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Institut de la gestion publique et du développement économique
Opérateur de formation permanente du ministère de l'Économie et des Finances et du ministère de l'Action et des Comptes publics

Espace des séminaires, colloques et conférences

Midi-Histoire de Bercy 2019

La prochaine séance :

4 juin 2019 : « Combien de bouches à nourrir ? ». Une enquête administrative dans une situation de crise à la fin du XVIIe siècle, par Ludovic Balavoine, docteur et agrégé d'histoire, chercheur associé au CEMMC (Centre d'Études des Mondes Moderne et Contemporain) -Michel de Montaigne (Bordeaux)

En 1693, le royaume est frappé par une crise, notamment d'une famine, d’une ampleur rare : en quelques mois, entre 1,5 et 2 millions de Français meurent, soit autant que de soldats tombés au champ d’honneur entre 1914 et 1918. Conscient de la gravité de la situation et du péril qui menace la population, l’État lance alors une enquête sur les « bouches à nourrir ». C’est le contrôleur général des finances, Pontchartrain, qui s’en charge en s’appuyant localement sur les intendants. Connue par les historiens, cette enquête n’a quasiment pas laissé de traces (fragments en Auvergne, dans les généralités de Limoges et de Bordeaux, une série pour le Languedoc) sauf en Normandie, dans la généralité de Caen. L’intendant Nicolas-Joseph Foucault y met en œuvre une méthode originale fondée sur les recettes de l’impôt ecclésiastique : la dîme. De par les statuts des acteurs impliqués dans cette enquête, de par la nature des sources utilisées, l’enquête administrative permet, en fin de compte, de dresser un portrait religieux, économique, agricole et démographique des territoires ruraux de Basse-Normandie à la fin du XVIIe siècle.

Portrait de Nicolas-Joseph Foucault gravé par Van Schupen d'après Largillière, 1698.

Les séances passées :

14 mai 2019  : Aux origines des relations entre l'Occident et l'Asie : la « route de la soie », par Hugues Tertrais, professeur émérite des Universités, fondateur du Centre d'histoire de l'Asie contemporaine (CHAC), université Paris I Panthéon-Sorbonne.

Avec plus de deux mille ans d’âge, la « route de la soie » fait toujours rêver. Reprise aujourd’hui pour désigner les axes d’expansion économique de la Chine, l’expression désigne d’abord la première route commerciale reliant depuis avant notre ère le monde méditerranéen à l’Asie. Comme plus tard sur la route maritime des épices, le produit transporté se caractérisait à la fois par son faible poids et sa forte valeur. Il reste que cette « route », de Chang’an (Xian) à Antioche – ou l’inverse – figurait un itinéraire, emprunté par des caravanes qui se relayaient et sur des voies dont le tracé pouvait varier, notamment lorsqu’il fallait contourner un désert aride ou quelque zone troublée. Mais la circulation ne concernait pas seulement les marchandises, étaient-elles précieuses : les hommes et avec eux les idées, voire les religions, voyageaient aussi, façonnant ce qui allait devenir l’Asie centrale, voire l’Asie tout court. Le long de l’itinéraire, des villes naissaient ou se développaient en effet aussi, générant un art dont l’éclat a traversé les siècles.

Une caravane en Asie centrale – Atlas catalan (détail). Attribué à Abraham Cresques,1375.
BnF, département des manuscrits © Gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

  • 23 avril 2019 : Il ne faut pas se fier aux apparences ! Brève histoire économique de la mode, par Catherine Örmen, conservateur du patrimoine, historienne de la mode.
     

    illustrationLa mode représente aujourd’hui en France près d’un million d'emplois indirects. Éphémère et réputée légère, elle pèse économiquement plus lourd que l’aéronautique et l’automobile réunis. Or, le phénomène n’est pas récent : Colbert, qui a donné naissance aux industries françaises du luxe, disait déjà : «  la mode est à la France ce que les mines d’or du Pérou sont à l’Espagne »…
    Longtemps réservée à une élite protégée par des lois somptuaires, la mode a entrepris de se démocratiser avec la révolution industrielle du XIXe siècle. Bénéficiant des progrès de la modernité, du chemin de fer autant que de l’essor de la photographie, elle s’est diffusée toujours plus largement géographiquement et socialement avant de devenir plus universelle encore au XXe siècle. Or, cette mondialisation que certains phénomènes contestent aujourd’hui, est loin d’être une nouveauté : dès le XIIe siècle, des étoffes de coton peintes à la main arrivent d’Inde grâce aux caravanes. Ces indiennes se répandent en Europe et deviennent vite l’objet d’un commerce bien plus vaste encore…

    « Les Payables » -  Estampe de Darcis  © Gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France 
    © okalinichenko/stock.adobe.com © Creative Commons CCO

    Écouter l'enregistrement du 24 avril 2019

    Éléments bibliographiques      Iconographie

  • 12 mars 2019 : Jacques Cœur, le destin d'un homme d'affaires "hors de pair" au XVe siècle.


Conférence d'Olivier Mattéoni, professeur d'histoire médiévale, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Dans le panthéon historique français, Jacques Cœur occupe une place de choix. Sa fortune rapide et sa chute brutale expliquent sans doute la fascination que l'homme a exercée dès son vivant. Dans son Histoire de Charles VII, Thomas Basin insiste sur « sa grande et vive intelligence », « sa prodigieuse habilité dans les choses du siècle », « son zèle pour tout ce qui touchait à l'honneur du roi et au bien du royaume ». Qu'en a-t-il été exactement ? Alors que sa réussite semble avoir été totale, comme le montre l'hôtel qu'il fait bâtir à Bourges dans les années 1440, comment expliquer le procès pour crime de lèse-majesté dont il est victime en 1451 ? La conférence s'attachera à retracer le destin de ce marchand « hors de pair », au dire des chroniqueurs du temps, argentier du roi, qui aida à la reconstruction du royaume. Elle présentera la nature et l'ampleur de ses affaires, son commerce avec l'Orient, ses investissements, avant d'analyser la procédure judiciaire qui entraîna sa condamnation en 1453.

Écouter l'enregistrement du 12 mars

  • 12 février 2019 - « L'aménagement du territoire en France, XVIIIe - XXe siècle. Origine, mise en oeuvre et perspectives »
     

Conférence de Marc Desportes, Ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts et historien, membre du Comité d'histoire des ministères de la Transition écologique et solidaire et de la Cohésion des Territoires et des Relations avec les Collectivités territoriales.

Entreprise volontaire, à la fois politique, économique et technique, l'aménagement du territoire à la française est le fruit d'une longue histoire qui s'amorce à l'aube des temps modernes, avec les premières tentatives d'unification de l'espace de la Monarchie, qui se poursuit avec la mise en place des grandes infrastructures de transport, avant de donner naissance aux pratiques planificatrices des Trente Glorieuses. C'est cette histoire, qui recoupe largement celle de la construction de l’État et de la constitution de l'identité nationale, qu'évoque la conférence.  Si l'histoire ne fournit pas de réponses toutes prêtes aux grands enjeux de l'actualité, du moins permet-elle de mieux comprendre comment se sont constituées les cohérences, mais aussi les déséquilibres du territoire français.

Carte de France corrigée par ordre du Roy sur les observations de Mss. de l'Académie des Sciences
© Gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

Écouter l'enregistrement du 12 février

Voir la présentation en lien avec l'enregistrement du 12/02

  • 22 janvier 2019 - « François Bloch-Lainé, un financier public de l'État régulateur (années 1940-1970) »


Cette conférence de Michel Margairaz, professeur d'histoire économique contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, s'est attachée à situer la trajectoire professionnelle et politique de François Bloch-Lainé en examinant ses fonctions successives au service de l'État financier lato sensu.
Elle a permis d'examiner jusqu'à quel point il appartient à cette génération de hauts fonctionnaires issue de la Résistance et de la Libération, à la manœuvre lors de la Grande Croissance des années 1950-1960, mais aussi de s'interroger sur ses singularités au sein de ce groupe.


Photo de couverture de l'ouvrage François Bloch-Lainé, fonctionnaire, financier, citoyen.
Journée d'étude tenue à Bercy le 25 février 2003
© Crédit lyonnais © Comité pour l'histoire économique et financière de la France

Écouter l'enregistrement du 22 janvier
 

Organisé par

L’IGPDE en association avec Place des Arts

Horaires et lieu

12 h 30 à 14 h 00

Inscriptions

L'inscription préalable est nécessaire pour assister à ces conférences.
 
 
Les personnes extérieures aux ministères économiques et financiers doivent se munir d'une pièce d'identité et de leur confirmation d'inscription
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