Sommaire N° 3 du 26 février 2002

Avis de mise en consultation d’une demande d’enregistrement d’une indication géographique protégée concernant du bœuf de Vendée

NOR :  ECOC0200023V

    En application du règlement (CEE) no 2081/92 du Conseil du 14 juillet 1992 relatif à la protection des indications géographiques et des appellations d’origine des produits agricoles et des denrées alimentaires, une demande d’enregistrement de l’indication géographique protégée a été déposée par le Groupement « Qualité Bœuf Vendée », boulevard Réaumur, 85013 La Roche-sur-Yon.
    Conformément aux dispositions du décret no 2000-826 du 28 août 2000 relatif aux procédures d’examen des demandes d’enregistrement des appellations d’origine protégées et des indications géographiques protégées, le dossier de demande, référencé IG/24/01, peut être consulté, durant un délai de deux mois à compter de la date de publication du présent avis au Journal officiel, aux adresses suivantes :
    Institut national des appellations d’origine, 138, avenue des Champs-Elysées, 75008 Paris ;
    Ministère de l’agriculture et de la pêche (direction des politiques économique et internationale, service des stratégies agricoles et industrielles, sous-direction de la valorisation et de l’organisation des filières, bureau des signes de qualité et de l’agriculture biologique), 3, rue Barbet-de-Jouy, 75340 Paris 07 SP ;
    Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, sous-direction protection du consommateur [bureau Loyauté]), 59, boulevard Vincent-Auriol, 75013 Paris.
    La fiche de synthèse ci-après est de la seule responsabilité des professionnels.

FICHE DE SYNTHÈSE D’UNE DEMANDE D’ENREGISTREMENT DE L’INDICATION GÉOGRAPHIQUE PROTÉGÉE CONCERNANT DU BŒUF DE VENDÉE

    1.  Service compétent de l’Etat membre :
    Nom :
    Tél. :
    2.  Groupement demandeur :
2.1.  Nom : Qualité Bœuf Vendée
2.2.  Adresse : maison de l’agriculture, 85013 La Roche-sur-Yon Cedex (téléphone : 02-51-36-82-70, télécopie : 02-51-36-84-65), mél. : dte.chambagri.@wanadoo.fr.
2.3.  Composition :
 650  producteurs ;
  4  membres associés : groupements de producteurs (4) ;
  4  abatteurs distributeurs (4) ;
  3  organismes à vocation générale : Chambre Agriculture, Chambre des métiers, Syndicat des Bouchers, Syndicats agricoles ;
  2  grossistes ;
  75  distributeurs détaillants.
    3.  Type de produit : viande fraîche de gros bovin de boucherie.
    4.  Description du cahier des charges :
4.1.  Nom : Bœuf de Vendée ;
4.2.  Description : la présente demande d’indication géographique protégée concerne la viande fraîche de gros bovins de boucherie commercialisée en :
 carcasses ;
 quartiers ;
 découpes,
        d’animaux nés, élevés et abattus dans l’aire géographique décrite ci-après.
            Désignation du produit : viandes et abats comestibles selon le chapitre 2 de la liste prévue à l’article 38 du traité de Rome.
            Il s’agit de bovins femelles ou mâles castrés, issus du cheptel allaitant nés et élevés sur une même exploitation ou bien avec un seul transfert possible naisseur-engraisseur à l’intérieur de la zone de production.
            L’âge à l’abattage minimum pour les bœufs est de 30 mois, pour les génisses il est de 28 mois ; aux périodes de soudure, il peut être abaissé respectivement à 28 mois et à 26 mois.
            Pour les vaches, l’âge maximum est de 8 ans pour les races à viande, et de 7 ans pour les croisées. Les carcasses doivent appartenir aux classes EUR du catalogue SEUROP.
            L’état d’engraissement doit assurer la jutosité grâce à un persillé suffisant, tout en évitant les excès de gras allant à l’encontre d’une bonne valorisation économique (classe 2, 3).
            La couleur doit être : rouge franc.
            Le pH et la température, pris 24 heures après l’abattage, doivent être respectivement inférieurs à 6 et à 6 oC. L’abaissement de la température doit être progressif : > 10 oC, 10 heures après l’abattage ou tant que le pH n’est pas < 6.
            Le poids de carcasse minimum est de :
 320 kg pour les femelles ;
 360 kg pour les mâles castrés.
            Le temps de maturation minimum est de 10 jours pour les morceaux à rôtir et à griller.
4.3.  Aire géographique Vendée :
            La zone géographique comprend la Vendée administrative à laquelle s’ajoutent les cantons proches des départements voisins correspondant à la continuité des petites régions agricoles naturelles concernées par l’élevage du « Bœuf de Vendée ». Cette unité se caractérise par un patrimoine commun collectif agricole, géographique, historique, social et culturel.
            Cette zone de production Vendée, souvent appelée bordure méridionale du Massif armoricain, comprend surtout des terrains d’origine tertiaire assez profonds, qui ont donné des sols limono-argileux au fur et à mesure de leur évolution.
            Elle se caractérise aussi par un climat océanique doux et ensoleillé qui rajoute beaucoup de qualité aux fourrages produits et donc à la qualité finale de la viande de « Bœuf de Vendée ». Cette rupture climatique entre la Bretagne froide et le Bassin aquitain plus chaud commence bien à la Loire.
            L’ensemble climat-sol constitue un bassin agricole homogène très favorable à la production fourragère, et donc à la viande bovine.
            Sur un plan sociologique :
            Sur le plan sociologique, la zone Vendée ici définie se justifie à bien des égards, et notamment au regard de l’histoire, le bas Poitou, ensuite la Vendée militaire de 1793, et les guerres de Vendée ont réuni ces populations rurales qui ont toujours eu des destinées communes.
4.4.  Preuve de l’origine :
            Les éléments prouvant l’origine géographique du « Bœuf de Vendée » sont tous contenus dans le cahier des charges : no 16/93 label rouge gros bovins de boucherie, pour lequel Qualité Bœuf Vendée a obtenu l’agrément en 1993.
            Ainsi, l’identification et la traçabilité sont rigoureusement établis et contrôlés depuis l’origine génétique (père et mère) jusqu’à l’étal du boucher en passant par toutes les étapes de la vie de l’animal et de la transformation des carcasses : traces documentaires, identification et suivi traçabilité :
 déclaration de naissance : identification des parents, de l’animal et du lieu de naissance : nom et adresse de l’éleveur ;
 édition du DAB ;
 déclaration : mise en contrat ;
 bon de livraison ;
 fiche récapitulative de traçabilité ;
 édition du Certificat de Garantie d’Origine ;
 marquage des carcasses ;
 étiquetage ;
 comptabilité matière (le cas échéant).
            Progressivement cette méthode a été perfectionnée pour éviter tout risque de perte d’information.
            Chaque année, 3 000 « Bœufs de Vendée » sont « tracés » en suivant cette méthode.
4.5.  Méthode d’obtention :
            Pour faire un « Bœuf de Vendée », il faut plusieurs ingrédients et beaucoup de savoir-faire dans toute la filière. La grande tradition de l’élevage et de la première transformation dans ce pays prend toute sa dimension aujourd’hui et s’illustre parfaitement dans le cahier des charges exigeant de la présente IGP.
            La Vendée dispose du deuxième troupeau allaitant charolais de France. Ce cheptel est sélectionné depuis des temps très anciens pour satisfaire les clients les plus exigeants. Ensuite, le potentiel ne serait rien sans une alimentation abondante et de qualité pour que les animaux puissent exprimer toutes leurs caractéristiques. Enfin, on a beau avoir de bons outils, encore faut-il de bons artisans. Les éleveurs vendéens et les abatteurs ont montré toutes leurs capacités et leur savoir-faire est désormais reconnu dans le monde entier.
            Le niveau génétique de base est très élevé, c’est celui des meilleures races bouchères françaises, et notamment de la charolaise et de la blonde d’Aquitaine. La réputation nationale, européenne et mondiale des éleveurs vendéens n’est plus à faire, elle s’exprime clairement lors des concours et des ventes nationales. Le poids moyen de carcasse du « Bœuf de Vendée Label Rouge » est aujourd’hui de 469 kg en classes U et E, alors que la moyenne nationale est de 412 kg en R et U. (Source Bovin Croissance.)
            La disponibilité des ressources fourragères est forte en quantité et en qualité, ce qui est souvent suffisant pour optimiser la période d’élevage avec une très faible complémentation.
            Les aliments composés concentrés, complets ou complémentaires, doivent être constitués à partir de fourrages et concentrés fabriqués à partir des productions végétales comme par exemple : grains de céréales, produits et sous-produits de grains de céréales, graines oléagineuses, produits et sous-produits de graines oléagineuses, produits et sous-produits de graines-légumineuses, pulpes issues de tubercules, racines ou fruits, mélasse, luzerne déshydratée, produits laitiers, minéraux (carbonates, phosphate, sel, magnésie), huiles et graisses végétales...
            Les animaux destinés au « Bœuf de Vendée » doivent être élevés dans le respect des cycles traditionnels d’alternance entre pâture et stabulation pendant toute la durée de leur élevage. Ils sortent autour du 1er avril sur les pâtures. Les animaux rentrent généralement autour du 1er novembre en stabulation pour la période d’hivernage. Là, ils reçoivent une alimentation à base de fourrages grossiers.
            Tous les animaux sont nés et élevés dans la zone géographique concernée.
            Particularité forte, la Vendée fait naître, élève et engraisse ses animaux de boucherie. Les exigences de qualité du produit final demandent une surveillance fine des animaux tout au long de leur période de production. L’historique de chaque animal est répertorié dans le carnet d’élevage. La traçabilité totale du produit s’en trouve renforcée, de même que les garanties du respect des cahiers des charges tout au long de la vie de l’animal. Enfin, on évite le stress dû au transport et à la transaction du sevrage, de même que toute modification des équilibres sanitaires dans l’élevage indemne. Sur le plan sanitaire, l’avantage est évident.
            On retrouve donc dans le « Bœuf de Vendée » tous les avantages de la production d’un système naisseur-engraisseur typique de la région concernée.
4.6.  Le lien avec l’origine géographique : la Vendée et son élevage bovin :
4.6.1.  Caractéristiques particulières :
            Sur le plan géographique :
            Tout d’abord, concernant le climat, cette zone se caractérise très facilement avec une influence océanique marquée et un ensoleillement moyen annuel très supérieur à la moyenne nationale, soit 2 100 H/an.
            Sur le plan géologique, la bordure méditerranéenne du Massif armoricain se caractérise par des sols limoneux assez profonds, très propices à la production fourragère.
            La rencontre de ces deux facteurs climat/sol a donné ce paysage de Bocage vendéen si particulier sous l’action patiente et continue des « paysans devenus agriculteurs ».
            Ainsi, les limites géographiques de ce territoire objectif pour l’élevage se dessinent parfaitement en prenant comme limites la Loire au Nord, la Sèvre niortaise au Sud, l’océan Atlantique à l’Ouest et les deux bassins versants de la Sèvre nantaise à l’Est.
            Sur le plan économique :
            On retrouve parfaitement cette qualité dans l’élevage sur les marchés locaux de Parthenay, Clisson ou Cholet, ou bien dans les zones de reconnaissance de l’activité des groupements de producteurs : Cavac, Gerval, Groupement des éleveurs de l’Ouest, Covia.
            En définitive, beaucoup d’éléments géographiques se recoupent pour caractériser cette zone objective de l’élevage du « Bœuf de Vendée ».
            La générosité du climat et des sols permet une production fourragère de qualité et variée tout au long de la vie de l’animal. C’est bien ici qu’il faut trouver un lien fort entre le terroir et le produit viande bovine. Il a été possible du cultiver toutes sortes de plantes fourragères en quantité et en qualité et la production de viande bovine a pu réussir dans cette région, et devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Cette situation privilégiée aurait pu pousser les éleveurs à se spécialiser dans l’engraissement, il n’en a rien été. L’éleveur vendéen est d’abord et avant tout naisseur-engraisseur.
            Sur le plan humain : « les Vendéens, des éleveurs nés » :
            Toujours soucieux de maîtriser l’ensemble du processus de production du naissage jusqu’à l’abattage, les naisseurs-engraisseurs caractérisent ces systèmes de production si particuliers en Vendée. « Tout ce qui est né en Vendée y est engraissé », entend-on souvent. C’est toute une culture autour de l’élevage qui existe dans ce pays. Elle génère un savoir-faire désormais connu et reconnu bien au-delà des frontières de l’hexagone. Le système type vendéen comprend aujourd’hui 60 vaches allaitantes sur 70 ha et l’engraissement de ses produits à partir des fourrages de l’exploitation.
4.6.2.  Une réputation acquise de longue date :
            Les liens qui unissent le « Bœuf de Vendée » à sa région de production sont très forts, voire indissolubles, variés et nombreux. Ainsi, on trouve des facteurs historiques, géographiques, sociaux, culturels et agricoles.

« La Vendée, un pays, un produit, des hommes »

            Sur le plan historique, le « Bœuf de Vendée », depuis les temps les plus anciens, accompagne la vie du paysan vendéen. Parmi les premières espèces domestiquées, il sera d’abord utilisé pour la viande et le lait puis, très rapidement, c’est la traction attelée qui va rendre cet animal indispensable. Seul capable de retourner les surfaces importantes nécessaires à la production de céréales pour fournir le pain aux habitants, cet animal noble trouve davantage sa place que le cheval dans les terres lourdes et difficiles de Vendée. Plus récemment, la valorisation bouchère haut de gamme en fait un élément majeur de l’activité économique locale.
            Aussi, tout au long de l’histoire, d’abord du métayage puis du fermage, la viande bovine a toujours été considérée comme denrée de base pour l’évaluation des loyers.
            En 1820, les bœufs engraissés de Vendée, dits aussi « Chollets », étaient très recherchés sur les marchés de Sceaux et de Poissy.
            En 1878, les frères Batiot introduisent le charolais en Vendée, qui côtoie alors et jusqu’à l’entre-deux-guerre une « race vendéenne ». Avec la mécanisation naissante, la sélection génétique des races de travail est orientée vers les performances bouchères. Les rendements céréaliers plafonnent dans le bocage, aussi l’orientation des systèmes d’exploitation va se faire très rapidement vers la production fourragère et la production de viande bovine. D’abord les grandes agglomérations de Nantes, Angers et Paris tirent le marché, puis les autres pays de l’Europe du Sud prennent le relais.
            En 1952, 450 000 ha sont orientés vers la production fourragère et l’élevage bovin compte 450 000 têtes.
            En 2000, on compte 350 000 ha de surface fourragère et 720 000 bovins, dont 167 000 vaches allaitantes.
            Un pays comme la Vendée, autrefois fortement déshérité, se trouve aujourd’hui au premier rang national pour la production de viande bovine.
            Ainsi « Bœuf de Vendée » se situe dans une tradition d’adaptation des hommes pour prendre en main leur propre destinée. Aujourd’hui, le consommateur et la société ont des attentes fortes sur l’origine des produits et sur les modes de production. Ils sont aussi soucieux de l’environnement et de la terre qu’ils veulent laisser à leurs enfants. Autant d’idées très largement partagées par les éleveurs vendéens et désormais mises en application et prouvées dans l’exécution des différents cahiers des charges : certificats de conformité, Label Rouge, agriculture raisonnée... Cette volonté s’exprime clairement dans la dernière publication de leur représentant Luc Guyau : « Le Défi paysan ».
            En conclusion : c’est bien cette conjonction de facteurs de production favorables qui fait la réputation de ce produit haut de gamme :
 savoir-faire ancestral et toujours amélioré des éléveurs et des abatteurs ;
 une nature généreuse : sols, climats, production fourragère.
            « Des hommes, des produits, des territoires », voilà bien le triptyque repris par Luc Guyau, qui caractérise parfaitement le bœuf de Vendée lié à son éleveur et à son pays de bocage.
4.7. Structure de contrôle :
            Nom : Aclave ;
            Adresse : boulevard Réaumur, 85013 La Roche-sur-Yon Cedex.
4.8. Etiquetage :
            En boucherie de détail, le produit sera présenté avec une PLV adaptée faisant référence à l’origine de la production : Vendée.
            Les carcasses seront accompagnées de leur certificat d’origine présentant les mentions suivantes :
 la date d’abattage ;
 le numéro de tuerie ;
 le numéro d’identification (DAB) ;
 le numéro de cheptel de l’éleveur, son nom et son adresse ;
 le numéro et le nom de l’organisme commercial ;
 le numéro d’ordre de la vignette ;
 le classement avec conformation, état d’engraissement ;
 le poids de carcasse ;
 le pH et la température ;
 le nom du destinataire.
            Les mentions spécifiques aux étiquettes UVC sont les suivantes :
            Mentions obligatoires :
 dénomination du produit : bœuf de Vendée ;
 marque commerciale (le cas échéant) ;
 certifié par Aclave, boulevard Réaumur, 85013 La Roche-sur-Yon Cedex ;
 produit par Qualité Bœuf de Vendée ;
 Numéro d’homologation ;
 logo label rouge ;
 le numéro d’étiquette UVC.
            Mentions facultatives :
 dénomination du mode de conduite d’élevage ;
 la race ;
 le nom et l’adresse du groupement de producteurs ;
 la date d’abattage ;
 l’information consommateur.
4.9. Exigences nationales :
            Référentiel label rouge : gros bovin de boucherie 16/93.

© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie - DGCCRF - 18 mars 2002