| Sommaire | N° 15 du 21 octobre 2002 |
Avis de la commission de la sécurité des
consommateurs
relatif à la sécurité des fusils de chasse sous-marine
NOR : ECOC0200262V
La commission de la sécurité des consommateurs,
Vu le code de la consommation, notamment ses articles L. 224-1, L. 224-4, R. 224-4 et R. 224-7 à R. 224-12 ;
Vu la requête no 01-064 ;
Considérant que :
La requête
Par courrier du 18 mai 2001, le président de lUFC-Que Choisir ? dAlès, M. D., a saisi la commission de la sécurité des consommateurs de laccident dont a été victime un de ses adhérents à la suite de lutilisation dun fusil de chasse sous-marine de marque Cressi-Sub SL acheté dans un magasin Décathlon : « Le fusil sest déclenché inopinément alors que lutilisateur venait de le sortir de son emballage et quil lexaminait. Découvrant un bouchon non fixé à la sortie du canon, il la ôté, déclenchant une décharge dair comprimé (20 bars) qui lui a fait perdre un il et aurait pu, selon le chirurgien qui la opéré, lui faire perdre la vie si le souffle avait pénétré par lorbite. »
Les auditions
La commission a procédé à quatre auditions :
celle de M. L., représentant la Direction juridique internationale de Décathlon ;
celle de M. M., directeur commercial de la société Cressi-Sub SL assisté de son conseil, Me J. R. ;
celle de M. H., président de la commission nationale de pêche sous-marine et dapnée au sein de la Fédération française détudes et de sports sous-marins (FFESSM) ;
celle de Mme K. représentant la direction des pêches maritimes et de laquaculture au sein du ministère de lagriculture, de lalimentation, de la pêche et des affaires rurales.
Pour compléter ses informations, la commission a également interrogé le ministère de lintérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
1. Informations fournies par Décathlon
La société Décathlon gère un parc de 200 magasins en France et plus de 70 à létranger (25 en Espagne, 20 aux USA, 10 en Italie, 5 en Grande-Bretagne, 4 en Belgique, 2 aux Pays-Bas, 2 en Chine, 1 au Danemark, 1 en Pologne, 1 en Argentine, 1 au Brésil).
Les fusils de chasse sous-marine, dun prix de vente moyen de 61 Euro, sont vendues dans 150 magasins.
Compte tenu des risques présentés par ce produit, plusieurs précautions sont prises :
En premier lieu, si la pression de 20 bars est de base constante à lintérieur du fusil, il est possible de laugmenter ou de la diminuer à laveugle à laide dune pompe. Cependant, dès lors quil ny a pas de manomètre permettant dapprécier correctement la pression, lors de lachat, les vendeurs de chez Décathlon conseillent aux clients de faire appel à un professionnel pour décomprimer le fusil.
En deuxième lieu, la notice précise que la flèche ne doit être chargée dans le fusil que lorsque lutilisateur est dans leau. Cest sans doute ce qui explique que Décathlon na jamais eu connaissance dautres accidents avec ce type de produit, car rien ne peut se passer sans enclenchement de la flèche et celle-ci nest pas armée dans le fusil lors de lachat.
Enfin, pour éviter que les clients ne se blessent, les flèches des fusils exposés dans les magasins en sont retirées.
A la suite de laccident, Décathlon a cependant demandé un contrôle qualité plus strict à son fournisseur Cressi-Sub, et mis en place une procédure de contrôle propre par son service qualité.
Sur le terrain juridique, selon M. L., ces produits ne sont pas soumis à une réglementation ou une norme particulière. Une norme serait selon lui nécessaire, au même titre que pour les armes à feu, car les fusils de chasse sous-marine sont en vente libre.
2. Informations fournies par Cressi-Sub SL
La société Cressi-Sub France, implantée à Carros-le-Broc près de Nice, est une filiale de la société mère Cressi-Sub, société italienne créée en 1946 et dont le siège social se situe à Gênes.
La société mère est propriétaire dautres filiales à létranger implantées notamment en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Hollande et aux USA. Elle emploie 90 salariés.
Cressi-Sub France réalise un chiffre daffaires annuel denviron 4 millions deuros en France métropolitaine et dans les DOM-TOM. Elle se situe au 3e ou 4e rang sur le marché français.
Parmi les concurrents commerciaux de Cressi-Sub France figurent Aqualung, Squba Pro, Mares, Beuchat. Les deux premiers commercialisent exclusivement des articles de plongée et les deux derniers commercialisent à la fois des articles de chasse et de plongée sous-marine.
Cressi-Sub France commercialise pour sa part du matériel de plongée (palmes, masques, tubas, détendeurs, bouteilles, combinaisons de plongée) ainsi que des fusils de chasse sous-marine.
Les réseaux de distribution nationaux sont les magasins Décathlon, Go Sport, Inter Sport, Sport 2000, ainsi que des magasins de plongée spécialisés.
Le marché mondial des fusils de chasse vendus chaque année par Cressi-Sub est évalué à 30 000 pièces. Cressi-Sub France en commercialise environ 300 par an.
Deux types de fusils sont vendus sur le marché français : les fusils à armement manuel à laide dun tendeur et les fusils pneumatiques.
Les fusils pneumatiques sont faiblement diffusés en France ; ils représentent 3 % des ventes seulement alors quen Italie leur part sélève à 80 %.
Le fusil de chasse objet du litige est un fusil SL 55 R. : « 55 » indique la dimension du fusil (55 cm). Il existe en effet des fusils de différentes longueurs : 40 cm, 55 cm, 70 cm, 100 cm. « R » renvoie au « réducteur de pression » qui permet à lutilisateur de diminuer à volonté la puissance du tir. Les réducteurs de pression existent sur les modèles de 50 cm, 70 cm et 1 m, les autres modèles nen sont pas équipés.
Chaque fusil est mis en vente prêt à lusage avec la quantité dhuile prévue et lair comprimé à la pression moyenne de 20 bars conseillée. Il est vendu équipé dune seule flèche.
Comme lavait indiqué le représentant de Decathlon, il nexiste effectivement aucune réglementation spécifique ni de norme française ou étrangère définissant les exigences de sécurité auxquelles devraient répondre les fusils de chasse à déclenchement manuel ou automatique, tant au niveau de leur conception que des avertissements possibles destinés à la clientèle : pictogrammes de danger sur certaines parties sensibles du produit, avertissements sur les notices...
Pour éviter les risques, à sa sortie dusine, chaque fusil fait lobjet dun contrôle interne visant à assurer lintégrité du produit.
M. B. indique que laccident dont la CSC a été saisie est le premier porté à la connaissance de Cressi-Sub.
Selon M. B., ces produits sont en vente libre en France. Ils sont présentés dans un emballage en plastique accompagnés dune notice dutilisation. Sil faut avoir plus de seize ans et être obligatoirement titulaire dune licence délivrée par la Fédération française détudes et de sports sous-marins pour pratiquer la chasse sous-marine, lacquisition dun fusil de chasse sous-marine nest en revanche soumise à aucune réglementation obligeant le vendeur à en limiter laccès en fonction de la capacité du demandeur (par exemple, interdiction de vente aux moins de seize ans et présentation obligatoire de la licence) (cf. note 1) .
Dans la grande distribution et pour éviter les risques de blessure, les flèches sont retirées des fusils en exposition. Dans certains pays comme lEspagne, pour empêcher tout danger, les fusils sont stockés comme les armes dans des vitrines accessibles aux seuls vendeurs. Cressi-Sub ne serait pas opposée à la mise en uvre dune réglementation semblable en France.
Sagissant des caractéristiques techniques du matériel, les précisions données à la CSC confirment les propos du représentant de Decathlon. La pression, de 20 bars, est de base constante à lintérieur du fusil. Si cette pression permanente évite au chasseur de recharger lui-même le fusil après chaque tir, elle a été avant tout conçue pour ne pas endommager les pistons. Il est dailleurs possible de laugmenter ou de la diminuer à laide dune pompe mais cette recharge se fait effectivement à « laveugle » (car il ny a pas de manomètre) en dévissant le bouchon postérieur (cf. note 2) .
Selon M. B., en appuyant sur la gâchette, sans flèche dans le canon, il est impossible de provoquer une décharge dair comprimé. La seule possibilité de décharger le fusil de son air comprimé est de tenir le fusil le canon dirigé vers le bas, après avoir dévissé le bouchon postérieur, et dappuyer sur la sphère de la soupape.
3. Informations données par la Fédération française détudes
et de sports sous-marins (FFESSM)
La FFESSM, créée en 1995, a son siège social à Marseille. Elle est le représentant légal des plongeurs sportifs licenciés auprès du ministère de la jeunesse et des sports. Elle édicte le règlement fédéral, les règles denseignement et délivre les brevets fédéraux. Elle compte environ 150 000 licenciés.
Les membres de la FFESSM sont adhérents de clubs répartis en comités régionaux ou interrégionaux. Ils sont tous titulaires dune licence obligatoire pour participer aux activités organisées par la Fédération. La licence, valable un an, leur offre la possibilité de pratiquer la pêche sous-marine dès lors quils ont plus de seize ans. Elle nest pas la contrepartie du passage dun examen de pratique de la chasse sous-marine. Elle a seulement pour fonction dassurer le plongeur en responsabilité civile pour les dommages causés à un tiers. La déclaration de chasse peut être également déposée auprès de la direction locale des affaires maritimes. En dehors de la licence, les plongeurs adhérents de la FFESSM doivent également produire un certificat médical de non-contre-indication à la pratique de la chasse sous-marine.
On évalue globalement à 300 000 le nombre total de personnes pratiquant en France la chasse sous-marine, quelles soient déclarées ou non. Parmi elles, on compte 40 000 licenciés à la FFESSM. Cette dernière organise dailleurs des compétitions de chasse sous-marine ouvertes aux plongeurs de plus de dix-huit ans (environ 8 par an) qui réunissent environ 250 licenciés. Ces compétitions seffectuent sous le contrôle du ministère des sports.
En dépit de son rôle, la FFESSM ne dispense pas à ce jour à ses membres, adeptes de la pêche sous-marine, de formation structurée portant sur la sécurité des fusils de chasse sous-marine et la connaissance du milieu marin et des espèces (cf. note 3) alors que certaines zones littorales sont interdites et que plusieurs espèces de poissons sont protégées.
Elle envisage cependant déditer prochainement une plaquette sur la chasse sous-marine rappelant les conditions requises pour la pratique de cette activité et proposant des conseils de formation.
Selon la Fédération, matériel le plus traditionnel et le plus simple dutilisation, le fusil à arbalète est le plus répandu en France. Il représente environ 95 % du marché. 100 000 exemplaires sont vendus chaque année. Il en existe de différentes tailles (de 50 cm à 1,50 m) correspondant à différents types de chasse. Les fusils pneumatiques sont plus répandus dans des pays méditerranéens comme lItalie.
Ces produits sont fiables et conçus par des entreprises ayant une solide expérience en ce domaine. Les recommandations figurant sur les notices sont en général très complètes. Aucun accident lié au maniement de ces produits na été porté à la connaissance de la Fédération. Aussi la FFESSM ne juge-t-elle pas utile quun processus de normalisation des fusils de chasse sous-marine soit initié.
Les fusils sont en vente libre mais les armes entièrement automatiques sont interdites dutilisation en France. En effet, la réglementation française interdit lusage de fusils à air comprimé rechargeables autrement que par la force de lutilisateur. Il existe néanmoins sur le marché français un fusil à cartouche à gaz modèle « LE PELTIER », interdit dutilisation en France, et qui est employé dans des pays où la réglementation le permet pour la chasse de certaines espèces volumineuses.
Laccidentologie
Il nexiste pas de données statistiques nationales sur les accidents de plongée permettant de quantifier et didentifier les accidents de pêche sous-marine provoqués par les fusils de chasse tant dans le cadre de la pratique sous-marine que, et il ne faut pas négliger cet aspect, hors de la pratique de la pêche sous-marine (attaque à main armée, par exemple).
La réglementation
1. Les conditions de pratique de la pêche sous-marine
Cest le ministère de lagriculture, de lalimentation, de la pêche et des affaires rurales qui a compétence pour tout ce qui concerne la pêche en mer et dans les fleuves en aval de la limite de salure des eaux. Par contre, pour le domaine fluvial ou en eau douce, la compétence revient au ministère de lécologie et du développement durable.
La réglementation applicable à la pêche sous-marine repose essentiellement sur deux textes :
dune part, les dispositions de larrêté du 1er décembre 1960 modifié réglementant la pêche sous-marine sur lensemble du territoire métropolitain ;
dautre part, les dispositions du décret no 90-618 du 11 juillet 1990 modifié relatif à lexercice de la pêche maritime de loisir.
Linterdiction des pistolets automatiques tant pour la pêche professionnelle que pour la pêche de loisirs (cf. art. 4 de larrêté du 1er décembre 1960 modifié et art. 4 du décret « pêche maritime de loisir »)Arrêté de 1960 (art. 4) : « La liste des divers filets, engins et procédés de pêche dont lusage est autorisé, donnée par larticle 55 du décret du 4 juillet 1852 pour le premier arrondissement maritime, par les articles 56 des décrets du même jour pour les deuxième et troisième arrondissements maritimes par larticle 57 du décret du même jour pour le quatrième arrondissement maritime et par larticle 60 (§ 4o) du décret du 19 novembre 1859 pour le cinquième arrondissement maritime, est complété comme suit :
Appareils spéciaux pour la pêche sous-marine.
Ces appareils sont utilisés pour le lancement dun projectile destiné à transpercer le poisson. La force propulsive quils développent ne doit en aucun cas être empruntée au pouvoir détonant dun mélange chimique ni à la détente dun gaz comprimé, à moins que la compression de ce dernier ne soit obtenue par laction dun mécanisme manuvré par lutilisateur. »
Décret du 11 juillet 1990 modifié (art. 4) :
« I. - Lexercice de la pêche sous-marine est interdit aux personnes âgées de moins de seize ans ;
II. - Les personnes désireuses de se livrer à la pêche sous-marine doivent au préalable en faire chaque année la déclaration auprès des services déconcentrés des affaires maritimes, qui en délivrent récépissé. Les personnes titulaires dune licence délivrée par une fédération sportive agréée pour la pratique de cette activité par le ministre chargé des sports sont dispensées de souscrire une telle déclaration.
Sur réquisition des agents compétents en matière de pêche maritime, les personnes se livrant à la pêche sous-marine doivent pouvoir justifier de leur identité et soit produire le récépissé, soit présenter la licence mentionnée à lalinéa précédent ;
III. - Lusage, pour la pêche sous-marine de loisir, de tout équipement respiratoire, quil soit autonome ou non, permettant à une personne immergée de respirer sans revenir à la surface est interdit. Sauf dérogation accordée par le préfet, la détention simultanée à bord dun navire ou embarcation dun équipement respiratoire ainsi défini et dune foëne ou dun appareil spécial pour la pêche sous-marine est interdite.
Sont interdits les engins de pêche sous-marine dont la force propulsive développée est empruntée au pouvoir détonant dun mélange chimique ou à la détente dun gaz comprimé, sauf si la compression de ce dernier est obtenue par laction dun mécanisme manuvré par le seul utilisateur.
IV. - Il est interdit aux pêcheurs sous-marins :
- dexercer la pêche sous-marine entre le coucher et le lever du soleil ;
- de sapprocher à moins de 150 mètres des navires ou embarcations en pêche ainsi que des engins de pêche signalés par un balisage apparent ;
- de capturer les animaux marins pris dans les engins ou filets placés par dautres pêcheurs ;
- de faire usage, pour la pêche sous-marine, dun foyer lumineux ;
- dutiliser, pour la capture des crustacés, une foëne ou un appareil spécial pour la pêche sous-marine ;
- de tenir chargé hors de leau un appareil spécial pour la pêche sous-marine.
V. - Toute personne pratiquant la pêche sous-marine de loisir doit signaler sa présence au moyen dune bouée permettant de repérer sa position et dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du ministre chargé des pêches maritimes.
a été prise pour permettre la sauvegarde des espèces (cf. note 4) .
La direction des pêches maritimes ne donne aucun agrément pour la pratique de la pêche sous-marine. Le pêcheur fait une simple déclaration auprès des services déconcentrés des affaires maritimes. Il doit avoir plus de seize ans et contracter une assurance responsabilité civile. Les affaires maritimes délivrent simplement un document prenant acte de cette déclaration une fois par an.
Le décret précise que si les pêcheurs sont affiliés à une fédération sportive agréée par le ministre chargé des sports, la FFESSM, ils sont dispensés dassurance et de déclaration (la licence en fait office). Une liste des pratiquants est tenue au niveau départemental des affaires maritimes. Un contrôle peut être effectué par les services déconcentrés des affaires maritimes.
Un projet de décret réglementant la pêche maritime avait été préparé en 1989 mais avait été censuré par le Conseil dEtat, ce dernier sétant opposé à un système dautorisation préalable pour une activité de loisir. Un peu plus de dix ans plus tard ce point faisait toujours débat. A loccasion dune question écrite relative à la pêche au mérou adressée au ministère de lagriculture et de la pêche discutée au Sénat le 7 avril 1998, M. Franck Sérusclat a souhaité que soient définies soit par un décret ministériel, soit par une loi les conditions dexercice du droit de pêche au fusil ou à larbalète : « (...) Il y a, en la matière, une référence facile, à savoir le permis de chasse pour lattribution duquel on exige aujourdhui une formation. (...). Par ailleurs, il faudrait limiter lutilisation des fusils sous-marins et des arbalètes. Dans notre pays, en effet, les enfants de moins de quinze ans - ils sont de plus en plus précoces, et ce dans tous les domaines, possèdent de telles armes - car il sagit bien darmes et ils détruisent la faune encore plus bêtement que les adultes. »
2. Le statut juridique du produit
A. - Lobligation générale de sécurité
A linstar de tout autre produit, les fusils de chasse sous-marine sont soumis à lobligation générale de sécurité posée par la directive 2001/95/CE du Parlement européen et du Conseil du 3 décembre 2001 relative à la sécurité générale des produits entrée en vigueur le 15 janvier 2002. Celle-ci doit être transposée dans lordre juridique interne des Etats avant le 15 janvier 2004. En son article 2 B, celle-ci prescrit quun produit ne doit présenter « aucun risque ou seulement des risques réduits compatibles avec lutilisation du produit et considérés comme acceptables dans le respect dun niveau de protection de santé et de la sécurité des personnes. » En outre, il doit être tenu compte « des catégories de consommateurs se trouvant dans des conditions de risque au regard de lutilisation du produit, en particulier des enfants et des personnes âgées. »
Pour lheure, lobligation générale de sécurité est posée dans la réglementation française à larticle L. 221-1 du code de la consommation : « Les produits et les services doivent, dans des conditions normales dutilisation ou dans dautres conditions raisonnablement prévisibles, présenter la sécurité à laquelle on peut légitimement sattendre et ne pas porter atteinte à la santé des personnes. »
B. - La réglementation sur les armes
Le fusil de chasse sous-marine est une arme. Le problème qui se pose est celui de la détermination de la classe darme dans laquelle il doit être rangé.
a) Classification des armes
Le décret no 95-589 du 6 mai 1995 fixe les conditions dacquisition et de détention des armes et de leurs munitions. Il transpose en droit français la directive no 91/477 du Conseil des Communautés européennes relative au contrôle de lacquisition et de la détention darmes. Il a été modifié par le décret no 98-1148 du 16 décembre 1998 qui a introduit de nouvelles dispositions visant, notamment, à lutter contre la banalisation de la détention darmes à feu par des particuliers, pour des motifs sans lien avec la pratique de la chasse et du tir sportif. Le décret de 1995 modifié classe les armes en 8 catégories. Le régime dacquisition, de détention et les conditions de vente de ces produits ne sont pas identiques selon leur classement. En application de larticle 2 C du décret : « Les objets tirant un projectile ou projetant des gaz lorsquils développent à la bouche une énergie inférieure à 2 joules ne sont pas des armes au sens du présent décret. »
Sont soumises à autorisation : les armes de guerre (1re catégorie) et les armes de défense (4e catégorie).
Sont soumises à déclaration : (cf. note 5)
1. Les armes dépaule utilisées pour la chasse (5e catégorie). Ce type darme sapparente le plus, de par sa fonction, aux fusils de chasse sous-marine mais les armes classées dans cette catégorie sont des armes à feu.
Le décret distingue parmi les armes de chasse celles dont lacquisition et la détention sont soumises à déclaration (armes de chasse semi-automatique ou à répétition) des armes dont lacquisition et la détention ne sont pas soumises à déclaration (armes tirant un coup par canon). Lacquisition ou la détention de telles armes sont interdites aux mineurs de moins de seize ans. Art. 23.1 nouveau du décret du 6 mai 1995 : « Sauf lorsquelle est faite en vue du transfert vers un autre Etat membre de la Communauté européenne ou de lexportation vers un pays tiers, lacquisition darmes, éléments darmes, munitions ou éléments de munition de la 5e catégorie est subordonnée à la présentation, suivant le cas, dun permis de chasser revêtu du visa et de la validation de lannée en cours ou de lannée précédente, dune licence de chasse en cours de validité ou dune licence dune fédération sportive ayant reçu, au titre de larticle 17 de la loi du 16 juillet 1984 susvisée, délégation du ministre chargé des sports pour la pratique du tir. »
2. Les armes de tir, armes de foire et de salon, armes à percussion annulaire (7e catégorie). Les armes dont le projectile est propulsé par du gaz ou de lair comprimé développant une énergie supérieure à 10 joules sont soumises à déclaration. Le possesseur doit en déclarer lacquisition et la détention au préfet du lieu de situation de son domicile. Le préfet lui en délivre un récépissé. Si lénergie développée est comprise entre 2 et 10 joules, larme nest pas soumise à déclaration. La vente nest soumise à aucune formalité sauf celle de vérifier que lacquéreur a lâge requis. Lacquéreur dune arme de 7e catégorie doit avoir dix-huit ans au moins sous réserve des dispositions particulières prévues pour les mineurs sils sont détenteurs dune licence de tir sportif délivrée par la Fédération française de tir.
Toute personne physique ou morale se livrant à la fabrication ou au commerce darmes de la 7e catégorie est soumise à une déclaration de commerce de 7e catégorie auprès du préfet du département du lieu dinstallation des magasins. Le préfet délivre un récépissé de cette déclaration. Le fabricant et le commerçant doivent prendre des mesures de sécurité en vue de se prémunir contre les vols. Les armes de la 7e catégorie, exposées en vitrine ou détenues dans les locaux où laccès du public est autorisé, « doivent être enchaînées par passage dune chaîne ou dun câble dans les pontets, la chaîne ou le câble étant fixé au mur. A défaut denchaînement, les armes sont exposées sur des râteliers ou dans des vitrines munis de tout système sopposant à leur enlèvement contre la volonté du fabricant ou du commerçant (...). » (cf. note 6) Des dispositifs anti-effraction doivent être mis en place en dehors des heures douverture au public.
En cas de vente darmes de 7e catégorie soumises à déclaration, le commerçant doit tenir un registre sur lequel il doit enregistrer les informations relatives à larme, à lentrée et à la sortie de son stock et à lidentité et à ladresse de lacquéreur.
Sont en vente libre : les armes blanches (6e catégorie) et les armes historiques (8e catégorie).
Sont considérées comme armes de 6e catégorie énumérées par décret en Conseil dEtat : « (...) - Tous objets susceptibles de constituer une arme dangereuse pour la sécurité publique et notamment les baïonnettes, sabres baïonnettes, poignards, couteaux-poignards, matraques, casse-tête, cannes à épée, cannes plombées et ferrées, sauf celles qui ne sont ferrées quà un bout, arbalètes, fléaux japonais, étoiles de jet, coups de poing américains, lance-pierre de compétition, projecteurs hypodermiques. (...) ».
Lacquisition et la détention darmes blanches demeurent libres pour les personnes majeures, mais sont interdites pour les mineurs de moins de dix-huit ans, sauf pour ceux qui sont licenciés dune fédération sportive agréée et avec laccord de la personne qui détient lautorité parentale (cf. note 7) . Le port et le transport sans motif légitime des armes de 6e catégorie sont interdits quel que soit lâge du propriétaire. Toutefois la licence délivrée par une fédération sportive vaut titre de transport légitime pour la pratique du sport relevant de ladite fédération. Il est important de souligner que ces armes doivent être transportées de manière à ne pas être immédiatement utilisables soit en recourant à un dispositif technique prévu pour cela soit par démontage dune de leurs pièces de sécurité.
Aucun dispositif de sécurité nest imposé lors de lexposition de tels produits à la vente au public. En application de larticle 6, les personnes qui souhaitent se livrer à la fabrication et au commerce des armes de 6e catégorie sont tenues den faire préalablement la déclaration au préfet de leur département de rattachement. Cette obligation ne sapplique quaux armes nommément désignées de la 6e catégorie.
En effet, il existe des armes de sixième catégorie non énumérées à larticle 6. A défaut dêtre régi par la réglementation sur les armes, leur commerce est libre. Leur classement en 6e catégorie na dincidence juridique que pour le détenteur de larme et seulement pour ce qui concerne le transport et le port de larme. En application de larticle 57 (1o), le port et le transport, sans motif légitime, dune arme de 6e catégorie autre que celles énumérées par le décret sont interdits.
Le décret interdit la vente de toute arme à des mineurs de moins de seize ans. Ceux de seize à dix-huit ans ne peuvent acquérir que les armes non soumises à autorisation et à la double condition dy être autorisés par la personne qui détient lautorité parentale et dêtre titulaires du permis de chasser ou dune licence sportive délivrée par une fédération agréée. Sous réserve quils détiennent cette autorisation et cette licence, les mineurs de six à seize ans peuvent détenir les armes dont le projectile est propulsé par des gaz ou de lair comprimé si elles développent à la bouche une énergie inférieure à 10 joules et supérieure à 2 joules.
Il faut également souligner quil existe une réglementation sur les armes factices, imitations darmes réelles, développant une énergie inférieure à 2 joules et supérieure à 0,08 joule. Ces objets ne sont ni des armes, ni des jouets. Le décret no 99-240 du 24 mars 1999 relatif aux conditions de commercialisation de certains objets ayant lapparence darmes à feu les a placés en vente libre pour les majeurs mais interdits aux mineurs (cf. note 8) . On peut observer quen application des articles 3 et 5 du décret lindication de lénergie exprimée en joules est obligatoire sous peine damende sur le produit, son emballage et sur la notice demploi.
b) Régime juridique applicable aux fusils de chasse sous-marine
Selon le ministère de lagriculture, de lalimentation, de la pêche et des affaires rurales les fusils de chasse sous-marine relèveraient de la 6e catégorie réglementant les armes blanches (cf. note 9) .
Cette interprétation doit cependant être nuancée. Interrogé par la CSC sur ce point, le ministère de lintérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales (direction des libertés publiques et des affaires juridiques, sous-direction des libertés publiques et de la police administrative) range en effet les fusils de chasse sous-marine dans les différentes catégories darmes selon leur puissance exprimée en joules, tout en soulignant que, dès lors quil ny a pas dobligation réglementaire à mentionner sur le produit lui-même, sa puissance en joule, le rangement dans lune ou lautre des catégories nest pas facilité.
Cette analyse conduit au classement suivant :
1. Fusils de chasse sous-marine à air comprimé ou à gaz développant à la bouche une énergie supérieure à 10 joules : armes de 7e catégorie soumises à déclaration ;
2. Fusils de chasse sous-marine à air comprimé ou à gaz développant à la bouche une énergie supérieure à 2 joules et inférieure ou égale à 10 joules : armes de 7e catégorie non soumises à déclaration ;
3. Fusils de chasse sous-marine à air comprimé ou à gaz dont lénergie à la bouche est égale ou inférieure à 2 joules : armes de 6e catégorie non énumérées en tant quobjet susceptible « de constituer une arme dangereuse pour la sécurité publique » ;
4. Fusils de chasse sous-marine fonctionnant au moyen dun tendeur : armes de 6e catégorie non énumérées par le décret de 1995.
c) Les conditions de vente actuelles des fusils
Il a été constaté, tant à loccasion des auditions menées par la Commission que lors de visites dans des points de vente, que les fusils de chasse sous-marine à air comprimé peuvent être achetés librement, y compris par des mineurs de moins de seize ans, sans que lacheteur ait à justifier de son âge ou à produire une licence sportive. Ces armes sont en outre exposées à la vente sans dispositifs particuliers de sécurité.
La situation à létranger
1. En Espagne
Un décret royal du 29 janvier 1993 transpose la directive 91/477/CEE du 18 juin 1991 relative aux armes à feu. Il sapplique à toutes les autres armes, aussi bien les armes à feu que les armes blanches ou les armes à air comprimé à usage sportif, traditionnelles ou modernes. Ce décret stipule :
dans son article 3, que sont classées en catégorie 7.5 : les arcs, les armes pour lancer les lignes de pêche et les fusils de chasse sous-marine qui servent à lancer des flèches ou des harpons, utilisés pour la pêche et à dautres fins sportives ;
dans son article 54 (al. 4) que pour acquérir des armes de catégorie 7.5 lacheteur doit fournir un carnet sportif en vigueur ;
dans son article 56, que ces armes peuvent être vendues dans des établissements darticles de sport à condition que létablissement ait fait une demande dautorisation de vente darme auprès de la garde civile ;
dans son article 78, que des mesures de sécurité très strictes doivent être prises dans les magasins et les ateliers de réparation et que tous les accès doivent être munis de grilles, de rideaux métalliques ou de systèmes blindés ainsi que de systèmes dalarme. Ces mesures de sécurité sont également obligatoires pour les fédérations sportives ou sociétés sportives de tir disposant de locaux pour garder des armes et des munitions ;
dans son article 146, quil est interdit de porter des armes hors du domicile ou des lieux de pratique sportive.
Ce décret royal est appliqué partout en Espagne. Toutefois, en raison de la large autonomie laissée aux régions espagnoles, il existe, pour les Canaries, un texte dapplication particulier.
Le décret du 6 août 1998 réglementant la pêche maritime de plaisance dans les eaux intérieures de larchipel des Canaries stipule, dans son article 4, que lusage du fusil de chasse sous-marine est autorisé, mais que, dans la pratique de la pêche sous-marine, il est interdit dutiliser des instruments de propulsion par gaz carbonique, CO2 ou autre gaz, ainsi que des pointes explosives, électriques ou électroniques. Il est également interdit de charger ou dactiver le fusil hors de leau, de lutiliser à moins de 250 m des pêcheurs de superficie et à moins de 250 m des lieux de baignade ou des zones de grande affluence.
2. En Grèce
La Grèce a récemment recensé un accident. Il sagit dun enfant qui a été blessé à la jambe avec le fusil de chasse de son père. Lenquête EDISS (enquête hospitalière équivalente à celle de lenquête EHLASS en France) qui couvre les années 1996-2000 a recensé seize autres accidents sur des personnes de plus de quatorze ans.
Ces armes de loisir sont en vente sans restriction et ne sont pas considérées comme les autres armes. Cependant, pour les utiliser, il faut avoir une licence de pêche. La réglementation stipule quelle ne peuvent pas être utilisées dans les zones de mer où on peut se baigner. Chaque individu doit être muni de léquipement de sécurité approprié et les autorités portuaires locales décident des zones où la pêche avec des fusils de chasse doit être autorisée.
3. En Belgique
Un arrêté royal, pris le 30 mars 1995, classe les armes factices et certaines armes de jet telles que les arcs, arbalètes et fusils de chasse sous-marine dans la catégorie des armes de défense. Cette réglementation interdit la vente aux mineurs et le port sans autorisation administrative et le commerce est exclusivement réservé aux armuriers.
4. Aux Etats-Unis
La Consumer Product Safety Commission (CPSC), interrogée par la CSC, a recensé 3 accidents depuis 1992. En 1994, une jeune fille a été blessée par la flèche dune arbalète qui est partie involontairement. En 1996, un jeune garçon de neuf ans est décédé à la suite dune blessure au cou provoquée par une flèche tirée par un ami qui visait des canettes de bière avec un fusil à arbalète ; en 1999, un homme de vingt-huit ans a été blessé à lil droit par un ami alors quils étaient assis en face lun de lautre. Lami a attrapé le fusil à air, la armé et a tiré.
Dans lEtat de Floride, afin de préserver les espèces fragiles, les pêcheurs doivent détenir un permis de chasse. Une taxe est perçue sur le permis et sur le matériel. Une surveillance est organisée et la sanction pour braconnage peut atteindre six mois de prison ferme.
Les essais du Laboratoire national dessais
La Commission a demandé au Laboratoire national dessais (LNE) deffectuer des tests de sécurité sur le produit en cause selon un protocole dessais conçu en commun (cf. note 10) . Il résulte de ce tests que lénergie développée par le fusil est estimée à 4,4 joules. Il sagit donc, au regard du classement des armes défini à larticle 2 du décret précité du 6 mai 1995, dune arme classée en 7e catégorie non soumise à déclaration. Le commerce de cette arme est soumis en létat de la réglementation à déclaration en préfecture. Son acquisition et sa détention sont régies par les dispositions combinées de larticle 23 du décret du 6 mai 1995 et de larticle 4 du décret du 11 juillet 1990. Le détenteur doit donc avoir au moins seize ans et être soit titulaire de la licence de la FFESSM, soit titulaire du récépissé de déclaration de chasse délivré par les services déconcentrés des affaires maritimes.
Le laboratoire a procédé au démontage de larme à lair libre comme le prévoit la notice pour le remplacement ou lentretien des pièces qui le composent, en effectuant au préalable des opérations de purge dair comprimé. Les résultats complets de ces essais seront transmis à la DGCCRF pour suite à donner.
Sur le plan de linformation du consommateur, la Commission a relevé que la notice dutilisation du produit (jointe en annexe) était mal conçue et très mal traduite en langue française, mêlant, sans hiérarchisation, les informations utiles au fonctionnement de lappareil avec celles relatives à la sécurité de lutilisateur. Des opérations délicates comme celles consistant à sassurer quil ny a plus dair comprimé dans les deux chambres dont est équipé lappareil ne sont pas décrites à laide dun schéma explicatif. Cest sans doute la raison pour laquelle, comme il a été indiqué plus haut, les vendeurs de Decathlon conseillent à leurs clients de faire appel à un professionnel pour décomprimer le fusil. En outre, une fiche technique est annoncée dans la notice qui nest pas jointe au produit.
Sur la base de ces données :
Considérant que la notice dutilisation du fusil de chasse sous-marine à air comprimé de marque Cressi Sub SL noffre pas, tant dans sa présentation que par labsence de fiche technique, des garanties suffisantes pour que lutilisateur dispose dinformations claires et complètes pour effectuer les opérations de maintenance de larme en toute sécurité ;
Considérant quune refonte de la notice est un préalable à la poursuite de la commercialisation de ce produit ;
Considérant quil appartient à ladministration de sassurer, sur la base du rapport du Laboratoire national dessais et dautres expertises complémentaires, que cette arme ainsi que des armes techniquement similaires ne présentent pas de dangers inhérents à leur conception, notamment lors des opérations de démontage ;
Considérant quil nexiste aucune norme définissant les exigences de sécurité que doivent respecter ces produits ;
Considérant que le fusil de chasse sous-marine est une arme ne pouvant être utilisée en milieu aquatique que par des plongeurs de plus de seize ans, ayant souscrit une déclaration administrative de chasse ou titulaires dune licence par une fédération sportive agréée ;
Considérant que les fusils de chasse sous-marine à air comprimé ou à gaz, quelle que soit leur puissance, sont actuellement en vente libre, en particulier en grande surface, sans mesures particulières de vente (armoires fermant à clef, démonstration, âge de lacheteur) ;
Considérant que cette pratique commerciale, contraire à la réglementation sur les armes, peut présenter un risque pour les consommateurs, pour les mineurs, et pour les tiers, notamment en cas dutilisation détournée du produit ;
Considérant que le régime dacquisition, de port, de détention et de condition de vente des fusils de chasse sous-marine à air comprimé ou à gaz dépend de leur énergie exprimée en joules ;
Considérant quil nexiste aucune disposition réglementaire imposant la mention sur les fusils de chasse sous-marine à air comprimé ou à gaz, sur leur notice et sur leur emballage de leur énergie exprimée en joules de sorte que la catégorie de larme est ainsi difficile à déterminer ;
Considérant que les pratiquants de la pêche sous-marine ne reçoivent pas de la FFESSM une formation structurée, que ce soit pour le maniement de larme comme pour la préservation des espèces à sauvegarder ;
Considérant queu égard à cette absence de formation et au simple régime déclaratif de pêche auquel sont soumis les autres pratiquants, le nécessaire respect des règles de sécurité pour la pratique de la pêche vis-à-vis de tiers et la préservation de certaines espèces menacées dans un contexte de diminution sensible des ressources halieutiques justifieraient la mise en place dun véritable permis de pêche ;
Après avoir entendu en séance M. D., ingénieur du Laboratoire national dessais,
Emet lavis suivant :
La commission recommande aux pouvoirs publics :
1. De suspendre, pour une durée provisoire, la fabrication, limportation, la détention en vue de la vente, la mise en vente, la distribution à titre gratuit ou la mise à disposition à titre gratuit ou onéreux du fusil de chasse Cressi Sub SL, tant que la notice dutilisation nest pas améliorée et complétée dune fiche technique indispensable ;
2. Deffectuer une expertise de ce fusil ainsi que de toute autre arme similaire afin de sassurer que les produits ne présentent pas de risque pour lutilisateur dans des conditions raisonnablement prévisibles du démontage des différentes pièces de larme ;
3. De veiller au respect par les fabricants et distributeurs de la réglementation sur les armes et, quen tout état de cause, toute vente de fusil de chasse sous-marine ne soit effectuée quau bénéfice de personnes autorisées ;
4. Quun texte réglementaire rende obligatoire la mention sur ce type de produit, son emballage et sur la notice demploi de lénergie exprimée en joules développée à la bouche et que les tests correspondants soient mis à disposition de ladministration par les fabricants et distributeurs ;
5. De demander à lAgence française de normalisation (AFNOR) de lancer des travaux de normalisation afin de définir les exigences de sécurité que doivent remplir ces produits ;
6. Dinstaurer un permis de pêche sous-marine validant le maniement des armes, les mesures de sécurité à respecter en situation de pêche et la connaissance des espèces protégées ;
7. Que, dans lattente de la mise en place dun permis de pêche, une formation au maniement de larme et à la protection des espèces soit obligatoirement proposée par la FFESSM à ses adhérents.
En application du principe de précaution, la commission de la sécurité des consommateurs diffusera un communiqué de presse recommandant aux possesseurs de fusils de chasse sous-marine de nopérer de démontage de larme que par un professionnel tant que la sûreté de tels appareils nest pas officiellement garantie. Elle appellera également à la vigilance les parents denfants mineurs susceptibles dêtre en possession de telles armes.
Adopté au cours de la séance du 3 juillet 2002 sur le rapport de Bertrand Raux, assisté de Odile Finkelstein et de Patrick Mesnard, conseillers techniques de la commission, conformément à larticle R. 224-4 du code de la consommation.
A N N E X E
FUSILS SL ET STAR
Les fusils de la série SL sont
fabriqués dans les versions suivantes : SL STAR 40, SL STAR 55,
SL STAR 70, SL 55 avec reductor, SL 70 avec reductor, SL 100
avec reductor.
Les fusils de la série SL sont des fusils sous-marins,
étanches, fonctionnant à lair comprimé.
Légers et équilibrés, grâce
à lemploi de matériaux sélectionnés et dalliages
légers, ils sont, dans leau, avec la flèche, légèrement
négatifs mais ils sont flottants après le tir, à lexception
des modèles SL 40.
La pression de précharge est établie une
fois pour toutes au moyen de la pompe.
Le piston est en un bloc unique, léger et à
centrage automatique, qui permet une meilleure précision et une meilleure
vitesse de la flèche.
Les fusils SL sont munis dun dispositif pratique
pour décrocher la ligne automatiquement, commandé par la gâchette,
ce qui rend encore plus facile lusage.
Les fusils SL sont munis de tige de 8 mm.
Le fusil est mis en vente prêt à lusage
avec la quantité dhuile prévue et lair comprimé
à la pression moyenne de 20 bars conseillée.
Si lon veut augmenter ou rétablir la pression
de précharge, dévisser le bouchon postérieur en tenant
le fusil avec le canon dirigé vers le bas, visser la pompe jusquau
fond du filetage du bouchon soupape et lactionner en faisant glisser complètement
le piston du point mort supérieur au point mort inférieur pour
utiliser au maximum la possibilité de pompage.
En ce qui concerne la pression de précharge et
le nombre de corps de pompe nécessaires pour létablir, se
reporter à la fiche technique correspondante ; toutefois, les renseignements
sont donnés à titre indicatif en raison de la difficulté
à déterminer exactement la constance des coups de pompe, la quantité
de fluide contenu dans le fusil, les frottements, les variations de température
et les erreurs des instruments de mesure.
La possibilité de varier la pression de précharge
donne encore plus de souplesse à lutilisation de larme et
permet toute sorte de pêche.
Pour diminuer la pression intérieure ou pour
décharger larme, tenir le fusil avec le canon dirigé vers
le bas, dévisser le bouchon postérieur et appuyer sur la sphère
de la soupape afin de permettre à lair de sortir.
Effectuer lopération en tenant la soupape
éloignée du visage pour ne pas recevoir les éclaboussures
de lhuile pulvérisée qui peut être expulsée
avec lair.
Après lexécution des opérations
indiquées, revisser le bouchon postérieur. Dans les fusils avec
réducteur, il faut que celui-ci ne soit pas inséré avant
de décharger la pression.
Le réducteur de puissance a un fonctionnement
très simple, car la poignée externe, actionnée en avant,
pousse un piston qui bloque lair dune grande partie du réservoir,
utilisant pour le tir seulement celle restante.
On peut charger le fusil aussi à réducteur
inséré, car lair comprimé dans le canon du piston
passe également dans cette partie bloquée du réservoir,
à travers une soupape.
Les SL sont munis dun cran darrêt
facilement manuvrable avec le pouce ou lindex de la main droite
ou de la main gauche selon la façon dont on tient larme.
A la fin de la pêche, il est absolument indispensable
de décharger le fusil dans leau.
Contrôler fréquemment que la flèche
soit parfaitement droite et en alignement avec le harpon, le contraire provoquerait
des déviations de tir.
Si lon utilise le fusil avec soin, il na
besoin que dun minimum dentretien.
Environ 15 cm3 de fluide protègent
et lubrifient toutes les garnitures détanchéité et
le mécanisme intérieur de déclenchement.
Périodiquement, ce lubrifiant doit être
rétabli avec celui spécial vendu en récipients de 100 cm3
avec graisseur.
Ne pas oublier de nettoyer le fusil en eau douce après
chaque plongée, en rinçant surtout la tubulure de volée
et la poignée dont les mécanismes sont exposés et ne sont
pas lubrifiés automatiquement.
Si, en cours dutilisation, le fusil tombe sur
le sable ou sur le fond, avant dy réintroduire la flèche
pour le recharger, il est nécessaire de bien le rincer en lagitant
avec la tubulure de voilée dirigée vers le bas.
Précautions à prendre :
Ne pas garder le fusil chargé à terre
ou en barque, lutiliser exclusivement dans leau pour la pêche
sous-marine.
Ne jamais pointer larme chargée, même
en passant, vers un autre plongeur, tourner la pointe du harpon loin des personnes.
Ne jamais charger le fusil sans en conduire la voilée
avec la main libre, sans sassurer quil ne peut glisser, sans dévier
la pointe de harpon de soi-même (et des autres) même et surtout
dans la phase finale. Ne jamais décharger le fusil dans lair, au
lieu de sous leau, ni tirer de lair dans leau.
Ne jamais effectuer aucune opération de démontage
(pour remplacement de pièces, remplissage du fluide ou simple entretien)
sans avoir dabord totalement déchargé la pression de précharge.
Ne jamais remplacer de garnitures, ressorts, fluides
ou autres pièces estimées secondaires sans utiliser les pièces
de recharge du fabricant.
NOTE (S) :
(1) Cette licence intègre une assurance en responsabilité civile. Elle nest pas la contrepartie dune épreuve visant à évaluer la capacité du titulaire à savoir manier correctement le fusil. Selon les interlocuteurs de la CSC, dans des régions maritimes où la tradition de la pêche sous-marine côtière est très vivante, la non-possession de la licence serait peu contrôlée et, partant, donnerait lieu à peu de procès-verbaux dinfractions.
(2) Mais Cressi-Sub na pu fournir à la commission lindication de lénergie exprimée en joules développée à la bouche par le fusil.
(3) Le programme de lexamen dinitiateur pêche sous-marine et apnée contient néanmoins une partie pratique comportant une épreuve de pêche sous-marine (2 heures, 2 examinateurs) où sont jugées « aisance, canard, palmage, tactique, 6.1sécurité, efficacité, tir... note inférieure à 6 éliminatoire ».
(4) Certaines espèces en danger de « sur pêche » sont protégées. Ainsi, la pêche sous-marine du mérou est interdite par arrêté préfectoral sur le littoral méditerranéen jusquen 2003.
(5) Conformément à larticle 6 du décret, il sagit dune déclaration effectuée auprès du préfet du lieu dinstallation du magasin. Le préfet délivre un récépissé de cette déclaration.
(6) Article 49 du décret de 1995.
(7) Cest le cas des licenciés de la FFESSM qui peuvent pratiquer la pêche sous-marine à partir de seize ans.
(8) La Commission a émis un avis relatif aux armes factices en date du 2 octobre 1996 ainsi quun avis sur le projet de décret sur les armes factices en date du 2 juillet 1997, décret no 99-240 en date du 24 mars 1999 (JO du 28 mars 1999).
(9) Il sagit dune interprétation émanant dune de ses directions départementales.
(10) Il faut souligner quil existe des fusils dautres marques, de conception similaire. Ainsi, les ingénieurs du LNE ont identifié dans le catalogue de produits de plongée sous-marine, édité par GO SPORT, un fusil ASSO 65 de marque Ceac Sub identique au fusil Cressi Sub SL.
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© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie - DGCCRF - 29 octobre 2002 |