Le document du mois

Le Service des archives économiques et financières présente chaque mois un document d’archives choisi parmi les fonds qu'il conserve. C'est l'occasion de mettre en lumière un document historique, insolite, représentatif des missions ministérielles ou bien encore pour son caractère esthétique. Cette présentation entend élargir le champ habituel des recherches, en montrant la diversité des fonds conservés par le SAEF. Un rendez-vous à ne pas manquer.

"Pendule qui marque le temps vrai", par Antoine Thiout
SAEF, MONNAIE 4°1058

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Avril 2024

Mettre les pendules à l’heure

Dans les derniers jours de mars, la France est passée à l’heure d’été selon le principe instauré en 1976.

Calqué sur une idée formulée en 1784 par Benjamin Franklin pour économiser les bougies et chandelles, le changement d’heure a été instauré à plusieurs reprises au cours de l’histoire récente. L’objectif, à chaque reprise de la mesure : réduire l’éclairage et donc la consommation d’énergie en profitant des heures d’ensoleillement. Pour cela il faut avancer ou reculer les montres, pendules et autres instruments de mesure du temps.

Cadran solaire, clepsydre, sablier, bougie graduée… De nombreux moyens techniques ont été utilisés pour mesurer le temps depuis l'Antiquité. Au départ, l'Homme observe et utilise la nature. Il a aussi su utiliser son sens de l'observation et son intelligence pour concevoir des instruments de mesure du temps qui ne se basent pas forcément sur des phénomènes naturels hors de son contrôle.

Le développement des horloges mécaniques en Occident ne commence qu’à la fin du Moyen Âge et progresse relativement lentement. Les usages de la vie quotidienne (temps de parole dans un conseil, un procès, sonneries des cloches pour les heures des offices, réunions de conseils de ville, le couvre-feu, etc.) fournissent la motivation de cet essor.

L’une des figures de l’horlogerie du XVIIIe siècle, Antoine Thiout, est né à Jonvelle (aujourd’hui en Haute-Saône) le 7 juillet 1692.

Plongé dès sa naissance dans un univers lié au travail du fer, il fréquente assidument l’atelier de son père serrurier et il acquiert ainsi certaines connaissances pratiques qui lui donnent peu à peu l’envie de destiner sa carrière à la petite mécanique de précision liée à l’horlogerie.

Vers 1700, il se rend à Paris où il fera son apprentissage jusqu’en 1715. Aux alentours de 1718, il commence son ascension professionnelle et débute ses recherches sérieuses sur l’horlogerie.

Il est reçu maître horloger le 18 février 1724 et acquiert sa réputation grâce à deux inventions, en 1724 et en 1726, concernant des pendules à équation et à indications astronomiques. Vers 1740, il crée deux machines à tailler les fusées et un tour à fileter : ces instruments sont essentiels dans la fabrication des pièces mécaniques de précision destinées à la petite horlogerie. Le document du mois présente La Pendule qui marque le temps vrai.

En mars 1741, il publie le « Traité de l’Horlogerie Mécanique et Pratique ». Quelques années plus tard, Diderot le sollicite pour participer à la rédaction, avec d’autres spécialistes, de l’article « L’Art de l’Horlogerie » de l’Encyclopédie.

Mais l'apparition d'un temps compté mécaniquement n'est pas sans conséquences sur la société. À l'échelle locale, la mesure précise du temps transforme les façons de travailler et de vivre. À l'échelle du monde, elle entraîne une harmonisation des temps dont les conditions se négocient entre les différentes nations.

Vous pourrez retrouver des exemples de ses inventions dans l’ouvrage conservé à la bibliothèque du SAEF : Recueil des machines approuvées par l’Académie royale des Sciences.