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NOR : ECOC0300321V
Rappel du mandat
Plus
connu des consommateurs lorsque ceux-ci rencontrent de graves
difficultés financières, lhuissier de
justice peut, par ailleurs, leur permettre également
de faire valoir leurs droits.
En effet, lhuissier de justice
est un officier ministériel, professionnel du droit,
dont les honoraires sont fixés par décret et
qui participe au bon fonctionnement de la justice dans un
cadre juridique très précis. Cest dans
ce contexte que les consommateurs ont de plus en plus souvent
loccasion dêtre confrontés à
cette profession, que ce soit au profit dun créancier
(situation la plus courante dans le cadre des procédures
initiées pour le recouvrement de créances de
toute nature) ou pour obtenir lexécution dun
jugement.
Toutefois, parallèlement à
son rôle dofficier ministériel, lhuissier
de justice est également un prestataire de services.
A ce titre, il peut notamment établir des constats
ayant valeur juridique et, comme dautres professionnels
du droit, jouer un rôle de médiateur dans des
conflits entre particuliers.
Il apparaît cependant que le
rôle de lhuissier de justice, ses émoluments
et ses possibilités dintervention sont très
mal identifiés.
Lanalyse des dossiers examinés
au cours des permanences juridiques tenues par les associations
de consommateurs montre quil est nécessaire daméliorer
la connaissance du rôle et des missions des huissiers
de justice notamment de létendue de leurs pouvoirs
et de leurs obligations.
Un groupe de travail du Conseil national
de la consommation aura pour mission de dresser un inventaire
de la situation actuelle, dexaminer en détail
le rôle des huissiers de justice, de recenser les dysfonctionnements
et de proposer les mesures nécessaires pour améliorer
linformation du consommateur concernant les tarifs appliqués.
Cette activité restant parfois
floue pour les consommateurs, le groupe aura également
pour mission, dans un souci pédagogique, de proposer
la réalisation dune brochure dinformation
destinée au grand public afin de faire connaître
tous les champs dintervention de cette profession et
surtout de mieux faire comprendre les droits et les obligations
qui régissent ses interventions.
Rapport
Introduction
Le
groupe de travail sest réuni à 15 reprises
entre janvier 2001 et janvier 2003. En outre, un
groupe restreint, comprenant des représentants des
consommateurs, des professionnels et du ministère de
la justice, a été constitué en novembre
2001 pour travailler sur un projet daffichage en étude
relatif à linformation du consommateur sur les
missions et les rémunérations de lhuissier
de justice.
La première réunion
du groupe de travail a permis :
1. De recenser les attentes
des consommateurs et des professionnels :
Du côté des consommateurs,
laccent a été porté sur une clarification
des missions de la profession dhuissier, en particulier
ce qui relève de la fonction « dofficier
ministériel » et de la fonction « de
prestataires de services », sur la tarification
des actes, sur une meilleure information du consommateur sur
les procédures, le devoir dinformation et de
conseil de lhuissier de justice et une clarification
du rôle des chambres départementales en matière
disciplinaire (existence ou non de statistiques sur les recours
formés par les justiciables).
Du côté des professionnels,
ceux-ci ont également observé que la profession
était mal connue du public, quune clarification
des procédures dintervention était nécessaire,
dautant que certains professionnels exercent des activités
parfois similaires à celles des huissiers de justice
(fonctionnement des sociétés de recouvrement
notamment) et que deux thèmes devaient être abordés :
les frais qui découlent de la procédure et les
recours offerts au justiciable.
2. De définir un
programme de travail en deux temps :
Une analyse de lexistant (un
inventaire de la profession : rôle, missions, droits
et obligations) qui serait suivie de propositions pour améliorer
linformation du consommateur sur les tarifs pratiqués
et sur létendue des missions dévolues
aux huissiers, sur les limites de leurs interventions et sur
leurs obligations dans le cadre de lexécution
des actes.
Le déroulement des réunions
a permis de traiter les sujets dans lordre suivant :
I. - La profession
dhuissier de justice ;
II. - Les missions
de lhuissier de justice ;
III. - Lorganisation
de la profession ;
IV. - La formation ;
V. - Les tarifs ;
VI. - La comparaison
internationale.
I. - La
profession dhuissier de justice
Le
dispositif en place sera dabord exposé, suivi
dun résumé des débats suscités
notamment par létude effectuée par le
Centre régional de la consommation de Lille.
A. - Le
dispositif en place
On décompte
actuellement en France 3 260 huissiers de justice
avec 11 700 salariés parmi lesquels 505 stagiaires
dans 2 054 études. La moyenne dâge
de la profession est de quarante-deux ans. Lhuissier
de justice peut exercer seul ou au sein de sociétés
dans lesquelles les huissiers sont collectivement solidaires
de leurs responsabilités.
Lhuissier de justice exerce
une profession libérale réglementée par
un statut particulier ayant pour base lordonnance du
2 novembre 1945 et les décrets des 29 février 1956
et 14 août 1975, modifiés par les décrets
des 2 mai 1986, 12 avril 1994, 24 décembre 1997.
Aux termes de larticle 1er
de la loi organique :
« Les huissiers de justice
sont les officiers ministériels qui ont seuls qualité
pour signifier les actes et les exploits, faire les notifications
prescrites par les lois et règlements lorsque le mode
de notification na pas été précisé
et ramener à exécution les décisions
de justice, ainsi que les actes ou titres en forme exécutoire. »
« Les huissiers de justice
peuvent en outre procéder au recouvrement amiable ou
judiciaire de toutes créances et, dans les lieux où
il nest pas établi de commissaires-priseurs aux
prisées et ventes publiques de meubles et effets mobiliers
corporels. »
« Ils peuvent être
commis par justice pour effectuer des constatations purement
matérielles, exclusives de tout avis sur les conséquences
de fait ou de droit qui peuvent en résulter, ils peuvent
également procéder à des constatations
de même nature à la requête des particuliers ;
dans lun et lautre cas, ces constatations nont
que la valeur de simples renseignements. »
« Ils peuvent également
exercer à titre accessoire certaines activités
ou fonctions. La liste de ces activités ainsi que les
conditions dans lesquelles les intéressés sont
autorisés à les exercer sont, sous réserve
des lois spéciales, fixées par décret
en Conseil dEtat. »
En outre, lhuissier de justice
est interdit de publicité et de démarchage,
et exerce un ministère obligatoire.
B. - Lexercice dune profession
libérale réglementée étant, pour
les consommateurs, source de confusion, la profession a effectué
les mises au point nécessaires
1. Un exposé
effectué par Mme Larivière, juriste au
Centre régional de la consommation de Lille, auteur
dune étude sur la profession dhuissier
a permis de relever que, pour le consommateur, les principales
sources de confusion sont les suivantes :
- contexte dintervention
de lhuissier : soit à titre amiable, soit
en exécution dune décision de justice ;
- personne autorisée
à effectuer le recouvrement : soit un huissier,
soit une société de recouvrement ;
- procédure dans
laquelle il doit se situer face à un huissier :
amiable ou judiciaire ? ;
- frais à payer :
en principe, les frais sont à la charge du créancier
en cas de recouvrement amiable et à la charge du débiteur
en cas de recouvrement judiciaire, sauf notification du juge.
Or le CRC de Lille constate que les frais sont toujours imputés
au débiteur : il sagirait dun procédé
habituel des sociétés de recouvrement.
2. Mises au point des professionnels :
- le recouvrement des créances :
la profession ignore les actions éventuellement illicites
effectuées par les sociétés de recouvrement,
mais rappelle que tout abus doit être signalé
au procureur de la République. Le consommateur qui
fait lobjet dun recouvrement amiable par un huissier
de justice ou par une société de recouvrement
ne peut faire lobjet daucune majoration ni de
frais de quelquordre que ce soit. Les intérêts
légaux courent à partir dune lettre recommandée
avec accusé de réception ou dune sommation
de justice.
- les fonctions des huissiers
de justice :
- exécuter
des décisions de justice ;
- signifier
les actes en matière civile, pénale et commerciale
et, dans laccomplissement de cette mission, lhuissier
a un rôle essentiel dinformation du justiciable ;
- rapporter
les moyens de preuve (constat) ;
- exercer
un devoir de conseil et intervenir à titre amiable
dans le cadre dune procédure définie par
les textes.
3. Constats et recommandations
du CNC :
Sagissant des types de recouvrement
effectués par les huissiers, ces exposés ont
été complétés par des précisions
données par le ministère de la justice :
lorsque lofficier ministériel intervient en fonction
dun titre exécutoire résultant dune
décision de justice, le recouvrement est forcé ;
en labsence de titre exécutoire, il sagit
dun recouvrement amiable.
La question du recouvrement amiable
ressortant comme principale préoccupation des consommateurs,
le recours à des documents comportant en gros caractères
la mention du type de recouvrement a été reconnu
par lensemble du groupe de nature à éviter
les confusions dans lesprit du débiteur.
Par ailleurs, la question de la sommation
(mise en demeure délivrée à un débiteur
avant lobtention dun titre exécutoire)
et du commandement (mise en demeure solennelle, délivrée
à un débiteur, postérieurement à
lobtention dun titre exécutoire et précédent
lengagement soit dune saisie vente, soit dune
procédure dexpulsion) a été longuement
débattue. Elle a montré la nécessité
de compléter ultérieurement ce rapport, dun
glossaire des principaux termes utilisés par la profession.
Sur ce point, il a été
précisé que lhuissier de justice agissait
par le biais dune sommation de payer, acte à
ne pas confondre avec le commandement où la procédure
dexécution est engagée. Par exemple, en
matière de créances locatives, laction
peut être engagée sans titre exécutoire
et le document utilisé, qui fait courir les délais
pour assigner en résiliation, porte le titre de commandement.
Toutefois, la loi utilise le terme de commandement, alors
quun titre exécutoire na pas été
émis, dans trois domaines : les loyers, la copropriété
et les chèques impayés. Dans ces cas précis,
lacte accompli par lhuissier, tel quil est
prévu par le décret tarifaire, portera le titre
de commandement.
Pour ces raisons, outre lutilité
une nouvelle fois soulignée de la rédaction
dun glossaire, le CNC a souhaité une modification
législative des termes concernés afin de lever
cette ambiguïté.
II. - Les
missions des huissiers de justice
Celles-ci,
à la demande des consommateurs sont présentées
en deux parties : celles qui relèvent de la mission
dofficier ministériel exerçant une mission
de service public (A) et celles relevant de lexercice
dune profession libérale (B). En outre, des précisions
ont été apportées sur le rôle des
huissiers dans le règlement de certaines procédures :
le recouvrement amiable des créances, les jeux et concours,
le recouvrement des pensions alimentaires, les saisies immobilières,
les jeux et loteries (C). Enfin, la question de lutilisation
de la lettre recommandée avec accusé de réception,
en concurrence avec certaines missions de lhuissier
de justice et très liées à ces procédures,
a fait lobjet dun débat particulier (D).
A. - La
mission dofficier ministériel
exerçant une mission de service public
La signification des actes
Lhuissier de justice
est chargé de communiquer aux plaideurs :
- les convocations devant
les tribunaux (citations ou assignations) ;
- les décisions
de justice des juridictions concernées (significations).
Dans le cadre de ces deux interventions,
lhuissier de justice sera amené à informer
le justiciable sur le contenu des actes dont il est porteur.
Cette information sattache essentiellement à
préciser les modalités qui résultent
de la procédure (représentation devant le tribunal,
constitution du dossier, voies de recours, prétentions
des parties...).
Lhuissier de justice peut confier
cette mission spécifique ainsi que la signification
des actes informatifs, à lexclusion des actes
dexécution, à des clercs significateurs,
qui sont soumis à des conditions de moralité
et prêtent serment devant le tribunal dinstance.
Les diligences, effectuées par le clerc, le sont sous
la responsabilité et le visa de lhuissier de
justice.
Lexécution
des décisions de justice
Cette mission de lhuissier
de justice, qui peut conduire à effectuer des saisies
ou des expulsions, ne peut être déléguée.
La plage dintervention de lofficier ministériel
est fixée par la loi entre 6 et 21 heures, à
lexclusion du dimanche et des jours fériés.
Sur ce point, les membres du groupe
ont mis en évidence le rôle social, économique
et juridique de la profession.
La mission de constat
Cette intervention permet
de constituer des éléments de preuve appréciés
par les tribunaux :
- dans le domaine de la
famille (litiges parentaux, conjugaux...) ;
- dans les entreprises,
pour faire des constats par exemple à loccasion
des litiges sociaux, économiques, commerciaux... ;
- et en toute autre matière
où la constitution dune preuve est nécessaire.
Lhuissier de justice peut, dans
le cadre de cette mission, déléguer un clerc
habilité aux constats qui doit répondre aux
mêmes obligations que le clerc significateur (moralité,
nomination par le tribunal de grande instance, prestation
de serment) mais également être titulaire du
diplôme dhuissier de justice et avoir satisfait
à une enquête du procureur de la République.
Les diligences effectuées par le clerc habilité
sont sous la responsabilité et le visa de lhuissier
de justice.
Les autres missions
Lhuissier de justice,
en sa qualité dofficier ministériel, assure
également le service et la police des audiences civiles,
pénales et commerciales et exerce les fonctions de
commissaire-priseur en concurrence avec cette dernière
profession.
Il a la faculté de représenter
les parties et de plaider devant certaines juridictions telles
que le tribunal de commerce, le tribunal dinstance en
matière de saisie des rémunérations et
le tribunal paritaire des baux ruraux.
Outre le recouvrement amiable, il
assure toutes les activités juridiques telles que consultations,
rédaction dactes sous seing privé, assistance
et conseil des parties face à leurs difficultés
diverses.
B. - Activités
accessoires
Lhuissier
de justice peut également, sil y est autorisé,
remplir les fonctions de gérant dimmeuble ou
de syndic de copropriété mais il nintervient
plus dans ce cas en qualité dofficier ministériel.
C. - Précisions apportées
sur le rôle des huissiers dans lexercice de certaines
missions : le recouvrement des créances, les jeux
et concours, le recouvrement des pensions alimentaires, les
saisies immobilières, les jeux et loteries
1. Le recouvrement de créances
Lhuissier de justice,
sil intervient à titre amiable avant titre exécutoire,
le fait en concurrence avec les sociétés de
recouvrement.
Sil intervient à titre
judiciaire, il le fait dune manière exclusive
et monopolistique.
Le groupe de travail a néanmoins
estimé nécessaire dauditionner une société
de recouvrement de créances de manière à
clarifier les rôles respectifs de ces sociétés
et des huissiers. En effet, les pratiques de ces sociétés
semblent particulièrement désagréables
pour les consommateurs (difficulté didentification,
harcèlements répétés, usage de
termes et formules propres à faire croire quil
sagit de documents judiciaires) et le problème
semble surtout important en matière de vente de véhicules.
Il a ainsi pu être rappelé
que ces sociétés sont régies par le décret
du 18 décembre 1996 et quen cas déchec
de leurs démarches, la plupart faisaient appel aux
huissiers de justice librement choisis par elles. De laudition
faite dune société de recouvrement, il
ressort que la collaboration des huissiers avec des sociétés
de recouvrement de créances seffectue par contrat
et que ce contrat ne permet en aucun cas aux dites sociétés
de recouvrement dutiliser le nom ou la fonction de lhuissier
de justice pour inciter le débiteur au paiement.
A lissue de cette audition,
le groupe de travail a souligné la nécessité
dengager des démarches afin dobtenir une
obligation dinformation sur la présence dun
médiateur au sein dune société
de recouvrement. Il considère en effet que cette obligation
devrait être fixée soit par la loi, soit par
une norme imposant certains éléments à
mentionner obligatoirement sur tous les documents portés
à la connaissance du consommateur avant la signature
du contrat et notamment linformer du caractère
commercial et uniquement amiable de leur intervention.
2. Les jeux et concours
Le groupe de travail
sest longuement penché sur cette question :
les consommateurs ont demandé aux professionnels de
bien préciser quel était leur rôle tel
que fixé par la loi et quels aménagements de
la loi pourraient être envisagés.
On peut définir le « jeu »
comme une opération publicitaire faisant intervenir
le hasard et qui exclue toute participation financière
du participant, à peine dinfraction et le « concours »
comme ne faisant pas appel au hasard mais à certaines
qualités du participant (connaissances, rapidité...)
et autorisant la contribution financière du participant.
Certaines opérations, dites
mixtes, sont constituées par un assemblage de ces deux
éléments.
Larticle L. 121-36 du code
de la consommation relatif aux « loteries publicitaires »
dispose que « le règlement des opérations
ainsi quun exemplaire des documents adressés
au public doivent être déposés auprès
dun officier ministériel qui sassure de
leur régularité ». Lhuissier
est en vertu de ce texte dépositaire du règlement
et garant de la régularité de la loterie publicitaire
dont il devrait pouvoir vérifier les conditions de
validité ainsi quà lensemble des
documents envoyés au public. La loi ne donne pas mission
à lhuissier de justice de vérifier la
régularité du déroulement des opérations.
Concernant la suite des opérations,
les deux collèges se sont montrés favorables
à lorganisation dune plus grande vigilance
dans lapplication des textes en vigueur et même
à un renforcement des pouvoirs de contrôle des
huissiers sur lensemble des opérations.
Le CNC rappelle donc létendue
des obligations légales de lhuissier de justice
dans la rédaction et le contrôle approfondi du
règlement, des documents relatifs à lopération
publicitaire et lobligation de conseil qui en est la
conséquence vis-à-vis du client organisateur.
Il doit également vérifier en matière
de concours, la régularité des réponses
au questionnaire. Il rappelle également que, sagissant
notamment de létablissement dun règlement,
la remise des pièces vaut mandat.
De plus, afin de ne pas limiter ce
contrôle au règlement et aux documents adressés
au public, le CNC souhaite une modification législative
visant à létendre à lensemble
des opérations suivantes : le contrôle de
la réalité, valeur et représentation
des lots, le dépôt des bulletins de participation
et sommes versées par les participants, la surveillance
du dépouillement et de la délibération
par un jury indépendant et compétent...
3. Les pensions alimentaires impayées
Le recouvrement relève
exclusivement de la compétence de lhuissier de
justice qui est seul habilité à mettre en place
une procédure de paiement direct sur le territoire
national. Lhuissier de justice compétent est
celui du domicile du demandeur. Les frais dintervention
de lhuissier de justice sont à la charge du débiteur.
En aucun cas le demandeur naura à en faire lavance.
Si le débiteur est insolvable, lEtat peut sy
substituer. Le recouvrement de la créance se fait par
paiement direct avec prélèvement doffice
sur toute source de revenus (salaire, pension, compte bancaire,
loyer...).
Dans le cas de cette procédure
directe celle-ci sapplique sur le paiement des pensions
à venir et sur les six derniers mois impayés.
Lesquels six mois dimpayés font lobjet
dun prélèvement de 1/12 au maximum
par mois à venir jusquà extinction de
cette dette.
Il peut également être
procédé à la mise en uvre de toutes
les procédures dexécution prévues
par la loi.
La prescription en matière
de pension alimentaire est de 5 ans. Les sommes dues
sont versées directement sur le compte du bénéficiaire,
sans transit de fonds chez lhuissier de justice.
4. La saisie
immobilière
Lintervention
de lhuissier demeure très restreinte en matière
de saisie et celle-ci se situe à deux niveaux :
- au moment de la signification
du commandement (acte publié à la conservation
des hypothèques) ;
- lors de la description
du bien pour permettre au tribunal deffectuer une mise
à prix.
Des précisions sur la procédure
de saisie ont été apportées par le ministère
de la justice qui indique que la loi du 23 janvier 1998
a apporté une protection supplémentaire pour
les personnes surendettées en cas de saisie immobilière :
- en renforçant
les mentions dinformation du commandement ;
- en prévoyant la
possibilité de saisir la commission de surendettement
des particuliers ;
- en indiquant que la mise
à prix peut faire lobjet dune contestation.
Ces mesures ont été
renforcées par la loi du 29 juillet 1998
(loi Péricard) sur la lutte contre les exclusions et
par le décret du 1er mars 1999
qui permet déviter la saisie immobilière
en procédant à la vente amiable du bien, lorsque
la commission de surendettement est en mesure de préconiser
un plan déchelonnement de la dette susceptible
de satisfaire le créancier en attendant la réalisation
de la vente.
Ce dispositif devrait donner un caractère
exceptionnel à la vente du bien par adjudication.
D. - La question de la lettre recommandée
avec accusé de réception (question du statut
des lettres recommandées, des droits, obligations et
effets juridiques sur lexpéditeur, le convoyeur,
La Poste, et le destinataire)
Cette question a été
abordée à plusieurs reprises, La Poste jouant
un rôle majeur dans lacheminement de certaines
notifications. Les membres du groupe ont relevé la
difficulté daccéder à la personne
(absence dans la journée, code daccès
à lentrée des immeubles...), lanonymat
maintenu par La Poste sur lémetteur dun
courrier en recommandé. Il a été fait
état dun arrêt de la Cour de cassation
qui assimile une lettre recommandée avec accusé
de réception non réclamée à un
courrier non envoyé, ce qui encourage les destinataires
à ne pas se présenter à La Poste. Les
effets de cette décision se font particulièrement
sentir en ce qui concerne les relations locataires/bailleurs.
Le groupe a donc auditionné successivement le médiateur
de La Poste ainsi que des responsables de cette entreprise.
La lettre recommandée avec
accusé de réception étant un objet de
correspondance se distinguant de la lettre car lexpéditeur
a une preuve denvoi (LR simple) et une preuve de réception
de la lettre (LRAR) et quil sagit dun service
payé par lexpéditeur, la possibilité
daccorder au destinataire la possibilité de refuser
la délivrance dun pli, revient à retirer
à lexpéditeur une partie des bénéfices
clients, au moins en ce qui concerne lavis de réception.
Le service de lavis de réception a été
instauré par la loi du 25 janvier 1873. Il
prévoyait que la signature de lavis était
réalisée par lagent du service postal,
et non par le destinataire. Cest à la suite de
contestations par les destinataires de cette signature de
lavis de réception par lagent du service
postal que La Poste a décidé de faire signer
lavis de réception par le destinataire du pli.
Il nest donc pas certain que le fait dajouter
la possibilité de notifier le refus dun pli ne
constitue pas des risques de conflits. Par ailleurs, une évolution
jurisprudentielle (tribunaux judiciaires et administratifs)
confirme la prise en compte de lattitude du destinataire :
en matière du droit du travail, la notification de
la lettre de convocation à un entretien préalable
de licenciement, nest pas remise en cause en cas de
refus du salarié de recevoir le pli. A linverse,
dans les procédures de divorce, le nouveau code de
procédure civile dispose quen cas de refus dune
lettre de notification, le secrétariat de la juridiction
invite la partie à procéder par voie de signification :
on prend en compte la possibilité du destinataire de
refuser un pli. Dans le cas de bail, la notification dun
congé par le bailleur nest pas régulière
lorsque la LR na pas été remise par voie
dhuissier. Il y a donc un certain nombre de dispositifs
qui sont mis en place pour prendre en compte lattitude
du destinataire.
Le CNC constate que, dans le cadre
du recouvrement des recettes de lEtat, les commandements
préalables à un acte dexécution
font lobjet denvois de lettres simples, ce qui
ne permet pas de prouver la réception de ce document.
Le CNC rappelle que, dans le cadre de lexécution
de ce recouvrement, lhuissier, en vertu de la loi, doit
être porteur du commandement et du titre exécutoire.
Toutefois, le groupe nest pas
parvenu à conclure sur ce sujet et le CNC a évoqué
la possibilité de la création dun nouveau
groupe de travail sur les modes détablissement
des preuves.
III. - Organisation
de la profession
Lorganisation
de la profession, représentation (A) et contrôles
interne et externe (B) ont donné lieu à
des débats qui ont abouti à des propositions
du CNC (C).
A. - La représentation
Sous la tutelle
du ministère de la justice, trois organismes financés
par la profession, assurent le contrôle de lactivité
et de la représentativité :
- les chambres départementales
assurent essentiellement la discipline, sous le contrôle
du procureur de la République et sont consultées
lors de toute cession dune étude dhuissier
de justice et pour la nomination dun clerc assermenté
ou habilité. Elles tiennent le registre de stage ;
- les chambres régionales
correspondant au ressort des cours dappel sont notamment
chargées dassurer le contrôle des études ;
- la chambre nationale
a vocation à gérer les organismes obligatoires,
la responsabilité civile et pécuniaire des huissiers
de justice. Elle représente la profession devant les
pouvoirs publics. Elle organise et gère la formation,
de manière paritaire, des futurs huissiers de justice
et la formation continue de la profession.
La profession dispose également
dun tarif légal fixé par décret,
dune convention collective nationale, dune caisse
de prêts limitée à 40 % de la dépense,
alimentée par ses membres, dune caisse complémentaire
de retraite pour les salariés, dun service de
compensation des transports (les déplacements de lhuissier
de justice, quelle que soit la distance, sont facturés
5,58 Euro au justiciable) et dun syndicat professionnel
patronal (Syndicat national des huissiers de justice) dont
ladhésion est facultative.
B. - La discipline
et les contrôles
A loccasion
de létude des litiges entre les justiciables
et les huissiers de justice, la chambre départementale
peut être amenée à prononcer une des peines
disciplinaires suivantes : le rappel à lordre,
la censure ou la censure devant la chambre assemblée.
Le tribunal de grande instance, pour
sa part, peut être amené à prononcer une
des peines disciplinaires suivantes : la défense
de récidiver, linterdiction temporaire ou la
destitution.
Il y a possibilité de recours
des décisions de la chambre départementale et
du tribunal de grande instance devant la cour dappel.
Les consommateurs se sont interrogés
sur le point de savoir si la profession se contrôlait
elle-même ou si la chancellerie effectuait un suivi
et un contrôle des professions judiciaires et notamment
de la profession dhuissier, quel était son rôle
en cas dinfraction et enfin, sil existait une
classification par type dinfraction et par profession.
Concernant les mesures disciplinaires,
le ministère de la justice a apporté les précisions
suivantes : la procédure disciplinaire est prévue
par lordonnance du 28 juin 1945 et le décret
du 28 décembre 1973. Les poursuites sont
exercées devant la chambre de discipline géographiquement
compétente (celle qui est rattachée à
la chambre départementale dont dépend lhuissier
de justice contesté). Le procureur de la République
peut également en être linitiateur et,
dans ce cas, il saisira le tribunal de grande instance. Il
sagit dune procédure juridictionnelle qui
est confiée par le législateur aux autorités
chargées au plan local du contrôle et de la surveillance
des membres des professions réglementées (les
officiers ministériels ou les auxiliaires de justice).
Les procureurs généraux
rassemblent les résultats des poursuites disciplinaires
dont ont fait lobjet les professionnels du ressort et
en rendent compte à la chancellerie. Cette dernière
est informée des poursuites disciplinaires dans le
cadre de la gestion du dossier individuel du professionnel
mais ne dispose pas de statistiques globales concernant lensemble
de la profession.
Le ministère de la justice
ayant souligné que la chancellerie navait pas
les moyens de réunir les éléments permettant
de déterminer le détail des infractions, un
débat sest instauré au sujet des procédures
de contrôle interne et externe.
C. - Les propositions
du CNC
Compte tenu
de ce qui précède :
- le CNC constatant que
lensemble des procédures de contrôle existantes,
tant disciplinaires que judiciaires, sont décentralisées
et ne comportent aucune remontée des données,
il propose lorganisation dune réelle centralisation
des informations dans le cadre de la Chambre nationale et
de la chancellerie, complémentaire de ces modes de
contrôles internes et externes, afin dassurer
une cohérence dans le suivi global de la profession
et la transparence sur ces informations dans le but, notamment,
dalimenter les réunions de suivi des recommandations
du présent avis ;
- de plus, le CNC a évoqué
la restauration de la saisine du juge de lexécution
par voie de requête simple : il a en effet été
rappelé que la loi de 1992 lavait prévue,
mais que lexpérience avait été
abandonnée, la plupart des gens étant incapables
de formuler une requête qui puisse être étudiée
par un juge. Le filtre dun professionnel du droit pour
établir la requête est alors apparu indispensable,
compte tenu des conditions de fonctionnement du juge de lexécution.
Il convient de souligner cependant que la loi de lutte contre
les exclusions (1998) permet la saisine du juge de lexécution
sans passer par un huissier de justice en matière dexpulsion.
Cette question na pas été
tranchée par manque de consensus : dans son avis,
le CNC a relevé :
- quà lexception
des mesures dexpulsion, le consommateur débiteur
qui souhaite demander laménagement des conditions
dexécution, sanctionner une procédure
irrégulière ou solliciter la mise à disposition
de biens ou de sommes insaisissables, doit sadresser
à un huissier ;
- quune telle mesure,
outre lobstacle psychologique résidant dans le
fait daller voir un huissier alors quil est sollicité
par lun deux, renchérit le coût de
la procédure pour des personnes souvent en situation
de grande précarité ;
- que le consommateur peut
par ailleurs se heurter à un éventuel refus
dinstrumenter contre un collègue ;
- que paradoxalement enfin,
lhuissier peut saisir sans forme le juge pour quil
soit statué sur des difficultés dexécution ;
- que le collège
professionnel est opposé à la modification de
la saisine du juge de lexécution au motif quil
ne saurait accepter largument psychologique dans la
mesure où lhuissier de justice sattache
à se maintenir à la disposition de tout justiciable
quelle que soit sa condition ou sa situation économique.
Par ailleurs, la modicité du coût de lassignation
devant le JEX met à néant lobstacle économique.
Enfin, la saisine du JEX par lhuissier de justice lui-même
est à la fois soumise à des formalités
et met en uvre, de fait et par son professionnalisme,
lexigence de clarté de la demande.
IV. - Formation
des huissiers de justice
A. - La profession assure la formation
des huissiers de justice,
tant au niveau de lenseignement dispensé, que
de son coût
Les organismes de formation
La Chambre nationale
des huissiers de justice est responsable de la formation qui
est assurée par deux organismes distincts :
- lEcole nationale
de procédure établissement paritaire privé
(ENPEPP), dont lenseignement est destiné aux
employés des études, aux clercs, aux clercs
significateurs et aux stagiaires qui bénéficient
de lenseignement des deux dernières années
de lécole et qui vont ensuite se présenter
à lexamen professionnel dhuissier de justice.
Cet établissement diffuse un enseignement par correspondance
et organise également des cours et des cycles de conférences
obligatoires dans des centres généralement implantés
auprès des cours dappel.
Le
diplôme qui sanctionne ces études est reconnu
par lEtat ;
- le département
formation des stagiaires (DFS), dont lenseignement couvre
une période de deux ans uniquement destinée
aux stagiaires en vue de lexamen professionnel dhuissier
de justice. Les cours sont organisés dans des centres
régionaux (une douzaine) qui regroupent plusieurs cours
dappel.
Deux voies daccès à la
profession
A titre externe :
le titulaire dune maîtrise en droit doit sinscrire
sur le registre de stage tenu par les chambres départementales
et doit exercer la fonction de stagiaire dans une étude,
en qualité de salarié, pendant deux ans. Il
lui est recommandé de sinscrire aux deux dernières
années de lENPEPP dont lenseignement est
plus spécifiquement orienté vers la procédure
civile et les voies dexécution. En outre, le
stagiaire doit suivre lensemble des conférences
diffusées par le DFS.
A titre interne : cette
seconde possibilité daccès reste minoritaire
mais permet au salarié qui a exercé son activité
pendant dix ans dans une étude, de présenter
lexamen professionnel dhuissier de justice conformément
aux dispositions des articles 5 ou 5-1 du décret
du 14 août 1975 modifié :
- larticle 5
du décret no 86-734 du 2 mai 1986
dispose : « Peuvent être dispensées
de stage, dans les conditions prévues à larticle 2,
les personnes ayant exercé pendant six ans au moins
les fonctions de principal clerc dhuissier de justice
ou des activités professionnelles comportant des responsabilités
équivalentes dans un office dhuissier de justice,
dans un organisme statutaire de la profession ou dans un organisme
denseignement professionnel dhuissier de justice » ;
- et larticle 5-1
du même décret : « Sont dispensés
de la condition de diplôme prévue au 5o de
larticle 1er et peuvent être
dispensées de stage, dans les conditions prévues
à larticle 2, les personnes titulaires soit
de la capacité en droit, soit du diplôme universitaire
de technologie des carrières juridiques et judiciaires,
soit du diplôme national sanctionnant un premier cycle
détudes juridiques, soit du diplôme délivré
par lEcole nationale de procédure de la chambre
nationale des huissiers de justice, ayant exercé des
fonctions de clerc dhuissier de justice pendant dix ans
au moins, dont cinq ans dans les conditions mentionnées
à larticle 5. »
B. - Les propositions
du CNC
Les deux collèges
ont débattu des questions de formation initiale et
continue et de certification de services.
Les représentants des professionnels
ont indiqué que la formation continue était
effectuée à linitiative de la profession
qui en fixe les programmes en tenant compte de lévolution
de la profession et ont émis le souhait que celle-ci
devienne obligatoire. Cette proposition a été
vivement soutenue par le collège professionnel mais
répond également à un souhait des consommateurs.
Sur ce point, le CNC fait les propositions
suivantes contenues dans lavis : il confirme la
pertinence de cette maîtrise de la formation, tout en
invitant à une plus grande attention de lEtat
dans la définition du contenu des formations initiales
et leur financement, les huissiers assurant, pour partie de
leur activité, un service public. De plus, il sest
déclaré favorable à la mise en uvre
dune formation continue obligatoire, facilitée
notamment par le développement des nouvelles technologies
de linformation. Par ailleurs, il considère que
lintroduction dun module de droit de la consommation
lors de la formation initiale, ainsi que des interventions
dorganisations de consommateurs dans le cadre de la
formation continue de la profession, pourrait favoriser une
meilleure prise en compte des préoccupations des publics
fragiles.
De son côté, le collège
professionnel a souhaité des mesures visant à
la promotion des collaborateurs au sein des études
dhuissier de justice.
De plus, en vue de valoriser le niveau
de qualité et répondre aux exigences qualité
des clients, le CNC recommande que la profession soriente
vers une démarche de certification dans le cadre de
son activité concurrentielle.
V. - Le tarif des huissiers de
justice
A. - La rémunération
de lhuissier de justice comprend :
- des
rémunérations tarifées : le décret
du 12 décembre 1996 énumère
et fixe le mode de calcul de plus de 150 actes ;
- des rémunérations
librement fixées entre le client et lhuissier
de justice, qui peuvent sappliquer :
- en
complément à certains des actes tarifés
limitativement énumérés dans la liste ;
- à
des actes ou missions non tarifés dans le décret ;
- aux
autres activités pouvant être exercées
par un huissier de justice en tant que profession libérale :
gérance dimmeuble, syndic de copropriété,
assurances...
1. Le tarif, la modulation
dun taux de base : au coût de lacte
ainsi déterminé par la loi sajoutent :
- une majoration pratiquée
en fonction du litige selon un coefficient de pondération ;
- un poste de transport
forfaitaire quelle que soit la distance parcourue ;
- le remboursement des
débours (frais postaux, etc.) ;
- un émolument prévu
à larticle 13 du tarif (droit dengagement
des poursuites) qui peut être perçu selon la
nature de laffaire et qui est calculé à
partir du taux de base et en fonction du montant de la créance.
Larticle 13 du décret
du 27 avril 2001 prévoit : « Les
actes mentionnés au tableau I donnent lieu, sils
sont relatifs à une obligation pécuniaire déterminée
et si ledit tableau leur en ouvre la possibilité à
la perception, au profit de lhuissier de justice, dun
droit dengagement de poursuites, calculé selon
les tranches suivantes, pour une créance de :
0 à 304 Euro : 2 taux
de base par tranche de 76 Euro ;
Au-delà de 304 Euro et
jusquà 912 Euro : 8 taux de base + 2 taux
de base par tranche de 152 Euro ;
Au-delà de 912 Euro et
jusquà 3 404 Euro : 16 taux
de base + 2 taux de base par tranche de 304 Euro ;
Supérieure à 3 040 Euro :
30 taux de base + 2 taux de base par tranche
de 1 520 Euro,
sachant que ce droit ne peut être inférieur à
2 taux de base ni supérieur à 125 taux
de base. »
Larticle 16 prévoit
que les huissiers de justice sont rémunérés
par des honoraires fixés dun commun accord avec
leur mandant ou, à défaut, par le juge chargé
de la taxation, dans les hypothèses suivantes :
- pour les actes dont la
tarification est fixée par le tableau I, dès
lors, dune part, que ledit tableau en ouvre expressément
la possibilité, dautre part, que lhuissier
de justice est confronté, dans lexercice de sa
mission, à une situation durgence ou à
des difficultés particulières (cf. note 1) .
- pour les actes dont la
rémunération nest pas tarifée et
notamment les sommations interpellatives et les constats autres
que celui visé à la rubrique 104 du tableau I ;
- pour lensemble
des prestations compatibles avec leur statut et nayant
pas un acte dhuissier de justice pour support, soit
notamment :
- les
consultations juridiques et la rédaction dactes
sous seing privé délivrés dans le cadre
des prérogatives qui leur sont imparties par larticle 56
de la loi du 31 décembre 1971 susvisée ;
- les
missions dassistance ou de représentation devant
les juridictions où lhuissier de justice est
habilité à représenter les parties, ces
honoraires demeurent en toute hypothèse à la
charge du mandant. Dans tous les cas, lensemble des
différents postes réclamés est soumis
à une TVA de 19,6 % et la plupart des actes sont
soumis à la perception supplémentaire dune
taxe parafiscale de 9 Euro.
2. Le taux de base :
celui-ci est de 1,60 Euro et doit être affecté
dun coefficient correspondant à lacte pratiqué,
tel quil figure dans la nomenclature du tarif légal.
3. Le recouvrement de
créance : lhuissier de justice participe
également au recouvrement amiable des créances
et assure seul le recouvrement judiciaire. A ce titre, le
décret du 8 mars 2001 lui accorde un droit
proportionnel dégressif à la charge du créancier
de :
12 % jusquà 125 Euro ;
11 % de 125 Euro à
610 Euro ;
10,5 % de 610 à 1 525 Euro ;
4 % au-delà (limité
à 1 000 taux de base).
Ce droit est perçu sur les
sommes recouvrées et non sur le montant global de la
créance.
4. La prestation de
service : pour les actes hors monopole qui relèvent
du domaine concurrentiel (rédaction dactes, mission
de conseil, réception des clients, représentant
dun plaideur, etc.) lhuissier de justice perçoit
un honoraire librement négocié entre lui et
son client, auquel sajoute la TVA à 19,6 %.
B. - Les précisions
apportées par ladministration
Dans le cadre
dune instance, le contrôle de lapplication
des tarifs (vérification des dépens) est organisé
par les articles 704 à 718 du code de procédure
civile : les parties peuvent prendre linitiative
dune procédure lorsque le juge du fond se prononce
sur la charge des dépens. En dehors dune instance,
une procédure similaire peut être initiée
sur demande adressée au greffe de la juridiction compétente.
C. - Les recommandations
des collèges
Constatant la
grande complexité de la tarification telle quelle
est fixée par la réglementation, les collèges
émettent des recommandations : certaines émanent
des deux collèges et sont consensuelles, dautres
sont émises par chacun des collèges.
Le CNC constate que ce tarif, bien
que fixé réglementairement et mis à la
disposition du public, ne peut dispenser lhuissier de
justice de son obligation dinformation et de conseil,
dans un but de clarté et transparence en préalable
et tout au long de sa mission. Il recommande donc que lhuissier
favorise laccès à linformation tarifaire
de lensemble des consommateurs, débiteurs ou
créanciers, par tous les moyens appropriés (téléphone,
Internet, etc.), cette information devant notamment permettre
la comparaison des coûts des prestations offertes dans
le contexte concurrentiel. Il rappelle de plus que, selon
un avis de la Cour de cassation en date du 10 juillet 2000,
il appartient à lhuissier de justice de prouver
« quil a averti préalablement son
client du caractère onéreux de sa prestation
de service et du montant estimé ou du mode de calcul
de la rémunération à prévoir ».
Toutes les prestations de services
de lhuissier de justice peuvent, en outre, être
soumises au contrôle du juge taxateur.
En conséquence, le CNC recommande :
- la diffusion en étude
dun document dinformation tel que décrit
en annexe de lavis. Celui-ci fait lobjet,
pour partie, dun affichage de façon visible du
public et facilement accessible (cest lannexe de
lavis), et dans sa totalité, dune brochure
à remettre au consommateur, sur sa demande ;
- la fourniture dune
estimation tarifaire prévisionnelle gratuite :
le CNC affirme le principe selon lequel doit être clairement
portée à la connaissance du consommateur la
possibilité de lui fournir une estimation tarifaire
prévisionnelle gratuite préalable à toute
intervention ;
- la nécessité
dinformer le client du caractère onéreux
de la prestation et de ses modalités de calcul (avis
de la Cour de cassation du 10 juillet 2000) dans
les hypothèses durgence ne permettant pas la
rédaction matérielle de cette estimation ;
- lobligation posée
par larticle 27 du décret du 12 décembre 1996,
aux termes duquel « les huissiers de justice sont
tenus de remettre aux parties un compte détaillé
des sommes dont elles sont redevables ».
Il attire en outre lattention
sur le caractère spontané de la remise et la
nécessaire lisibilité de ce compte détaillé,
ne comportant pas en particulier dabréviations.
Dans tous les cas, lhuissier de justice est tenu de
remettre aux parties un compte détaillé des
sommes dont elles sont redevables ainsi quune information
sur le coût des principales prestations tarifées
sous forme de devis préalable.
Du côté des professionnels,
il a été rappelé lalourdissement
des coûts liés à la TVA et à lexistence
dune taxe parafiscale égale à 9 Euro.
Le CNC ne sest pas prononcé sur ces questions
mais a rappelé lavis voté par le Conseil
national de la consommation en ce qui concerne « les
honoraires des avocats » relativement à
la TVA à laquelle sont soumis les honoraires et émoluments
des professionnels du droit : « Pour ne pas
discriminer les consommateurs qui ne récupèrent
pas la TVA, il est demandé de faire application dun
taux de TVA à 5,50 % pour les consultations en
matière juridique, et de supprimer la TVA sur laide
juridictionnelle, afin daccroître lenveloppe
budgétaire disponible. »
VI. - Lhuissier
de justice dans le contexte international
Depuis le 31 mai 2001,
les états membres de lUnion européenne
(à lexception du Danemark) doivent appliquer
le règlement du Conseil de lUnion européenne
no 1348/2000 du 29 mai 2000, relatif
à la signification et la notification dans les états
membres, des actes judiciaires et extrajudiciaires en matière
civile et commerciale.
Le règlement du Conseil de
lUnion européenne no 44/2001
du 22 décembre 2000, concernant la compétence
judiciaire, la reconnaissance et lexécution des
décisions en matière civile et commerciale,
est entré en vigueur le 1er mars 2002.
Quelle que soit la dénomination ou la forme dexercice,
on retrouve, dans presque tous les états, le binôme
signification ou notification des actes et exécution
des décisions de justice. Des rapprochements entre
les états concernant les modalités de signification
des actes viennent dêtre mis en place. Toutefois,
la grande variété entre les professionnels et
leurs prérogatives et modes dexercice rend une
unification des systèmes peu envisageable dans un avenir
proche.
Il est rappelé également
que lestimation tarifaire prévisionnelle, si
elle est souhaitable dans son principe en matière de
tarification libre, ne saurait engager définitivement
lhuissier de justice dans la mesure où, dans
le cours dune procédure dexécution
par exemple, il ne maîtrise ni ses aléas ni les
divers intervenants.
Conclusion
Au
terme des travaux, le CNC a présenté un projet
davis avec, en annexe, un document à afficher
dans les études des huissiers intitulé « Lhuissier
de justice et vous ». Il a également procédé
à la rédaction dun document plus complet,
qui prendra la forme dune plaquette, disponible chez
les huissiers de justice et consultable par tous les consommateurs
qui en feront la demande. Un glossaire sera rédigé
par la chancellerie en concertation avec les deux collèges,
à lissue des travaux du CNC.
Avis CNC « huissiers de
justice »
Dans
le cadre du mandat approuvé par le bureau du CNC dans
sa séance du 29 septembre 2000, a été
constitué un groupe de travail relatif à la
profession dhuissier de justice.
Ce sujet sinscrit dans une démarche
globale initiée par les organisations de consommateurs
au sein du CNC afin de favoriser un meilleur accès
au droit et à la justice pour lensemble des citoyens.
Lanalyse des dossiers examinés
au cours des permanences juridiques tenues par les associations
montre en effet quil est nécessaire daméliorer
la connaissance du rôle et des missions des huissiers
de justice. Ce constat est partagé par la profession
elle-même dont lactivité demeure mal connue.
Les principes réglementaires
régissant la tarification apparaissent également
méconnus, et suscitent des difficultés.
Les travaux se sont également
appuyés sur la concertation menée dans le cadre
de la maison de la consommation et de lenvironnement
de Rennes et sur létude réalisée
au centre régional de la consommation de Lille.
Lobjet du présent groupe
était donc double :
- réaliser une analyse
de lexistant par un inventaire de la profession (rôle,
mission, droits et obligations) et un recensement des dysfonctionnements ;
- formuler des propositions
de nature à améliorer linformation du
consommateur sur létendue des missions dévolues
aux huissiers, les limites de leurs interventions, le cadre
de lexécution des actes et sur les tarifs pratiqués.
Pour répondre à ces
objectifs, le CNC préconise les mesures suivantes visant
à :
I. - Lamélioration de
linformation du consommateur :
- le devoir de conseil
à légard du consommateur ;
- lamélioration
de linformation sur la nature des missions de lhuissier
de justice :
- la
transparence sur le cadre des missions ;
- la
connaissance et la pertinence des termes utilisés ;
- lamélioration
de linformation sur les tarifs et honoraires pratiqués :
- la
nécessité de la simplification de linformation
tarifaire ;
- laffichage
et la remise en étude dun document dinformation
tarifaire ;
- la
fourniture dune estimation tarifaire prévisionnelle
gratuite ;
- lobligation
de remise dun compte détaillé.
II. - La valorisation de la qualité
des missions réalisées :
- lamélioration
de la formation initiale et continue ;
- lapproche volontaire
dune démarche qualité certifiée.
III. - Le renforcement du concours
de lhuissier de justice à la protection du consommateur :
- lobligation de
conseil à légard du mandant en cas de
recouvrement de créance ;
- le contrôle sur
les opérations de loteries publicitaires.
IV. - La prévention et le traitement
des différends :
- la permanence de la concertation
avec les organisations de consommateurs ;
- la cohérence des
outils de contrôle interne et externe de la profession ;
- un meilleur accès
à la justice ;
- lacheminement des
lettres recommandées par La Poste.
I. - Lamélioration
de linformation du consommateur
1. Le devoir de conseil à légard
du consommateur
Du fait de lobligation
étendue à lensemble des professionnels,
lhuissier de justice est tenu à un devoir de
conseil. Ainsi, « Les huissiers de justice, légalement
ou contractuellement tenus de conseiller leur clients sur
lutilité et lefficacité des actes
quils sont requis daccomplir, doivent rapporter
la preuve de lexécution de cette obligation »
en vertu dun avis de la Cour de cassation (cass. civ. 1re
du 15 décembre 1998).
Le CNC rappelle donc la nécessité
pour les huissiers de justice de respecter leur devoir de
conseil y compris dans le cadre du recouvrement amiable des
créances.
2. Lamélioration de linformation
sur la nature des missions réalisées
a) La transparence sur le cadre des missions
Lhuissier de justice
est un officier ministériel qui exerce une profession
libérale réglementée. Il bénéficie
dun monopole légal pour la délivrance
des actes de procédure judiciaire, de lassignation
en justice à lexécution forcée
des jugements. Il bénéficie également
dun monopole pour certains actes extrajudicaires.
Il exerce en outre, hors de ce monopole
(ex. : recouvrement amiable de créances, syndics
de copropriété...), et entre en concurrence
avec dautres prestataires.
De cette double mission privée
et publique est susceptible de naître une confusion
pour le consommateur, quil soit créancier ou
débiteur, sur le cadre de lintervention de lhuissier
de justice : tantôt il agit pour le service public
de la justice, tantôt il agit pour un client.
Une identification claire et aisément
compréhensible par tous des diligences accomplies dans
le cadre du recouvrement amiable et des actes relevant de
la procédure judiciaire est de nature à responsabiliser
le consommateur en permettant une meilleure connaissance de
ses droits, obligations et recours, et non une incitation
à en minorer la portée.
Une seconde source de confusion soulignée
par le CNC réside dans la concurrence existante entre
huissiers de justice et sociétés de recouvrement
dans la mission de recouvrement amiable de créances,
pouvant conduire ces dernières sociétés
à créer une ambiguïté sur leurs
pouvoirs et obligations respectives.
En outre, des créances se révèlent
non fondées et la pratique démontre que, en
général, les consommateurs ignorent leurs droits
dans le cadre dune mission de recouvrement amiable.
Cest pourquoi afin de favoriser
une meilleure information du consommateur sur ses droits et
obligations, et ainsi limiter les confusions éventuelles,
le CNC souhaite, à lexemple des fiches de
vulgarisation réalisées par le ministère
de la justice sur le coût dun procès et
la profession davocat, la rédaction dune
plaquette répertoriant lensemble des missions
exercées par les huissiers de justice et précisant
leurs rôle, devoirs, rémunération, organisation.
Une telle transparence sur les
activités savère dautant plus nécessaire
que les huissiers de justice, principalement en zone urbaine,
sont amenés à diversifier et étendre
leurs offres.
Le CNC propose également
la précision du type de recouvrement par lapposition
dune mention écrite distincte « Recouvrement
amiable par huissier de justice » ou « Recouvrement
judiciaire par huissier de justice » en gros caractères
en tête des documents émanant de lhuissier.
Il affirme en outre, que toute
démarche dune société de recouvrement
à légard dun consommateur, quelle
soit orale ou écrite, ne doit par les termes employés
entretenir aucune confusion entre cette activité et
dautres professions (« huissiers de justice »
ou « inspecteurs »).
Ayant souligné les difficultés
liées à la pratique des personnes chargées
du recouvrement, et le contentieux afférant, le
CNC suggère enfin la création dun groupe
de travail dédié à ce thème, dépassant
le champ du mandat actuel.
b) La connaissance et la pertinence
des termes utilisés
Le CNC met en évidence
limportance de la terminologie employée :
Constatant la méconnaissance
par le consommateur du milieu judiciaire, il propose que
la chancellerie procède, en concertation avec les deux
collèges, à la rédaction dun glossaire
des termes utilisés afin déclairer le
consommateur.
De plus, existe une confusion
entre les termes de « commandement »
et de « sommation » dans les textes
législatifs.
La sommation correspond à une
mise en demeure délivrée à un débiteur
avant lobtention dun titre exécutoire.
Le commandement est une mise en demeure
solennelle, délivrée à un débiteur,
postérieurement à lobtention dun
titre exécutoire et précédant lengagement
soit dune saisie-vente, soit dune procédure
dexpulsion.
Or, la loi utilise le terme de commandement
alors quun titre exécutoire (acte de procédure)
nest pas nécessaire dans les domaines notamment
des loyers (art. 24 de la loi du 6 juillet 1989)
et de la copropriété. Néanmoins, la nature
des actes accomplis sous ce terme impropre nest pas
modifiée et ne peut entraîner les mêmes
effets que le commandement tel que défini précédemment.
Le CNC souhaite donc une modification
législative des textes concernés afin de lever
cette incohérence.
3. Lamélioration de linformation
sur les tarifs et honoraires
a) La nécessité de la simplification
de linformation tarifaire
La rémunération
des huissiers de justice est fixée par le décret
no 96-1080 du 12 décembre 1996
portant fixation du tarif des huissiers de justice en matière
civile et commerciale, modifié par le décret
du 8 mars 2001, le décret du 27 avril 2001
et le décret du 18 février 2002.
Quoique simplifié selon la
volonté des rédacteurs, soucieux de lexhaustivité
des actes détaillés, la compréhension
de ce décret du fait des différents droits le
composant, de leur mode de calcul et de la prise en compte
des missions très diversifiées de lhuissier,
demeure complexe pour le consommateur.
Ce tarif, bien que fixé réglementairement
et mis à la disposition du public, ne peut donc dispenser
lhuissier de justice de son obligation dinformation
et de conseil, dans un but de clarté et transparence
en préalable et tout au long de sa mission.
Le CNC recommande donc que lhuissier
favorise laccès à linformation tarifaire
de lensemble des consommateurs, débiteurs ou
créanciers, par tous les moyens appropriés (téléphone,
internet...).
Cette information doit notamment
permettre la comparaison des coûts des prestations offertes
dans le contexte concurrentiel.
Le CNC rappelle que, selon un avis
de la Cour de cassation en date du 10 juillet 2000,
il appartient à lhuissier de justice de prouver
« quil a averti préalablement son
client du caractère onéreux de sa prestation
de service et du montant estimé ou du mode de calcul
de la rémunération à prévoir ».
Toutes les prestations de services
de lhuissier de justice peuvent, en outre, être
soumises au contrôle du juge taxateur.
b) Laffichage et la remise en
étude
dun document dinformation tarifaire
Le CNC propose la
diffusion en étude dun document dinformation
tel que décrit en annexe. Celui-ci ferait pour partie
lobjet dun affichage de façon visible du
public et facilement accessible, et pour partie serait remis
sur demande du consommateur.
Le CNC recommande que ce document,
« Lhuissier de justice et vous »,
précisant les droits et obligations de la profession,
les voies de recours et les types de rémunérations,
soit rendu obligatoire par arrêté.
c) La fourniture dune
estimation tarifaire prévisionnelle gratuite
Le CNC affirme le
principe selon lequel doit être clairement portée
à la connaissance du consommateur la possibilité
de lui fournir une estimation tarifaire prévisionnelle
gratuite préalable à toute intervention.
Dans les hypothèses durgence
ne permettant pas la rédaction matérielle de
cette estimation, le CNC souligne la nécessité
dinformer le client du caractère onéreux
de la prestation et de ses modalités de calcul (avis
de la Cour de cassation du 10 juillet 2000).
d) Lobligation de remise dun
compte détaillé
Le CNC rappelle lobligation
posée par larticle 27 du décret du
12 décembre 1996, aux termes duquel « les
huissiers de justice sont tenus de remettre aux parties un
compte détaillé des sommes dont elles sont redevables ».
Il attire en outre lattention
sur le caractère spontané de la remise et la
nécessaire lisibilité de ce compte détaillé,
ne comportant pas en particulier dabréviations.
II. - La valorisation de la qualité
des missions réalisées
Deux
mesures sont de nature à améliorer et valoriser
la qualité des prestations de lhuissier de justice,
contribuant ainsi à renforcer la reconnaissance de
la profession.
1. Lamélioration de la formation
initiale et continue
La profession assure
elle-même la formation initiale et continue de ses membres,
tant au niveau de lenseignement quau niveau du
financement.
Le CNC confirme la pertinence de
cette maîtrise de la formation, tout en invitant à
une plus grande attention de lEtat dans la définition
du contenu des formations initiales et leur financement, les
huissiers assurant, pour partie de leur activité, un
service public.
Compte tenu des publics rencontrés
souvent en situation de grande précarité, une
meilleure prise en compte de cette dimension sociale et psychologique
est également à considérer.
Pourraient notamment concourir à
ce dernier objectif un module de droit de la consommation
lors de la formation initiale, ainsi que des interventions
dorganisations de consommateurs dans le cadre de la
formation continue de la profession.
Selon le CNC, en complément
à la formation initiale, le principe du caractère
obligatoire de la formation continue, facilitée
notamment par le développement des nouvelles technologies
de linformation, doit être posé.
Le collège professionnel
souhaite également des mesures visant à la promotion
des collaborateurs au sein des études dhuissier
de justice.
2. Lapproche volontaire dune
démarche qualité certifiée
Les associations
de consommateurs soulignent lavancée que représentent
des démarches de type ISO 9000 certification « dassurance
qualité » dans lesquelles sont engagées
certaines études.
Lintérêt direct
pour le consommateur étant davantage pris en compte
par la certification « de service »
telle que définie aux articles L. 115-27 et suivants
du code de la consommation et suivant les recommandations
précédemment émises par le groupe de
travail tenu en 1998, le CNC recommande que la profession
soriente vers une telle démarche dans le cadre
de son activité concurrentielle. Cet engagement
volontaire permettrait de valoriser le niveau de qualité
et répondre aux exigences qualité des clients.
III. - Le renforcement du concours
de lhuissier de justice
à la protection du consommateur
1. Lobligation de conseil à légard
du mandant
en cas de recouvrement de créance
Les textes actuels
ne prévoient pas que lhuissier de justice dispose
du suivi de la créance pour le recouvrement de laquelle
il est mandaté.
Pour pallier cette lacune et compte
tenu des fréquentes hypothèses de recouvrements
non justifiés (dans le domaine notamment de la téléphonie),
il est recommandé que lhuissier de justice
attire lattention de son client sur les risques encourus
en cas de poursuites abusives.
Le CNC propose quune mention
indiquant clairement ce risque figure sur le courrier accusant
réception de la demande dun créancier
particulier et sur le mandat général de recouvrement
de créance dun créancier professionnel.
Linformation à légard
du débiteur sur le cadre de lintervention et
les recours possibles doit en outre être renforcée
en cas de créances non fondées.
2. Le contrôle sur les opérations
de loteries publicitaires
Larticle L. 121-36
du code de la consommation relatif aux « loteries
publicitaires » dispose que « le règlement
des opérations ainsi quun exemplaire des documents
adressés au public doivent être déposés
auprès dun officier ministériel qui sassure
de leur régularité ».
Lhuissier est en vertu de ce
texte dépositaire du règlement et garant de
la régularité de la loterie publicitaire dont
il doit vérifier les conditions de validité
par rapport à ce même règlement ainsi
quà lensemble des documents envoyés
au public. Sur ce dernier point, sa responsabilité
peut être engagée sans quun mandat étende
sa mission au-delà de la fonction de séquestre
ainsi que la jurisprudence en a jugé.
Le CNC rappelle donc létendue
des obligations légales de lhuissier de justice
garant de la régularité de lopération
(qui impliquent notamment lintervention dans la rédaction
ou contrôle approfondi du règlement, la surveillance
des documents relatifs au concours, le contrôle du questionnaire
établi...) et lobligation de conseil qui en
est la conséquence vis-à-vis du client organisateur.
Afin de ne pas limiter ce contrôle
au règlement et aux documents adressés au public,
le CNC souhaite une modification législative visant
à létendre à lensemble de
lopération.
Seraient alors par exemple les conséquences
de cette obligation élargie : le contrôle
de la réalité, valeur et représentation
des lots, le dépôt des bulletins de participation
et sommes versées par les participants, la surveillance
du dépouillement et de la délibération
par un jury indépendant et compétent....
Sagissant notamment de létablissement
dun règlement, la remise des pièces vaut
mandat.
IV. - La prévention et le
traitement des différends
1. La permanence de la concertation
avec les organisations de consommateurs
Afin de poursuivre
le dialogue engagé et prévenir ainsi les différends
et, le cas échéant, en favoriser une résolution
amiable, le CNC est favorable à un renforcement
de la concertation institutionnelle entre la profession dhuissiers
de justice et les organisations de consommateurs.
En ce sens, des contacts doivent être
organisés :
- au niveau départemental,
par la mise en place par chaque chambre départementale
de vecteurs dinformation permanents à la disposition
des organisations et portés à leur connaissance
(permanences téléphoniques, publications...),
complétés de la désignation dun
correspondant dénommé ;
- au niveau national, par
la communication de coordonnées de correspondants désignés
au sein de la Chambre nationale des huissiers de justice et
du Syndicat national des huissiers de justice, ainsi que dans
chaque organisation de consommateurs agréée
au plan national.
2. La cohérence des outils de contrôle
internes
et externes de la profession
Le CNC constate que
lensemble des procédures de contrôle existantes
tant disciplinaires que judiciaires sont décentralisées
et ne comportent aucune remontée des données.
Complémentaire de ces modes
de contrôles internes et externes, lorganisation
dune réelle centralisation des informations dans
le cadre de la Chambre nationale et de la chancellerie apparaît
nécessaire afin dassurer une cohérence
dans le suivi global de la profession.
La transparence sur ces informations
simpose et permettra notamment dalimenter les
réunions de suivi des recommandations du présent
avis.
Le collège consommateur
du CNC souhaite la restauration de la saisine du juge de lexécution
par lettre recommandée avec accusé de réception.
En effet, selon le collège
consommateur, initialement cette saisine était simple
et peu coûteuse en vertu de larticle 15 du
décret no 92-755 du 31 juillet 1992
instituant de nouvelles règles relatives aux procédures
civiles dexécution pour lapplication de
la loi no 91-650 du 9 juillet 1991.
Les modalités de saisine ont été modifiées
par le décret no 96-1130 du 18 décembre 1996.
En conséquence, à lexception des mesures
dexpulsion, le consommateur débiteur qui souhaite
demander laménagement des conditions dexécution,
sanctionner une procédure irrégulière
ou solliciter la mise à disposition de biens ou de
sommes insaisissables doit sadresser à un huissier.
Une telle mesure, outre lobstacle
psychologique résidant dans le fait daller voir
un huissier alors quil est sollicité par lun
deux, renchérit le coût de la procédure
pour des personnes souvent en situation de grande précarité.
Le consommateur peut par ailleurs se heurter à un éventuel
refus dinstrumenter contre un collègue. Paradoxalement
enfin, lhuissier peut, lui, saisir sans forme le juge
pour quil soit statué sur des difficultés
dexécution.
Des magistrats eux-mêmes ainsi
quune partie de la doctrine ont confirmé que
cette saisine directe ne constituait pas une source dengorgement
des tribunaux par une multiplication des contentieux, toute
demande abusive ou dilatoire pouvant de plus donner lieu à
loctroi de dommages et intérêts ou amende
civile.
« Labsence dun
véritable contrôle pouvant conduire à
des situations abusives qui risquent de jeter le discrédit
sur la profession, il convient donc de mettre en place des
moyens adaptés pour quelle conserve toute sa
légitimité », selon les propos de
M. Ruellan, magistrat.
Le collège professionnel
est opposé à toute réforme du mode de
saisine du juge de lexécution qui conduirait
selon lui à un engorgement des tribunaux et conteste,
en outre, quil puisse jamais survenir quun huissier
de justice refuse dinstrumenter contre un collègue.
3. Un meilleur accès à la
justice
Par analogie avec lavis
relatif à linformation du consommateur sur les
honoraires des avocats, et constatant quune partie des
consommateurs ne peut financièrement, accéder
au service public de la justice, le CNC recommande de faire
connaître les services de renseignements mis à
la disposition du public par les huissiers à titre
gracieux, ainsi que le maillage des maisons du droit.
Pour ne pas discriminer les consommateurs
qui ne récupèrent pas la TVA, le CNC propose
de faire application dun taux de TVA à 5,5 %
sur les actes et prestations de lhuissier de justice
et de supprimer la TVA sur laide juridictionnelle
afin daccroître lenveloppe budgétaire
disponible.
4. Lacheminement des courriers recommandés
par La Poste
En marge des débats
a été soulevée la question de lacheminement
des courriers recommandés par La Poste sur laquelle
le CNC constate une divergence des deux collèges suite
à un arrêt de la Cour de cassation en date du
19 janvier 2001 remettant en cause la valeur juridique
de la lettre recommandée avec accusé de réception.
Cet arrêt confirme la thèse
selon laquelle tant que la lettre recommandée na
pas été remise à son destinataire il
ny a pas eu de réception de la notification et
le délai de préavis ne court pas. Cet arrêt
peut donc se révéler source dinsécurité
juridique, par exemple en matière de congé locatif.
Dans une volonté de protéger
tant lémetteur de la lettre que le destinataire,
le collège consommateur recommande une double mesure
indissociable :
- dune part, une
information du destinataire sur lidentité de
lémetteur lors dune demande de retrait.
De nombreuses personnes refusant de se rendre au guichet afin
de retirer une LRAR par crainte du contenu, cette information
est de nature à inciter à la demande de retrait
par les consommateurs, ceux-ci conservant le droit de ne pas
en prendre possession ;
- et, dautre part,
un enregistrement de la présence du destinataire à
un guichet en cas de refus de retrait ou apposition de la
mention « refusé » par lagent.
Ce second volet est protecteur de lémetteur qui
ne sera pas pénalisé par le refus éventuel
du destinataire.
Le collège professionnel
indique, lui, quil serait favorable à une généralisation
de la signification au regard de la notification sous condition
de la suppression de la taxe parafiscale.
Cette question dépassant
le cadre fixé par le mandat, le CNC suggère
la création dun nouveau groupe créé
à fin de clarifier létablissement des
modes de preuve, auquel participeraient notamment les
représentants de la profession dhuissier de justice.
Dans la perspective deffectuer
un suivi des recommandations du présent avis, le CNC
préconise la réalisation dun bilan annuel
associant lensemble des participants au groupe de travail.
Les membres du Conseil national de
la consommation, réunis en séance plénière
le 1er juillet 2003, ont adopté
lavis à lunanimité des deux collèges.
Lhuissier de justice et vous
Ses missions
Lhuissier
de justice est un officier ministériel qui exerce une
profession libérale réglementée :
- il bénéficie
dun monopole légal pour la délivrance
des actes de procédure judiciaire (de lassignation
en justice à lexécution forcée
des décisions) et certains actes extra-judiciaires.
- il exerce également
dautres activités en concurrence avec dautres
prestataires, par exemple : recouvrement amiable de créances,
rédaction de baux, consultations juridiques, gérance
dimmeuble et de syndic de copropriété,
vente aux enchères publiques...
Que vous ayez besoin dun huissier
de justice ou quil vous poursuive, lhuissier de
justice a un devoir de conseil à votre égard
et doit vous fournir toutes les explications que vous souhaitez.
Sa rémunération
Lhuissier
de justice doit vous communiquer un compte détaillé
des sommes réclamées, un reçu pour tout
paiement et des pièces justificatives des dépenses
engagées.
Vous avez besoin dun huissier
de justice
Estimation
tarifaire : quelle que soit la nature de la mission que
vous envisagez de lui confier, lhuissier de justice
est à votre disposition pour létablissement
dune estimation gratuite.
Les frais et honoraires de lhuissier
de justice sont à la charge de la personne au nom de
laquelle la mission est engagée. Tout ou partie des
frais liés à une action en justice peuvent être
mis à la charge de ladversaire par la loi ou
le juge.
La rémunération de lhuissier
de justice prévue par le décret du 12 décembre 1996
comprend :
I. - Des rémunérations
tarifées par décret : le décret
du 12 décembre 1996 énumère
et fixe le mode de calcul de plus de 150 actes, et peut
être consulté à létude.
II. - Des rémunérations
librement négociées entre le client et lhuissier
de justice, qui peuvent sappliquer :
1. En complément
à certains actes tarifés limitativement énumérés
dans la liste ;
2. A des actes, ou missions,
non tarifés dans le décret (ex. : consultation
juridique, actes sous seing privé, baux...) ;
3. Aux autres activités
pouvant être exercées par un huissier de justice
en tant que profession libérale : gérance
dimmeuble, syndic de copropriété, assurances...
I. - Les
rémunérations tarifées par décret
La composition des
sommes dues : les droits sont à calculer sur
la totalité des sommes à recouvrer et non sur
les acomptes versés.
Les droits fixes (art. 6 et 7 du
décret) : somme forfaitaire qui varie selon
les actes et le montant de la somme à recouvrer. Celle-ci
est composée dun taux de base (1,60 Euro)
multiplié par un coefficient variant en fonction de
la nature de lacte et dun coefficient variant
en fonction du montant de la créance.
Les droits proportionnels ou droits
de recouvrement ou dencaissement (art. 8 ou 10
du décret) : il sagit dun pourcentage
calculé sur les sommes effectivement recouvrées
ou encaissées. Lorsque lhuissier de justice effectue
un recouvrement en vertu dune décision de justice,
dun acte ou dun titre en forme exécutoire,
il perçoit simultanément le droit proportionnel
à la charge du débiteur (art. 8)
et le droit à la charge du créancier (art. 10).
Lorsque lhuissier de justice nintervient que dans
le cadre du recouvrement amiable, il ne peut prétendre
quà la perception du droit proportionnel à
la charge du créancier.
Le droit dengagement des poursuites
(art. 13 du décret) : provision à
valoir sur le droit de recouvrement payé par le créancier
ou débiteur suivant que lacte est effectué
dans le cadre dun recouvrement amiable ou judiciaire.
Ce droit est entièrement déductible du droit
proportionnel.
Les frais de déplacement (art. 18
du décret) : fixés forfaitairement
à 5,48 Euro.
La TVA : 19,6 % sur toutes les
sommes dues, hors droits denregistrement.
Les droits denregistrement :
taxe forfaitaire de 9 Euro.
Les débours (art. 20 du
décret) : par exemple sur justification, frais
daffranchissement, de serrurier, indemnité pour
concours de la force publique...
Les honoraires libres : pour
des actes limitativement énumérés et
dans des situations dûment justifiées durgence,
ou de difficultés particulières, ils sont fixés
dun commun accord (ou à défaut par un
juge) et resteront de toute façon à la charge
exclusive du client.
Quelques exemples : attention,
les exemples suivants ne sont valables que pour les sommes
indiquées :
1. Assignation en justice :
« Je veux saisir le tribunal dinstance pour
le recouvrement dune dette de 1 000 Euro,
combien vais-je payer ? »
| |
CRÉANCE DE 1 000 Euro |
| Droits fixes |
1,60 x 8,5 x 1 = 13,60
Euro |
| Honoraires libres
(si situation durgence ou difficultés
particulières justifiées) |
Librement négociés
avec le client |
| Frais de déplacement |
5,58 Euro |
| Total HT |
19,98 Euro |
| TVA 19,6 % |
3,92 Euro |
| Droits denregistrement |
9 Euro |
| Total TTC |
32,90 Euro |
2. Constats :
« Si je veux faire appel à un huissier de
justice pour un état des lieux de sortie de mon appartement,
combien vais-je payer ? » Le coût dun
constat locatif est en principe à la charge de celui
qui demande le constat.
| |
CONSTAT LOCATIF
(art. 3 de la loi
du 6 juillet 1989) |
AUTRES
constats |
| Droits fixes |
1,60 x 51,5 = 82,40
Euro |
|
| Honoraires libres |
Pas de perception
possible |
|
| Droit dengagement
des poursuites |
Pas de perception
possible |
|
| Frais de déplacement |
5,58 Euro |
Honoraires
libres : |
| Total HT |
87,98 Euro |
à négocier
avant toute
intervention |
| TVA 19,6 % |
17,63 Euro |
TVA 19,6 % |
| Droits denregistrement |
9 Euro |
|
| Total TTC |
114,61 Euro |
|
II. - Les
rémunérations librement négociées
entre le client et lhuissier de justice
Quelques exemples
des actes pratiqués le plus couramment dans létude :
1. Consultation juridique :
x Euro pour renseignement, y Euro si recherches
juridiques nécessaires ou taux horaire, TVA 19,6 %.
2. Constat (non locatif) :
honoraires × Euro par heure, taxe fiscale 9 Euro,
TVA 19,6 %.
Vous êtes poursuivi par un huissier
de justice
Les
poursuites en paiement dune somme peuvent avoir pour
origine :
- soit un recouvrement
amiable, lhuissier de justice ne peut vous réclamer
que le montant de la somme effectivement due, et tous les
frais de recouvrement sont alors à la charge de votre
créancier ;
- soit un recouvrement
judiciaire, si un titre exécutoire (acte de procédure)
a été rendu, tous les frais sont fixés
par le décret du 12 décembre 1996
et lhuissier de justice ne pourra vous réclamer
aucun autre honoraire supplémentaire.
Le juge peut mettre à votre
charge les frais, ou partie des frais, du recouvrement amiable
infructueux.
Vous pouvez demander à lhuissier
de justice toutes les explications que vous souhaitez et solliciter
un échelonnement de votre dette.
Moins vous tarderez, en cas de poursuites,
à prendre contact avec lhuissier, moins les frais
seront importants.
Lors dun constat locatif,
les frais fixés par le décret (cf. ci-joint)
sont à la charge de celui qui demande le constat. Ils
peuvent être partagés par moitié si le
recours à lhuissier est motivé par le
refus dune partie de réaliser un état
des lieux ou de participer au constat alors quil a été
régulièrement convoqué.
En cas de litiges, outre les
voies de recours de droit commun, les réclamations
sont à porter devant la chambre départementale
pour la discipline et devant la juridiction qui a statué
pour les honoraires.
Pour plus de précisions, sur
demande, vous sera remis un document plus complet dinformation
sur les missions de lhuissier de justice, ses droits
et devoirs, les réclamations, ses rémunérations.
Lhuissier de justice et vous
Lhuissier
de justice est un officier ministériel qui exerce une
profession libérale réglementée.
Il bénéficie dun
monopole légal pour la délivrance de toute
une catégorie dactes, à différentes
étapes des procédures :
- il peut effectuer des
constats qui serviront de preuve à loccasion
du litige ;
- il délivre les
convocations en justice (les « assignations »
ou « citations ») ;
- une fois la décision
rendue, il délivre les actes qui la portent à
la connaissance de lintéressé (les « significations »)
et indique les recours éventuels ;
- il est chargé
de lexécution des décisions de justice.
A ce titre, il bénéficie dune protection
légale renforcée.
Son intervention fait alors lobjet
dune rémunération dont le montant varie
en fonction de la nature de lacte, de son objet et du
montant de la créance.
Il exerce également hors
de ce monopole (ex. : recouvrement amiable de créances,
consultations juridiques, rédaction de baux, gérance
dimmeuble et syndic de copropriété, ventes
aux enchères publiques...) et entre en concurrence
avec dautres prestataires, et en général
sa rémunération peut être librement négociée.
Lhuissier de justice a une compétence
territoriale généralement limitée
au ressort du tribunal dinstance de sa résidence :
- pour dresser les procès-verbaux
de constat (lieu des constatations) ;
- pour la signification
des actes (domicile du destinataire) ;
Il a une compétence départementale
pour Paris et la proche couronne.
Par exception, sagissant du
recouvrement des pensions alimentaires (celles à venir
et celles des six derniers mois) lhuissier de justice
compétent est celui du domicile du (de la) créancier(ère).
Il ny a pas de compétence
territoriale pour le recouvrement amiable, ni les constats
sur internet.
Plusieurs études dhuissiers
de justice exercent généralement sur une même
compétence territoriale. Toute personne qui désire
confier une mission ou un dossier peut choisir librement son
huissier de justice.
Les devoirs de lhuissier de
justice
Lhuissier
de justice est tenu au secret professionnel (art. L. 226-13
du code pénal).
Il a une obligation de conseil et
doit vous fournir toutes les explications que vous souhaitez.
Ministère obligatoire :
lhuissier de justice doit prêter son concours,
sauf dans les cas dempêchement (ex. : intervention
pour la partie adverse) et pour cause de parenté ou
dalliance (art. 15 du décret no 56-222
du 29 février 1956).
Reçu : tout encaissement
en espèces donne lieu à la délivrance
dun reçu (art. 29 du décret no 96-1080
du 12 décembre 1996). Un reçu
peut également être remis pour tout autre mode
de paiement.
Reversement des sommes encaissées :
toutes sommes reçues en paiement entre les mains dun
huissier de justice pour le règlement dune créance
doivent être reversées par lhuissier au
créancier dans un délai maximum de trois semaines,
si le paiement est effectué en espèces, de six
semaines dans les autres cas (art. 25 du décret
no 96-1080 du 12 décembre 1996).
Comptes détaillés :
lhuissier de justice doit remettre un compte détaillé
des sommes réclamées sans abréviation :
rémunérations tarifées, débours,
frais de déplacement, honoraires (art. 27 du
décret no 96-1080 du 12 décembre 1996).
Les droits de lhuissier de justice
Provision :
lhuissier de justice peut, avant de prêter son
concours et pour les actes et formalités qui doivent
être immédiatement diligentés, demander
à la partie qui le requiert une provision suffisante
pour couvrir sa rémunération et les débours
correspondants (art. 21 du décret no 96-1080
du 12 décembre 1996).
Droit de rétention : lhuissier
de justice est en droit de conserver les pièces du
dossier en sa possession pour garantir le paiement de sa rémunération
et de ses débours (art. 22 du décret
no 96-1080 du 12 décembre 1996).
Les réclamations contre lhuissier
de justice
Discipline :
une chambre départementale est chargée de la
discipline de la profession et est susceptible dinstruire
les réclamations : adresse.
Tarifs : en cas de difficultés,
il est possible de demander par lettre simple au secrétariat-greffe
de la juridiction qui a statué de vérifier le
montant des dépens. Il en est de même de lhuissier
de justice qui entend recouvrer ses dépens (art. 705
et suivants du nouveau code de procédure civile).
Voies de recours de droit commun :
leur exercice est possible pour les autres types de réclamation.
Le tarif de lhuissier de justice
La
rémunération de lhuissier de justice comprend :
I. - Des rémunérations
tarifées : le décret du 12 décembre 1996
énumère et fixe le mode de calcul de plus de
150 actes, et peut être consulté à
létude.
II. - Des rémunérations
librement fixées entre le client et lhuissier
de justice, qui peuvent sappliquer :
- en complément
à seulement certains des actes tarifés énumérés
dans la liste ;
- à des actes, ou
missions, non tarifés dans le décret (ex. :
conseil, consultation juridique, actes sous seing privé,
baux...) ;
- aux autres activités
pouvant être exercées par un huissier de justice
en tant que profession libérale : gérance
dimmeuble, syndic de copropriété, assurances...
Evaluation prévisionnelle :
quelle que soit la nature de la mission que vous envisagez
de lui confier, lhuissier de justice est à votre
disposition pour létablissement dune estimation
écrite et gratuite.
I. - Rémunérations
tarifées
Art. 1er à 15, 20 et
21 du décret du 12 décembre 1996,
décret du 8 mars 2001 et décret du
27 avril 2001
Les frais et honoraires
de lhuissier de justice sont à la charge de la
personne au nom de laquelle la mission est engagée.
Néanmoins tout ou partie des frais liés à
une action en justice peut être mis à la charge
de ladversaire par la loi ou le juge ; cest
ainsi que, généralement, le perdant doit supporter
les frais dexécution rendus nécessaires
par sa résistance.
La composition des sommes dues :
les droits sont à calculer sur la totalité des
sommes à recouvrer et non sur les acomptes versés.
Les droits fixes (art. 6 et
7 du décret) : somme forfaitaire qui varie
selon les actes et le montant de la somme à recouvrer.
Celle-ci est composée dun
taux de base : 1,60 Euro (décret du 12 décembre 1996),
multiplié par :
- un coefficient variant
en fonction de la nature de lacte ;
- un coefficient variant
en fonction du montant de la créance.
Les droits proportionnels ou droits
dencaissement (art. 8 et 10 du décret) :
pourcentages sur les sommes effectivement recouvrées
ou perçues.
SOMMES
recouvrées
(en euros) |
ART. 8 (À CHARGE du débiteur,
mais avancé par le créancier) en cas
de recouvrement judiciaire |
ART. 10 (À CHARGE du créancier)
en cas de recouvrement amiable ou judiciaire |
| Jusquà
125 |
10 % |
12 % |
| De 125 à 610 |
6,5 % |
11 % |
| De 610 à 1 525 |
3,5 % |
10,5 % |
| Au-dessus de 1 525 |
0,3 % |
4 % |
Le droit dengagement
des poursuites (art. 13 du décret) :
provision à valoir sur le droit de recouvrement payé
par le créancier ou le débiteur suivant que
lacte est effectué dans le cadre dun recouvrement
amiable ou judiciaire. Ce droit est entièrement déductible
du droit proportionnel.
Les frais de déplacement (art. 18
du décret) : fixés à 5,58 Euro
(1er août 2002).
La TVA : 19,6 % sur toutes les
sommes dues, hors débours et droits denregistrement.
Les droits denregistrement (art. 20
du décret) : taxe forfaitaire de 9 Euro.
Les débours (art. 20
du décret) : par exemple, frais daffranchissement
sur certains actes, de serrurier, indemnité pour concours
de la force publique...
Les honoraires libres (art. 16
du décret) : pour certains actes, lhuissier
est en droit de réclamer à son client, préalablement
informé, des honoraires supplémentaires. Ces
honoraires, fixés dun commun accord ou à
défaut par un juge et qui resteront de toute façon
à la charge exclusive du client, ne peuvent être
sollicités que dans les situations dûment justifiées
durgence, de difficulté particulière,
de complexité, ou acte lié à une consultation
juridique.
Vous avez besoin dun huissier
de justice
Quelques
exemples (attention, les exemples suivants ne sont valables
que pour les sommes indiquées) :
A. - Recouvrement
de créance
« Je suis
créancier dune somme de 1 000 Euro
ou de 1 500 Euro et demande à un huissier
de justice dadresser une sommation de payer à
mon débiteur. Suite à cette action, mon débiteur
me règle, combien vais-je payer ? »
(acte no 40 du tableau I).
|
CRÉANCE DE 1 000 Euro |
CRÉANCE DE 1 500 Euro |
| Droits fixes |
1,60 × 9,5 ×
1 = 15,20 Euro |
1,60 × 9,5 ×
2 = 30,40 Euro |
| Droit proportionnel,
dont droit dengagement des poursuites |
15 + 53,35 + 40,95
= 109,30 Euro
(1,60 × 16) + (1,60 × 2) = 28,80 Euro |
15 + 53,35 + 96,08
= 164,43 Euro
1,60 × 20 = 32 Euro |
| Frais de déplacement |
5,58 Euro |
5,58 Euro |
| Total HT |
130,08 Euro |
200,41 Euro |
| TVA 19,6 % |
25,50 Euro |
39,28 Euro |
| Droits denregistrement |
9,00 Euro |
9,00 Euro |
| Total TTC |
164,58 Euro |
248,69 Euro |
B. - Saisine du tribunal
dinstance
« Je désire
assigner mon débiteur devant le tribunal dinstance
pour obtenir sa condamnation au paiement de deux dettes, lune
de 600 Euro et lautre de 4 500 Euro »
(acte no 1 du tableau I).
| |
CRÉANCE DE 600 Euro |
CRÉANCE DE 4 500 Euro |
| Droits fixes |
1,60 × 8,5 ×
1 = 13,60 Euro |
1,60 × 8,5 ×
2 = 27,20 Euro |
| Honoraires libres
(si situation durgence ou difficultés
particulières justifiés) |
Librement négociés
avec le client |
Librement négociés
avec le client |
| Appel de cause |
0,80 Euro |
1,60 Euro |
| Frais de déplacement |
5,58 Euro |
5,58 Euro |
| Total HT |
19,98 Euro |
34,38 Euro |
| TVA 19,6 % |
3,92 Euro |
6,74 Euro |
| Droits denregistrement |
9,00 Euro |
9,00 Euro |
| Total TTC |
32,90 Euro |
50,12 Euro |
C. - Signification
du jugement
« Je dois
faire signifier la décision de justice rendue en ma
faveur » (acte no 2 du tableau I).
| |
CRÉANCE DE 600 Euro |
CRÉANCE DE 4 500 Euro |
| Droits fixes |
1,60 × 12 ×
1 = 19,20 Euro |
1,60 × 12 ×
2 = 38,40 Euro |
| Honoraires libres
(si situation durgence ou difficultés
particulières justifiés) |
Perception possible
librement négociée avec le mandant |
Perception possible
librement négociée avec le mandant |
| Frais de déplacement |
5,58 Euro |
5,58 Euro |
| Total HT |
24,78 Euro |
43,98 Euro |
| TVA 19,6 % |
4,86 Euro |
8,62 Euro |
| Droits denregistrement |
9,00 Euro |
9,00 Euro |
| Total TTC |
38,64 Euro |
61,60 Euro |
Note : le droit fixe de
lhuissier de justice ne varie plus au-delà de
1 280 Euro. Le coût de la signification incombe
au perdant du procès.
D. - Saisie-attribution
« Je suis
créancier bénéficiaire dun titre
exécutoire pour une somme de 1 500 Euro et
souhaite faire saisir le compte bancaire de mon débiteur. »
Note : La procédure
est faite aux frais, avancés, du créancier.
Mais la charge finale de ces frais incombe au débiteur.
La « saisie-attribution »
est lacte de procédure qui immobilise et attribue
au créancier saisissant les sommes trouvées,
disponibles. Il est nécessairement suivi dautres
actes, au moins la dénonciation de la saisie au débiteur,
mais dautres peuvent être indispensables, comme
la signification au tiers saisi de lacquiescement, la
mainlevée...
Certaines sommes sont insaisissables
(RMI, allocations familiales), le débiteur doit alors
en demander le déblocage conformément à
la loi en vigueur.
|
SAISIE-ATTRIBUTION
(acte no 50 du tableau I) |
DÉNONCIATION DE SAISIE-ATTRIBUTION
(acte no 5 du tableau I) |
| Droits fixes HT |
1,60 × 20,5 ×
1 = 65,60 Euro |
1,60 × 15,5 ×
2 = 49,60 Euro |
| Droit dengagement
des poursuites HT |
1,60 × 20 = 32
Euro |
0 |
| Frais de déplacement
HT |
5,58 Euro |
5,58 Euro |
| Débours (timbres)
à partir de 0,46 Euro (est fonction du nombre
de débiteurs et du mode de signification de
lacte) |
Mémoire |
Mémoire |
| Sous-total HT sauf
mémoire |
103,18 Euro |
55,18 Euro |
| TVA 19,6 % |
20,22 Euro |
10,82 Euro |
| Droits denregistrement |
9,00 Euro |
9,00 Euro |
| Total TTC sauf mémoire |
132,40 Euro |
75,00 Euro |
| |
SIGNIFICATION AU TIERS
saisi de lacquiescement
du débiteur
(acte no 6 du tableau I) |
MAINLEVÉE
quittance au tiers saisi
(acte no 94 du tableau I) |
| Droits fixes HT |
1,60 × 13 ×
2 = 41,60 Euro |
1,60 × 9,5 ×
2 = 30,40 Euro |
| Frais de déplacement
HT |
5,58 Euro |
5,58 Euro |
| Débours (timbres)
à partir de 0,46 Euro (est fonction du nombre
de débiteurs et du mode de signification de
lacte) |
Mémoire |
Mémoire |
| Sous-total HT sauf
mémoire |
47,18 Euro |
35,98 Euro |
| TVA 19,6 % |
9,25 Euro |
7,05 Euro |
| Droits denregistrement |
9,00 Euro |
9,00 Euro |
| Total TTC sauf mémoire |
65,43 Euro |
52,03 Euro |
Récapitulatif
| LES ACTES DÉCLINÉS
ICI SONT TOUS CEUX PRÉVUS PAR le code de procédure
civile, faute par le débiteur dacquiescer
au paiement. Pour limiter le nombre dactes,
ce dernier doit donc prendre contact avec létude
de lhuissier de justice dès quil
est informé du blocage de son compte |
|
À RÉGLER
par le débiteur |
À RÉGLER PAR LE CRÉANCIER,
EN CAS déchec de cette procédure.
Néanmoins, tous ces frais sajoutent à
la dette du débiteur et lui sont réclamés
à loccasion des autres procédures
dexécution possibles, pendant trente
ans |
| Saisie-attribution |
132,40 Euro |
|
|
| Dénonciation
de saisie-attribution |
75,00 Euro |
|
|
| Signification de lacquiescement |
65,43 Euro |
|
|
| Mainlevée quittance |
52,03 Euro |
|
|
| Frais dactes
TTC |
324,86 Euro |
324,86 Euro |
324,86 Euro |
| Droit de recouvrement
(art. 8) HT |
75,18 Euro |
|
|
| A déduire droit
dengagement des poursuites HT |
- 32,00 Euro |
|
|
| Solde des droits
dencaissement HT |
43,18 Euro |
|
|
| TVA à 19,60
% sur solde droits dencaissement |
8,46 Euro |
|
|
| Solde droits dencaissement
TTC |
51,64 Euro |
51,64 Euro |
0 |
| Total frais TTC |
376,50 Euro |
376,50 Euro |
324,86 Euro |
E. - Constats
« Si je dois
faire appel à un huissier pour un état des lieux
de sortie de mon appartement, combien vais-je payer ? »
Note : Le coût est
à la charge de celui qui demande le constat.
|
CONSTAT LOCATIF
(art. 3 de la loi du 6 juillet 1989) |
AUTRES CONSTATS |
| Droits fixes |
1,60 x 51,5 = 82,40
Euro |
Honoraires libres
: |
| Honoraires libres |
Pas de perception
possible |
à négocier
avant toute intervention |
| Droit dengagement
des poursuites |
Pas de perception
possible |
Pas de perception
possible |
| Frais de déplacement |
5,58 Euro |
5,58 Euro |
| Total HT |
87,98 Euro |
|
| TVA 19,6 % |
17,24 Euro |
Mémoire |
| Droits denregistrement |
9,00 Euro |
9,00 Euro |
| Total TTC |
114,22 Euro |
Mémoire |
Recouvrement amiable
Le créancier
supporte les frais ; il doit notamment le droit dencaissement
fixé par larticle 10, majoré, le
cas échéant, dhonoraires supplémentaires
si ces derniers sont fixés dun commun accord
et prévus par convention.
Quelques cas particuliers de minoration
du tarif
et dexception aux règles de compétence
territoriale
Ces tarifs sont
minorés :
- en matière prudhomale :
coût de lassignation et de la signification réduits
de moitié ;
- si vous bénéficiez
de laide juridictionnelle : en fonction du pourcentage
restant à votre charge, selon la décision du
bureau daide juridictionnelle.
Recouvrement des pensions alimentaires
(procédure de paiement direct pour les six derniers
mois ainsi que pour les mois à venir) : les frais
incombent au débiteur, aucune avance ne peut être
demandée.
Vous êtes poursuivi par un huissier
de justice
Les
demandes en paiement dune somme peuvent avoir pour origine :
- soit un recouvrement
amiable, lhuissier de justice ne peut vous réclamer
que les montants dus à votre créancier, sans
y ajouter de frais. Tous les frais de recouvrement sont à
la charge de votre créancier ;
- soit un recouvrement
judiciaire, si un titre exécutoire (acte de procédure)
a été rendu, tous les frais sont fixés
par le décret du 12 décembre 1996
et lhuissier de justice ne pourra vous réclamer
aucun autre honoraire supplémentaire.
La rubrique précédente
« Vous avez besoin dun huissier de justice »
vous permet de comprendre le détail des sommes réclamées.
F. - Rémunérations
librement négociées par lhuissier de justice
Ces rémunérations
libres sont à la charge exclusive du demandeur, fixées
dun commun accord ou à défaut par le juge.
Elles dépendent généralement de la combinaison
dune rémunération « de base »,
propre à chaque étude, assortie ou non déléments
variables spécifiques au dossier (ex. : urgence,
facilité ou complexité particulière,
heure ou jour dintervention).
MISSIONS
(cas rencontrés le plus fréquemment) |
RÉMUNÉRATIONS
(hors taxe)
Taux horaire |
TVA
à 19,60 % |
TAXE
fiscale
forfaitaire |
REMBOURSEMENT
des frais avancés
à des tiers |
| Le procès verbal
de constat autre que locatif (déplacement,
constatation, rédaction, secrétariat)
et lacte interpellatif (contenant lexposé
dune demande en vue dobtenir et enregistrer
une réponse du destinataire) : |
|
|
|
Frais de photographies,
de duplication, daffranchissement, de témoins,
serrurier... |
| 1re heure
(au départ de létude) |
Euro |
|
9 Euro |
|
| par heure supplémentaire |
Euro |
|
|
|
| Préparation
du dossier, rédaction : (exemples : gestion
dun dossier hors de la compétence territoriale
de létude, constitution et suivi dun
dossier pour obtention dun titre exécutoire,
convocation de ladversaire devant une juridiction...) |
Euro |
Sur les sommes
hors taxe revenant
à lhuissier de justice |
Non |
Le cas échéant
: frais de greffe, levée détats
hypothécaires, nantissements... |
| Représentation
aux audiences : |
|
|
Non |
Non |
| devant le juge de
lexécution |
Euro |
|
|
|
| saisie des rémunérations
devant le juge dinstance |
Euro |
|
|
|
| tribunal de commerce |
Euro |
|
|
|
| tribunal paritaire
des baux ruraux |
Euro |
|
|
|
| Consultation juridique
: taux par 1/2 heure indivisible |
Euro la 1/2 heure |
|
Non |
Le cas échéant |
| Rédaction dacte
sous seing privé : (exemples : bail, reconnaissance
de dette, PACS...) |
Euro |
|
Non |
Frais de greffe, levée
détats hypothécaires, nantissements...
|
Mission générale
de recouvrement de créances :
Le créancier, désireux de se décharger
des soucis de suivi de facture, de constitution de
dossier, de compétence territoriale, de gestion,
de suivi de processus, sil y a lieu davances
de frais... peut confier à un huissier de justice
partie ou totalité de son portefeuille de créances
à recouvrer. Laccord du client et de
lhuissier de justice précise létendue
du mandat (notamment les pouvoirs de négociation),
les procédures à mettre ou pas en uvre,
les délais de traitement, les échéances
des reversements, les frais pris en charge en cas
de non recouvrement, le montant des honoraires particuliers
librement consentis afférents à cette
gestion-recouvrement et les modalités de paiement
de ces frais et honoraires. Ces honoraires ne peuvent
être globalement inférieurs à
ceux résultant de lapplication de larticle
10 du décret tarifaire. |
III. - Rémunérations
libres des autres activités
pouvant être exercées
Ventes
volontaires de meubles aux enchères publiques (art. 16-1
du décret du 12 décembre 1996).
Gérance dimmeubles.
Syndic de copropriété.
Assurances.
LEXIQUE
Assignation :
convocation des parties à comparaître devant
un tribunal. Elle doit préciser la date, lheure
et le lieu de laudience ainsi que les demandes, motifs
et arguments du demandeur et la liste des pièces dont
le demandeur entend se prévaloir. Si la convocation
est à comparaître « à quinzaine »,
vous devez impérativement vous faire représenter
par un avocat. Elle est toujours portée par huissier
de justice.
Commandement de payer :
premier acte dexécution délivré
par lhuissier de justice au débiteur.
Citation : même
définition qu« assignation »
(voir ci-dessus).
Créancier : personne
à qui on doit de largent.
Débiteur : personne
qui doit payer la dette ou exécuter une obligation.
Dénonciation de saisie-attribution :
acte dhuissier de justice qui prévient le débiteur
de la saisie de son compte. Lacte de saisie est, quant
à lui, adressé à lorganisme bancaire
du débiteur.
Injonction de payer :
procédure simplifiée dans le cas dune
dette née dun contrat. Le tribunal se prononce
dabord sur requête sans avoir entendu le débiteur.
Celui-ci peut contester lordonnance dans le mois suivant
la signification, à défaut la décision
du juge devient définitive.
Déclaration au greffe du
tribunal dinstance : pour une saisie simplifiée,
procédure gratuite pour les créances inférieures
ou égales à 3 800 Euro.
Requête : saisine
(demande) auprès dune instance judiciaire
Saisie-vente : les biens
du débiteur sont le gage des créanciers :
lhuissier de justice, muni dun titre exécutoire,
peut saisir les biens meubles (voiture, mobilier) qui seront
vendus.
Saisie-arrêt des rémunérations :
rémunérations du débiteur (salaires,
certaines pensions, indemnités Assedic...), sauf les
sommes insaisissables.
Saisie-attribution : exemple :
saisie dun compte bancaire.
Saisie immobilière :
permettra de poursuivre la vente dun bien immobilier.
Signification de décision
de justice : remise dune copie de cette décision.
La date de la signification par huissier de justice marque
le départ des délais de recours éventuels
(appel, opposition ou cassation). Si le débiteur est
absent, et si personne naccepte lacte, lhuissier
de justice déposera lacte en mairie, laissera
un avis de passage au domicile et y enverra une copie de lacte.
La procédure pourra donc suivre son cours, que lacte
soit retiré ou non de la mairie.
Sommation de payer : cest
une mise en demeure de lhuissier de justice en dehors
de toute procédure judiciaire. Elle na pas de
valeur contraignante mais marque le point de départ
de certains délais (forclusion, intérêts).
Mieux vaut toutefois, dès réception, réagir
immédiatement auprès de lhuissier de justice.
Titre exécutoire :
cest un acte dressé par un officier public (notaire)
ou ministériel (huissier de justice), une décision
de justice, une ordonnance, un état émis par
un comptable public (receveur, Trésor), qui permet
à lhuissier de justice de contraindre toute personne
à exécuter les obligations mises à sa
charge.
NOTE (S) :
(1) Ce texte a donné lieu à
débat portant sur le point de savoir si lalternative
présentée par le texte correspondait à
deux situations distinctes ou cumulatives. Le ministère
de la justice a considéré sans ambiguïté
que les deux conditions émises par le législateur
étaient cumulatives et quelles devaient donc
être réunies pour que lhuissier de justice
puisse prétendre à des honoraires libres en
sus de la rémunération autorisée par
le tarif.
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