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Institut de la gestion publique et du développement économique
Opérateur de formation permanente du ministère de l'Économie et des Finances et du ministère de l'Action et des Comptes publics

Espace des séminaires, colloques et conférences

Midi-Histoire 2014

4 novembre 2014 - Pierre Mendès France et l'économie sur un court XXe siècle (années 1920-1960)

Michel Margairaz, professeur  en histoire économique contemporaine à l'université Paris-I- Panthéon-Sorbonne, IDHE (CNRS)

L’une des singularités de Pierre Mendès France est d’avoir traversé les deux tiers du XXe siècle en conservant un certain nombre de points fixes dans ses réflexions sur les finances, la monnaie et l’économie, dans la perspective de les utiliser en vue de mener des politiques publiques.  Précocement confronté aux questions de politique économique – dès ses premières analyses relatives aux mesures de stabilisation de Poincaré en 1928 – Pierre Mendès France  a participé à l’épreuve du pouvoir en 1938 aux côtés de Léon Blum, puis en 1943-1944 dans le CFLN et le gouvernement provisoire sous la présidence du général de Gaulle, avant d’exercer lui-même la présidence du Conseil en 1954-1955. Que ce soit dans des conjonctures de dépression ou d’expansion, il a sans cesse souhaité articuler les moyens financiers et monétaires aux objectifs économiques , avec la volonté de clarifier les divers choix possibles. Sa trajectoire ultérieure dans l’opposition à la Ve République le conduit à envisager des formes  de planification démocratique et de régulation du capitalisme, sans toutefois participer directement à l’épisode du programme commun de la gauche.

© Bibliothèque de l’ Assemblée nationale
 

 

21 octobre 2014 -  Des ors du Second Empire aux lignes géométriques de Bercy, les habits du pouvoir. Histoire, mémoire et décors du ministère des Finances (1871-1988) 

Florence Descamps, maître de conférences à l’École pratique des hautes études ( EPHE) 

A travers les lieux de pouvoir qu’il occupe, à travers l’apparence et l’apparat  dont il se pare, à travers les références qu’il invoque, le ministère des Finances dévoile les figures du pouvoir financier et ses successives transformations. Du donjon féodal aux barres rectilignes  de Chémétov, architecture, décors et mobilier dessinent les ruptures, les continuités et les mutations d’un département ministériel qui tout en ambitionnant de maîtriser le présent et le futur a besoin de s’ancrer dans l’histoire et la mémoire.

Exposition virtuelle : un ministère dans la ville

A la découverte de l'histoire complexe des lieux et bâtiments parisiens de l'administration des finances depuis le XVIIIe siècle. Une exposition virtuelle du CAEF

 

 

24 juin 2014  - Le jeu, l’argent et l’État en France aux XVIe et XVIIIe siècles

Elisabeth Belmas,  professeur des universités, professeur d’histoire moderne à l’université Paris 13

Dans la France moderne, le jeu, l’argent et l’État ont entretenu des relations toujours complexes et souvent contradictoires.  Du XVIe siècle à La Révolution, l’État royal n’a cessé de légiférer contre les jeux d’argent qu’il interdit et poursuit. En même temps, il autorise et protège la fabrication des instruments de jeux - dés et cartes -, qui peuvent servir à miser de l’argent. Dans le dernier tiers du XVIIIe siècle, il finit par créer la Loterie royale de France, dont l’esprit et le fonctionnement sont contraires aux principes qu’il défend par ailleurs, puisque l’unique finalité en est le gain d’un lot en argent et que le hasard seul préside à la redistribution des enjeux. Le discours répressif de l’État est donc souvent démenti par ses pratiques. L’État cherche en outre à prélever sa part sur l’argent du jeu, d’abord en imposant les dés et les cartes à jouer, puis en captant une fraction des sommes énormes que la Loterie royale de France draine à partir de 1776. Si cette dernière fournit très vite un appoint substantiel au Trésor royal, il en va tout autrement de l’impôt sur les dés et les cartes à jouer qui s’avère un échec.

 

27 mai 2014 -  Comment une crise financière conduisit à la Révolution de 1789

Jean Tulard, membre de l’Académie des sciences morales et politiques

Lorsque Louis XVI monte sur le trône en 1774, la situation financière est si désastreuse et l’endettement de la monarchie a atteint de telles proportions que le dernier contrôleur général de Louis XV, l’abbé Terray, ne voit d’autre remède que la banqueroute. Mais la monarchie peut-elle faire faillite.
Entre mai 1774 et mai 1789, les successeurs de Terray, Turgot, Necker et Calonne essaient toutes les solutions que l’on évoque encore aujourd’hui : les économies, la croissance par les réformes économiques, « faire payer les riches »…Toutes échouent. On expliquera pourquoi. Louis XVI est contraint de convoquer les États Généraux en mai 1789.
La crise continue, malgré la solution proposée par Talleyrand. La réforme fiscale est insuffisante. Finalement la monarchie est emportée. La banqueroute devient inévitable. C’est sur  la ruine des rentiers que Bonaparte va fonder le franc germinal.

 

29 avril 2014 - Vauban, de la fortification au bouclier fiscal, un maréchal de l’humanité

Mireille Touzery, professeur d’histoire moderne à l’université Paris-Est-Créteil

Vauban est une des rares personnalités qui fasse l’unanimité dans la mémoire collective française. Au XVIIIe siècle, le duc de Saint-Simon est le premier à construire sa légende, le faisant mourir de chagrin en 1707, devant le refus de Louis XIV de prendre en compte ses propositions fiscales. Il est en bonne place dans le monument républicain constitué par l’histoire de France de Ernest Lavisse, aux côtés de Jeanne d’Arc ou de Vercingétorix. Il est qualifié de « lieu de mémoire à lui tout seul » par son historienne, Michèle Virol. Ses fortifications, inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2007, lui assurent une visibilité sans égale auprès des Français et visiteurs du territoire hexagonal qu’il a contribué à forger : c’est le fameux « Ville assiégée par Vauban, ville prise, ville défendue par Vauban, ville imprenable». Il est aussi l’auteur de 29 mémoires, 3.650 pages manuscrites, trace de papier de la curiosité sans limite du maréchal de France. Statisticien, démographe, économiste, il s’intéresse aux canaux, aux protestants (un des rares à en déplorer l’expulsion), au rendement des truies, à la noblesse et tant d’autres sujets qui font que chaque époque trouve chez lui un écho à ses préoccupations. Chacun le veut avec soi, jusqu’au contre-sens : Vauban libéral quand il est mercantiliste, Vauban, l’Européen quand il est l’homme du pré carré. Dernièrement, il a fourni, avec son Projet de dime royale, un exemple d’élaboration de bouclier fiscal, certainement inconscient mais combien révélateur de l’homme du XVIIe siècle qu’il est, pour qui l’ordre social de l’Ancien régime est une structure mentale. Vauban n’est pas un homme des Lumières. Il est un des bras de Louis XIV, un des plus originaux sans doute. Jamais victime d’impopularité, son nom a ainsi pu être retenu sans risque pour un bâtiment du ministère français des finances d’aujourd’hui. La conférence invitera donc à en savoir un peu plus sur cette figure attachante de l’histoire de France.

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27 mars 2014 - Le crédit à la consommation en France, 1947-1965. De la stigmatisation à la réglementation

Sabine Effosse, professeure d’histoire contemporaine à l’université de Paris Ouest Nanterre La Défense

Comme le souligne l’adage populaire « Crédit est mort pendu », au lendemain de la seconde guerre, le crédit à la consommation a mauvaise presse. Les taux élevés auxquels il est consenti ainsi que les risques qu’il représente font que ce crédit a sinistre réputation tant auprès des Français que des banquiers. Pourtant, nécessité fait loi. A l’heure où les Françaises rêvent de cuisine « américaine », les industriels, désireux d’accroître leurs ventes, se mobilisent pour créer de nouveaux organismes de crédit en partenariat avec de grandes banques d’affaires. Le ministère des Affaires économiques approuve. Encore s’agit-il de réglementer ce crédit désormais perçu comme un des moteurs de la croissance.
Dans quelle mesure la réglementation adoptée a-t-elle privilégié les « gros » établissements financiers aux dépens des « petits » ? Comment les nouveaux prêteurs, Sofinco créé en 1951 et Cetelem en 1953, ont-ils évalué les risques du crédit aux particuliers ? La lutte contre l’usure a-t-elle eu lieu ?
En revenant sur les origines du crédit à la consommation, cette conférence a pour objectif de montrer que les enjeux de l’accès au crédit dans les années 1950 et 1960 soulevaient, déjà, des questions d’une étonnante actualité.

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20 février 2014 - La « comm » au XVIIIe siècle : construire l’image de Louis XVI

Aurore Chéry, doctorante en histoire moderne à l’université Lyon 3

Contrairement à Louis XIV, qui fait figure de Roi-Soleil au pouvoir incontesté, on pense souvent que Louis XVI ne se préoccupait pas de son image. La Révolution aurait été facilitée par un sentiment général de désacralisation de la monarchie que le roi, par son attitude, aurait encouragée. Modeste et débonnaire, prêchant la vertu et la simplicité, Louis XVI parait ignorer le faste et la gloire louis-quatorziennes. Mais alors que Rousseau prônait le retour à la nature, quel sens y aurait-il eu à reproduire des schémas adaptés à un autre temps ? En fait, bien qu’affectant la spontanéité, l’image de Louis XVI a été méticuleusement construite par un roi qui, formé à cela dès son enfance, était un véritable professionnel de la manipulation de l’opinion. Plus que par naïveté, c’est plutôt par présomption qu’il aurait commis des faux pas le menant finalement à l’échafaud.

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24 janvier 2014 - Les ingénieurs des Télécommunications dans la France contemporaine

Pascal Griset, professeur en histoire contemporaine à l’université  Paris-Sorbonne, directeur de l’Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC)

Pascal Griset porte le regard sur le rôle du corps des Télécommunications (aujourd’hui fusionné avec le corps des Mines) et, à travers lui, sur l’histoire de ce domaine depuis le milieu du XIXe siècle. Cet ouvrage, publié fin 2013, offre les clefs permettant de mieux comprendre les enjeux du temps présent, en associant l’analyse des historiens aux apports de l’économie et de la sociologie, et en croisant les approches académiques avec le témoignage des acteurs.

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Organisé par

l’Institut de la gestion publique et du développement économique en association avec Place des Arts

 

 

 

  À écouter, les Midi-Histoire 2014
 

4 novembre 2014

Pierre Mendès France et l'économie sur un court XXe siècle (années 1920-1960) par Michel Margairaz

 

 

21 octobre 2014

Des ors du Second Empire aux lignes géométriques de Bercy, les habits du pouvoir. Histoire, mémoire et décors du ministère des Finances (1871-1988) par Florence Descamps

 

 

24 juin 2014

Le jeu, l’argent et l’État en France aux XVIe et XVIIIe siècles par Elisabeth Belmas

 

 

27 mai 2014

Comment une crise financière conduisit à la Révolution de 1789 ? par Jean Tulard

 
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