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Ministère de l’économie, de l'industrie et de l’emploi,
Ministère du budget, des comptes publics et de la fonction publique

139 rue de Bercy

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Le projet architectural



Plan de situation Echelle

Ministère de l’économie, de l'industrie et de l’emploi.
Ministère du budget, des comptes publics et de la fonction publique

139 rue de Bercy

Bercy dans la programmation des grands travaux 

Les services du ministère des finances avaient investi, dès la fin du mois de mai 1871 et pour plus d’un siècle, la partie du palais du Louvre érigée sous le Second Empire,« l'aile Richelieu », comprise entre la rue de Rivoli et la cour Napoléon. Pendant l’entre-deux-guerres, la coexistence en ce palais de deux entités administratives en forte expansion souleva une nouvelle fois (hôtel Tubeuf) la question de la mitoyenneté des administrations financières avec une autre institution. Par l’intermédiaire de son président, Emile Labeyrie, la commission du domaine national (Le renouveau du service des Domaines) souligna combien « les administrations financières [étaient] trop à l’étroit rue de Rivoli ». Conscient que l’exigence du transfert se heurterait à la difficulté de récupérer un « emplacement assez vaste pour permettre la construction d’un groupe immobilier d’une importance exceptionnelle », le président Labeyrie concluait toutefois : « Le déplacement du Ministère des finances et la remise des locaux qu’il occupe à l’Administration des Beaux-Arts sont vivement désirables à tous les points de vue. » (Procès-verbal de la séance du 16 juillet 1937). La guerre bloqua le projet pour une longue période.

Le 24 septembre 1981, le président de la République décida de restituer au musée l’ensemble du palais, avant l’Exposition universelle de 1989, concrétisant son engagement pour la mise en œuvre de chantiers à caractère culturel. Le chef de l’Etat fixait comme objectifs majeurs que

Le 5 mars 1982, le quartier de Bercy fut retenu pour l’implantation des édifices, provoquant une longue polémique (« …subsiste l’absurdité de l’éloignement du ministère des finances à Bercy », Le Monde, 4 octobre 1988 ; « Bercy, mal aimé des grands travaux », Le Monde, 8 mai 1990). Les lieux où devait être érigé le bâtiment principal, compris entre la gare de Lyon, les entrepôts viticoles de Bercy et le quai de La Rapée, avaient été en partie occupés pendant près d’un demi-siècle par une annexe du ministère des anciens combattants. Les directions des pensions et des statuts de combattants et victimes de guerre furent en effet domiciliées jusqu’en 1983 au n° 139 de la rue de Bercy. Peu avant la dernière guerre mondiale, une demande d’extension de cette annexe avait même été formulée par le ministre des anciens combattants, qui avait suggéré l’acquisition de l’immeuble situé au n° 133 de la rue de Bercy, contigu à son annexe (lettre au ministre des finances, 25 juin 1938).

Un ministère bâtisseur 

L’arrêté de déclaration d’utilité publique confirmait « l’urgence et la nécessité » de la réalisation du nouveau ministère de l’économie, des finances et du budget sur le site désigné (Journal officiel du 30 décembre 1983). Le maître d’ouvrage, chargé de la conduite de l’opération d’investissement, fut la direction du personnel et des services généraux (DPSG) du ministère, et plus particulièrement la sous-direction de la construction et des affaires immobilières. Quarante-six opérations immobilières étaient en cours, à Paris et en province, au moment de la mise en chantier de Bercy. Dans cette organisation, le bureau C3, assura la surveillance de la construction du nouveau ministère et des opérations liées (notamment vis-à-vis du ministère des anciens combattants transféré), ainsi que  le suivi administratif, financier et comptable de l’opération, en tant que « délégué du conducteur d’opération ». A ce titre, ce bureau participa à l’élaboration du programme, à l’analyse des projets architecturaux, au choix des entreprises et aux réunions de chantier jusqu’à la réception des bâtiments.

En amont, une commission technique avait analysé les 137 projets du concours national d’architecture organisé dès juin 1982, et un jury de neuf membres (trois représentants du maître d’ouvrage, trois personnalités et trois architectes) sélectionné quatre esquisses. Celles-ci furent présentées au personnel et au public, lors d’une exposition qui se tînt à l’hôtel des Monnaies du 26 novembre au 29 décembre 1982. Le 17 décembre de la même année, le président de la République choisit le projet de l’atelier d’urbanisme et d’architecture Paul Chemetov - Borja Huidobro, et du cabinet d’architectes-conseil Emile Duhart-Harosteguy pour les bâtiments A, B et C (plus tard dénommés Colbert, Vauban et Necker). En juillet 1983, un projet complémentaire le long des voies ferrées fut adopté : cet ensemble formait les bâtiments D et E (plus tard dénommés Sully et Turgot) des architectes Louis Arretche et Roman Karasinsky, avec Virgil Ciocardel comme architecte associé.

Le chantier débuta au cours de l’été 1984. Les 6 000 fonctionnaires s’installèrent, entre le début de l’année 1987 (bâtiments Sully et Turgot) et la fin de l’année 1989 (bâtiment Necker, Vauban et Colbert), dans l’une des plus vastes « cité » de bureaux d’Europe : les cinq bâtiments représentent une superficie de 230 000 m² hors œuvre.

 

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