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Médiation du crédit aux entreprises

Tribune de Fabrice Pesin dans le Livre Blanc "Fonction Finance : 140 innovations au service de la croissance" - 08/12/2017

Des innovations algorithmiques pour un meilleur accès aux financements

 

Positionnée sur les difficultés de financement des entreprises, la Médiation du crédit est par nature un excellent observatoire des dysfonctionnements – plus ou moins marqués – dans les relations entre dirigeants d'entreprise et financeurs. Manque d'anticipation des difficultés, manque de culture économique et financière, manque d'indicateurs de suivi de trésorerie, mauvais choix des outils de financement, autocensure, méconnaissance des nouvelles opportunités de financement et des exigences en documents et informations de la part des financeurs... autant de causes contrariant la fluidité dans l’accès aux financements.

Il existe pourtant de nombreux acteurs – experts-comptables, conseillers en investissements financiers et avocats notamment – à la disposition des entrepreneurs pour les conseiller et les accompagner. Mais ces derniers, notamment au niveau des TPE et PME, ont des appréhensions, en particulier la crainte de prestations au coût trop élevé. Pour autant ils ne consacrent eux-mêmes que peu de temps aux modalités de financement de leur activité, préférant s’investir dans la recherche de clients et dans le suivi de leur production.

L’idéal des dirigeants serait de disposer d’outils peu coûteux, intuitifs et rapides d’exécution leur permettant de piloter au mieux les implications financières de l’activité et du développement de leur entreprise ! Cet idéal semble désormais de moins en moins inaccessible grâce aux progrès en cours permis par le big data, les algorithmes et l’intelligence artificielle. La montée en puissance de ces innovations est prometteuse notamment dans le domaine du conseil aux dirigeants. De nouvelles solutions algorithmiques d'assistance et d'accompagnement du dirigeant sont à portée de main. Il est à espérer que la nouvelle réglementation encadrant les services d'agrégateur de données et d'initiateur de paiements (DSP2) puisse offrir aux chefs d'entreprise des outils facilitant la gestion de leur trésorerie.

L'exploitation des données devrait aboutir petit à petit à du conseil algorithmique et à des outils performants et peu onéreux pour fournir des analyses multidimensionnelles (contrôle des coûts, suivi des objectifs, analyse de la rentabilité anticipation des risques, etc.). En particulier, l'anticipation des difficultés par des indicateurs intelligents incorporés directement dans les tableaux de bord devrait être développée pour éviter des situations de cessation de paiement. Dans le cas des TPE, voire des PME, l’idée n’est pas de substituer des algorithmes à l’homme mais bien d’offrir de nouvelles prestations à des dirigeants qui ne font aujourd’hui pas ou peu appel à des conseils extérieurs.

L’appariement (« matching ») entre offre et demande de financement est un autre champ prometteur. De trop nombreux dirigeants présentent des dossiers incomplets de demande de financement et/ou ne prennent pas le temps de solliciter l'ensemble des offreurs de financement, par crainte de la lourdeur des dossiers à constituer et par méconnaissance des exigences spécifiques à tel ou tel acteur du financement.

On voit là aussi les progrès qui peuvent être apportés par les algorithmes pour mieux rapprocher offre et demande, de façon plus automatisée et systématique, en déterminant plus précisément les critères retenus par les différents acteurs du financement et en analysant mieux le potentiel de solvabilité et de rentabilité d’une entreprise. L'accroissement des données disponibles – bien au-delà des champs financier et comptable – devrait permettre de nouvelles possibilités d'évaluation de la situation financière d'une entreprise et de sa pérennité, voire d'inclure dans le champ des entreprises finançables des entreprises qui aujourd'hui ne le sont pas au regard des ratios traditionnellement utilisés.

Pour autant, il n’est pas imaginable d’exiger indéfiniment toujours plus de données de la part du dirigeant. Les acteurs du financement auront à aller chercher eux-mêmes les données dont ils ont besoin afin de répondre à moindres frais aux exigences de documentation. On peut même imaginer une inversion de logique : ce ne serait plus au dirigeant de demander un financement, mais aux financeurs de proposer leur offre au bon moment, en anticipant au mieux les besoins de financement, en s’adaptant aux spécificités de l’entreprise… tout en ayant une appréciation actualisée en temps réel de sa santé financière !

Si elle n’est pas un acteur algorithmique, la Médiation du crédit est à l’écoute et se place au cœur des discussions sur les innovations pour permettre une plus grande fluidité pour les entreprises dans leur accès aux financements.

 

 

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