOCE le 08 août 2001) ;
Revêtements de sols durs (décision
no 2002/272/CE publiée au JOCE le
25 mars 2002) ;
Téléviseurs (décision
no 2002/255/CE publiée au JOCE le
25 mars 2002) ;
Aspirateurs (décision no 2003/121/CE
publiée au JOCE le 11 février 2003) ;
Hébergement touristique (décision
à paraître) ;
19. Catégories
de produits pour lesquelles les critères sont en cours
délaboration.
Un plan de travail sur trois ans
définit les catégories potentielles pour lesquelles
un développement pourrait se faire. Actuellement les
développements sont au nombre de 4 :
Pneus ;
Ameublement ;
Papier dimpression ;
Campings.
20. Organisme compétent
en France : AFNOR certification.
21. Documents
de référence.
Réglement (CE) no 1980/2000
du Parlement européen et du Conseil du 17 juillet
2000 établissant un système communautaire révisé
dattribution du label écologique ;
Décision de la Commission du
10 novembre 2000 instituant le comité de lUnion
européenne pour le label écologique et établissant
son règlement intérieur ;
Décision de la Commission du
10 novembre 2000 établissant le règlement
intérieur du forum consultatif communautaire révisé
dattribution du label écologique ;
Décision de la Commission du
10 novembre 2000 concernant un contrat type relatif aux
conditions dutilisation du label écologique communautaire ;
Décision de la Commission du
10 novembre 2000 établissant le montant des redevances
pour les demandes dattribution du label écologique
communautaire et des redevances annuelles ;
Recommandation de la Commission du
3 avril 1996 concernant la définition des petites
et moyennes entreprises.
Vous pouvez également consulter
le site de la Commission européenne, à ladresse
suivante : http://europa.eu.int/ecolabel ainsi que notre
site : www.afnor.fr, rubrique « certification ».
Audition de lORSE devant le
CNC
25 avril 2003
INTRODUCTION
PRÉSENTATION DE LORSE (OBSERVATOIRE
SUR LA RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE DES ENTREPRISES)
Association professionnelle créée en juin 2000
Membres :
Personnes morales - entreprises :
Investisseurs ;
Organisations professionnelles ;
Syndicats ;
ONG.
Missions : apporter une expertise
à ses membres sur les différents outils de promotion
de la RSE :
- faire la transparence
sur les acteurs de la RSE (réseaux, agences de notation,
organismes de certification) ;
- établir
un contact permanent avec les différents réseaux
internationaux, publics ou privés sintéressant
à la RSE (ONU-OCDE-OIT, Communauté européenne,
ISO, GRI).
Moyens : équipe de 6 salariés :
- groupes de travail
et déchange ;
- publications, revues
de presse, lettre dinformation, recherche documentaire.
I. - Comment
lORSE appréhende-t-elle
la problématique de la RSE ?
Une
approche outils :
a) Inventaire
des outils :
- systèmes
de notation ;
- reporting (publication
de rapports de développement durable) ;
- démarches
volontaires (codes de conduite) ;
- normalisation (normes
de management et de contenu) ;
- labels ;
- audits et démarches
de certification.
Approches thématiques :
- social ;
- environnement ;
- droits de lhomme ;
- éthique ;
- relations Nord-Sud ;
- corruption ;
- liste non exhaustive.
b) Approches par
acteurs :
- publics et privés ;
- nationaux ou internationaux ;
- à but lucratif
ou non lucratif.
Exemples :
Notation des entreprises :
- acteurs privés
exclusivement ;
- acteurs nationaux
et depuis peu internationaux ;
- SA et ONG.
Reporting :
- acteurs nationaux
(réglementation NRE en France, Pays-Bas, Norvège,
Allemagne) ;
- acteurs internationaux
publics (OCDE, ONU, Communauté européenne),
privés (GRI).
Labels :
- thématiques :
lois sur lenvironnement et social ;
- internationaux :
Ecolabel ;
- publics :
Ecolabel, NF Environnement ;
- privés :
Collectif éthique sur létiquette.
c) Approche sectorielle
et géographique déclinée pour :
- la notation ;
- le reporting ;
- labels.
d) Conclusion provisoire :
Les enjeux du développement
durable ne sont pas les mêmes selon les secteurs dactivité.
Situation complexe, doù la tentation dun
référentiel unique de développement durable.
La question se pose pour :
- les agences de
notation. Mais quasiment impossible compte tenu de la multiplicité
des agences ;
- le reporting :
expérience décret NRE en France, GRI.
II. - Complexité
des labels
a) Approche
thématique :
Labels environnement :
Ecolabel européen : européen ;
NF Environnement : nationaux
France.
Gestion durable des forêts :
FSC (Forest Stewartship Council) ;
PEFC (Pan-European Forest Certification).
Social :
SA 8000 ;
Label belge.
b) Approche sectorielle :
Clean clothes : textiles ;
Tapis ;
Ballons de sport ;
Produits agricoles.
c) Approche par
acteurs :
Organisations internationales :
- publiques (écolabel
Communauté européenne) ;
- privées
(SA 8000) ;
Acteurs nationaux :
- publics ;
- privés (Collectif
éthique sur létiquette).
d) Approche développement
durable :
Seuls les labels de commerce équitable
intègrent des critères sociaux, environnementaux
et économiques :
- développement
économique ;
- équité
sociale ;
- protection de lenvironnement.
III. - Questions
à se poser pour la mise en uvre
de labels de développement durable
a) Un
label pour un produit ou pour une entreprise :
Un label produit est pertinent sur
la base de critères environnementaux, plus difficile
à mettre en uvre pour la dimension sociale ;
Un label entreprise difficile à
mettre en uvre quand on a affaire à des groupes
internationaux (4 métiers différents chez
Suez : eau, énergie, communication déchets) ;
Faut-il couvrir tous les secteurs :
secteurs dactivité, secteurs financiers, secteurs
dexclusion (tabac, alcool, armement nucléaire).
b) Label dexigence
ou dengagement :
Que cherche-t-on à labelliser ?
Niveau dimplication atteint ou la démarche de
progrès.
c) Label de développement
durable :
Nécessité de définir
le DD au regard des 3 piliers ;
Nécessité détablir
une pondération entre les 3 piliers (expérience
dagences de notation pour la création dindices
boursiers de DD) ;
Seul référentiel unique :
GRI, mais controversé et qui nétablit
pas de pondération ;
Pondération évolue en
fonction de la sensibilité et de la représentation
des acteurs, du secteur dactivité.
d) Système
de contrôle et daudit :
Question complexe :
- complexité
des entreprises (présentes dans différents secteurs) ;
- périmètre
indéfini (jusquà quel point une entreprise
est-elle responsable de ses sous-traitants ?) ;
- firmes daudit
peu habituées aux pratiques daudit social, marché
en émergence sur certains types daudit avec apparition
dONG ;
- impossibilité
davoir des auditeurs uniques traitant de tous les sujets ;
- coût financier :
qui lassumera : entreprise, profession, Etat, ou
consommateurs ?
- effets pervers :
- risque
de déférencement tournant le dos à un
démarche de DD (IPEC) ;
- risque
de dépossession pour les syndicats dun regard
réel sur les procédures de contrôle ;
- privatisations
du droit social (expérience en Californie).
e) Retraits des
labels :
Retraits pouvant donner lieu à
contestation juridique obligeant les tribunaux (a priori
administratifs) à élaborer une jurisprudence.
f) Impacts sur les
consommateurs lesquels sont destinataires des labels :
Le label unique aura-t-il un impact
négatif ou actif (participeront-ils au manque de transparence
sur les produits).
g) Articulation
avec les autres labels :
Exemple de Carrefour : audits
auprès des fournisseurs, achats bois certifiés.
Est-ce suffisant pour attribuer un label DD ?
Risque de disparition de certains
labels qui avaient leur utilité : label bois,
Programme in the Elimination of Child Labour (IPEC) et de
découragement dinitiatives privées
Ethique sur létiquette
(IPEC), lintérêt devant autant porter sur
les acteurs collectif que le contenu.
Risque de démobilisation des
parties prenantes ayant mis en uvre ou soutenant les
labels (associations, syndicats...).
Collectif de léthique sur létiquette
(Audition de M. Erard)
1. Présentation du collectif de léthique
sur létiquette
Créé
en 1995, le collectif regroupe aujourdhui 53 associations
et syndicats, est membre dun réseau européen
présent dans 12 pays (dont la Roumanie et la Bulgarie)
et dun réseau international comprenant un certain
nombre de pays asiatiques dont la Chine et particulièrement
Hongkong. La Chine est en effet un atelier très important
pour des produits manufacturés à destination
du marché européen.
Le collectif doit son origine aux
associations et aux syndicats interpellés par des situations
dexploitation de travailleurs fabriquant des produits
de consommation à destination des pays européens
(vêtements, chaussures). Son objectif est dintervenir
auprès des entreprises afin de faire cesser les violations
de droits sociaux : sa première demande a consisté
à intervenir auprès des marques et des distributeurs
qui sapprovisionnent auprès dusines où
règnent des violations de droits sociaux afin dy
apporter des améliorations.
En France, lassociation « Réseau
solidarité » intervient dès quelle
a connaissance dun cas précis.
Les organisations locales uvrent
actuellement pour obtenir les autorisations nécessaires
pour entrer chez les fournisseurs et les sous-traitants dAmérique
latine, dAfrique et dAsie afin dinformer
les travailleurs de leurs droits et de les aider à
sorganiser en syndicats. Elles ont constaté que
les conditions de travail, dans les pays en voie de développement,
sont aggravées par les pressions exercées par
les entreprises européennes au niveau des prix et des
délais de livraison.
2. Le collectif sest fixé
comme objectif
de contribuer au progrès social
En
sensibilisant les consommateurs à ces conditions de
travail ;
En obtenant, grâce à
des campagnes, ladoption dun code de conduite
afin que les entreprises, marques et distributeurs reconnaissent
leur responsabilité en matière de qualité
sociale.
Il est envisagé de créer
un label social avec comme référence la SA 8000,
cest-à-dire les conventions de lOIT.
Le réseau européen Clean
Clothes Campagne et la Confédération internationale
des syndicats libres ont élaboré un code, comme
modèle européen, intégrant les normes
de SA 8000 et, notamment, la liberté syndicale,
linterdiction de lexploitation des enfants, linterdiction
du travail forcé et la non-discrimination. Ces quatre
droits forment la déclaration tripartite de lOIT
sur les droits sociaux adoptée en 1998. Ainsi, chaque
pays membre de lOIT est supposé connaître,
appliquer et faire respecter cette réglementation.
Le code de conduite du Collectif inclura
trois droits supplémentaires :
- le salaire minimum
vital ;
- la durée
du travail ;
- les conditions
dhygiène et de sécurité.
Les engagements pris par les entreprises
qui auront adhéré au code de conduite seront
vérifiés de manière à éviter
toute « dérive marketing ».
3. Les principes
du collectif
La
logique de progrès social : le droit syndical
nest même pas reconnu par toutes les entreprises
en France.
La reconnaissance de la coresponsabilité
de lentreprise importatrice et du fabricant.
Le respect du dialogue social entre
les chefs dentreprise, lencadrement et le personnel.
4. Le collectif et laction des
consommateurs sinscrivent
dans une démarche de progrès et de qualité
sociale
Il
ne faut toutefois pas sous-estimer les effets pervers possibles :
exemple des ballons de football fabriqués par des enfants
dans des villages au Pakistan : lorganisation dun
meilleur contrôle des réglementations de lOIT,
dans les entreprises locales, peut provoquer un exode rural
important...
5. La vérification
Il
ny a pas de solution miracle pour vérifier la
stricte observation des engagements pris ; il sagit
de trouver des méthodologies adaptables à différents
pays et le collectif soriente vers une vérification
indépendante permettant didentifier les problèmes
et de mettre en place les actions correctives tout en renforçant
le rôle des acteurs locaux. Cest également
un moyen dobtenir des informations susceptibles dêtre
prises en compte pour la définition du label social,
sous réserve de lobjectivité et du sérieux
de la vérification.
Le développement des programmes
daudits sociaux est donc létape nécessaire.
La France est en retard par rapport à la Grande-Bretagne
qui a déjà créé une structure,
« Ethical Trading Initiative », présidée
par un représentant de la grande distribution, et comprenant
des représentants des entreprises, des syndicats et
des ONG. Elle cherche à uniformiser les différents
codes de conduite, en réponse à la demande dentreprises
asiatiques.
Le Collectif souhaite que les différents
acteurs économiques français puissent travailler
ensemble pour contribuer à la définition de
bonnes pratiques et de méthodes permettant de définir
de meilleures évaluations.
Mais, tant que cette étape
de vérification nest pas résolue, la notion
de label restera à définir. Elle fera néanmoins
lobjet du prochain plan triennal.
Conclusion
90 % des Français
disent être daccord pour privilégier lachat
de produits pour lesquels ils auraient des garanties de bonnes
qualités sociales, mais 76 % seulement sont prêts
à payer plus cher ces produits. On note également
une forte progression des signatures de pétitions proposées
en faveur des bonnes qualités sociales.
Le Collectif a également sensibilisé
les acheteurs publics par deux campagnes en 2000 et 2001.
Aujourdhui, 230 collectivités territoriales
ont adopté une motion en faveur dachats publics
éthiques. Cependant, la directive européenne
sur les commandes publiques, en voie dadoption, limite
la possibilité dexiger des critères sociaux
et environnementaux en proposant de retenir « loffre
la plus économiquement avantageuse » pour
les appels doffres (art. 53).
A N N E X E
DES SIGLES FIGURANT DANS LE RAPPORT ET LAVIS
ODE : Observatoire
de léthique.
ORSE : Observatoire sur la responsabilité
sociale des entreprises.
ADEME : Agence de lenvironnement
et de la maîtrise de lénergie.
AFNOR : Association française
de normalisation.
APCA : Assemblée permanente
des chambres dagriculture.
CNDD : Conseil national du développement
durable.
CCFA : Comité des constructeurs
français dautomobiles.
DPPR : Direction de la prévention
des pollutions et des risques (ministère de lécologie
et du développement durable).
FCD : Fédération
des entreprises de commerce et de la distribution.
GIFAM : Groupement interprofessionnel
des fabricants dappareils déquipements
ménagers.
IFEN : Institut français
de lenvironnement.
OIT : Organisation internationale
du travail.
Nota. - La majorité
des professionnels et certaines associations de consommateurs
nont pas répondu au questionnaire dans la mesure
où ils nétaient pas en faveur du principe
de la mise en place dune signalétique. |