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Institut de la gestion publique et du développement économique
Opérateur de formation permanente du ministère de l'Économie et des Finances et du ministère de l'Action et des Comptes publics

Espace des séminaires, colloques et conférences

Midi-Histoire 2015

3 décembre 2015 « La globalisation de l’alimentation de 1492 à nos jours, de belles concordances en perspective  »

Marc de Ferrière le Vayer professeur des universités en histoire économique et sociale à l’université François-Rabelais de Tours

Le Cacao Poulain inonde le monde. 1ère marque française. Goutez et comparez : [affiche] / [Leonetto Cappiello], 1911 © Gallica – BNF

Il est courant de s’élever contre la mondialisation, en particulier dans le domaine alimentaire et gastronomique, en général pour s’élever contre ce phénomène en se plaignant de l’uniformisation quand ce n’est pas l’américanisation qui en résulte.
Marc de Ferriere le Vayer montre qu’il ne s’agit en rien d’un mouvement nouveau, et sans remonter à la préhistoire explique comment depuis les grandes découvertes on peut parler d’une forme de mondialisation continue de l’alimentation. Elle s’est traduite par un enrichissement des produits, par la création d’une forme de culture commune autour de certains aliments et par une hybridation des cuisines. Elle a aussi eu des effets moins souhaitables, tels que certaines famines, la diffusion de fléaux et de désastres parfois importants.
Il n’en reste pas moins, en particulier dans un pays comme la France, que sans cette mondialisation la gastronomie française ne serait pas la même.
 
Le Cacao Poulain inonde le monde. 1re marque française. Goutez et comparez : [affiche] / [Leonetto Cappiello], 1911 © Gallica – BNF
 
 

 

 

 

 

27 octobre 2015 « Présentation de l'ouvrage Genèse des marchés  »

Françoise Bayard, professeur honoraire en histoire moderne à l'université Lyon 2 et Patrick Fridenson, directeur « d’études à l’École des Hautes Études en sciences sociales (EHESS)

Des échanges locaux entre la ville et la campagne environnante aux plates-formes numériques, de l'Europe aux autres parties du monde, les marchés ont beaucoup changé.  Nous souhaitons vous les présenter non pas seulement comme des mécanismes qui contribuent à coordonner les actions et les décisions,  mais comme des lieux et des cadres où s’expriment des hommes et des femmes pleins de projets comme d’inquiétudes et où se confrontent des manières de penser l’économie, la société, la culture. 

Y a-t-il des éléments communs entre les places de marché, de la ville médiévale aux marchés financiers d’aujourd’hui ? Quels échanges ont lieu entre marchés, depuis le colportage, les marchés et les foires locaux, le commerce intérieur  jusqu’au commerce international, depuis la circulation des écrits jusqu’aux échanges numériques dématérialisés, de l’économie souterraine aux grands marchés continentaux ?

Quelles sont les différences et convergences entre les valeurs et l’impact des trois grandes religions révélées sur les pratiques successives des acteurs comme des pouvoirs publics et sur la moralité des affaires ?

Comment les doctrines économiques que développent les membres des entreprises, des administrations et des États, ou qui naissent de la pratique des comptables et des ingénieurs, ou que créent les universitaires peuvent-elles influer sur les marchés et sur leur régulation ? 

 

 

16 septembre 2015, « Les débuts de l’école républicaine, élitisme et scolarisation de masse sous la IIIe République »

 

Jérôme Krop, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université d’Artois

L'école de Jules Ferry est généralement identifiée à l'école rurale à classe unique, qui serait alors une véritable petite république scolaire placée sous la direction d'un de ces hussards noirs de le République célébrés par Charles Péguy en 1913. Or, ce modèle scolaire méritocratique est né à Paris, dans une ville alors à l'apogée de sa croissance démographique. L'école de la IIIe République doit alors affronter de multiples défis : comment mettre en œuvre l'obligation scolaire en répondant aux besoins de l'enfance des quartiers populaires ? Comment susciter une réelle émulation parmi les élèves, tout en améliorant les conditions de scolarisation du plus grand nombre ? L'objet de la conférence sera d'analyser les réponses apportées à ces questions à cette époque et d'en mesurer les effets grâce aux données statistiques et qualitatives recueillies dans les dossiers d'instituteurs et les archives de l'administration scolaire.

Photographie de classe de l'école de garçons de Buigny Les Gamaches, 1906

 

4 juin 2015 « Jacques Necker, ministre des finances de Louis XVI : Popularité et pouvoir dans la France des Lumières »

 

Joël Félix, professeur d’histoire moderne à l’université de Reading (Royaume-Uni).          

                 

La France des Lumières a connu deux types de héros : le philosophe, qui utilisait sa plume pour combattre les préjugés, et le ministre réformateur qui faisait usage de l’autorité royale pour répondre aux enjeux d’un siècle imbu des idées de progrès et de bonheur. Si le royaume a produit de nombreux philosophes et a vu se succéder bien des ministres, Jacques Necker a été le seul homme public à être à la fois un homme de lettres et un homme d’action. Auteur prolifique, il a eu recours à l’écrit pour faire connaitre ses idées sur les questions qui agitaient son époque. Ce faisant, il est aussi le premier des ministres du roi à avoir entretenu un dialogue avec l’opinion publique, devenant ainsi l’incarnation de l’ouverture et de la transparence. En 1788, à l’approche de la Révolution, c’est de cet étranger, qui était venu chercher à Paris la fortune et la gloire, c’est de son retour aux affaires que la France attendait la solution de ses problèmes financiers et politiques. Parfois oubliée et souvent mal comprise, l’histoire personnelle de Necker, ce self made man peu ordinaire, est indissociablement liée à celle de la France. Il a été l’un de ceux qui a le plus effectivement contribué à rendre possible le changement que tous espéraient. Il a été, au fond, le premier des grands hommes de la Révolution française.

Grand Necker ta sage prudence, va rendre nos cœurs réjouis ; tu nous ramenes l'abondance, sous le bon plaisir de Louis [estampe] - © Gallica – BNF

 

14 avril 2015 « Les Français devant l’impôt entre monarchie et Révolution française, XVIe-XVIIIe siècle »

 

Gauthier Aubert, maître de conférences d’histoire moderne à l’université Rennes 2 et Mireille Touzery, professeure d'histoire moderne, directrice du département d'histoire à l’université Paris-Est-Créteil.

« Le Grand siècle a la réputation d'être par excellence le temps des révoltes antifiscales : Croquants de Gascogne, Nu Pieds de Normandie, Sabotiers de Sologne ou encore Bonnets rouges bretons sont là pour rappeler que "la naissance dramatique de l'absolutisme" (Yves-Marie Bercé) a suscité maintes contestations liées à l'impôt. Il s'agira ici principalement d'évoquer, au delà des revendications de ces révoltés, les formes prises par leur contestation, marquées par l’emploi du tocsin, l’érection de barricades, mais aussi par la fête et les violences. Il s'agira aussi de tenter de comprendre la grande mutation de la contestation antifiscale survenue sous Louis XIV, puisque c'est durant le règne du "grand roi" que disparaissent les grands mouvements de révoltes du temps des cardinaux-ministres Richelieu et Mazarin  »- Gauthier Aubert

                                  

« La révolution de 1789 renouvela comme on sait totalement le paysage fiscal du royaume : suppression de tous les indirects, suppression de tous les privilèges soit de personne avec la fin des trois ordres soit de régions avec la disparition des statuts provinciaux spécifiques et concrètement des barrières. Dans cette tabula rasa de l’égalité qui ne laissa subsister que la contribution foncière et une petite mobilière, il y eut des gagnants et des perdants, les disparités étant fortes à très fortes dans les temps monarchiques. Sur ce plan, la Révolution fut donc vécue de façon très différente suivant les lieux, « au niveau du porte-monnaie ». C’est ce que l’on montrera en s’appuyant sur une cartographie précise et en essayant de relier ces différences fiscales aux différentes attitudes politiques pendant la Révolution » - Mireille Touzery

© Gallica - BNF      

 

 

17 mars 2015 « Le poujadisme ou quand les petits commerçants et artisans contestent la société technicienne »

 

Frédéric Tristram, maître de conférences d’histoire contemporaine à Paris 1-Panthéon Sorbonne.

Le poujadisme a été un des événements les plus étudiés du second XXe siècle, et le plus précocement puisque l’étude pionnière, celle de Stanley Hoffmann, date de 1955. C’est ainsi très tôt dégagée une analyse convergente, qui fait du « mouvement Poujade » un signe de l’inadaptation des petits commerçants et artisans à la modernisation économique et sociale que connaît la France des Trente Glorieuses. Commencé comme une réaction catégorielle, le mouvement connaît à partir de 1955 une déclinaison politique qui devient bientôt dominante, dessinant le parcours très linéaire d’un mouvement de protestation versant dans le jeu électoral, puis s’étiolant dans les combinaisons de la Quatrième République finissante, avant de rejoindre la défense de l’Algérie française et de mourir dans un anti-gaullisme militant. Dans ces conditions, l’opposition à l’impôt apparaît, sinon comme un prétexte, du moins comme une cause seconde sinon secondaire, de la révolte poujadiste.

Des tendances plus récentes ont en revanche mis en avant le rôle de l’impôt dans le déclenchement et la prolongation du poujadisme, et cela pour trois séries de raisons. Les petits travailleurs indépendants connaissent d’abord une hausse importante de leur imposition directe, fortement revalorisée suite à l’arrêt de l’inflation en 1952, alors qu’ils avaient été les principaux bénéficiaires du glissement continu de la monnaie entre 1945 et le début des années 1950. Ils se sentent menacés, non sans raison d’ailleurs, par la réforme en cours de la fiscalité sur la consommation et la création, le 10 avril 1954, de la TVA : la nouvelle taxe sur le chiffre d’affaires, par la détaxation des investissements qu’elle permet, profiterait, si elle était étendue à l’ensemble de la distribution, aux commerçants les plus importants et accélérerait la concentration déjà entamée du secteur. Enfin, fortement dénoncé par le mouvement, le développement du contrôle fiscal touche en réalité très peu les petits commerçants et artisans dans leur vie économique mais constitue un bouleversement de leurs habitudes sociales, remettant en cause leur mode de vie et de travail fondée sur la recherche éperdue de « l’indépendance ».

Le poujadisme apparaît donc, avec le recul, autant comme la manifestation d’un mal être du commerce et de l’artisanat traditionnel confronté à l’évolution économique et sociale des Trente Glorieuses que comme le premier mouvement de méfiance manifesté à l’encontre du pouvoir grandissant de la technique et de l’emprise de la norme sur la vie quotidienne des individus.

 

13 janvier 2015  « Monnaie et hantises françaises du déclin, 1914-2014 »

Robert  Frank, professeur émérite d’histoire des relations internationales à l’université Paris1-Panthéon-Sorbonne.
 
 
La monnaie, on le sait, a trois fonctions économiques : elle est un instrument de mesure de la valeur des biens et des services, un moyen de paiement, ainsi qu’un moyen d’épargne. S’y ajoutent aussi des fonctions politique, sociale et culturelle : elle est souvent attribut d’une souveraineté politique ; elle crée du lien entre les individus d’une société donnée ; et elle peut être le symbole d’une identité collective. Autant dire qu’elle sert à mesurer la santé économique, la cohésion politique et sociale du pays ou de la collectivité qui l’émet, ainsi que sa confiance en soi ou sa foi dans l’avenir. En ce long XXe siècle, caractérisé par une longue période  d’instabilité monétaire, les Français, marqués par la dépréciation et les dévaluations du franc, y ont vu, à tort ou à raison, le signe du déclassement de la France sur la scène mondiale. Les politiques monétaires, du franc-or à l’euro, ou plutôt du franc Poincaré – première dévaluation officielle du franc-or – à l’euro, ont souvent été des réponses pour tenter  d’enrayer cette perte de rang et de remédier à cette hantise du déclin.
 

À écouter

 

Organisé par l’IGPDE en association avec Place des Arts. Contact :  recherche.igpde@finances.gouv

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