Mesure pour mesure de Daniel Pontoreau

« Mesure pour mesure » de Daniel Pontoreau La germination : forme de drap ondulée par le vent (détail)

Ces trois stèles ont été modelées à l’origine en terre, à la main, et réalisées en une fonte de fer spéciale pour stabiliser l’oxydation, avec adjonction de chrome.

Les stèles portent des empreintes, des stries, des traces du modelage de la glaise qui s’opposent à la force du métal de ces masses lourdes.

Ces bornes sont verticales et se confrontent à la fois à la verticalité du corps humain, des bâtiments et à l’horizontalité de la marche, ainsi qu’à celle du temps. La marche des gens ponctue ce lieu de passage.

Les trois stèles sont issues d’une stèle unique qui a ensuite été sectionnée. Les éléments se suivent, ils sont coupés mais communiquent. Leur hauteur varie de 4 m à 4,50 m. Ces stèles sont travaillées sur deux niveaux d’échelle : les stèles elles-mêmes et les éléments supérieurs qui conduisent le regard à un autre niveau.

Le haut des stèles est infiniment petit, en contraste avec l’aplomb de la base.

La première, située à droite, évoque une germination ; la matière est en forme de drap ondulé par le vent et, sur les deux autres stèles, la matière se prolonge, blanche et légère, et flotte, au final, comme les drapeaux dans la cour d’honneur.

Daniel Pontoreau, qui voyage beaucoup, donne l’impression, à travers son œuvre, de rechercher des liens souterrains tissés avec les civilisations du monde, passées ou actuelles.

« Les trois stèles sont des bornes qui ponctuent la marche et le temps à l’exemple des stèles de Louxor. Leurs dimensions s’imposent au corps tout en restant à son échelle. Elles sont également à l’échelle du porche, elles peuvent passer dessous. Elles suivent l’axe, en restant asymétriques. »

Mesure pour Mesure est une pièce de William Shakespeare dont la référence évoque l’équilibre des rapports de force et de l’exercice du pouvoir.

Partager la page