Accueil du portailFETE-GASTRONOMIE › Alain Fontaine : le témoignage d'un passionné

Alain Fontaine : le témoignage d'un passionné

Alain Fontaine est propriétaire du restaurant Le Mesturet situé dans le 2e arrondissement de Paris. Il est également Maître Restaurateur et Président de la commission des Maîtres Restaurateurs au Synhorcat (Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs).

 

Depuis combien de temps participez-vous à la Fête de la Gastronomie ?

Depuis toujours, depuis la première édition en 2011.

Que représente la Fête de la Gastronomie pour vous ?

La Fête de la Gastronomie, c’est ce que la restauration attendait dans le panel des cultures françaises. En France, il y a la Fête de la Musique, la nuit des musées, les Journées Européennes du Patrimoine. Or, le repas gastronomique des français est depuis quelques années inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO.

Ces trois jours de Fête sont une nécessité, car la gastronomie française, l’art de la table, la façon de faire le produit, les artisans qui font ce produit, font, eux-mêmes, partis de cette culture, font partis de l’histoire de France. La gastronomie est toujours au centre de tout, c’était donc une erreur que cette Fête n’existe pas et je pense que c’est une Fête qui doit durer.

De plus la Fête de la Gastronomie, est vraiment une spécificité française, elle fait partie de notre tourisme et de notre façon d’être, cela appartient à notre patrimoine.

Que vous apporte la Fête de la Gastronomie à chaque nouvelle édition ?

La Fête de la Gastronomie est un élément fort, je ne vois plus mon année, et ce depuis 6 ans sans la Fête. Comme je ne vois pas se passer mon année sans la Fête du Baujolais par exemple, c’est devenu une habitude.

Un restaurant parisien qui veut être dans la tradition du savoir-vivre, du bien-être, du bon vivre, du bien boire ne devrait pas y échapper. La Fête de la Gastronomie c’est ça ! Une période forte pour moi et toute mon équipe.

Pour mon équipe : c’est avant tout la valorisation de nos métiers, montrer, expliquer à nos clients et leur faire découvrir notre métier, ce qu’est notre passion et ce qui nous anime tous les jours.

De plus, la Fête de la Gastronomie n’est pas une opération de philanthrope, une Fête de la Gastronomie bien gérée nous permet de gagner de nouveaux clients et de fidéliser nos clients existants.

Par exemple : hier une table de 21 personnes a réservé pour fêter un anniversaire. Ils m’ont notamment connus lors de la Fête de la Gastronomie et sont devenus fidèles depuis ce jour.

La Fête de la Gastronomie 2016, est beaucoup plus importante que toutes les autres : bien évidemment cela n’échappe à personne qu’il est important de montrer au monde entier que nous sommes dans un pays où nous avons le goût du partage, de la convivialité, de l’amitié et d’amour de l’autre et ce n’est pas que des mots, c’est une réalité !

Comment mettez-vous en avant les cuisines populaires dans votre restaurant et comment vous êtes-vous adapté au thème ?

L’adaptation au thème a été facile car, les cuisines populaires, pour moi, c’est que l’on puisse faire aimer nos plats. Il ne faut pas oublier que la restauration, c’est le deuxième plus vieux métier du monde. C’est pour cela que ce n’est pas la cuisine des peuples, c’est la cuisine de maman, des auberges. C’est ça la cuisine populaire, c’est cet aubergiste qui recevait les gens avec un morceau de viande, un bon produit brut.

La cuisine populaire appartient à tout le monde, elle n’est pas segmentable. C’est la cuisine d’un pays. Et donc, nous, en tant que restaurateur aimons bien faire de la blanquette, du pot au feu, du bourguignon car nos clients aiment ça et en ont besoin. Moi-même je me suis lancé dans cette cuisine des familles, traditionnelle, des aubergistes. D’ailleurs le titre de mon restaurant est Mesturet, auberge de ville. Je suis un aubergiste, je fais de la soupe à l’oignon, des cuisses de grenouilles, des escargots....

Pour la Fête de la Gastronomie, c’est important de mettre les cuisines populaires en avant. Car les plats populaires, lorsqu’ils sont faits maison, n’ont rien à voir avec les plats populaires déjà préparés réalisés par les marques d’agro-alimentaire.

Je crois donc que ce challenge qu’a pris la Ministre Martine Pinville, notre parrain Eric Roux et la Commissaire Générale Sophie Le Bouleise Mise est un challenge tout à fait intéressant car ceux qui vont se lancer dans la thématique de cette année, vont faire des plats faits-maison. Je vous dis ça car les lobbyings ce sont emparés de nos plats populaires.  Avoir choisi les plats populaires n’est pas un hasard pour moi, c’est la meilleure résistance que l’on puisse offrir à l’invasion de nos cuisines ménagères ou de nos cuisines professionnelles par l’agro-alimentaire des plats préparés.

En tant que Président de la commission des Maîtres Restaurateurs au Synhorcat, comment fédérez-vous les établissements à inscrire un projet à la Fête de la Gastronomie ?

C’est très facile, nous leur envoyons un courrier et à chaque fois que nous avons une réunion, on en parle, nous communiquons également sur nos réseaux sociaux ainsi que sur le site Internet du Synhorcat, c’est comme cela que les adhérents sont au courant.

La Fête de la Gastronomie c’est de montrer qu’on est présent, et qu’il faut, en tant que chef d’entreprise, se démarquer du contexte pessimiste ambiant. Et la Fête nous donne l’occasion de nous démarquer de ce contexte. Nos restaurateurs sont amenés à faire des choix, et cette année plus que les autres années, la Fête de la Gastronomie arrive dans un contexte compliqué.

Il est également bon de noter que les Maîtres Restaurateurs offrent l’apéritif durant la Fête (ils sont 120 à participer cette année sur Paris).

Pour vous, quel plat représente le mieux les cuisines populaires ?

Le plat de ma maman tout simplement ! C’est elle qui m’a donné le goût de la cuisine. Le pot au feu pour moi, avec l’os à moelle au milieu, c’est mon plat populaire ! Le plat qui fait du bien pendant tout l’hiver, un véritable remède. Comme le bouillon qu’elle gardait, quand je rentrais chez moi, j’avais ce bouillon pour me soigner des dures journées.

Il faut savoir que tous les plats populaires, sont des madeleines de Proust, qui nous ramène à des souvenirs agréables et la madeleine de Proust c’est bon pour le moral !

Découvrez les événements organisés par le restaurant Le Mesturet pour la Fête de la Gastronomie.