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La guerre des appellations : chocolatine ou pain au chocolat ?

Quoi de plus emblématique de la viennoiserie française que le pain au chocolat ? De Dunkerque à Montpellier, tous s’en délectent pour leurs petits déjeuners.  Constitué d'une pâte levée feuilletée enveloppant deux barres chocolatées, la recette est universelle. Et pourtant, il n’est rien de plus clivant que le nom accordé à ce met. Si le traditionnel « pain au chocolat » est accepté de la majeure partie  du pays, le sud-ouest revendique l’appellation de « Chocolatine », l’Alsace-Lorraine celle de « petit pain », certains marginaux disséminés se risquant même au titre de « couque au chocolat ». Mais alors, qui a raison et qui a tort ?

Si l’on se fie à l’ancienneté des termes :

Plusieurs théories affirment l’antériorité historique de la chocolatine sur le pain au chocolat.

La première remonte aux années 1830, lorsque la toute première « Boulangerie viennoise » voit le jour. Dirigée par un autrichien, cette boulangerie est le point de départ d’une longue passion française pour la viennoiserie. Parmi les produits vendus figure entre autres le croissant au chocolat, « Shokoladencroissant ». Du fait du fort accent autrichien, beaucoup font l’hypothèse d’une dérive du mot  vers « Schokoladen » puis « Chocolatine ».

Toutefois, ce n’est qu’en 2007 que le petit Robert officialise cette appellation, suivi en 2011 du petit Larousse, là où le pain au chocolat y figure depuis bien des années. Alors qui du patois local ou de l’institution littéraire doit servir de référence pour dater l’ancienneté de la viennoiserie ?

Si l’on se fie à l’emprise territoriale :

C’est nettement le pain au chocolat qui domine en France (60% de la population revendique cette appellation), suivi de la Chocolatine qui domine à Toulouse et à Bordeaux, puis du petit pain employé en Alsace, en Franche-Comté et au nord de la Suisse romande.

Toutefois, si l’on tourne notre regard vers l’international, nous verrons que le Québec a très largement adopté l’expression de « Chocolatine » (utilisée par environ 90% de la population) et que la Belgique a opté pour celle de « Couque au chocolat ». Alors faut-il privilégier l’expression nationale ou adopter un jargon plus européen ?

Si l’on se fie à l’acharnement des lobbyistes

Les partisans de la chocolatine remportent la bataille de très loin.
En effet, six lycéens vivant à Montauban ont écrit une lettre à l’ancien président François Hollande pour lui demander d’inscrire le mot «chocolatine» dans tous les dictionnaires, en espérant que ce dernier transmette leur requête à l’académie française. Par ailleurs, il existe aussi un « Comité de la défense des chocolatines », lequel compte plus de 10 000 likes. Mais restons calme, la page officielle du pain au chocolat en compte quant à elle 800 000.

 

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Par Julie Deshayes

Sources :

http://couteaux-et-tirebouchons.com/chocolatine-ou-pain-au-chocolat-la-vraie-reponse/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pain_au_chocolat

https://theconversation.com/pain-au-chocolat-vs-chocolatine-fight-85923

http://www.madmoizelle.com/pain-au-chocolat-chocolatine-reponse-848477