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Adoption par le Parlement européen des nouvelles directives sur les marchés publics

Transposition de la directive relative au droit à l'information dans le cadre des procédures pénales

Exécution du budget de l'Etat pour 2013

Aides d'Etat: nouvelles règles sur le financement des risques

Quatre chantiers pour le pacte de responsabilité

Mobilité des travailleurs dans l'Union européenne : nouvelle proposition de la Commission

Les objets de la nouvelle France industrielle

 


La Présidence de l’UE : une chance pour la Grèce face aux défis

Philippe BOIN – Chef du Service économique - Service économique d’Athènes- Ambassade de France en Grèce

La Grèce assure depuis le 1er janvier la Présidence du Conseil de l’UE et ce pour la 5ème fois depuis son adhésion. Mais à la différence de ses Présidences précédentes, le pays se trouve aujourd’hui dans une crise économique et sociale sans précédent, ayant perdu depuis 2008 environ 25 % de sa richesse et enregistrant un chômage de 27% dont près de 60% pour les jeunes.

Avec la Présidence, la Grèce entend restaurer sa crédibilité et en tout état de cause réaffirmer son ancrage dans l’UE et la zone euro. Bénéficiant d’un programme d’aide de la Troïka représentant 246 Mrds €, la Grèce a consenti de son côté depuis 2010 un effort tout à fait considérable en termes d’ajustement budgétaire structurel, évalué à ce jour à 15 % du PIB. Mais au-delà de ce chiffre, c’est un changement culturel profond qui est en cours au terme de réformes des administrations publiques, y compris de la Justice, ainsi que des banques, visant à faire reculer la corruption, la fraude, le clientélisme.

Dans ce contexte de défis herculéens, la Présidence grecque met l’accent, à travers ses priorités, sur les intérêts immédiats du pays et vise un rééquilibrage des préoccupations européennes au profit des pays du sud de l’Union. Quatre grandes priorités sont ainsi définies : la croissance et l’emploi, singulièrement des jeunes, l’approfondissement de l’UEM, la mobilité et les migrations ainsi que la politique maritime intégrée. La plupart de ces priorités rejoignent les nôtres, en particulier un rééquilibrage au profit de l’Europe du sud qui s’inscrit aussi en amont de la prochaine Présidence, assumée au second semestre par l’Italie.

Le spectre d’un « GREXIT » est aujourd’hui écarté. Mais il faut à présent poser les fondements d’une « GRECOVERY » soutenable, œuvre cependant de longue haleine qui suppose la poursuite de la mobilisation de la solidarité européenne, mais aussi et peut-être surtout, l’approfondissement des efforts de la Grèce tout particulièrement en termes de réformes structurelles, afin que le peuple hellène puisse reprendre en main son propre destin.