Accueil du portailFETE-GASTRONOMIE › Trophée de la Cuillère d'Or, concours au féminin !

Trophée de la Cuillère d'Or, concours au féminin !

Le Trophée de la Cuillère d'Or valorise les talents féminins de la cuisine, cuisinières professionnelles ou amatrices. Marie Sauce créatrice du concours, Sabine Pendariès-Issaurat et Patricia Georgin, les deux gagnantes de l'édition 2016, nous parlent de leur expérience et de leur passion... Rencontre

 

 

Zoom sur... Le Trophée de la Cuillère d'Or, sa créatrice et ses gagnantes 2016

Le Trophée de la Cuillère d’Or est un concours de cuisine réservé aux femmes, initié en 2008 par Marie Sauce, présidente bénévole de l’association La Cuillère d’Or. Le concours se divise en deux catégories : cuisinières professionnelles et amatrices.  L’association est née quelques années plus tard, en septembre 2015 avec pour objectifs de promouvoir et d’accompagner les femmes professionnelles des métiers de bouche.

En 2016, Sabine Pendariès Issaurat a remporté le concours dans la catégorie professionnelle. Originaire de Provence, elle est demi-chef de partie au restaurant  Christophe Bacquié ** à l'Hôtel du Castellet.

Patricia Georgin, documentaliste à l’Université de Bordeaux et bloggeuse passionnée par la cuisine (Les plats de Pat) et ses concours, a remporté le Trophée dans la catégorie amatrices.

L’aventure du Trophée de la Cuillère d’Or…

Marie Sauce (MS) :  J’ai participé  et organisé plusieurs concours et événements autour de la cuisine avec toujours le même constat : beaucoup d’hommes et très peu de femmes. Cela m’a incitée à créer un concours réservé aux femmes. L’association La Cuillère d’or est née par la suite en septembre 2015, dans le but de promouvoir et d’accompagner les femmes dans tous les corps de métiers de bouche. L’association se développe : des rencontres et des échanges seront organisés pour la première fois en 2017 afin de favoriser la communication entre les différentes parties.

Patricia Georgin (PG)  : J’ai participé au concours en tant qu’amatrice. Le thème était « cuisine de tradition au 21ème siècle ».  J’ai choisi de travailler le poisson pour mon plat et précisément la morue, associée au cabillaud pour lui donner un côté un peu plus moderne.  Mon dessert était assez simple : une recette traditionnelle très fruitée avec une ganache au chocolat blanc et des épices.

Sabine Pendariès Issaurat (SPI) : J'ai découvert le Trophée de la Cuillère d'Or sur Facebook. Ma candidature était évidente car j’aime beaucoup les concours !  Je voulais retracer dans l’assiette l'histoire des produits autour de ma région : la Provence. Pour répondre au thème, j’ai choisi de présenter la carotte sous différentes formes pour accompagner le loup (bar), poisson de ma région, au cédrat, citron de la Côte d’Azur. J’ai retravaillé la carotte des années 60 à nos jours et le poisson en tartare et marinade. Pour le dessert, j’ai décidé de donner à mon soufflé des parfums méditerranéens de mandarine et d’anis.

    

Côté parcours…

MS : Je suis autodidacte et je travaille dans les médias depuis mes 17 ans. Il y a quelques années, j’ai collaboré à la création de Cuisine TV. J’ai depuis toujours, la passion du terroir et des grandes tablées familiales

SPI :  Après un Bac général économique et social, je suis rentrée à l’école Ferrandi pour préparer un Bachelor Restaurateur. J' ai eu la chance ensuite de pouvoir participer à la finale du Bocuse D'Or 2015 en tant que commis du représentant de la France, Nicolas Davouze. Cette expérience unique m'a permis de rencontrer les plus grands chefs, et de beaucoup évoluer dans ma façon de travailler.

PG : Je tiens cette passion de mon père, grand gourmand et gourmet, et de mon frère ainé. Comme il travaillait en tant qu’apprenti, il faisait souvent ses cours au dernier moment,  j’y participais donc régulièrement. À l’époque, il n’y avait pas de femmes dans les grandes cuisines alors je me suis orientée vers autre chose.

Pouvons-nous parler de  « Cuisine au féminin » ?

SPI : Il est fréquent que l'on reconnaisse une assiette dressée par une femme, grâce à la fameuse « touche féminine », mais le vrai secret c'est la passion et l’investissement. Personnellement, mes chefs m'ont toujours donné ma chance, et m'ont toujours soutenue. On s’aperçoit aujourd’hui que de plus en plus de femmes intègrent les écoles de cuisine et la proportion de femmes chefs devrait donc évoluer aussi. Je tiens d’ailleurs à remercier Marie Sauce qui permet de mettre en lumière, à travers ce concours de la Cuillère d’Or,  la place des femmes en cuisine.

MS : Parler de « cuisine au féminin » serait très fort. Je dirais que les femmes ont une manière de cuisiner assez différente de celle des hommes, certainement avec plus de sensibilité. Aujourd’hui elles sont de plus en plus présentes dans les cuisines, avec la même base de formation que les hommes. Les femmes ont un rôle essentiel dans le collectif des brigades, elles apaisent les hommes. Dans les concours, les cuisinières amatrices apportent un regard très différent. Elles me surprennent beaucoup !

PG : Selon moi, une cuisine de femmes est plus dans la modernité, dans l’assaisonnement et la légèreté des plats… Les mentalités ont changé et c’est bien. Les femmes peuvent accéder à des métiers dits « d’hommes », que ce soit en cuisine ou ailleurs, même si cela reste parfois encore très difficile. Il n’y a par exemple que très peu de femmes chefs étoilés… Il peut être aussi difficile pour une femme de concilier métier de maman et métier de cuisinière à cause de l’investissement que cela suppose. On trouve quand même des femmes en cuisine, ce qui est positif !

Crédit : La Cuillère d'Or / Thierry Vallier / Aline Girard