Sommaire N° 10 du 12 octobre 2000
Avis du 17 novembre 1999 relatif aux recommandations nutritionnelles élaborées par le groupement permanent d’études des marchés de denrées alimentaires

NOR :  ECOC0000301V

    L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments a été saisie conjointement par les directions générales de la santé, de l’alimentation, de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes, le 28 octobre 1999, d’une demande d’évaluation des recommandations nutritionnelles J3.99 du 6 mai 1999, élaborées par le groupement permanent d’études des marchés de denrées alimentaires (GPEMDA).
    Ces recommandations ont été élaborées en concertation entre des représentants de l’administration, des experts du secteur public et des représentants du milieu industriel. La nécessité d’une cohérence scientifique a conduit à solliciter l’intervention du comité de pilotage de la révision des apports nutritionnels conseillés, constitué au sein du Centre national d’études et de recommandations sur la nutrition et l’alimentation (CNERNA).
    L’analyse du document conduit à souligner les points suivants :
    1.  Les recommandations générales sont conformes aux orientations proposées par le comité des apports nutritionnels conseillés et à l’avis du Conseil national de l’alimentation sur la restauration scolaire. Elles s’appuient donc sur un travail approfondi qu’il n’y a pas lieu de remettre en cause ;
    2.  Les fréquences proposées pour les différents types d’aliments servis au cours des repas ont été élaborées sur le fondement de simulations permettant de vérifier qu’elles permettaient d’atteindre les objectifs nutritionnels ;
    3.  Compte tenu des informations disponibles, la précision des calculs réalisables sur le calcium est plus grande que pour les autres nutriments, conduisant à des développements plus longs consacrés aux produits laitiers au détriment de la valorisation des fruits et légumes (pour l’acceptabilité desquels des progrès pourraient être faits en terme de préparation et de présentation) et de l’équilibre alimentaire global ;
    4.  La présentation systématique dans l’ordre « fromage ou produits laitiers » pourrait laisser supposer un ordre de priorité qui n’a pas lieu d’être, d’autant que l’apport lipidique lié à une consommation régulière de fromage mériterait d’être évalué face à une consommation régulière de produits laitiers moins gras mais apportant plus de sucre ;
    5.  Le mandat du GPEMDA ne permettait peut-être pas la prise en compte d’autres facteurs que les nutriments. L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments suggère que les fiches techniques sur la composition des produits, imposées par le document, soient également utilisées pour mettre en place une meilleure traçabilité des produits, concernant, d’une part, l’origine et, d’autre part, la mention des allergènes majeurs (conformément aux recommandations du Conseil supérieur d’hygiène publique de France) ;
    6.  De la même façon, ce document n’insiste pas assez sur des aspects que la circulaire de l’écolier devra rappeler : l’importance d’une alimentation diversifiée et équilibrée, l’importance de l’environnement du repas (attente, durée, bruit...), le rôle éducatif que doivent jouer la restauration scolaire dans le domaine de la nutrition, de l’hygiène alimentaire et de la formation du goût, l’importance de l’activité physique associée à une bonne alimentation ;
    7.  La présentation du document prévoit un questionnaire pour recueillir des propositions susceptibles d’améliorer le fond et la forme, indiquant le souci de faire de ces recommandations un document évolutif. Un des principaux critères pour cette évolution devrait être la vérification que les objectifs nutritionnels seront atteints. Il n’appartenait pas à ce groupe du GPEMDA de mettre en place de telles mesures, mais il importe qu’à l’avenir, dans le cadre de la politique de santé publique, un organisme d’évaluation soit chargé de les réaliser.
    En conclusion, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments émet l’avis suivant :
    1.  L’introduction de critères nutritionnels précis pour guider l’élaboration des menus dans la restauration collective et notamment scolaire est un progrès considérable ;
    2.  Le document de recommandations relatives à la nutrition du GPEMDA est un outil précieux, certainement perfectible en fonction des futures connaissances disponibles, pour la mise en pratique de ces critères. Il importe donc que ce document soit annexé à la circulaire de l’écolier ;
    3.  L’intérêt pour la santé publique et l’évolution des recommandations nécessite la mise en place d’une évaluation scientifique objective de l’impact nutritionnel, comportemental, voire clinique de l’application de ces recommandations. L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments proposera ultérieurement une méthodologie pour cette évaluation.


© Ministère de l'économie, des Finances et de l'Industrie- 13 octobre 2000