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Institut de la gestion publique et du développement économique
Opérateur de formation permanente du ministère de l'Économie et des Finances et du ministère de l'Action et des Comptes publics

Espace des séminaires, colloques et conférences

Midi-Histoire de Bercy 2017

18 septembre - « Lavisse et la vertu ou le grand récit scolaire de l’histoire de France dans les manuels d’Ernest Lavisse (de 1876 à nos jours) »

Olivier Loubes, Professeur de Chaire supérieure en CPGE - Lycée public Saint-Sernin, Toulouse - Laboratoire CNRS/FRAMESPA, Toulouse

La vertu nationale attribuée aux livres scolaires d’Ernest Lavisse marque notre époque. Censés incarner la bonne façon d’enseigner la France par l’histoire, ces manuels, baptisés « petits Lavisse », étaient déjà des monuments de l’historiographie (Pierre Nora, Mona Ozouf) depuis les années 1960. Mais ils connaissent actuellement un succès renouvelé dans le discours politique comme en librairie. Ainsi, en 2013, Armand Colin a choisi de confier à Dimitri Casali une réédition, « augmentée jusqu’à nos jours », qui bat des records de vente.

Mais de quelle vertu nationale et scolaire parle-t-on ? Que fait-on dire de nos jours à ces livres de classe ? Et, en retour, que nous disent-ils sur l’enseignement de l’identité nationale à l’école de la Troisième République ?

Pour saisir de quel Grand « roman national » les petits Lavisse sont et furent porteurs, loin d’abonder dans le sens - rassurant mais faux - de l’enseignement immuable de l’histoire d’une France déjà-toujours-là, à laquelle il suffirait de revenir pour guérir nos « fractures nationales », nous chercherons à comprendre et à voir – l’image est décisive dans les petits Lavisse – ce que signifièrent les différentes écritures et réécritures de ces manuels depuis 1876. Car, s’il y a bien eu un grand « récit du commun » national dans ces livres, sa vertu ne fut pas d’être celui d’une identité invariante, mais d’être au contraire une construction historique qui changea de fins, au long de six rédactions, afin de rester progressiste. Et si nous devons nous sentir orphelins de Lavisse, ce n’est pas de son histoire mais de son historicité. Voilà sa vertu.

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Les précédents Midi-Histoire

13 juin - « Pour la gloire ou pour l'argent ? Histoire du Tour de France cycliste, 1903-2017 »

Jean-François Mignot, chercheur CNRS au Groupe d’étude des méthodes de l’analyse sociologique de la Sorbonne (GEMASS)

Depuis sa création en 1903 le Tour de France est la course cycliste la plus populaire et la plus prestigieuse au monde. Qui a créé cette course et dans quel but ? Comment les organisateurs ont-ils fait évoluer l’épreuve pour qu’elle reste aussi spectaculaire et attractive ? Pourquoi les primes des coureurs se sont-elles considérablement accrues dans les années 1930 puis dans les années 1980 ? Et comment le Tour parvient-il à dégager un profit alors qu’il offre un spectacle gratuit ? Riche d’enseignements, l’histoire du Tour de France offre un aperçu de plus d’un siècle d’histoire économique, sociale et culturelle de la France et de l’Europe occidentale : l’essor de la société de consommation, de la civilisation des loisirs et des médias (journaux, radio puis télévision).

© Tour de France cycliste de 1948. Journée du 30 juin. 1re étape Paris-Trouville. Les coureurs devant le ministère des Finances, rue de Rivoli - Gallica - Agence Meurisse

 

Voir la présentation

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23 mai - « Impôt en travail, impôt en argent : la corvée royale au XVIIIe siècle »

Anne Conchon, professeure d’histoire moderne, université Paris 1 Panthéon Sorbonne-IDHE.S

Le sens commun appréhende généralement la corvée comme un mode de production archaïque, associé aux économies seigneuriale, pré-industrielle ou encore coloniale. Or, la période contemporaine s'’en est aussi accommodée pour certains types d'ouvrages. La corvée royale utilisée au XVIIIe siècle pour construire et entretenir les routes offre à cet égard un objet d'étude tout à fait intéressant pour penser cette historicité des formes du travail, qu'il soit forcé, contraint ou libre. L'objectif de cette conférence est donc d'expliciter les logiques et les contraintes qui conféraient une rationalité à la décision de recourir à une prestation en travail, et celles qui motivèrent dans la seconde moitié du XVIIIe siècle sa progressive commutation en un impôt destiné à financer du travail salarié.

© La construction d’un grand chemin de Joseph Vernet - Photo RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Franck Raux.

 

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25 avril - présentation de l’ouvrage « L’État moteur du progrès. Le ministère du Commerce et de l’Industrie, 1870-1914 »

Jean Philippe Dumas, conservateur en chef du patrimoine au ministère des Affaires étrangères et chercheur associé à l’EPHE

L’histoire de l’État a beaucoup progressé ces dernières années. De nouveaux travaux ont montré que, à la fin du XIXe siècle, celui-ci n’était pas seulement conservateur et protectionniste,  mais qu’il se préoccupait aussi de lutter contre les injustices sociales et de soutenir l’industrie et le commerce d’exportation. Ces conclusions remettent en cause la chronologie généralement adoptée pour les débuts de l’intervention de l’État. Mais elles permettent aussi de réfléchir aux fondements de son action et d’éclairer les débats actuels sur ses responsabilités économiques.

 

 

 

 

 

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28 mars - « Libre-échange, protectionnisme et démocratie : les leçons de la première mondialisation, 1820-1914 »

David Todd, senior lecturer en histoire au King’s College de Londres

Depuis l’élection de Donald Trump, la régulation du commerce international est redevenue un enjeu politique de premier plan. Ce débat puise ses sources dans les grandes controverses générées par la première mondialisation des échanges, entre 1820 et la première guerre mondiale. Se repencher sur cette période aide à comprendre les ressorts politiques du libre-échange et du protectionnisme. Contrairement aux idées reçues, le libre-échange n’était pas toujours du côté de la démocratie ou le protectionnisme parmi ses adversaires. Les monarchies censitaires ou autoritaires (Empire britannique, Second Empire de Napoléon III, Empire allemand) préféraient le libre-échange. Les républiques démocratiques (Etats-Unis, IIIe République française) penchaient pour le protectionnisme. Ces débats et ces choix ont façonné les cultures politiques et économiques contemporaines, en Europe comme en Amérique.

© « Protection to Home Industry », affiche protectionniste pour le candidat républicain Benjamin Harrison  à l’élection présidentielle américaine de 1888 - Joseph A. Burrows, Washington, D.C., Library of Congress.

 

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28 février - « Les “six bourgeois de Calais”. Un épisode de l’histoire de France entre la réalité et le mythe »

Jean-Marie Moeglin, directeur d'études à l'EPHE, professeur d'histoire médiévale à l'Université Paris-Sorbonne

Un épisode du début de la guerre de Cent ans, l’histoire des six bourgeois de Calais lors du siège de la ville en 1346-1347, a longtemps fait partie de la mémoire nationale française. Le récit vient de chroniqueurs contemporains, notamment du célèbre Jean Froissart : au moment où Calais doit capituler devant le roi d’Angleterre Édouard III, six bourgeois sont obligés de venir devant l’inflexible vainqueur, en chemise, pieds nus et la corde au cou, prêts à subir pour leur ville le juste châtiment ; ils implorent miséricorde ; en vain, le roi ne les entend pas ; les nobles de son armée le prient à leur tour de refréner son trop juste courroux ; en vain à nouveau, le roi ordonne que l’on fasse venir le bourreau. Enfin l’épouse d’Édouard, la bonne et miséricordieuse Philippa de Hainaut, se jette aux pieds de son époux pour implorer la grâce des pauvres habitants de Calais ; et ce que l’on n’espérait plus se produit : le roi, ému par les pleurs de son épouse, se laisse fléchir ; il renonce à sa vengeance ; il fait grâce aux six bourgeois de Calais et se contente de les chasser de la ville entièrement repeuplée par des Anglais.
En réalité, l’histoire des bourgeois de Calais n’est pas celle que les chroniqueurs paraissent raconter et qui est entrée dans le « roman national » français. Certes, des bourgeois sont bien venus se présenter la corde au cou devant le roi pour implorer théâtralement sa grâce. Mais ils ne couraient pas le risque d’être exécutés. Ils ne faisaient que se soumettre à un rituel de capitulation convenu à l’avance avec le vainqueur ; un rituel connu et pratiqué depuis bien longtemps, un véritable rituel de parade par lequel le vainqueur met en scène son triomphe sur les vaincus, pour prix de la vie qu’il leur accorde.

Ce que la conférence présentera, c’est à la fois l’histoire « vraie » de la capitulation de Calais et l’histoire du développement d’un formidable mythe historique qui a conduit notamment à la fin du XIXe siècle à l’édification à Calais d’une des plus célèbres œuvres de la sculpture contemporaine, les « six bourgeois de Calais » d’Auguste Rodin.

© Miniature illustrant les Chroniques de Froissart (1er quart du XVe siècle) - Paris, BNF ms. fr.2642, f.179r  

 

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6 février - « Femmes et hommes de la statistique : soixante-dix ans d’Insee, 1946-2016 »

Béatrice Touchelay, professeure en histoire contemporaine à l’université Lille 3

L’Institut national de la statistique et des études économiques pour la France et l’outre mer (Insee) est créé en avril 1946, peu de temps après la libération du territoire et la mise en place de la IVe République. Confié à Francis-Louis Closon, commissaire de la République de la Région Nord qui n’est ni statisticien, ni du sérail des Finances, il doit répondre à un très fort besoin de données chiffrées pour éclairer l’action des gouvernants.  Le  contexte s’y prête mal. La statistique a mauvaise presse, les français restent attachés au secret des affaires et des données individuelles. Pourtant, en 70 ans, les femmes et les hommes de l’Insee et la révolution des machines et des méthodes de traitement de l’information balayent ces réticences. La France passe de l’ère des mots à l’ère des chiffres. Le débat télévisé opposant Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand entre les deux tours de la présidentielle de 1981 inaugure de longues batailles de chiffres dont l’Insee est le pourvoyeur et dont  nous ne sommes pas encore sortis.

© Insee

 

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Organisé par

l’Institut de la gestion publique et du développement économique en association avec Place des Arts

 

Horaires et lieu

12 h 30 à 14 h 00
C.A.S.C.
139 rue de Bercy - Paris 12e

 

Inscriptions

L'inscription préalable est nécessaire pour assister à ces conférences
 
Les personnes extérieures au ministère doivent se munir d'une pièce d'identité et de leur confirmation d'inscription

 

Renseignements

recherche.igpde [@] finances.gouv.fr

 

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