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Institut de la gestion publique et du développement économique
Opérateur de formation permanente du ministère de l'Économie et des Finances et du ministère de l'Action et des Comptes publics

Espace des séminaires, colloques et conférences

Midi-Histoire de Bercy 2018

18 septembre 2018 - « Les Finances en images : représentations iconographiques d'un idéal de gestion aux XVIIe et XVIIIe siècles »

 

Marie-Laure Legay, professeure des universités en histoire moderne à l'université de Lille.

Cette conférence est le fruit de plusieurs années d’interrogations et de découvertes sur les finances royales. Celles-ci ont été l’objet de représentations à caractère divers : allégories, gravures, caricatures … images qui définissent une rhétorique de l’ordre et du désordre, des bonnes et mauvaises finances. Mettant le pouvoir en scène, elles donnent à voir au peuple spectateur non seulement la vertu du roi qui tient tout à la fois le gouvernail et la clé du Trésor, mais aussi l’action gouvernementale personnifiée qui garantit l’abondance sur le royaume.
Plusieurs corpus d'images à l'appui de cette conférence : les images stéréotypées des pressoirs des traitants, les tableaux de Charles Le Brun, les caricatures du « Grand miroir de la folie » (1720), mais aussi les premières représentations de « l'argent patriote » jusqu'aux estampes propagandistes de Necker.

© Frontispice de l'ouvrage d'Edme-François Darigrand, L'Anti-financier, 1763

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18 septembre 2018 - « L'Europe difficile depuis 1992 : le paradoxe de sa force
et de sa faiblesse »

 Robert Frank, professeur émérite d'histoire des relations internationales à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Avant le traité de Maastricht signé en 1992, la construction européenne se déroule dans le cadre d’un consensus permissif, c’est-à-dire avec l’accord tacite des peuples qui ne se sentent pas pour autant concernés par le processus. Depuis que les citoyens sont davantage associés à celui-ci, l’Europe devient un sujet de débat passionné : l’euroscepticisme peut s’exprimer avec plus de vigueur et il prend une  grande place dans l’espace public. Les traités suivants, d’Amsterdam (1997) à Lisbonne (2007), font progresser l’intégration européenne, mais sont l’objet de critiques de plus en plus virulentes, voire de rejets comme en 2005. Plus l’Europe s’affirme institutionnellement et économiquement, plus durablement s’installe un dissensus contraignant. Les populistes ne cessent d’obtenir des succès électoraux en nourrissant des sentiments europhobes et en s’en nourrissant. Le référendum au Royaume-Uni de 2016 en est l’illustration la plus spectaculaire avec la victoire des partisans du Brexit. Pourtant, celui-ci ne fait pas éclater l’Union européenne. L’Europe est difficile, faible à bien des égards, mais elle garde une force qu’il ne faut pas sous-estimer.


 

19 juin 2018 - « Lumière et l'invention du Cinématographe »

Thierry Frémaux, directeur de l'Institut Lumière de Lyon, président de l'association Frères Lumière, délégué général du Festival de Cannes.

En septembre 1894, Antoine Lumière assiste à Paris à une démonstration du Kinétoscope de Thomas Edison. Penché sur cette machine qui diffusait des images animées tournées en studio, il est vivement impressionné mais devine d’emblée qu’il est possible de faire mieux : les Kinétoscopes en batterie ne proposent qu’à un spectateur unique les images, petites et peu lumineuses, de photographies animées. « Il faut faire sortir l’image de la boîte, dit-il. Je rentre à Lyon : mes fils trouveront ! ».

© Auguste et Louis Lumière en 1895 - Collection Institut Lumière

 

15 mai 2018 - « Pierre Bérégovoy ministre de l'Économie et des Finances : un ministre social-libéral ? »

Christian de Boissieu, professeur émérite d'économie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Laure Quennouëlle-Corre, directrice de recherche au CNRS, enseignante à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Pierre Bérégovoy, ministre de l’Économie et des Finances (1984-1986 et 1988-1992), a été l’artisan de la libéralisation financière, de la désinflation compétitive et de la monnaie unique. Au cours de ce Midi-Histoire, Christian de Boissieu, économiste, met en perspective les grands enjeux économiques de la décennie et Laure Quennouëlle-Corre, historienne, revient sur ses influences intellectuelles et son entourage à la tête de Bercy.

© Pierre Bérégovoy dans son bureau à Bercy en 1989 - MEF - MACP Service des archives

Écouter l'enregistrement du 15 mai

 

10 avril 2018 - « Comprendre la maxime de Turgot à Louis XVI : "Point de banqueroute, point d'augmentation d'impôts, point d'emprunts" (août 1774) »

Joël Félix, professeur d'histoire moderne à l'université de Reading

L'avènement de Louis XVI en 1774 a été fêté en son temps comme l'annonce d'un nouvel âge et la personne du jeune souverain a d'emblée été associée avec l'espérance de temps meilleurs.
La nomination de Turgot au poste de contrôleur général des finances fut alors la réponse la plus notable à l'exigence sociale de changement. Cet administrateur royal était en effet connu pour sa proximité avec la philosophie des Lumières, en particulier la physiocratie qui en était le pendant libéral dans les domaines économique et financier.
Mais comment changer les choses quand le pays a fait banqueroute quatre ans plus tôt, que le budget est déficitaire, que les impôts sont jugés trop lourds, que la dette publique semble à son comble et que le pays est profondément divisé quant aux réformes à entreprendre pour améliorer la situation de tous ?

Ce Midi-Histoire se propose de répondre à cette question éternelle en temps de crise : il examinera spécifiquement la manière dont Turgot, connu pour être l'un des meilleurs économistes que la France ait produits, a souhaité échapper aux contraintes qui pesaient sur la gestion économique et financière du royaume pour œuvrer au rétablissement de la puissance de son pays et au progrès du bien-être matériel et social. 

© Portrait de Anne Robert Jacques Turgot par Antoine Graincourt (1748-1823)

Lettre de M. Turgot, ministre des finances, au Roi

Écouter l'enregistrement du 10 avril

 

20 mars 2018 - « À quoi servent donc les "expositions universelles" ? L'exemple de Paris »

Pascal Ory, professeur émérite des universités, Université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne)

Malgré la renonciation à l’exposition de 2025, Paris reste la ville qui a accueilli le plus grand nombre d’expositions dites « universelles » : pas moins de six, entre 1855 et 1937.

Aujourd’hui on ne peut pas se promener dans Paris, en particulier dans les quartiers de l’Ouest, sans trouver des traces et surtout des marques de leur passage, monumentales bien sûr, mais aussi plus structurelles, touchant à l’urbanisme de la cité.
La conférence revient sur les fonctions (on en a trouvé huit) qui, dès le premier jour, ont été remplies par ces manifestations souvent réduites à l’anecdote ou, a contrario, mythifiées au travers d’un regard nostalgique.

©  « Exposition universelle de 1878. Palais du Champ-de-Mars. Imprimerie Pellerin et Cie à Épinal.
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, Paris
 
 
                            

13 février 2018 - « Une problématique très historique, des mercuriales aux marchés mondiaux, l'éternelle question des prix agricoles »

Marc de Ferrière le Vayer, professeur des universités en histoire contemporaine à l'université François Rabelais de Tours

La question de la fixation des prix agricoles est un problème aussi vieux que l'agriculture. Nombre d'émeutes durant l'Ancien Régime en sont un des effets les plus visibles. La première mondialisation du XIXe siècle a été le théâtre de ce qu'il faut bien appeler la guerre des prix. Dans la société d'aujourd'hui, de plus en plus mondialisée, avec une information continue et une demande croissante en produits agricoles, la fixation des prix n'est plus seulement un enjeu économique, mais également un sujet de politique internationale.

©  Marché aux blés, Gisors, Pissaro Camille. Photo RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) - Crédit Tony Querrec
 
 

16 janvier 2018 - « La levée de l'impôt au Moyen Âge : le roi de France peut-il aller en Enfer ? »

Lydwine Scordia, maître de conférences en histoire du Moyen Âge à l'université de Rouen

Avant le XVe siècle, le roi vivait des revenus du domaine, l’impôt n’était levé qu’en cas de nécessité. A partir de 1445, Charles VII instaure l’impôt royal permanent. De nombreux débats ont accompagné cette révolution. Pour beaucoup, l’impôt était un acte tyrannique prouvant l’avarice du roi.

Aussi les enluminures ne montrent pas le roi levant l’impôt. En revanche, certaines placent le roi en Enfer, une bourse autour du cou symbolisant le péché capital d’avarice. Comment, dans ce contexte, le roi de France pouvait-il faire accepter l’impôt dans son royaume ?

©  "Le roi en Enfer" Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, Paris
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Organisé par

L’IGPDE en association avec Place des Arts

 

Horaires et lieu

12 h 30 à 14 h 00

 

Inscriptions

L'inscription préalable est nécessaire pour assister à ces conférences.
 
 
Les personnes extérieures au ministère doivent se munir d'une pièce d'identité et de leur confirmation d'inscription

 

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