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HÔTEL DE LONGUEVILLE
Rue Saint-Thomas du Louvre (détruite) & rue Saint-Nicaise (détruite)

Annexe de la Ferme générale
Ferme du tabac
Régie des droits réunis

 



Plan de situation
Echelle

HÔTEL de LONGUEVILLE (détruit)
Rue Saint-Thomas du Louvre & rue Saint Nicaise

Cartographie complémentaire :
• Plan Robert de Vaugondy, 1723-1786 [sur site web BNF Gallica].
• Plan Bretez, 1739, planche 15.

Le premier hôtel de Longueville était situé entre la rue du Petit-Bourbon (place de la Colonnade du Louvre) et la rue des Poulies (partie de la rue du Louvre). Il fut vendu au roi Louis XIV en 1663 par Anne-Geneviève de Bourbon-Condé, duchesse de Longueville, après le décès de son époux Henri II d’Orléans.

La duchesse acheta, rue Saint-Thomas du Louvre, l'hôtel de Chevreuse dont les jardins faisaient face à la place des Tuileries (place du Carrousel) : sa nouvelle acquisition prit alors le nom d'hôtel de Longueville, appellation que l’hôtel conserva jusqu’à sa destruction au milieu du XIXe siècle. Cet hôtel avait été occupé par le marquis Charles I de La Vieuville, futur surintendant des finances, avant de devenir la propriété du duc de Chevreuse. Marie de Rohan, épouse de Claude de Lorraine, duc de Chevreuse, avait alors fait procéder au réaménagement de l’hôtel, entre 1621 et 1624, sur des plans de Clément II Métezeau, architecte des bâtiments du roi.

En 1749, la maison de Luynes et de Chevreuse, héritière des biens de la famille de Longueville, vendit l’hôtel aux fermiers généraux. Ces derniers y établirent les services de la ferme du tabac, « pour le soin et approvisionnement des manufactures et bureaux du tabac ». Les activités de la ferme du tabac avaient été instituées en monopole par Colbert en 1674.

A la veille de la Révolution, quatre « bureaux » de ce service dépendant de l’hôtel des fermes (hôtel Séguier) y étaient installés, en des salles louées par cette administration : l’ensemble, sous l’autorité d’un « directeur », représentait un effectif de 80 personnes, dont une cinquantaine de « garçons de bureaux » et commis, d’après l’ « Etat des employés attachés à la ferme générale » établi par le fermier général Lavoisier. La « ferme du tabac » est mentionnée sur les plans de Paris de Louis François Deharme (1763) et de Robert de Vaugondy (1771). L'hôtel de Longueville accueillait encore en 1789 la direction des gabelles et du tabac pour la ville de Paris, la direction des manufactures et bureaux généraux du tabac, ainsi que la surveillance de la comptabilité correspondant à cet ensemble d’activités.

Après la révolution de 1848, il fut décidé d’unir par une « galerie du bord de l’eau » le vieux Louvre, forteresse médiévale réaménagée au XVIe siècle autour d’une cour carrée, et le château des Tuileries. C’étaient d’anciennes résidences royales, le premier palais jusqu’en 1678, le second dès le XVIe siècle puis notamment entre les mois d’octobre 1789 et d’août 1792. L’espace entre les deux bâtiments correspondait à un véritable quartier constitué d’immeubles de nature fort peu homogène, autour de la première implantation de l'hôpital des Quinze-Vingt, et parsemé de résidences princières : l’hôtel de Longueville où furent installées les écuries impériales en 1802, l’hôtel de Rambouillet, salon littéraire renommé au XVIIe siècle, ou l’hôtel d’Elbeuf, résidence de Cambacérès de 1802 à 1808.

Le nouveau palais du Louvre fut édifié entre 1852 et 1857 par les architectes Visconti et Lefuel. Cette opération de mécénat d’Etat et d’urbanisme était primitivement destinée, selon les termes du décret du 24 mars 1848, à « concentrer dans un seul et vaste palais tous les produits de la pensée », alliant à la fois l’exposition des œuvres d’art et des produits de l’industrie, et l’intégration des ouvrages de la Bibliothèque nationale. La destruction de toutes les propriétés publiques et particulières situées dans le périmètre compris entre le Louvre et les Tuileries fut entreprise dans le cadre d’une convention entre l’Etat et la ville de Paris, annexée à la loi du 4 octobre 1849. Ainsi disparut l’hôtel de Longueville.

 

Sources bibliographiques

Almanach royal années 1720 à 1789 & Almanach impérial années 1805 à 1813 : version BNF numérisée.
• Archives nationales, Administrations financières et spéciales de l’Ancien régime. Inventaire des sous-séries G1 à G6 (1894 / 1999). [voir notamment G1/58 et 63 : Quittances et pièces jointes de divers paiements. Indice U : Hôtel de Longueville, 1785]
• Guy, François, Au Louvre, le sol raconte l’histoire, 5. CDDP de Créteil en coédition avec les CDDP de Paris et de Versailles, 1986. 20 diapositives couleurs + livret. [(…) Vue de l’hôtel de Chevreuse. Dégagement des murs de l’hôtel de Longueville (…)]
• Lavoisier, Antoine Laurent, Calculs des produits des différents baux de la Ferme générale (…). Manuscrit, 1774. [Lavoisier (1743-1794) était fermier général depuis 1779 et gendre du fermier général Jacques Paulze, directeur de la Compagnie des Indes]

 

 

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