| Sommaire | N° 09 du 23 juin 2001 |
Avis relatif à la sécurité des centres équestres
NOR : ECOC0100250V
La commission de la sécurité des
consommateurs,
Vu le code de la consommation, notamment ses
articles L. 224-1, L. 224-4, R. 224-4 et R. 224-7 à
R. 224-12 ;
Vu les requêtes no 99-062 et no 99-064,
Considérant :
I. - LES REQUÊTES
Requête no 99-062
Le 4 octobre 1999, Mme F. H. a informé la Commission que sa fille C., une adolescente de onze ans, avait été victime dun accident le 21 juillet 1999, lors dun stage déquitation pour débutants au club UDSIST à Saint-Cyprien. Au cours de la 4e reprise, lors dun exercice de galop, le cheval quelle montait sest emballé et la projetée sur les barrières délimitant lenclos. Sa tête, coiffée dun casque personnel, a heurté violemment les barres de fer et un potelet en béton. Elle est décédée le 27 juillet 1999, quelques jours après son arrivée à lhôpital de Perpignan.
Requête no 99-064
Le 15 octobre 1999, Mme C. C.
a saisi la commission dune requête consécutive au décès de sa fille de sept ans
et demi, H., le 24 août 1999. Celle-ci venait de débuter un stage dune
semaine dans un poney-club à Roscanvel (Finistère), et a été victime dun
accident survenu durant une promenade effectuée dès le premier matin. Le chemin était
très étroit, en pente accentuée (38 %), en forme de gouttière et ne laissant
aucune échappatoire aux chevaux. Selon la requérante, « à la sortie dun
sentier très étroit, la jument du moniteur voit un emballage de bière posé sur le sol
et sarrête. [Le moniteur] insiste fortement pour la faire avancer, la jument se
cabre et se retourne sur les chevaux qui la suivent et qui imitent la jument en tentant un
demi-tour. H. est en 4e position sur un poney, le cheval Athos qui la
précède se retourne sur le poney et le renverse entraînant H. dans sa chute.
Hélène se trouve coincée sous son poney, écrasée et piétinée par les autres
chevaux. Le moniteur et tous les cavaliers du groupe sont tombés. ». Cela a
provoqué une hémorragie interne chez la fillette qui est décédée au bloc opératoire
du CHU Morvan à Brest. Parmi les facteurs de causalité de laccident invoqués par
Mme C., on peut citer :
la présence dun seul encadrant au lieu de
deux ;
lhétérogénéité du groupe de cavaliers (avec
une forte dispersion des âges - sept/vingt-cinq ans - et des niveaux de
pratique) ;
la composition du groupe de montures (un mélange de
chevaux et de poneys) ;
la jument du moniteur, jument de sport et non de
promenade, qui nétait pas habituée à se trouver en tête.
II. - LINSTRUCTION MENÉE PAR LA COMMISSION
Le secteur hippique comprend à la fois le secteur
des courses (trot et galop) et celui des centres équestres et du sport équestre. Le
secteur des courses étant pour lessentiel régi par le droit du travail qui ne
relève pas de la compétence de la Commission, la CSC, compte tenu de la mission qui lui
a été confiée par le législateur, sest surtout attachée à analyser la
sécurité des centres équestres et lorganisation du sport équestre en relation
avec la sécurité des pratiquants.
Dans ce cadre, la Commission a entendu lune des requérantes
(la seconde ayant dabord décliné linvitation sur les conseils de son
avocat), des représentants des pouvoirs publics, des professionnels (fédération
sportive, sociétés dassurances, centres hippiques...). Ont ainsi été
auditionnés :
Mme F. H., requérante ;
deux représentants du ministère de la jeunesse et
des sports ;
deux représentants du ministère de
lagriculture et de la pêche ;
un représentant de la Fédération française
déquitation (FFE) ;
un représentant du Groupement hippique
national ;
une représentante du centre hippique de Grosbois, à
Boissy-Saint-Léger ;
des représentants des compagnies
dassurances :
la société de Courtage
Conseils Gestion Assurances (CCGA), assureur de la Fédération française
déquitation pour ce qui concerne le tourisme équestre, seule compagnie à
posséder des statistiques complètes, pour son domaine de compétence ;
la Mutualité sociale agricole
dIle-de-France (MSA), qui, par sa mission, a une bonne connaissance du domaine
agricole et qui assure la plupart des professionnels du secteur hippique ;
la Fédération française des
sociétés dassurances (FFSA).
La Fédération française déquitation ayant changé
dassureur fin 1999 pour tout ce qui ne relève pas du tourisme équestre, il lui a
été impossible de fournir des données complètes à la Commission. De nombreuses autres
compagnies dassurances possèdent des données éparses, mais il nexiste
aucune agrégation de ces données, ce qui rendait, de fait, inutile leur audition par la
Commission.
Le Dr A., rhumathologue à lhôpital de Laval et ancien
médecin fédéral à de la Fédération française déquitation (FFE).
La société EQUIPHORSE, fabricant de barrières pour les centres
équestres a été également contactée, mais na pas répondu à linvitation
de la Commission.
III. - LES STATISTIQUES DACCIDENTS EN FRANCE
Comme dans de nombreux domaines, la Commission ne
peut que prendre acte du fait quil na pas été possible dobtenir des
chiffres précis et exhaustifs daccidents, compte tenu de labsence dune
source centralisée denregistrement des données. En effet, le ministère de la
jeunesse et des sports ne dispose pas de statistiques sur les accidents
déquitation. Quant à la Fédération française déquitation, elle na
pas été en mesure de fournir des chiffres à la Commission. Le Dr A., lors de
son audition, a indiqué à la Commission quil y avait en moyenne chaque année
2 000 accidents déquitation, dont 200 avec séquelles.
Les seules données disponibles sont celles de la banque de
données EHLASS transmises par la cellule dobservation des accidents de la vie
courante de lInVS ainsi que quelques éléments partiels fournis par des sociétés
dassurance. Le programme de lInVS, nouvelle agence chargée de recueillir des
données de santé publique notamment en matière daccidents domestiques, nest
quembryonnaire.
A. - La banque de données EHLASS
La banque de données EHLASS (European Home And
Leisure Accident Surveillance System), mise en place en 1986, possède un système
dinformation à léchelon national géré jusquen 1999 par la direction
générale de la santé et confié depuis à lInstitut de la veille sanitaire (InVS)
(1). Ce système est fondé sur le volontariat et englobe en France huit hôpitaux
(Aix-en-Provence, Bordeaux, Vannes, Besançon, Béthune, Caen, Pontoise, Reims).
LInVS a transmis à la Commission les données de la banque
de données EHLASS qui concernent la période 1986-1999, et portent sur
6 669 cas ayant donné lieu à hospitalisation ou à traitement dans des
services durgence, parmi lesquels on compte 15 décès. Elle a recensé
548 cas daccidents déquitation en 1999.
Il est à noter que le nombre daccidents déquitation
est passé de 33 en 1986 à 268 en 1987, et que les années suivantes, il sest
stabilisé autour dune moyenne de 500 accidents avec un pic de 724 en 1995.
Cette hausse est sans aucun doute liée à la forte hausse du nombre de pratiquants.
De cette étude, on peut tirer les constatations suivantes :
les accidents déquitation surviennent
essentiellement entre dix et quarante-cinq ans (77 %). Le pic de ce type
daccident, qui se situait entre quinze et vingt-cinq ans (28 %) sur la période
de 1986-1993, ne représente plus que 26,60 % des accidents. Le pic actuel, sur la
période 1986-1999, se situe entre dix et quinze ans (29,15 %). Il y a donc un net
rajeunissement de la population concernée par les accidents ;
ce sont en majorité les femmes (66,79 %) qui
sont victimes de ce type daccidents, même si la proportion sinverse après
quarante-cinq ans ;
les accidents sont essentiellement dus à des chutes
(5 076 cas, soit 76 %) même si les coups et les collisions représentent
une part non négligeable des accidents (821 cas, soit 12,3 %) ;
les lieux des accidents se situent en majorité dans
les zones sportives déquitation (manèges ou carrières) avec 3 665 cas
(55 %). Cependant, les accidents se produisent également au cours de loisirs (lors
de promenades en forêt, en montagne...) pour 20,4 % ;
les parties lésées sont le plus souvent les membres
supérieurs (29 %). Ce taux est même encore plus important pour les tranches
dâge comprises entre cinq et dix ans (40,7 %) (2) et entre dix et
quinze ans (37,3 %). La tête est moins souvent touchée (23,8 % des
accidents, tous âges confondus) (3). Toutefois, il faut préciser que pour les
tranches dâge un an - quatre ans et au-dessus de
quarante-cinq ans, cest la tête qui est le plus fréquemment
atteinte (4). Les membres inférieurs sont moins lésés, tous âges confondus
(19,1 %), même si le taux est non négligeable entre quinze et vingt-cinq ans
(23,3 %). Le rapport EHLASS de 1994 faisait remarquer que les atteintes de la colonne
vertébrale (9 %) constituaient une grande partie des accidents graves, avec un taux
très élevé par rapport à lensemble des accidents. Les accidents du thorax et de
la clavicule (8 %) étaient également plus fréquents que pour lensemble de
lenquête ;
les lésions les plus fréquentes sont : les
contusions (50,08 %) et les fractures (23,81 %) (5), surtout entre cinq et
dix ans (31,1 %) (6) et entre quarante-cinq et soixante-quatre ans
(29 %) (7). Leur taux est plus important que pour lensemble des accidents.
Les entorses sont aussi relativement nombreuses (6 %) (8) ;
enfin, les traumatismes crâniens sont fréquents, et
le taux dhospitalisation élevé (21,8 %). En 1994, ce taux était de
26 %, alors que pour lensemble de lenquête il nétait que de
14 %. Ce taux était de 11 % pour lensemble des accidents de sports.
En 1994, lenquête concluait que si, pour
léquitation, le matériel paraissait bien adapté, on pouvait se poser la question
de savoir si lentraînement physique était suffisant dans la pratique de ce type de
sport.
B. - La Fédération française déquitation (FFE)
Selon son directeur technique national, la FFE a connaissance de 10 accidents mortels par an sur une population denviron 800 000 cavaliers fréquentant des structures organisées. Elle ne dispose cependant daucune série chiffrée permettant davoir une vue densemble de laccidentologie.
C. - Les compagnies dassurances
La société Courtage conseils gestion assurances (CCGA),
lassureur de la FFE pour les activités de tourisme équestre
Selon la représentante de la CCGA, le nombre
global de dossier traités par sa société était de 618 en 1997 (dont 187 en
responsabilité civile et 431 en individuelle accident) (9), de 516 en 1998 (dont 161
en responsabilité civile et 355 en individuelle accident) et de 551 en 1999 (140 en
responsabilité civile et 411 en individuelle accident).
La CCGA recense en moyenne 1 mort et un paraplégique par an.
Les parties du corps les plus fréquemment touchées dans les dossiers transmis sont le
dos, puis viennent les fractures des jambes.
Sagissant des lieux des accidents, ceux-ci surviennent
généralement en dehors des centres équestres. Lorsquils se produisent dans les
clubs, ce sont souvent les installations qui sont défaillantes (en particulier les
barrières ; responsables de 2 accidents enregistrés par la CCGA en 1998, elles
en ont causé 7 en 1999) (10).
La Mutualité sociale agricole (MSA) dIle-de-France
Les représentants de la MSA, qui assure
lessentiel des professionnels ainsi que des particuliers, ont indiqué à la
Commission que sur la France entière, le régime agricole représente 8,16 % des
assurés sociaux (lIle-de-France : 1,38 %). Pour la période 1999-2000,
40 accidents dusagers ont été recensés en Ile-de-France ; touchant
29 femmes (72,5 %) et 11 hommes (27,5 %). Même sil sagit
là dune extrapolation sommaire, on peut penser que ces 40 accidents ne
représentent potentiellement qu1,38 % des accidents totaux, ce qui confirme
bien limportance quantitative des accidents déquitation en France.
Les tranches dâge sont ainsi réparties :
moins de dix ans : 5 accidents dont
3 poneys ;
de onze à vingt ans : 10 ;
de vingt et un à trente ans : 14 ;
de trente et un à quarante et un ans :
9 ;
de quarante et un à cinquante ans :
1 ;
plus de cinquante et un ans : 1 ;
accidents liés à un exercice particulier :
4 ;
accident dû à la longe dun cheval :
1 ;
accident lié au bruit : 1 ;
accidents liés à lenvironnement (ruisseau,
rochers...) : 4.
Tous les autres ont été provoqués par des chutes de cheval.
Les conséquences de ces accidents ont été :
23 contusions (dont 7 des membres inférieurs, 6 des membres
supérieurs, 6 du rachis, 5 de la tête ou du cou) ;
14 fractures (dont 6 des membres supérieurs, 4 des membres
inférieurs, 2 de la mâchoire ou du nez, 1 des côtes, 1 non localisé) ;
3 non identifiées.
Le service de prévention des risques professionnels de la MSA a
eu en outre connaissance de 2 accidents mortels chez les professionnels :
une stagiaire-salariée lors dune présentation
costumée au salon du cheval. Le cheval a glissé et elle a été victime dun
traumatisme crânien ;
lors dune promenade à Versailles, un moniteur
est décédé soit à la suite dun malaise cardiaque qui la fait chuter du
cheval, soit à la suite dune simple chute de cheval.
IV. - LES ACCIDENTS À LÉTRANGER
A. - Aux Etats-Unis
Les données chiffrées
On estime à 30 millions le nombre de
pratiquants déquitation aux Etats-Unis. Selon le rapport NEISS (11) de 1998,
le nombre des accidents déquitation en 1997 est estimé à 58 710 (dont
23 710 visites aux urgences).
Les femmes représentent 57,1 % (12) des accidents
recensés.
Les blessures au tronc constituent 32,9 % du total, celles
des membres supérieurs 25,2 %, et celles des membres inférieurs 21,1 %. Les
blessures à la tête représentent 16,5 % de toutes les blessures dues à la
pratique de léquitation (13). Toutefois, elles sont dune particulière
gravité puisquelles sont associées à plus de 60 % des décès.
Les types de blessures les plus fréquents sont : les
contusions (28 %), les fractures (27,7 %), puis les foulures et les entorses
(18 %).
Létude NEISS précitée fait apparaître des données
intéressantes en fonction de lâge des pratiquants :
les enfants de moins de quatorze ans, sils
totalisent 22,7 % des blessés, constituent 35,2 % des blessés à la tête. De
fait, les plus jeunes (zéro - quatre ans) sont plus facilement blessés à
la tête en cas de chute, étant donné que la masse de celle-ci est plus importante. Les
cinq - quatorze ans sont également sujets à ce type de traumatisme dans
les poneys clubs ;
les quinze - vingt-quatre ans
représentent, quant à eux, 17,7 % des blessés (dont 14,1 % des blessés à la
tête) ;
les vingt-cinq - quarante-quatre ans
représentent 36,5 % (14) des blessés (26,6 % des blessés à la tête),
et les plus de quarante-cinq ans 23 % (15) (22,9 % des blessés à la
tête).
Les accidents se produisent le plus souvent près de
lhabitation (60 %) et 38 % interviennent lors dactivités
sportives. Viennent ensuite les lieux publics (16 %) et le milieu
scolaire (0,5 %). Les blessures les plus graves sont dues à des chutes.
Les recommandations
Le Centre de prévention des accidents et de
recherche de Harborview à Seattle recommande très fortement le port du casque. Il
indique quil existe une norme ASTM (16) F 1163-90 pour les casques
aux Etats-Unis. Il recommande également de se conformer à la norme en spécifiant :
que les cavaliers qui utilisent des étriers portent
des bottes qui ont un talon et couvrent complètement la cheville ;
de ne pas bloquer la barre de sécurité de
létrier vers le haut mais de la laisser en position horizontale afin de permettre
à létrivière de se détacher de la selle si le cavalier est traîné ;
dutiliser des fers détriers de
sécurité : ils évitent que le cavalier soit traîné si son pied a glissé à
travers létrier ;
de vérifier son équipement avant de monter ;
de ne jamais sattacher à un cheval.
Ce même centre indique également quil ny a pas de
preuve que les cavaliers expérimentés aient moins daccidents à la tête que les
cavaliers inexpérimentés. Il note que lusage du casque ne doit pas être réservé
aux enfants, car les adultes (de plus de vingt-cinq ans) représentent au
moins 53 % des blessures ayant donné lieu à des soins à lhôpital (les
vingt-cinq à quarante-quatre ans représentent 40 % des accidents
déquitation). En outre, les chevaux sont imprévisibles, et même ceux qui
paraissent calmes peuvent tout dun coup prendre peur du fait dun bruit soudain
ou à la vue dun objet inhabituel, faisant chuter leur cavalier.
Il est également recommandé aux parents de donner
lexemple : il faut donc leur montrer la nécessité de protéger leur tête. En
outre, les enfants doivent être récompensés (par des encouragements oraux ou des petits
prix comme des autocollants) sils portent un casque.
La Commission na trouvé aucune donnée particulière sur le
sujet sur le site internet de la Consumer Products Safety Commission (CPSC), son
équivalent américain.
A noter que, pour une promenade en extérieur, les clubs
américains prennent dimportantes méthodes de prévention : information du
cavalier, décharge, évaluation du niveau, chemins balisés, encadrement sévère.
B. - Au Canada
Une enquête du système canadien hospitalier
dinformation et de recherche en prévention des traumatismes (SCHIRPT), menée
en avril 1995, a recensé 1 179 cas et donne les indications suivantes :
Pourcentages de blessures par tranches dâge et par
sexe : la plupart des blessés sont des femmes (en moyenne 76,5 % pour
toutes les tranches dâge), la tranche dâge la plus touchée étant celle
entre dix et quatorze ans :
Un à quatre ans : 7,1 % (dont 46,4 % de
filles) ;
Cinq à neuf ans : 17,9 % (dont 66,4 % de
filles) ;
Dix à quatorze ans : 48,1 % (dont 84,3 % de
filles) ;
Quinze à dix-neuf ans : 13,8 % (dont 89,6 % de
filles) ;
Vingt à quatre-vingt-dix-neuf ans : (dont 64,3 %
de filles).
Saisons : les accidents ont majoritairement lieu en
été (40,9 % entre juin et août), ensuite vient lautomne (27,8 %), puis
le printemps (20,4 %). Lhiver ne voit que 10,9 % des accidents.
Jour de la semaine : les accidents surviennent
essentiellement le samedi (24 %) et le dimanche (20 %).
Lieu : les accidents surviennent essentiellement à
lextérieur dans les aires récréatives (43,3 %), ensuite viennent les
étables ou écoles déquitation (19,8 %).
Equipement de protection : 78,2 % des accidentés
ne portaient aucun équipement de protection et 2,4 % portaient un casque.
Les 19,4 % restants portaient des équipements non précisés.
Circonstances ou facteurs contributifs des cas les plus
fréquents :
Chutes de cheval : 62,1 %. Il sagit
essentiellement de la perte de maîtrise du cheval par le cavalier, mais également de
sauts ou de tentatives de sauts, de glissage ou de chute du cheval, de perte des étriers,
ou à la montée ou à la descente du cheval ;
Piétinement du cheval : 11,3 % ;
Ruade : 11 %.
Les autres accidents (15,6 %) sont : morsure du cheval,
chute du cheval sur le cavalier, heurt dun obstacle, foulure, mouvement soudain du
cheval causé par une blessure due à la selle, etc.
Nature et siège des blessures principales :
Eraflure, contusion, inflammation (dabord des membres
inférieurs, puis viennent le tronc et les membres supérieurs, ainsi que la tête ou le
cou) : 39,6 % ;
Fracture (essentiellement des membres supérieurs) :
30,5 % ;
Entorse, foulure, dislocation : 10,8 % ;
Coupure, lacération, autre : 5,7 %.
C. - En Europe
La CSC a interrogé ses correspondants en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Irlande.
a) LAutriche
Les données les plus complètes ont été
fournies par lAutriche et mettent en évidence les données suivantes :
On recense approximativement 4 000 accidents non mortels
par an et il y a eu deux accidents mortels en 1998. 77 % des accidentés
sont des femmes, 23 % sont des hommes ;
Les tranches dâge concernées sont : cinq à
quatorze ans : 28 %, quinze à vingt-quatre ans : 26 %,
vingt-cinq à quarante-quatre ans : 34 %, plus de
quarante-quatre ans : 12 % ;
54 % sont tombés de cheval et 16 % des chutes sont dues
à des collisions ;
La nature des blessures est la suivante : fractures :
53 %, contusions, éraflures : 21 %, blessures de tendons ou
musculaires : 11 %.
b) La Grande-Bretagne
En 1996, la Grande-Bretagne a fourni à la
commission de normalisation sur les vêtements de protection (17) les données
suivantes : il y a environ 2 millions de cavaliers adultes et enfants.
Sagissant des accidents et de leur localisation :
1,1 % des cavaliers sont blessés une fois par an ;
30 % des cavaliers blessés sont âgés de onze à
quinze ans ;
65 % des accidents se produisent lors dun exercice
déquitation et de loisirs ;
25 % des accidents se produisent lors dune
compétition ;
17 % des accidents se produisent dans les écuries ;
43 % des accidents se produisent dans un champ (sur
lherbe) ;
23 % des accidents se produisent sur route ;
67 % des blessures se produisent sur terrain dur ou sur la
chaussée.
En ce qui concerne les causes des accidents :
29 % résultent de sauts et 23 % de chutes ou de
glissades de cheval ;
14 % de chevaux qui se cabrent ou bondissent ;
10 % de corps de sabot, principalement après une
chute ;
8 % daccidents avec des véhicules ;
6 % de cas décrasement du cavalier par le cheval.
V. - LORGANISATION DU SPORT ÉQUESTRE EN FRANCE
Le sport équestre concerne 1,2 million de pratiquants en France. Comme toutes les activités sportives, le sport équestre est régi par la loi no 84-610 du 16 juillet 1984 relative à lorganisation et à la promotion des activités physiques et sportives modifiée par la loi no 2000-627 du 6 juillet 2000.
A. - Des tutelles différentes
Le présent rapport na pas pour objet de
décrire de manière exhaustive lorganisation et la réglementation du sport
équestre en France. Il sagit ici simplement den poser les données
principales.
Les textes de référence sont le décret no 79-264
du 30 mars 1979 pris pour lapplication de la loi no 76-629 du
10 juillet 1976 relative à la protection de la nature et concernant le contrôle des
établissements ouverts au public pour lutilisation déquidés et
larrêté du même jour (JO du 3 avril 1979) (18) relatif aux
conditions à respecter pour les établissements ouverts au public pour lutilisation
déquidés.
Quatre ministères sont compétents pour
contrôler les centres équestres : le ministère de la jeunesse et des sports, le
ministère de lagriculture et de la pêche, le ministère de lintérieur et le
ministère de léconomie, des finances et de lindustrie (la direction
générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes,
DGCCRF), en vertu de larticle L. 221-1 du code de la consommation.
Cest pourquoi il nest pas toujours aisé de trouver
une cohérence aux réglementations relatives aux établissements ouverts au public pour
lutilisation dun équidé.
Selon ses représentants auditionnés par la Commission, le
ministère de la jeunesse et des sports assure essentiellement une mission
dinformation et de formation. Sur la nature de cette mission de contrôle, la
Commission na pas pu obtenir dinformations plus précises. En particulier pour
savoir sil agit uniquement du contrôle de la formation des encadrants et dans
quelle mesure ce contrôle sétend-il aux installations.
Les missions du ministère de lagriculture et de la pêche
sont plus orientées vers la sécurité de lanimal que celle du cavalier. La
sous-direction du cheval assure la tutelle réglementaire. Les services de
lagriculture opèrent des contrôles. Les contrôles opérés par les services
vétérinaires portent uniquement sur les questions de santé et de protection animale. Ce
même ministère recense les accidents du travail.
Selon les représentants de ce ministère, les pouvoirs publics
devraient sorienter vers une simplification des formalités : lévolution
de la réglementation va donner lieu à une nouvelle loi dorientation agricole. « Cest
pourquoi un projet de décret conjoint du ministère de lagriculture et du
ministère de la jeunesse et des sports est en cours délaboration. Il
prévoit :
une seule déclaration douverture pour
létablissement ;
la création dun fichier nominatif national
recensant lensemble des établissements et leur dirigeant. Ce fichier sera
accessible au grand public. Il va être soumis à lavis de la Commission nationale
de linformatique et des libertés (CNIL) ;
des obligations en matière de sécurité du public et
des cavaliers et de protection et de santé des équidés. » (19)
Les collectivités locales interviennent comme dans tout secteur
de la vie locale, en vertu de cette même loi de 1984 précitée.
Les services de la DGCCRF sont également chargés, dans le cadre
de leur mission, du contrôle des centres équestres. Le 20 avril 2000, la Commission
a demandé à la DGCCRF de « bien vouloir demander à [son] service
départemental de Perpignan deffectuer une enquête auprès du club équestre UDSIST
de Saint-Cyprien afin de déterminer, au vu des circonstances exactes de laccident,
si ce centre équestre, qui a le label école élémentaire déquitation
a bien respecté les mesures réglementaires de sécurité. » Le 9 janvier
2001, la DGCCRF a informé la Commission que la DDCCRF et la direction départementale de
la jeunesse et des sports des Pyrénées-Orientales avaient opéré un contrôle conjoint
dans ce centre. Lenquête na révélé aucune non-conformité à la
réglementation de lorganisation pédagogique lors de la séance durant laquelle est
survenu laccident mortel. La DGCCRF souligne qu« aucune
réglementation nimpose de normes précises quant aux matériaux de construction des
carrières hippiques. » Au moment de laccident, le centre UDSIST « était
clôturé par une structure en acier/béton, courante dans les centres équestres à
lépoque de la construction de ce centre, cette structure ne présentait au moment
de laccident aucun angle ni défaut. Malgré labsence de réglementation, la
direction de ce centre a entrepris depuis cet accident le remplacement des lices en béton
par des lices en bois. Cette modification est effective à ce jour. »
B. - Les intervenants du secteur
hippique
La Fédération française déquitation (FFE)
Sur un peu plus de 1,2 million de
pratiquants, 440 000 sont affiliés à la seule FFE qui occupe dès lors une place
centrale dans le dispositif. Sur cet ensemble, 50 000 font de la compétition,
44 000 sont licenciés en tourisme équestre, 120 000 en poney-clubs et le reste
en sports équestres.
Créée dans les années 1970, la FFE sest orientée vers la
défense des salariés. Son originalité par rapport aux autres fédérations est que tous
ses adhérents sont licenciés. De plus, elle a été la première fédération sportive
à se doter dune convention collective.
La FFE sest récemment restructurée. Jusquà la fin
de lannée 1999, elle était constituée par 3 délégations
nationales :
la DNSE : sports équestres, qui concerne les
concours, le dressage, la voltige... ;
la DNEP : équitation sur poney ;
la DNTE : tourisme équestre.
Au 1er septembre 2000, lassemblée générale de
la FFE a voté et adopté de nouveaux statuts. La FFE est désormais composée de
4 comités nationaux (cheval, poney, tourisme et compétition). Ces quatre comités
siègent au comité directeur de la FFE. Une licence unique pour les cavaliers ainsi
quune affiliation unique pour les centres équestres ont été instituées,
conformément à la législation mise en place par le ministère de la jeunesse et des
sports. Il subsiste ainsi une seule délégation qui a pris le nom de Comité national au
tourisme équestre (CNTE), sous lautorité de la FFE. Les licenciés, eux, peuvent
se différencier et prendre une licence spécifique tourisme équestre.
En ce qui concerne la formation, cest la FFE qui établit
les textes sur le programme dapprentissage par délégation du ministère de la
jeunesse et des sports.
Le groupement hippique national (GHN)
Le GHN est une entité distincte de la
Fédération française déquitation (FFE), qui gère la pratique sportive du
cheval. Association de type loi de 1901, le GHN a été créé dans les
années 1970 par le ministère de lagriculture pour avoir une connaissance
sociale des centres équestres, dresser un inventaire des données économiques et mettre
en place des outils destinés aux responsables pour faciliter le fonctionnement des
centres équestres.
Les établissements équestres
Les établissements équestres sont affiliés soit au GHN soit à la FFE. 2 500 établissements équestres sur 4 000 sont affiliés au GHN. Tous les établissements doivent se déclarer auprès des Haras nationaux, établissement public sous la tutelle du ministère de lagriculture et de la pêche créé par décret no 99-556 du 2 juillet 1999 (selon larticle 3 du décret no 79-264 du 30 mars 1979 pris pour lapplication de la loi no 76-629 du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature et concernant le contrôle des établissements ouverts au public pour lutilisation déquidés).
Des statuts divers
Les centres équestres sont soit des
associations de type loi de 1901 soit des établissements professionnels. Il existe aussi
des loueurs déquidés, avec ou sans accompagnateurs, qui exercent une activité
essentiellement saisonnière.
Selon le GHN, « auparavant, les plus nombreux avaient le
statut dassociation de type loi de 1901, maintenant la majorité est composée
détablissements professionnels (75 %) dirigés par des entrepreneurs
individuels. Certains sont en SARL.
On peut observer une augmentation de la fréquentation des centres
équestres de lordre de 8 % par an. Il ny a ni euphorie ni baisse, mais
plutôt une croissance lente et continue ».
Des activités diverses
Pour le ministère de la jeunesse et des
sports, trois types dactivités sont à distinguer :
les centres ou écoles déquitation ;
les organisateurs de promenades ;
les loueurs déquidés.
Plusieurs de ces activités peuvent se trouver dans le même
établissement et il nest pas toujours aisé didentifier de manière sûre le
statut du centre. Selon le GHN : « Le terme établissement équestre
recouvre des réalités aussi différentes que : poney-club, cheval-club, centres
ayant un caractère sportif ou de loisir, délevage, loueurs
déquidés. »
Des intervenants à statuts et à compétences divers
La convention collective nationale des
personnels des centres équestres « détermine les rapports entre les salariés
et les employeurs disposant dinstallations équestres, déquidés ou de
lun ou de lautre séparément et dont les activités déquitation
recouvrent :
lenseignement, lanimation, et
laccompagnement des pratiques équestres ;
la location, la prise en pension et le dressage des
équidés.
Lentraînement des chevaux de course et lélevage
nentrent pas dans le cadre de la présente convention ».
Les attributions et la formation de chacun y sont précisées.
Toutefois, la réalité est beaucoup plus complexe. Selon la MSA, « beaucoup de
salariés sont à temps partiel, et il est difficile didentifier les personnes
travaillant dans les centres équestres dans la mesure où nombreux sont les stagiaires
formés dans le centre qui exercent des activités dencadrement normalement
réservées à des personnes salariées et diplômées. Ils apprennent en même temps le
travail décurie (harnachement du cheval, amener le cheval de lécurie à la
piste...) et celui de moniteur. Il sagit de jeunes stagiaires des établissements
scolaires agricoles qui ont entre seize et dix-huit ans, et qui se forment sur ces deux
activités dans des centres équestres partout en France. Ils sont donc difficiles à
suivre. En fait, les centres équestres sont des entités de taille très variable et ceux
qui y travaillent sont très différents : moniteurs diplômés, jeunes en formation,
particuliers... il y a un roulement important chez les salariés. En effet, les conditions
de travail sont très dures. Certains moniteurs sont salariés, certains sont en
« free-lance ».
Il faut noter que parmi les particuliers, certains
propriétaires qui ont leur cheval en pension dans un centre équestre (20) exercent à
titre bénévole des fonctions qui devraient être exercées par des salariés diplômés.
La formation des encadrants
Pour pouvoir ouvrir un centre équestre,
larticle 43 de la loi du 16 juillet 1984 (tel que modifié par la loi du
6 juillet 2000) crée obligation davoir un enseignant diplômé dEtat
(21). Ce diplôme est délivré conformément à larrêté du 8 mai 1974
relatif au brevet dEtat à trois degrés déducateur sportif, dont une annexe
prévoit les « épreuves de lexamen de formation spécifique au 2e degré
des sports équestres. Lenseignement se fait à lEcole nationale
déquitation de Saumur, créée par le décret no 72-398 du
16 mai 1972.
Larrêté du 9 décembre 1995 du ministère de la
jeunesse et des sports « fixant les modalités dencadrement et les conditions
dorganisation et de pratique dans les séjours de vacances déclarés et dans les
centres de loisirs sans hébergement habilités de certaines activités physiques et
sportives établit un classement des établissements hippiques et stipule : « Ces
établissements sont classés en quatre niveaux (de la 1re classe à la 4e classe)
par arrêté préfectoral valable trois ans. Tout établissement de 1re,
2e et 3e classe doit obligatoirement employer un éducateur
diplômé dEtat déquitation. Un établissement de 4e classe
(dit « loueur déquidés ») ne peut dispenser lenseignement de
léquitation. »
Selon cet arrêté :
les établissements hippiques organisant des centres
de vacances et de loisirs sont soumis à la réglementation sur les établissements
ouverts au public pour lutilisation déquidés (arrêté du 30 mars 1979
précité et ci-après annexé) et à la réglementation concernant la protection des
mineurs en centre de vacances, de loisirs et de placement de loisirs ;
pour lorganisation dactivités hippiques
dans le cadre des centres de vacances et de loisirs, les diplômes exigés sont :
en randonnée équestre
montée ou attelée : le brevet dEtat déducateur sportif (BEES)
activités équestres, le BEES déquitation, lattestation de qualification et
daptitude (AQA) à lenseignement du tourisme équestre ou de lattelage,
le brevet daptitude professionnelle aux fonctions dassistant animateur
technicien de la jeunesse et des sports (BAPAAT) support technique randonnée équestre
(dans la limite de ses prérogatives), brevet daccompagnateur de tourisme équestre
délivré par la FFE, brevet de tourisme équestre délivré par la FFE. Les effectifs
sont déterminés en fonction du niveau de qualification de lencadrement et de
pratique des cavaliers (22) ;
pour lapprentissage
de léquitation : le BEES activités équestres, le BEES
déquitation, lAQA à lenseignement de léquitation (leçons sur
poney de classe inférieure à la classe E), le BAPAAT support technique poney (dans
la limite de ses prérogatives), le diplôme danimateur poney délivré par la FFE
(sous lautorité dun titulaire du BEES) ;
pour les promenades
équestres en milieu extérieur (ne dépassant pas la journée et seffectuant
exclusivement sur sentiers balisés avec des cavaliers ayant acquis un minimum
dautomatismes fondamentaux) : un des diplômes visés précédemment dans les
limites de prérogatives fixées pour chacun deux ;
pour les activités de
découverte et dapproche de lanimal : leur encadrement et leur
animation peuvent être assurés par des titulaires du brevet daptitude aux
fonctions danimateur (BAFA). Leffectif maximal est de huit enfants par
animateur.
Selon la MSA : « Les moniteurs ont un diplôme de
secourisme acquis lors de leur formation initiale. Ils exercent parfois leur activité
depuis des années sans avoir revu ou complété cette formation initiale. » Or,
larrêté du 17 juin 1982 du ministère de lintérieur portant création
du diplôme de premiers secours en milieu sportif prévoit, dans son article 3, que
« les titulaires du diplôme de premiers secours en milieu sportif sont
astreints, tous les trois ans, à une session de recyclage ou de perfectionnement à
lissue de laquelle ils reçoivent un certificat validant leur aptitude à participer
aux mesures préventives et aux premiers secours lors des manifestations et des épreuves
sportives. »
En général, le président de lassociation est un
cavalier. Les loueurs déquidés nont pas lobligation dêtre
titulaires dun diplôme dEtat et, de fait, nont pas le droit
denseigner, dencadrer et danimer des activités physiques ou sportives.
Pour les loueurs déquidés avec accompagnateur, celui-ci doit être titulaire du
brevet dEtat (art. 43 de la loi de 1984 précité). Selon Mme D., du
centre hippique de Grosbois, laccident dans un poney-club dont la commission a été
saisi montre qu« il ne faut pas emmener les débutants en promenade dans un
chemin étroit, et quil faut leur faire faire du manège pendant un long moment
avant de les laisser partir en promenade. En outre, ce cas pose le problème de la
formation des encadrants, car le moniteur ne semble pas avoir été expérimenté ».
C. - La responsabilité contractuelle des professionnels
La responsabilité des professionnels
vis-à-vis de leurs clients peut être engagée sur le fondement de
larticle 1147 du code civil : « Le débiteur est condamné,
sil y a lieu, au paiement de dommages et intérêts, soit à raison de
linexécution de lobligation, soit à raison du retard dans lexécution,
toutes les fois quil ne justifie pas que linexécution provient dune
cause étrangère qui ne peut lui être imputée, encore quil ny ait aucune
mauvaise foi de sa part. »
1. Pour les responsables de centres équestres et
entrepreneurs de promenades, ainsi que leurs préposés, encadrant les cavaliers en
randonnée (23) : ces personnes peuvent sadresser à des clients ignorant
tout de léquitation. Il sensuit pour laccompagnateur de tourisme
équestre des obligations nettement supérieures à celles du simple loueur
déquidés :
obligation de prudence et de sécurité. Il doit
prendre toutes les précautions nécessaires pour assurer le maximum de sécurité afin
que le risque inhérent à la pratique de léquitation reste acceptable. Cette
obligation contractuelle de sécurité pesant sur lorganisateur de promenade est une
obligation de moyens (et non de résultat) ;
devoir dinformation et devoir de
proposition (24). Selon un document fourni par CCGA, « léquitation
dextérieur comporte des risques non négligeables, laccompagnateur doit donc
inciter les cavaliers à souscrire au moins une licence, leur en communiquer le contenu et
remettre des formulaires de souscription de garanties complémentaires pour une meilleure
couverture des dommages corporels (capital décès, infirmité permanente, indemnités
journalières en cas darrêt de travail...). A la suite dune mise en cause du
professionnel par un cavalier après un accident, le professionnel devra être en mesure
dapporter la preuve de son information. Un simple affichage nétant pas
considéré comme suffisant, il est conseillé de remettre une circulaire comportant le
détail des garanties de la licence et des formulaires de souscription des garanties
complémentaires. Pour les cavaliers dits de passage, le professionnel doit
tenir à jour un registre où le cavalier signe son acceptation ou son refus de
garantie. »
2. Pour les simples loueurs
déquidés : leurs clients sont libres de choisir leurs itinéraires, leurs
allures, ils sont de véritables cavaliers acceptant de courir les risques dun sport
dès lors considéré comme dangereux.
Dans différents arrêts, la Cour de cassation a défini les
contours des obligations qui pèsent sur les professionnels. On trouvera ci-après les
résumés de quelques arrêts significatifs :
« Cest justement quun arrêt
énonce quà la différence du loueur de chevaux, dont la clientèle se compose de
cavaliers aptes à diriger leur monture et qui acceptent de courir des risques en se
livrant à la pratique dun sport dangereux, lentrepreneur de promenades
équestres sadresse à des personnes ignorant tout de léquitation pour leur
procurer le divertissement dun transport à dos de cheval selon un itinéraire
déterminé. Il ne peut donc être fait grief à une cour dappel davoir retenu
quun entrepreneur de promenades équestres - dont un client avait été blessé
en tombant dun cheval qui, au lieu de rester au pas et de se maintenir dans la file
formée, sétait mis à galoper - était responsable de laccident pour
avoir manqué à lobligation de moyens pesant sur lui en fournissant à son client
un cheval ne remplissant les conditions requises, eu égard à la nature du contrat
intervenu, et en ne prenant pas à toutes fins les précautions nécessaires. » Cass.
civ. 1re, 27 mars 1985, bull. civ. I, no 111 ;
« A la différence du loueur de chevaux,
fondé à considérer que ses clients sont de véritables cavaliers, acceptant sciemment
de courir les risques dun sport dangereux, lentrepreneur de promenades
équestres sadresse à des clients qui peuvent tout ignorer de léquitation et
rechercher seulement le divertissement dun parcours sur litinéraire imposé
par les préposés qui les accompagnent. Dès lors la responsabilité dun
entrepreneur de promenades à cheval peut être retenue pour avoir manqué à
lobligation impérative de faire garder lallure du pas à la file de
chevaux. » Cass. civ. 1re, 11 mars 1986, bull. civ. I,
no 64. Rappelons quen lespèce, la Cour de cassation se
prononçait dans le cas dune promenade collective denfants inexpérimentés en
colonie de vacances ;
« Encourt la cassation larrêt qui
déboute un client, débutant en sport équestre, blessé à la suite dune chute de
cheval survenue au cours dune promenade accompagnée, de son recours contre
lorganisateur au motif que les circonstances de laccident ne suffisent pas à
caractériser une faute du loueur de chevaux sans rechercher si cet organisateur avait
pris toutes les précautions qui simposaient à lui en sa qualité
dentrepreneur de promenades. » Cass. civ. 1re, 3 mai
1988, bull. civ. I, no 126 ;
« Le centre équestre qui organise des
promenades à cheval avec des élèves plus ou moins expérimentés est tenu dune
obligation de sécurité qui nest quune obligation de moyens et il ne peut
être déclaré responsable de la chute dun élève que sil a manqué à son
obligation de prudence et de diligence. Il sensuit quune cour dappel a
pu estimer, au vu des circonstances quelle a souverainement appréciées, quun
centre équestre qui avait pris la précaution de faire effectuer une reprise en manège
avant la promenade et de mettre à la disposition de trois cavalières débutantes deux
accompagnateurs pour assurer leur encadrement pendant toute la durée de celle-ci,
navait pas manqué aux règles de prudence en faisant pratiquer à ses clients un
trot assis au cours de cette promenade. » Cass. civ. 1re,
29 juin 1994, bull. civ. I, no 231 ;
« Ne donne pas de base légale à sa
décision déclarant un centre équestre entièrement responsable des conséquences
dommageables de la chute survenue à un cavalier dont le cheval avait trébuché, la cour
dappel qui retient que, en imprimant aux chevaux un mouvement de galop sans
sassurer que la configuration et létat du terrain le permettaient sans
risques pour les participants à la promenade, linstructeur a commis une erreur
dappréciation et une faute de négligence à lorigine de laccident et
quainsi, il na pas rempli lobligation de surveillance qui lui incombait,
alors quil ne résulte de ces constatations ni que lallure du galop a été à
lorigine du trébuchement du cheval ni, à supposer quelle lait été,
que le sol du sentier sur lequel évoluaient les chevaux ne permettait pas lallure
du galop. Cass. civ. 1re, 14 mars 1995, bull. civ. I,
no 128 ;
« Le défaut de qualification du moniteur
chargé de la surveillance de la promenade organisée par un club hippique constitue un
manquement à lobligation de moyens à la charge de lorganisateur. » Cass
civ 1re, 5 mai 1998, bull. civ I, no 164.
LES RISQUES LIÉS
À LA PRATIQUE DE LÉQUITATION
Le monde du cheval est encore très marqué par la tradition militaire dont il est issu, en particulier par la notion dacceptation du risque. Ceci peut se concevoir pour les sportifs pratiquant la compétition de haut niveau, qui connaissent le cheval et dont les règlements de compétition, établis par la FFE, décident quels équipements de protection ils doivent porter. Pour les simples pratiquants, même expérimentés, la situation est différente. Lors de son instruction, la Commission a pu identifier plusieurs éléments vérifiant que léquitation est un sport à risques (comme lindiquent dailleurs les arrêts de la Cour de cassation ci-dessus) et elle sest attachée à étudier la sécurité des cavaliers et des infrastructures dans lesquelles ils pratiquent leur sport. En outre, si les accidents déquitation sont classés, selon les études, entre le 7e et le 10e rang en fréquence, ils sont au 2e rang en termes de gravité, car ils impliquent fréquemment une traumatologie crânienne.
Les facteurs de risques
Dans la pratique de léquitation et en
particulier lors des randonnées, les dangers viennent essentiellement :
de ce que le cheval est un être vivant, craintif, qui
peut avoir des réactions imprévues à lorigine de laccident, quel que soit
son âge ou son niveau de dressage - le froid, la chaleur ou les
insectes irritent les chevaux ;
du fait de linconscience des usagers de la voie
publique : certains conducteurs klaxonnent et effrayent le cheval, de même que leurs
chiens aboient après les cavaliers ;
de labsence de signalisation des cavaliers lors
des rentrées au centre, de nuit, après une sortie ;
de la surestimation de ses capacités par le cavalier.
Lencadrant doit connaître ses chevaux et ne doit pas laisser un cheval de tête à
larrière. Il doit savoir le refuser à son client. Il arrive même que les
encadrants naient pas les diplômes requis, ou quil ny ait pas
dencadrement du tout ;
des conditions atmosphériques qui ont pu changer.
Selon CCGA, « Pour les longues randonnées, lencadrant a reconnu le chemin,
mais à une période différente, les conditions ont pu changer, les chemins ne sont
parfois plus reconnaissables » ;
de léquipement du cavalier. Selon la MSA,
« les chaussants sont très importants et ne doivent pas permettre que le
cavalier se coince les pieds dans létrier. Les chaussures larges à la mode que
portent les adolescents provoquent des risques. Il existe également des chaussures qui
glissent. Le chaussant idéal est une botte avec un talon ».
Il faut noter que larrêté du 8 décembre 1995
précité stipule que « litinéraire est déterminé en fonction du niveau
de pratique des cavaliers, de lagrément de ceux-ci et de lemploi rationnel
des chevaux. Il évitera les zones où les chevaux sont susceptibles de créer un danger
pour les autres usagers. Il respectera les dispositions du code de la route, du code
forestier, du code rural. Reconnaître litinéraire avant dentreprendre la
randonnée. »
Les infrastructures
Outre laccident du club de Saint-Cyprien
dont la Commission a été saisie, les centres équestres sont le lieu daccidents
dont les origines ont été indiquées par les diverses parties auditionnées. On peut
principalement citer les informations apportées par CCGA et par la FFE.
Selon la CCGA, « dans les centres équestres, les sources
de danger à vérifier sont :
labsence de pare-bottes (25). Les protections de
bois, sous le contrôle du ministère de la jeunesse et des sports, sont
indispensables ;
la qualité du sol (il faut un sol souple) ;
léquipement du cheval (sangles,
rênes ...) ;
la qualité du cheval (quelquefois, il y a de nouveaux
chevaux, pas encore bien connus du centre). La plupart des centres équestres sont
également marchands de chevaux. Les clients négocient lachat, et il faut remplacer
les cheveaux achetés. »
Selon la FFE : « La plupart du temps,
laccident résulte de la conjonction de deux facteurs :
la relation à lanimal, qui est capitale et que
bien souvent les néophytes ignorent. Or, le comportement de lanimal est
maîtrisable et le formateur a la responsabilité de linculquer au débutant ;
lévaluation de la difficulté de
lexercice et son adaptation au niveau du pratiquant, qui est aussi de la
responsabilité du formateur.
Au xviiie siècle, les manèges avaient un espace
réduit de 18 mètres de long. Aujourdhui, ils sont plus grands, et les
séparations prévues pour réduire lespace du manège quand celui-ci est occupé
par des débutants sont rarement mises. Or, cest beaucoup plus dangereux, car le
cheval, qui est un animal guidé par ses peurs, peut fuir en prenant de la vitesse plus
facilement. Il serait donc nécessaire de réfléchir à une réglementation relative à
la réduction de lespace dévolution, plus quaux équipements
eux-mêmes (26). »
Réglementation concernant les centres ouverts au public
Le principal texte réglementant les
établissements équestres est larrêté du 30 mars 1979 relatif aux conditions
à respecter pour les établissements ouverts au public pour lutilisation
déquidés.
Dans son article 10, en particulier, il stipule que :
« Les établissements ouverts aux public pour lutilisation déquidés
devront, pour réaliser cette activité, respecter les règles suivantes : leur
implantation doit être compatible avec le cadre de leur environnement, la circulation
routière, les accès et les possibilités de sortie des cavaliers. La conception
densemble des locaux, écuries, manèges, des installations extérieures, carrière,
piste dentraînement, prairies et enclos et des voies de circulation intérieure
doit être compatible avec la nature de lactivité exercée. Les matériaux de
construction et les clôtures doivent être conçus de façon à ne pas être une cause
daccident pour les personnes et les animaux : lusage des fils de fer
barbelés est en particulier interdit. »
La question des clôtures
Les fils de fer barbelés sont « en
particulier » interdits, mais, en labsence de normes ou de réglementation
plus spécifique, les centres équestres sont libres de se doter de toute clôture conçue
de façon à ne pas être une cause daccident pour les personnes et les
animaux (27). Or, laccident dont la commission a été saisi, survenu dans le
centre équestre de Saint-Cyprien, sest produit avec une barrière en béton. Selon
le Centre hippique de Grosbois : « Dans les centres équestres, il y a
encore beaucoup de barrières en béton. Dans les hippodromes, ce nest pas le cas.
Il y a des barrières en béton à lextérieur de lhippodrome, mais pas à la
corde. Là où le cheval peut être en contact avec la barrière, il y a des poteaux qui
ne sont pas fixes. »
Il existe plusieurs types de clôtures sur le marché. Lors de
leur visite au salon du cheval de décembre 1999, les représentants de la commission se
sont procuré le Manuel de clôture 2000 de La Sanglière, société
fabriquant des rubans pour clôtures. Ce manuel, qui rappelle que le cheval a une vision
« floue », recense les clôtures jugées dangereuses :
la clôture en barbelés (le cheval ne voit que les
rubans et pas les deux rangées de barbelés) ;
le câble de vélo électrifié (très apprécié des
agriculteurs ; cest une coupe-jarret, et, de plus, il soxyde et prend une
teinte qui le rend peu visible) ;
les fils torsadés sans picots (coupeurs de
tendons : infranchissables mais invisibles) ;
la clôture en grillage carré (le haut du grillage
saffaisse sous le poids du cheval qui tente de passer par-dessus et se prend les
pieds dedans) ;
les lices en ciment (souvent trop basses, et prises
par les chevaux pour un obstacle que lon franchit sans restriction, elles ont des
arêtes vives) ;
les lices en planche (« un régal pour les
chevaux », qui se font les dents dessus, ces lices se transforment parfois en
lances de tournoi médiéval) ;
la clôture orange en ficelle électrique à vache
(dangereuse, car le cheval ne la voit pas bien, en outre, le courant se coupe souvent).
Cest la clôture qui cause le plus de blessures aux chevaux avec le barbelé ;
la cordelette électrifiée (apparue en Suède pour la
première fois, elle est trop résistante et trop étroite) ;
les haies vives (intéressantes lorsquelles sont
denses, piquantes et bien taillées, elles ont linconvénient de présenter des
trous, quil ne faut pas combler avec des fils, car les chevaux ne voient pas ces
fils et sengouffrent dans les trous au galop pour passer. La Sanglière conseille de
combler les trous avec deux ou trois rangs de ruban large, même non électrifié) ;
les « clôtures de Dallas » (du feuilleton
télévisé américain) : il semble que ces clôtures ne soient pas idéales, car les
chevaux sy frottent lété et déclouent les planches ;
les lices en plastique : selon
La Sanglière, elle ne sont belles quau début alors quun cheval qui se
frotte peut développer plus de 200 kg de poussée latérale. En général, il semble
quelles soient protégées par deux ou trois rangs de ruban.
A titre indicatif, une clôture en ruban pour un hectare
(400 m de périmètre) à clôturer sur deux hauteurs de 4 cm est proposée par
cette société pour 774,34 Euro (5 079,35 F).
Les équipements de protection individuelle
En matière déquipements de protection
individuelle (EPI), la directive 89/686/CE du 21 décembre 1989, modifiée par la
directive 96/58/CE du 3 septembre 1996, définit trois catégories dEPI :
catégorie 1 : EPI de conception simple tels que
les couvre-chefs légers pour la protection du cuir chevelu ;
catégorie 2 : protection contre les agressions
mécaniques, physiques ou chimiques graves et les chocs et vibrations affectant les
parties vitales du corps et susceptibles de provoquer des lésions irréversibles. Les
casques de ski figurent dans cette catégorie ;
catégorie 3 : protection contre les dangers
mortels.
Le décret no 94-689 du 5 août 1994 relatif à la
prévention des risques résultant de lusage des équipements de protection
individuelle pour la pratique sportive ou de loisirs a transposé en droit français cette
directive, mais sans inclure les casques et bombes pour cavalier (28).
Les gilets de protection
Les gilets de protection, qui sont obligatoires
pour le cross et pour les jockeys, viennent de faire lobjet dune nouvelle
norme, la norme NF EN 13158 de mai 2000 « Vêtements de protection
- vestes, gilets de protection et protège épaules pour cavaliers - Exigences
et méthodes dessai ». Cette norme définit des exigences dergonomie des
gilets de manière à réduire linconfort quils occasionnent ainsi que trois
niveaux de protection, établis selon trois méthodes dessais :
Niveau 1 : jockeys en course ;
Niveau 2 : monte à cheval sans risques ;
Niveau 3 : débutants.
Selon la MSA : « Il faut porter les gilets selon la
compétence du cavalier et le type dactivités. Ces gilets protègent la clavicule,
lépaule et les côtes... Ces protections commencent à se développer. Le port du
gilet est obligatoire pour le niveau 1, pas pour les niveaux 2
et 3. »
Ces gilets sont vendus en moyenne 152,44 Euro
(1 000 F).
Le casque
Normalisation :
Les anciennes bombes ont été remplacées par des casques selon
la norme NF EN 1384. Ces nouveaux produits se distinguent des anciens par le fait :
quils ont systématiquement un système de
fixation par harnais, afin dempêcher la perte de la protection de la tête ;
quils ont une visière souple ou pas de visière
du tout, de façon à éviter les fractures du nez en cas de glissement de la protection
de tête vers lavant ;
et surtout quils doivent disposer dune
calotte intérieure en polystyrène ou autre, suffisamment absorbante pour pouvoir passer
les tests dabsorption de chocs.
Des travaux sont actuellement en cours au niveau européen, car la
norme fait lobjet dune demande damendement en vue de la rendre plus
contraignante en 1999 à la suite du décès dun membre de la famille du membre
irlandais de la commission de normalisation, victime dun accident
déquitation. La France a voté négativement sur cette proposition car les acteurs
français du secteur sont opposés à une norme définissant un seul niveau de
performance, trop contraignante. En effet, cela peut aboutir à un casque très
sécurisant mais moins confortable et donc moins facilement porté par les sportifs. Il
semble que lon sachemine vers deux normes définissant deux niveaux de
performance : une nouvelle norme pour la haute performance et la NF EN 1384
pour la promenade.
Réglementation :
Une circulaire no 75-65 du 12 mars
1975 (29) rend obligatoire le port « de la bombe (ou toute autre
coiffure susceptible dassurer une protection de la boîte crânienne) avec jugulaire
en place pour linitiation des scolaires à léquitation ».
Larrêté du 9 décembre 1995 précité stipule que
pour lapprentissage de léquitation comme pour les randonnées et les
promenades équestres en milieu extérieur, « le port de la bombe ou du casque
est obligatoire. [...] Létat du matériel (sellerie, harnachement) ne doit mettre
en danger ni la sécurité des cavaliers ni la santé des chevaux. »
Les centres équestres mettent à la disposition des pratiquants
des casques doccasion qui peuvent être dans un état de grande vétusté ou avoir
subi des dommages (par exemple, choc subi par un utilisateur précédent, auquel cas ils
ne devraient plus être utilisés).
Or, selon le ministère de la jeunesse et des sports, « les
dispositions du code du travail proscrivent lusage de matériel doccasion
(cest-à-dire utilisé plus dune fois selon la DGCCRF), ce qui revient à
interdire le prêt ou la location du casque qui est pourtant pratiquée dans la plupart
des centres équestres. En effet, les parents qui inscrivent leur enfant dans un centre
équestre, après avoir payé linscription, hésitent à acheter un casque
neuf (30) et préfèrent le louer ou en disposer à titre gratuit. Le même problème
se pose pour les pratiquants occasionnels qui ne disposent pas de casque. »
En effet le casque ou la bombe pour cavaliers, dès lors
quils sont exclus du décret précité no 94-689 du 5 août
1994 relatif à la prévention des risques résultant de lusage des équipements de
protection individuelle pour la pratique sportive ou de loisirs, relèvent du code du
travail (art. L. 233-5 I [31]). Larticle L. 233-5 II
stipule : « Il est interdit dexposer, de mettre en vente, de vendre,
dimporter, de louer, de mettre à disposition ou de céder à quelque titre que ce
soit des équipements de travail et des moyens de protection mentionnés au 1o
du III du présent article qui ne répondent pas aux dispositions prévues au 3o
du III. »
Toutefois, la DGCCRF, dans son bulletin no 130 de
mars 2000 indique que les casques et bombes pour cavaliers « relèvent du code du
travail lorsquils sont utilisés dans le cadre dune activité professionnelle
par les employés des haras ainsi que dans la pratique de léquitation sportive ou
de loisirs. Ils doivent être marqués du sigle CE attestant que
lexemplaire concerné est conforme aux règles techniques et satisfait aux
procédures de certification qui lui sont applicables.
La DGCCRF a vérifié auprès de fabricants, importateurs,
distributeurs, mais également dans des centres équestres et dans un club hippique, les
conditions de vente ou de mise à disposition de ces produits, en particulier la présence
de notices dinformation du consommateur et du marquage CE (32).
Cette enquête na révélé aucun manquement grave sur
les produits offerts à la vente. En revanche, des anomalies, notamment des défauts de
marquage, subsistent pour les équipements mis à disposition dans les clubs et centres
équestres. Quelques rappels de réglementation ont été adressés. »
Il demeure que, relevant du code du travail, les casques ou bombes
pour cavaliers non professionnels ne sont pas tenus dêtre conformes aux exigences
de sécurité requises pour la pratique sportive ou de loisirs telles que définies à
lannexe II du décret de 1994 précité.
Par ailleurs, daprès les divers témoignages recueillis par
la Commission, le casque est très difficile à imposer aux moniteurs comme aux
professionnels des centres hippiques, tant pour des raisons « culturelles »
que pratiques (ergonomie insuffisante des casques conformes à la nouvelle norme). Selon
le ministère de la jeunesse et des sports, « la dernière statistique disponible
[du ministère de lagriculture] remonte à 1998, où sur 5 cas,
4 victimes ne portaient pas de casque. Dans le dernier cas, où la victime portait un
casque celui-ci nétait pas conforme à la norme ».
En compétition, selon la MSA, « depuis le 1er janvier
2001, il y a également obligation de contrôler si ces casques sont conformes à la norme
NF EN 1384. Avant, lors des concours, les cavaliers devaient saluer, ils
portaient donc une bombe à visière. Depuis que le casque est devenu obligatoire, le
règlement a changé, et les cavaliers baissent simplement la tête. »
Sur la
base de ces données :
Considérant que léquitation est un sport dont les
risques reposent principalement sur le caractère par nature imprévisible du cheval, et
que les pratiquants, en particulier les pratiquants occasionnels, nen sont pas
informés par les professionnels et les pouvoirs publics de manière suffisamment claire
et précise ;
Considérant labsence dinformations statistiques
suffisamment exhaustives pour permettre de mesurer limportance réelle du problème
et de définir des programmes de prévention adaptés ;
Considérant quil convient que les pratiquants de
léquitation (aussi bien les enfants que les adultes) soient convenablement
protégés des risques daccidents, essentiellement des chutes ;
Considérant que les casques à la norme actuelle (NF EN 1384)
offrent une meilleure protection que les anciennes bombes ;
Considérant néanmoins que la réglementation issue du code du
travail interdit que les casques et bombes déquitation doccasion soient mis
à disposition à titre gratuit ou onéreux à la clientèle par les centres
équestres ;
Considérant que, dans la pratique, les centres équestres
fournissent néanmoins de tels produits à leur clientèle alors que ceux-ci peuvent avoir
subi des chocs ou des dégradations susceptibles de mettre en danger la sécurité des
pratiquants ;
Considérant que, sils étaient inclus dans la liste des
équipements de protection individuelle prévue dans le décret no 94-689
du 5 août 1994 relatif à la prévention des risques résultant de lusage
des équipements de protection individuelle pour la pratique sportive ou de loisirs
transposant la directive européenne 89-666 du 21 décembre 1989 sur les
équipements de protection individuelle (EPI), les casques mis à disposition par les
centres équestres bénéficieraient des garanties présentées par les exigences de
sécurité figurant à lannexe II du décret ;
Considérant quune modification du code du travail visant à
autoriser la mise à disposition de la clientèle de matériel doccasion répondant
à ces exigences de sécurité permettrait de garantir la qualité de ce matériel mis à
disposition par les centres équestres ;
Considérant que les clôtures en béton dans les carrières sont
susceptibles de provoquer des accidents mortels et sont fortement déconseillées par
certains professionnels ;
Considérant quil nexiste aucune norme en la matière,
la seule obligation étant quelles ne doivent pas causer daccident au cheval
et au cavalier, ce qui fait que les centres équestres sont dotés déquipements
très divers dans leur nature comme dans leur niveau de sécurité ;
Considérant que les textes existants sur la sécurité des
centres équestres sont satisfaisants quant aux objectifs de sécurité, mais que les
moyens et les modes de contrôle des prescriptions restent insuffisamment définis ;
Considérant que la formation et la qualification des encadrants
sont, dun point de vue juridique, bien définies, mais que dans la réalité,
dune part, il est difficile de déterminer si les salariés ayant des fonctions
dencadrement dans les centres équestres ont bien la qualification nécessaire et
que, dautre part, la formation des encadrants (par exemple pour les premiers
secours) ne fait pas toujours lobjet du recyclage prévu par les textes ;
Considérant que les contrôles des centres équestres exercés
par les différentes administrations ne sont pas suffisamment coordonnés dans leurs
attributions et précisés dans leur nature ;
Considérant que le cheval est un être vivant et que sa qualité
ainsi que son adéquation avec le niveau du cavalier sont à vérifier en permanence,
compte tenu du fait que donner un cheval trop nerveux à un débutant peut être cause
daccidents évitables ;
Considérant que le comportement des cavaliers comme celui des
encadrants (qui ont un rôle dexemple à donner) et leur conscience des risques
indéniables que comporte la pratique de léquitation sont des éléments
indispensables à la sécurité des pratiquants et à leur conscience de la nécessité de
se protéger de ces risques ;
Considérant que cette prise de conscience nest possible
quavec la participation de lensemble des intervenants du secteur
hippique ;
Considérant, enfin, les nombreuses similitudes de dangers et de
risques liés à lenvironnement immédiat entre la pratique des sports équestres et
la pratique des sports de neige (avis relatif aux casques de ski et protections de la
tête pour enfants du 3 mars 1999 - avis relatif à la sécurité des
pistes de ski du 2 décembre 1999) rendus par la CSC.
Après avoir entendu en séance, à leur demande :
Mme F. H., requérante ;
Mme C. C., requérante ;
M. B. et M. P. de la Fédération française déquitation,
Emet
lavis suivant :
1. Concernant laccidentologie :
la CSC souhaite voir lancer une enquête nationale sur les
accidents déquitation afin den évaluer le nombre et lévolution,
den déterminer les causes et les lieux (route, équipements sportifs dédiés...)
et de préciser les données traumatologiques. Une telle étude pourrait être menée par
la cellule de prévention des accidents de la vie courante de lInstitut national de
veille sanitaire.
2. Concernant la protection « passive » du
cavalier :
La CSC recommande :
aux autorités concernées :
de prendre les mesures
réglementaires nécessaires en modifiant le décret no 94-689 du
5 août 1994 relatif à la prévention des risques résultant de lusage
des équipements de protection individuelle pour la pratique sportive ou de loisirs afin
dinclure les casques et les bombes déquitation dans les équipements de
protection individuelle pour la pratique sportive et de loisirs, et en modifiant les
dispositions du code du travail pour autoriser la mise à disposition de la clientèle de
matériel doccasion par les centres équestres ;
dinterdire les clôtures
en béton autour des carrières des centres équestres à linstar des fils de fer
barbelés qui sont déjà proscrits par la réglementation ;
aux pratiquants :
de porter systématiquement un
casque conforme à la norme NF EN 1384 ou à tout autre référentiel conforme
aux exigences de sécurité réglementaires et de faire de même pour leurs enfants ou,
sils ne possèdent pas de casque personnel, de vérifier que le casque mis à leur
disposition par le professionnel na pas fait lobjet de dégradations à
loccasion de chocs ou de chutes ;
aux organismes chargés de la normalisation :
que des travaux de
normalisation soient entrepris avec les professionnels concernés (que ce soit les
fabricants de clôtures, les responsables de centres équestres et les administrations
concernées) sur les clôtures quil convient dinstaller et ce, en tenant
compte de la diversité des activités des centres équestres.
3. Concernant les contrôles prévus par la
réglementation actuelle :
La commission demande :
aux autorités ou organismes concernés de se
concerter pour quun « cahier des charges » de contrôle précis soit
établi en commun et connu des professionnels ;
aux professionnels de veiller à ce que leurs
salariés et les moniteurs en particulier soient bien titulaires des formations requises
et que ces formations font bien lobjet de lactualisation prévue par les
textes.
4. Concernant la protection « active » des
cavaliers :
La Commission demande à lensemble des parties concernées
dengager une réflexion sur léventualité dune campagne de
sensibilisation à la sécurité, semblable à celle des « 10 règles de
conduite » en montagne, et établissant les principales règles de sécurité de
léquitation, tant sur le plan de léquipement que sur le plan du
comportement.
Adopté au cours de la séance du 11 avril 2001 sur le
rapport dEric Avril, assisté dOdile Finkelstein et Patrick Mesnard,
conseillers techniques de la Commission, conformément à larticle R. 224-4 du
code de la consommation.
(1) InVs : Institut de veille sanitaire, chargé
du recueil des statistiques de santé - créé par la loi du 31 juillet
1998.
(2) A titre de comparaison, pour la période 1986-1993,
ce taux était de 47 %.
(3) Ce taux était de 26 % pour la période
1986-1993. Cette baisse est peut-être due aux effets de la normalisation sur les casques
déquitation.
(4) Pour la période de 1986-1993, on observait le
même pic daccidents pour les tranches dâge entre un et cinq ans (35 %)
et entre cinq et dix ans (29 %).
(5) Ce taux était de 28 % pour la période
1986-1993.
(6) Ce taux était de 39 % pour la période
1986-1993.
(7) Ce taux était de 36 % pour la période
1986-1993 et les fractures représentaient la principale lésion pour les plus de
45 ans, alors que, en prenant en compte les chiffres des dernières années, les
contusions restent la principale lésion et les fractures la seconde, même pour cette
tranche dâge.
(8) A titre de comparaison, le rapport EHLASS de 1993
portant sur une étude de 27 468 cas entre 1986 et 1990 indique, pour les
accidents de sports en général, un taux de fractures de 20,1 % et dentorses
de 26,1 %.
(9) Responsabilité civile, avec dommage créé à un
tiers. Individuelle accident : accident sans tiers.
(10) Et il ne sagit ici du relevé que dune
seule assurance.
(11) NEISS : National Electronic Injury
Surveillance System, système américain similaire à notre système européen EHLASS.
(12) Ce taux était de 58,4 % pour la période
1992-1996.
(13) Ce taux était de 17,9 % pour la période
1992-1996. Cette baisse sexplique peut-être par la normalisation sur les casques
déquitation.
(14) Ce taux était de 39,6 % pour la période
1992-1996.
(15) Ce taux était de 13 % pour la période
1992-1996.
(16) ASTM : American Society for Testing
Materials.
(17) Cf. infra.
(18) Art. 1er. - « Le
contrôle des établissements ouverts au public pour lutilisation déquidés
est exercé par le préfet. Le contrôle porte sur la sécurité, lhygiène,
lenseignement, les normes techniques et létat de la cavalerie de ces
établissements selon les prescriptions définies par arrêtés conjoints des ministres de
lagriculture, de lintérieur et de la jeunesse, des sports et des
loisirs. »
(19) A ce jour, la Commisison na pas pu obtenir
de précisions sur la nature des nouvelles obligations en matière de sécurité.
(20) La pension pour un cheval coûte environ
304,90 Euro (2 000 F) par mois.
(21) « Nul ne peut enseigner, animer,
entraîner ou encadrer contre rémunération une activité physique ou sportive, à titre
doccupation principale ou secondaire, de façon régulière, saisonnière ou
occasionnelle, ni prendre le titre de professeur, moniteur, éducateur, entraîneur ou
tout autre titre similaire, sil nest titulaire dun diplôme comportant
une qualification définie par lEtat et attestant de ses compétences en matière de
protection des pratiquants et des tiers. »
(22) Selon CCGA « sil faut 2
encadrants pour 10 cavaliers, ce nest pas rentable. Aussi, il ny a en
général quun seul encadrant, et, où quil se place, il aura tort selon le
juge. Il ne peut pas faire respecter les règles de distances entre cavaliers ».
(23) Pour les préposés dun centre équestre
ou de randonnée, le plus souvent la responsabilité civile professionnelle sera couverte
par leur employeur dans le cadre du contrat dassurance responsabilité civile du
centre équestre.
(24) Conformément à larticle 38 de la loi du
16 juillet 1984, les groupements sportifs ont le devoir « dinformer
leurs adhérents de leur intérêt à souscrire un contrat dassurance de personne
ayant pour objet de proposer des garanties forfaitaires en cas de dommage
corporel ».
(25) Le pare-botte est un dispositif de protection
du cavalier, placé à environ 40 cm des murs du manège, composé le plus souvent de
plots et de barrières transversales. La ministre de la jeunesse et des sports elle-même,
dans un courrier du 17 janvier 2000 adressé à Mme H., indique que « dans
les manèges couverts, bordés donc de murs pleins et non de simples clôtures, les
concepteurs prévoient laménagement de pare-bottes sur tout le périmètre du
manège, afin de tenir le cheval à distance du mur et de protéger ainsi le cavalier des
chocs ».
(26) Larrêté du 9 décembre 1995 précité
précise que lapprentissage de léquitation, dont lobjectif a pour but
la maîtrise des trois allures par lapprenti cavalier, doit se faire « dans
un lieu clos de façon à ne pas être cause daccident pour les personnes ou pour
les animaux ».
(27) Larticle 1385 du code civil prévoit que « le
propriétaire dun animal, ou celui qui sen sert, pendant quil est à son
usage, est responsable du dommage que lanimal a causé, soit que lanimal fût
sous sa garde, soit quil fût égaré ou échappé ».
(28) Annexe 1 du décret de 1994 : « Les
équipements de protection individuelle soumis aux dispositions du présent décret sont
les suivants : [...] : « 2. Les casques et bombes, à
lexception [...] des casques et bombes pour cavaliers. »
(29) Cf. Annexe 10.
(30) A titre indicatif, un casque déquitation
coûte entre 38,11 et 68,60 Euro (250 et 450 F).
(31) Art L. 233-5-1 : « [...]
Les protecteurs et dispositifs de protection, les équipements et produits de protection
individuelle, ci-après dénommés moyens de protection, qui font lobjet des
opérations mentionnés au II du présent article doivent être conçus et fabriqués
de manière à protéger les personnes, dans des conditions dutilisation et de
maintenance conformes à leur destination, contre les risques pour lesquels ils sont
prévus. »
(32) Ce marquage CE atteste de la présomption de
conformité des casques (équipements de protection individuelle classés en
catégorie II par la Directive) aux exigences de sécurité réglementaires (de la
Directive). Il est apposé à la suite dun examen CE de type effectué par un
laboratoire notifié qui peut utiliser la norme NF EN 1384, mais également tout
autre référentiel conforme aux mêmes exigences de sécurité.
| © Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie - DGCCRF - 20 juillet 2001 |