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L'Oeil du chercheur : Actualité de la recherche en gestion publique

L'oeil du chercheur

L'oeil du chercheur présente des résumés d'articles publiés dans des revues scientifiques consacrées à l'action publique, des thèses récemment soutenues dans le champ de la gestion publique.

Articles marquants

Relation à l'usager

Validation d’une échelle de la confiance des citoyens dans les organisations gouvernementales

Stephan Grimmelikhuijsen
Professeur adjoint à l’Utrecht University School of Governance, Pays-Bas
Eva Knies
Professeure adjointe en science organisationnelle et gestion des ressources humaines à l’Utrecht University School of Governance, Pays-Bas

 

Le thème
Si la confiance des citoyens dans le gouvernement a largement été étudiée au niveau global ces dernières années, plus rares sont les recherches sur l’évaluation de la confiance au niveau intermédiaire d’organisations gouvernementales bien précises (par ex., telle municipalité ou tel service public). Les auteurs se proposent donc de mettre au point une échelle valide et fiable permettant de mesurer la confiance organisationnelle des citoyens au niveau intermédiaire.

Les données
Pour construire leur échelle et afin de déterminer de façon plus précise les effets et les antécédents de la confiance au niveau organisationnel, les auteurs se sont appuyés sur 991 répondants situés aux Pays-Bas, qu’ils ont interrogés sur leur confiance dans leur gouvernement local. Les auteurs ont constitué leurs questionnaires avec des items mesurant trois dimensions de la confiance sur deux échantillons composés l’un d'étudiants, l'autre d’un groupe diversifié de citoyens participant à un panel citoyen municipal.

Les résultats
Sur la base d’analyses psychométriques, les auteurs ont établi une échelle construite autour de trois dimensions : 1- les compétences, ou la perception d’une organisation comme étant efficace et professionnelle ; 2- la bienveillance, ou la perception d’une organisation comme agissant dans l’intérêt général ; 3- l’intégrité, ou la perception d’une organisation comme étant sincère et remplissant ses promesses. Le questionnement développé peut ainsi servir aux organisations publiques souhaitant mesurer la confiance de leurs usagers à leur égard.

Article paru dans la Revue internationale des sciences administratives - 2017/3 (Vol. 83), p. 597 à 615 et disponible en ligne à l’adresse : https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-administratives-2017-3-page-597.htm

 

Les caractéristiques relationnelles du site Web ont-elles un impact sur la confiance des clients en ligne ?

Élissar Toufaily, doctorante en sciences de gestion, Université du Québec
Lova Rajaobelina, doctorant en sciences de gestion, Université du Québec
Jean-Mathieu Fallu, doctorant à HEC Montréal
Line Ricard, professeure en sciences de gestion, Université du Québec
Raoul Graf, professeur en sciences de gestion, Université du Québec

Le thème
La confiance est considérée comme un facteur central pour comprendre les échanges commerciaux, transactionnels et communicationnels sur Internet. L’interface de contact créée par le site Web joue à ce titre un rôle déterminant sur la confiance des clients en ligne. Si pour favoriser le développement de la confiance, un site Web doit intégrer des caractéristiques fonctionnelles (facilités d’accès et d’utilisation, protection des données, confidentialité, fluidité, design, etc.), celles-ci ne peuvent à elles seules instaurer et augmenter la confiance du client. Les auteurs s'interrogent donc sur les caractéristiques relationnelles capables de substituer l’interaction humaine et l’aspect social des relations du monde réel au monde virtuel.

Les données
Les auteurs ont sollicité huit groupes d’étudiants québécois clients du secteur bancaire en ligne qui ont répondu à des questionnaires autoadministrés. Sur 250 questionnaires remplis, les auteurs en ont retenu 227 complets qu’ils ont ensuite analysés pour confronter les résultats de leur enquête à la littérature.

Les résultats
Les résultats de cette recherche montrent que la qualité de la communication, alliée à celle du support et complétée par la présence de communautés virtuelles, crée un climat de confiance pour les clients. Fournir aux clients un suivi sur le site Web, en proposant un support en ligne mais aussi hors ligne pour toute demande permet au client de percevoir ainsi une présence sociale sur le site. Toutefois, cette présence doit se traduire par un suivi réel durant et après une transaction donnée, par une bonne gestion des réclamations et par une assistance technique accessible. En complément, une communication qualitative, comme le partage d’informations fréquentes et précises entre les partenaires via des canaux formels et informels, affecte positivement la confiance. Enfin, l’existence d’une communauté virtuelle décrite comme une entité sociale organisée et maintenue par une entreprise en ligne peut faciliter l’échange entre les clients. Intégrer ce type de communauté permet ainsi aux gestionnaires des sites d’identifier d’éventuels problèmes, de répondre aux insatisfactions et de mieux cerner les besoins, les opinions et les intérêts des consommateurs, afin de développer des stratégies marketing appropriées.Article paru dans Management & Avenir - 2010/2 (no 32), p. 192 à 209 et disponible en ligne à l’adresse : https://www.cairn.info/revue-management-et-avenir-2010-2-page-192.htm

 

Emploi public

Le rôle du pouvoir formel du supérieur dans l’efficacité des stratégies de développement de la confiance auprès des subordonnés

Marie-Aude Abid-Dupont, maître de conférences en gestion des ressources humaines à l'école de management de l'Université Toulouse-I-Capitole

Jean-Louis Chandon, directeur de la recherche en marketing à l'INSEEC

 

Le thème
Faisant le constat que la crise de confiance s’est répandue dans les entreprises à tous les échelons hiérarchiques, les auteurs s’intéressent dans cette étude aux facteurs du développement de la confiance envers le supérieur hiérarchique. Ils mettent à jour deux stratégies de développement de la confiance et identifient les comportements de leadership associés à chacune de ces stratégies : le leadership d’échange et le leadership d’appartenance. La stratégie qui relève du leadership d’échange consiste pour le supérieur à fournir des bénéfices à son subordonné en se montrant fiable et cohérent dans la tenue de ses engagements. La seconde stratégie, le leadership d'appartenance, consiste pour le supérieur à faire émerger et à incarner une identité de groupe forte.

Les données
Pour leur étude, les auteurs se sont basés sur 14 entretiens semi-directifs et ont réalisé une enquête par questionnaire auprès de 486 cadres. Les auteurs synthétisent ainsi leurs deux hypothèses de recherche et y ajoutent une variable : le pouvoir formel ou la capacité à changer ou à contrôler le comportement de son subordonné de par l’autorité conférée par son statut hiérarchique.

Les résultats
Cette recherche montre que le type de leadership à mobiliser est fonction du degré de pouvoir formel du supérieur. Les supérieurs peuvent ainsi être formés à repérer leur position dans les situations qu’ils rencontrent (leur degré de pouvoir formel) et à adapter leur comportement aux enjeux de la situation. Des comportements orientés collectivement (leadership d’appartenance) sont à privilégier lorsque les intérêts ou l’identité du groupe sont menacés par des contraintes extérieures. De même, ce type de leadership peut s’avérer particulièrement efficace dans le cas d’équipes projet. À l’inverse, lorsque le supérieur dispose d’un fort pouvoir formel car ses décisions ont des impacts directs sur les intérêts de ses collaborateurs, il doit adopter un leadership d’échange en privilégiant les contacts personnalisés, en faisant preuve de considération et en négociant des solutions acceptables avec chacun de ses collaborateurs.

Article paru dans Gestion des ressources humaines - 2016/3 (no 101), p. 3 à 23 et disponible en ligne à l’adresse : https://www.cairn.info/revue-de-gestion-des-ressources-humaines-2016-3-page-3.htm

(Re)tissage de la confiance et nouveau pacte social : défis et conditions de déploiement des politiques du capital humain

Maria Giuseppina Bruna, professeure-chercheure en sciences de gestion à l’ISTEC Business School (Paris)

Marc Deluzet, délégué général de l’Observatoire social international (OSI)

 

 

Le thème
Principal levier de création de richesses, de socialisation secondaire et de régulation sociale, le travail crée la possibilité même de l’être en société. Les auteurs, une chercheuse et un praticien, s’intéressent ainsi aux conditions de recréation de la confiance dans ce champ organisationnel qu’ils considèrent comme un impératif catégorique (qui invite à réinterroger le rapport à Soi, à Autrui et au collectif), une urgence politique (qui questionne l’effectivité et l’efficience du lien social et les fondements du vivre-ensemble) et un enjeu stratégique (susceptible d’influer sur la croissance de long terme et la performance globale des entreprises). À partir d’une analyse simultanée de sources scientifiques et professionnelles et un jeu de regards croisés, cet article interroge les mécanismes de refondation du pacte social d’entreprise.

Les données
Les auteurs s’appuient sur des préalables éthiques (« reconnaissance de l’altérité, recherche de la justice par l’équité »), un prérequis stratégique (renouvellement du cycle de la confiance liant l’entreprise et ses collaborateurs grâce à un « don de confiance », premier et inconditionnel, accordé par la direction à ses salariés) et un levier opérationnel (le déploiement de politiques de développement humain, avec pour corollaire la refonte des politiques RH et la praxis d’un management responsable). Ils articulent en outre une revue de littérature interdisciplinaire et l’analyse de données qualitatives tirées d’une participation observante au sein du groupe de travail de l’Observatoire social international.

Les résultats
Les auteurs décrivent un cycle de confiance amorcé par un « don de confiance » de la direction à l’égard de ses salariés et qui s’appuie sur deux éléments. Le premier est le dialogue social et professionnel avec les instances représentatives du personnel ; il concourt à négocier et à échanger au sein même des équipes (entre collègues et avec les managers). Le second élément est constitué par les réseaux sociaux d’entreprise (physiques mais aussi numériques) qui offrent une triple opportunité : renouveler les outils de communication interne, participer au renouveau des pratiques managériales et pratiquer la coopération dans le champ professionnel. Stimulant l’interaction trans-hiérarchique et trans-géographique, ces outils favorisent la circulation et le partage de l’information, ainsi que la coconstruction des savoirs. Le rétablissement de la confiance peut donc s’incarner dans la pratique sans opposer la focale financière à la conception humaine et sociale de l’entreprise. Il consiste à développer la performance globale d’une entreprise en articulant création de richesses et accomplissement tant individuel que collectif. Ces pratiques renouent avec une conception humaniste de l’entreprise dont elles révèlent la nature humaine et sociale.

Article paru dans Question(s) de management 2014/4 (no 8), p. 57 à 72 et disponible à l’adresse : https://www.cairn.info/revue-questions-de-management-2014-4-page-57.htm

 

Gouvernance

La confiance dans le secteur public : existe-t-il des signes d'un déclin à long terme ?

Steven Van de Walle, chargé de cours en gestion publique, université de Birmingham

Steven Van Roosbroek, chercheur à l'université catholique de Leuven, Belgique

Geert Bouckaert, directeur du Public Management Institute, université catholique de Leuven

 

Le thème
Le déclin de la confiance citoyenne dans le secteur public semble établi, et il est même devenu le socle d’un débat qui prévoit qu’améliorer son fonctionnement restaurera la confiance des citoyens. Cependant, le lien entre performance et confiance ne fonctionne pas de façon directe et mécanique, et mesurer l’efficacité du secteur public dans son ensemble est une tâche complexe. Et, comment comparer les niveaux de confiance quand un niveau élevé dans un pays peut être considéré comme faible dans un autre. Par ailleurs, si les auteurs concèdent qu’un certain niveau de méfiance à l’égard de l’État est sain car l’obligeant à rendre compte de ses actions, ils constatent néanmoins la récurrence de ce débat et sa dimension internationale. Ils s’intéressent ainsi aux raisons objectives à la défiance et cherchent à savoir si elles reposent sur des résultats réels ou sur des stéréotypes préétablis.

Les données
Sur la base d’une série d’enquêtes internationales - dont l’Eurobaromètre et les World Values Surveys -, les auteurs ont analysé les évolutions de la confiance des citoyens dans le secteur public, en s’intéressant plus particulièrement aux pays de l’OCDE et aux États membres de l’UE. Relevant que certains indicateurs - comme par exemple la satisfaction à l’égard de la démocratie - sont loin d’être adaptés pour mesurer et comparer la confiance dans l’État, ils identifient les variations des perceptions des citoyens à l’égard du secteur public.

Les résultats
Même si certaines institutions ont été victimes d’une perte de confiance, les données ne confirment pas une baisse à long terme de la confiance des citoyens dans le secteur public. Les auteurs observent davantage des fluctuations que des tendances, et les causes de ces instabilités sont diverses. En premier lieu, les données se sont révélées peu propices aux comparaisons entre pays : la perception varie selon la culture politique et administrative du pays et n’est pas systématiquement liée aux aménagements effectués par les services publics pour optimiser la relation de confiance. Ensuite, les réformes de l’administration par certains États ont pu déstabiliser ponctuellement les usagers. Enfin, les sociétés ont évolué (baisse du respect pour l’autorité, déclin du capital social), et de nouvelles exigences en matière de service public sont apparues. Les auteurs observent toutefois que les décideurs sont convaincus de la réalité du déclin de la confiance citoyenne malgré des indicateurs démontrant le contraire. Cela les amène à conclure en se demandant pourquoi la confiance du public devient une question d’actualité sur le plan politique ou social à un moment donné, et pourquoi elle ne l’est pas à d’autres moments.

Article paru dans Revue internationale des sciences administratives 2008/1 (Vol. 74), p. 51 à 70 et disponible à l’adresse suivante : https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-administratives-2008-1-page-51.htm

 

L’influence de la transparence et de la confiance dans la relation entre corruption et satisfaction du citoyen

Heungsik Park, professeur d’administration publique, Chung-Ang University, College of Political Science & Economics, Séoul, Corée du Sud

John Blenkinsopp, assistant en management, Teesside University Business School, Middlesbrough, Royaume-Uni

 

Le thème
La réduction de la corruption et l’amélioration de la satisfaction des citoyens sont des objectifs importants pour l’État, mais le lien entre ces deux objectifs stratégiques n’a que rarement été étudié. Par ailleurs, la littérature montre que la transparence et la confiance sont considérées comme ayant une influence sur la relation entre la perception de la corruption et le niveau de satisfaction des citoyens. On observe ainsi une demande accrue de transparence, alors que le renforcement de la confiance des citoyens devient un enjeu prioritaire pour les organisations publiques. Les auteurs proposent donc d’analyser empiriquement les perceptions des citoyens pour comprendre si le niveau de corruption perçue influence leur niveau de satisfaction et quel est le poids de la confiance et de la transparence sur cette relation.

Les données
Les auteurs fondent leur étude sur les données d’une enquête organisée en Corée du Sud dans l’un des sous-districts de Séoul, dans le cadre d’une évaluation par le gouvernement local de son système de gestion de la qualité des projets de travaux publics. Ce système avait été mis en place par la municipalité dans le but de réduire la corruption au sein des services de travaux publics, réputés faire partie des plus corrompus. L’enquête a été menée par des enquêteurs dans chaque unité administrative de la collectivité, 400 questionnaires ont été administrés, permettant aux auteurs de travailler sur un échantillon valide de 348 questionnaires.

Les résultats
L’analyse indique que la relation entre corruption et satisfaction était modérée par la transparence et partiellement facilitée par la confiance. Elle montre notamment que les perceptions du public vis-à-vis des autorités deviennent positives dès que celles-ci tentent de faire face à la corruption. Il apparaît également que la transparence sert de modérateur important ; elle augmente la satisfaction tout en réduisant la corruption. La confiance apparaît, elle aussi, comme étant un médiateur significatif dans la relation entre transparence et satisfaction, ainsi qu’entre corruption et satisfaction. Les auteurs relèvent également que si le renforcement de la transparence est un facteur favorable en présence d’un niveau de confiance très faible, en revanche, lorsque le niveau de confiance dans le gouvernement est élevé, davantage de transparence peut en réalité réduire cette confiance.

Article paru dans Revue internationale des sciences administratives et disponible à l’adresse : https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-administratives-2011-2-page-251.htm

Thèses récentes

 

Le rôle des liens sociaux et de la confiance sur le financement bancaire des PME : une étude exploratoire

Thèse soutenue le 26 septembre 2013 par Mazen Gharsalli dans le cadre de l’école doctorale Sciences de l’homme, des organisations et de la société (Rennes), sous la direction de Robert Paturel, professeur en sciences de gestion à l’IAE de Brest.

 

Cette thèse porte sur les difficultés de financement des petites et moyennes entreprises (PME) dans un contexte français caractérisé par une culture bancaire développée et des évolutions récentes très marquées par la crise financière de 2008. L’auteure examine d’une part la relation entre les banques et les PME en s’intéressant en particulier aux interactions sociales et à la relation de confiance qu’elle appréhende comme des vecteurs privilégiés d’informations permettant la création d’un climat de confiance entre les parties. D’autre part, elle questionne les effets de cette configuration contractuelle, soumise aux difficultés associées aux asymétries d’informations, sur l’accès au financement bancaire des PME.

L’auteure emprunte deux approches traditionnelles que constituent l’approche transactionnelle (standardisée) et l’approche relationnelle (relation de long terme), dont elle souligne l’insuffisance et qu’elle enrichit en mobilisant la théorie de l’encastrement social et le concept de la confiance pour mieux appréhender la relation d’emprunt. Elle mène en outre une étude empirique s’appuyant sur une enquête exploratoire menée auprès d’un échantillon composé de banquiers et de chefs d’entreprises afin de montrer la pertinence du triptyque - encastrement social, confiance, spécificités des PME -, en tant que référentiel théorique à la problématique du processus de financement bancaire.

À partir de sa recherche exploratoire, l’auteure constate et souligne l’importance des liens personnels dans la relation entre le banquier et le chef d’entreprise qu’elle définit selon trois aspects : les interactions, la durée et la connaissance personnelle. Elle souligne l’existence des réseaux (sociaux, professionnels et institutionnels) et l’importance que leur accordent les banquiers en termes de prospection et de collecte d’informations quantitatives et qualitatives. Par ailleurs, elle observe que si la confiance interpersonnelle dans la relation d’emprunt repose sur trois aspects fondamentaux : la bienveillance, la cohérence et l’aptitude, les deux partenaires s’intéressent davantage à la confiance-cohérence et à la confiance-bienveillance qu’à la confiance-aptitude. Pour l’auteure, l’établissement de relations confiantes et de liens sociaux entre banquiers et dirigeants encourage la transparence, réduit les coûts de surveillance et de contrôle et facilite l’évaluation du risque tout en contribuant à l’amélioration des conditions d’emprunt.

Cette thèse est consultable à l’adresse suivante : https://www.theses.fr/2013BRES0039

 

Les facteurs déterminants de la confiance inter-organisationnelle dans les réseaux d’innovation. Le cas du pôle de compétitivité Alsace Energivie

Thèse soutenue le 19 mai 2015 par Chaker Bouchanbouz dans le cadre de l’école doctorale Droit et sciences politiques, économiques et de gestion (Nice), sous la direction de Boualem Aliouat, professeur en sciences de gestion à l’Université Côte d’Azur.

 

Cette thèse traite de l’émergence de pôles de compétitivité (PdC) comme forme organisationnelle et de leur mode de gouvernance et de pilotage. Considérant l’industrie française face au défi de la compétitivité, l’auteur constate en effet l’effort politique pour créer un environnement favorable à l’innovation, notamment à travers les projets de PdC. Ce dispositif relativement jeune, qui a pour priorité l’identification et la diffusion de bonnes pratiques auprès de ses acteurs, prend en effet une importance croissante dans les discours et les études des chercheurs ainsi que dans la presse économique ou généraliste qui se fait régulièrement l’écho des changements dans la pratique du management au sein de ces organisations. L’auteur constate par ailleurs l’aspect fondamental de la gouvernance dans ces institutions et s’intéresse en particulier au processus de collaboration des différents acteurs et plus particulièrement à la question de la confiance. Il s’interroge ainsi sur la manière de construire une confiance inter-acteurs dans les PdC.

Afin de mettre en exergue un modèle théorique d'intégration de la confiance inter-acteurs au sein des PdC, l’auteur explore de nombreuses recherches menées sur ces structures et sur la confiance dans les relations inter-organisationnelles. Il adopte également une approche qualitative basée sur des entretiens semi-directifs avec des acteurs du pôle « Alsace Energivie », lequel est dédié à l’efficacité énergétique dans le bâtiment et vise un objectif de bâtiment à énergie positive. Un questionnaire envoyé aux adhérents du même pôle a également permis à l’auteur de développer une approche quantitative.

L’auteur observe que la confiance est étroitement liée à l’environnement interne du pôle, que la bonne gouvernance du processus d’innovation par le PdC assure la confiance et que cette dernière est corrélée positivement avec la réputation des acteurs. Il souligne l’importance d’un pilotage indépendant dans les réseaux d’innovations et remarque l’importance pour les membres du PdC de trouver leurs propres solutions et conditions de mise en œuvre dans un environnement d’innovation très marqué par la liberté des acteurs. Il souligne à ce titre le fait que les outils managériaux n’ont pas été implantés sous la forme proposée, mais ont plutôt été utilisés comme outils de réflexion pour concevoir un nouveau modèle organisationnel.

Cette thèse est consultable à l’adresse suivante : http://www.theses.fr/2015NICE0010

 

Quels leviers pour une collaboration efficace ? Le rôle de la confiance et de la culture : le cas de la fusion-acquisition entre Air France et KLM

Thèse soutenue le 18 novembre 2016 par Cindy Van den Berg dans le cadre de l’école doctorale de management Panthéon-Sorbonne (Paris), sous la direction d’Alice Le Flanchec, professeure en sciences de gestion à l’université Paris-I–Panthéon-Sorbonne et d’Anne Gratapac, maître de conférences HDR en sciences de gestion à l’université Paris-I–Panthéon-Sorbonne.

Cette thèse a comme objet l’étude de la fusion-acquisition, qui est une des stratégies possibles pour une entreprise cherchant à devenir plus compétitive. Bien que ce soit le mode de développement externe le plus répandu, cette opération très complexe connaît toutefois un taux d’échec particulièrement élevé et supérieur à 50 % selon plusieurs recherches. Souvent vécus comme un moment de crise directement lié à la peur d’une réduction des effectifs, ces sentiments d’angoisse et de peur peuvent mener à l’inertie et mettre en péril la réalisation des objectifs de la nouvelle entité. Les fusions-acquisitions allant de pair avec des changements organisationnels, la gestion des aspects humains est très complexe, mais peut être considérée comme un facteur de succès. Pour réaliser les objectifs de la nouvelle entité, les individus doivent en effet collaborer afin de créer l’efficacité collective qui permettra d’ajouter de la valeur au travail réalisé. L’auteure s’intéresse ainsi aux déterminants de la collaboration interindividuelle en particulier à deux variables jouant un rôle spécifique dans l’efficacité de la collaboration : la confiance interpersonnelle et la culture des individus.

À l’appui d’une étude empirique qualitative fondée sur 44 entretiens et d'une étude quantitative reposant sur 301 réponses, les deux effectuées au sein de la division commerciale d’Air France-KLM, l’auteure propose un modèle de recherche intégrant les différents déterminants de la collaboration.

L’auteure montre que la confiance et la culture ont une influence particulière lorsqu’il s’agit de l’efficacité de la collaboration et confirme, dans un premier temps, l’importance de l’efficacité de la collaboration en montrant qu’elle détermine pour 68 % la réalisation des objectifs. Elle observe également que la confiance est l’élément essentiel pour une bonne communication et une forte cohésion sociale qui expliquent à leur tour ensemble 58 % de l’efficacité de la collaboration. Ainsi, elle constate que la confiance interpersonnelle influence l’efficacité de la collaboration de manière indirecte. Cela est aussi le cas pour la culture. La distance hiérarchique au sein de la culture d’entreprise et l’évitement de l’incertitude au niveau de la culture nationale ont une influence négative sur la confiance et la cohésion sociale. De même, elle remarque qu’il existe également une influence indirecte de la culture des individus sur l’efficacité de la collaboration.

Cette thèse est consultable à l’adresse suivante : http://www.theses.fr/2016PA01E006

Événements à venir

 

Vers le haut de gamme made in France

Ministère de l’Économie et des Finances, Paris, 21-22 novembre 2019

Entrée libre, inscription obligatoire

Les nouvelles théories du commerce international montrent que, face à la libéralisation des échanges internationaux et la montée de la concurrence mondiale, la différenciation des produits et la montée en qualité peuvent être des réponses pour les pays les plus avancés. La montée en qualité évite notamment d’avoir à poser la question de l’adaptation à la mondialisation en termes de réduction de coûts (salariaux et fiscaux). Par ailleurs, la compétitivité hors prix (ou qualité) renvoie pour partie à l’histoire d’un produit, d’une marque ou d’une région (regional charisma) et à sa capacité à raconter une histoire, à mobiliser des savoir-faire ancestraux, à établir un lien entre un territoire régional et un consommateur global.

L’IGPDE organise les 21 et 22 novembre 2019, en collaboration avec l’université de Bordeaux, un colloque international sur la montée en gamme des produits français. Quatre sessions traitent plus particulièrement du « modèle » allemand, de l’industrie du luxe, des territoires et des spécialités historiques du commerce extérieur français. Ce colloque réunit des universitaires de plusieurs disciplines et nationalités ainsi que des acteurs de premier plan, publics et privés, impliqués dans la promotion du made in France et la lutte contre la contrefaçon.

Pour en savoir plus : https://www2.economie.gouv.fr/igpde-seminaires-conferences/vers-haut-gamme-made-in-france-colloque-international-21-22-novembre

 

 

Journée interdisciplinaire de recherche sur les décisions et les comportements des consommateurs

IUT de Paris & Liraes, Université Paris-Descartes, 3 décembre 2019

Cette deuxième édition de la Journée interdisciplinaire sur les décisions et les comportements des consommateurs organisée par l’université Paris-Descartes porte sur la question de la mobilité, qui touche de façon croissante les différentes facettes de notre quotidien. Cette journée de recherche se propose de regrouper des chercheurs de différentes disciplines (géographie, informatique, statistique, psychologie, gestion, droit, économie, communication, systèmes d’information, littérature, marketing, logistique, sociologie, médecine, mathématiques, philosophie, pédagogie…) afin de mettre en évidence l’évolution des comportements à l’ère de la mobilité et plus particulièrement les évolutions en termes de consommation et de prise de décision. Son objectif est de favoriser des échanges interdisciplinaires autour de la thématique de la mobilité et son impact sur les décisions et le comportement du consommateur.

Pour en savoir plus : http://alcor-institute.com/2eme-journee-interdisciplinaire-de-recherche-sur-les-decisions-et-les-comportements-des-consommateurs-jird2c/

 

30e congrès de l’AGRH : La GRH peut-elle sauver le travail ?

Kedge Business School, Bordeaux, 13-15 novembre 2019

Thèse soutenue le 18 novembre 2016 par Cindy Van den Berg dans le cadre de l’école doctorale de management Panthéon-Sorbonne (Paris), sous la direction d’Alice Le Flanchec, professeure en sciences de gestion à l’université Paris-I–Panthéon-Sorbonne et d’Anne Gratapac, maître de conférences HDR en sciences de gestion à l’université Paris-I–Panthéon-Sorbonne.

Le travail connaît aujourd’hui des évolutions multiples et complexes, depuis les processus de néotaylorisation qui conduisent, dans certains secteurs et pour certains postes, à une déqualification de son contenu et à une perte de sens, jusqu’au développement du travail indépendant et des différentes formes d'externalisation. Ces dernières menacent en effet les fondements même du principe de localisation du travail de ces collectifs sociaux que sont les entreprises. Les discours politiques et médiatiques sur la perte de « la valeur du travail » croisent les discussions autour du revenu minimum universel, tandis que les économistes rappellent le caractère inéluctable, malgré une tendance inverse, d’un mouvement multiséculaire vers une diminution du temps de travail questionnant ainsi la place temporelle et donc, implicitement, la place symbolique du travail dans les identités individuelles et collectives.

L’Association francophone de gestion des ressources humaines abordera ces thématiques dans son 30e congrès en s’intéressant particulièrement au rôle de la fonction RH dans le cadre de cette situation complexe et multi-facettes.

Pour en savoir plus : http://www.agrh2019.fr/

 

Divers

 

Contact : recherche.igpde[a]finances.gouv.fr

 

La revue Action publique. Recherche et pratiques est publiée en partenariat avec

           

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