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Jus de fruits : étiquetage et composition

02/03/2017

Afin de s’assurer de la conformité des jus de fruits présents sur le marché, la DGCCRF a conduit une enquête qui a démontré que les jus de fruits sont globalement conformes à la réglementation même si quelques anomalies persistent en matière d’étiquetage et de composition.

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L’enquête menée en 2015 par la DGCCRF avait pour objectifs de vérifier la conformité des jus de fruits commercialisés après l’entrée en vigueur des nouvelles exigences réglementaires en la matière[1] et de rechercher les pratiques commerciales trompeuses à l’égard des consommateurs.

Quelques anomalies d’étiquetage…

Toutes les mentions, obligatoires[2] ou facultatives[3], utilisées sur les étiquetages des jus de fruits ainsi que les allégations relatives à l’absence de sucres ajoutés ou de certains additifs non autorisés ont fait l’objet d’une attention particulière de la part des enquêteurs.

Mentions obligatoires

Globalement, les règles de présentation des mentions obligatoires[4] sont bien respectées

Aucune anomalie n’a été constatée sur les dénominations des jus monofruits et multifruits. En revanche, l’étiquetage de certains « jus de fruits à base de concentré » met en relief la mention « jus de fruit » par une typographie différente (caractères plus grands que ceux de la mention « à base de concentré). Cette pratique n’est pas autorisée par la réglementation.

S’agissant des jus multifruits, la réglementation[5] prévoit que l’indication quantitative d’un ingrédient utilisé dans la fabrication ou la préparation d’une denrée alimentaire, est requise lorsque celui-ci figure dans la dénomination et qu’il est mis en évidence sur l’étiquetage sous quelque forme que ce soit (mot, image ou représentation graphique). En revanche, un visuel représentant tous les fruits sur l’étiquetage d’un jus multifruits, sans mise en relief de l’un d’entre eux, n’impose pas l’indication quantitative des ingrédients et n’est donc pas répréhensible.

Le règlement[6] relatif à l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, est entré en application le 13 décembre 2014[7]. Des anomalies ont été constatées à ce sujet sur certains étiquetages : taille des caractères inférieure à la taille minimale de 1,2 mm, informations incomplètes, mention des vitamines non conforme.

Mentions facultatives

L’utilisation de mentions facultatives comme celles incorporant le terme « pur », a été observée sur l’étiquetage de jus obtenus à partir de concentré. Cette pratique peut créer de la confusion dans l’esprit du consommateur sur les caractéristiques du produit. L’attention des opérateurs a été attirée sur ce point.

D’autres mentions facultatives figurent sur les étiquetages, par exemple des allégations relatives à l’absence de certains additifs ou de sucres ajoutés.

La mention « sans additifs, conformément à la réglementation » est présente sur certains étiquetages. Cette indication est incorrecte dans la mesure où la réglementation autorise l’emploi de certains additifs dans les jus de fruits.

La mention signalant l’absence de colorant et /ou de conservateur, additifs non autorisés dans les jus de fruits, est très usitée. La mention « conformément à la règlementation » n’est pas toujours présente.

L’ajout de sucres est désormais interdit dans les jus de fruits. La mention « sans sucres ajoutés[8] », très présente sur de très nombreux étiquetages, constitue une allégation nutritionnelle[9]. Selon la réglementation, « si des sucres sont naturellement présents dans la denrée alimentaire, l’indication suivante devrait également figurer sur l’étiquette : « contient des sucres naturellement présents » ».

… et de composition des jus

Au cours de cette enquête, 64 échantillons ont été prélevés pour analyse dont six ont été déclarés « non conformes » pour :

  • ajout d’eau et de fructose dans un jus de grenade (Arménie) et dans un jus de Cranberry.;
  • présence d’eau exogène dans un pur jus de grenade biologique (Turquie) ;
  • teneur en dioxyde de soufre ou SO2 dans un pur jus de raisin rouge (Italie) ;
  • ajout d’infusion de sureau dans un jus de pomme (Royaume-Uni) ;
  •  teneur en saccharose trop élevée dans un jus de pêche ;

Un prélèvement qualifié « à surveiller » a concerné un ajout d’acide citrique et de saccharose dans un jus de cerises.

Concernant les arômes, huit échantillons ont été analysés et reconnus « conformes ».

Des pratiques commerciales trompeuses constatées sur la nature et l’origine des fruits

Des pratiques commerciales susceptibles d’induire le consommateur en erreur quant à la nature du produit ont été relevées lors de cette enquête telles qu’un visuel où la pomme ne figure pas dans un mélange pomme/fruits tropicaux alors qu’elle représente 70% du mélange.

Dans d’autres cas, des tromperies sur l’origine des fruits ont été relevées : jus de fruits « en provenance d’Ardèche » alors que les fruits étaient achetés en Haute-Savoie, jus « bifruits » présenté comme élaboré localement alors que l’un des fruits était originaire de Serbie.

L’enquête a donné lieu à 31 avertissements, 6 injonctions et 2 procès-verbaux. Un tiers des établissements présente des anomalies, notamment sur l’étiquetage des produits. Si, dans l’ensemble, les mentions obligatoires sont bien observées, les mentions facultatives le sont moins et sont parfois susceptibles de créer une confusion dans l’esprit du consommateur tout en étant à l’origine d’une situation de concurrence déloyale.

En matière de composition, des pratiques frauduleuses « traditionnelles » (mouillage, ajout de sucres et incorporation abusive d’additifs) persistent alors que les nouvelles dispositions du règlement INCO sont dans l’ensemble bien respectées.

Cible Résultats

112 établissements visités

64 prélèvements
31 avertissements
6 injonctions
2 procès-verbaux

 

[1] Décret n°2003-838 modifié par le décret n°2013-1049 du 21 novembre 2013 et Règlement UE n° 1169/2011 dit INCO.

[2] Dénomination, liste des ingrédients, déclaration quantitative des ingrédients...

[3] Pur jus, 100%, teneur en fruits 100 %....

[4] Article 9 et 13 du règlement INCO et article 4 du décret n° 2003/838

[5] Article 22 du règlement INCO.

[6] Règlement INCO.

[7] Certaines dispositions sont entrées en application de manière différée, concernant par exemple la déclaration nutritionnelle, obligatoire depuis le 13 décembre 2016.

[8] L’usage de la mention « sans sucres ajoutés » ou toute autre mention ayant le même sens pour le consommateur, est soumis à la règlementation générale sur l’étiquetage.

[9] Règlement n°1924/2006 concernant les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires

Lien utile

 

Le secteur des jus de fruits

90 % des jus de fruits consommés en France sont fabriqués sur le territoire national.

Depuis 2003, la production de jus de fruits en France a progressé de 21,4 %. En termes de valeur, elle se place au 6e rang européen.

En 2013, 1,63 milliard de litres de jus de fruits ont été consommés en France.

Le jus d’orange est le jus de fruit le plus vendu sur le marché français, viennent ensuite les mélanges de jus de fruits et le jus de pomme.

Les marques de distributeurs (MDD) représentent plus de 63 % de parts du marché.

 

 

 

 

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