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Les entreprises publiques, une espèce en voie de disparition ?

L'énergie , un secteur longtemps dominé par l'Etat  

Au nom de la reconstruction économique du pays, de nombreuses entreprises ont été nationalisées après 1945 dans des secteurs clés : transports, énergie, banques… Une deuxième vague de nationalisation s’est produite avec l'alternance politique de 1981. A cette même date, un mouvement inverse de privatisations s’engageait à travers l’Europe, au nom des règles de concurrence. Depuis les années quatre-vingts, le nombre d’entreprises publiques en France et leurs effectifs ont diminué de moitié.

Une première vague de nationalisations au nom de la reconstruction

La première vague de nationalisations visait des entreprises privées dans des secteurs clés de l’économie : l’énergie, les transports, avec EDF et la SNCF, mais aussi le secteur des banques, des assurances… Les capitaux publics remplacent les capitaux privés ; l’Etat devient alors l’actionnaire unique ou majoritaire de ces entreprises nationalisées qu’il dirige. D’autres entreprises ont été nationalisées à la Libération pour « collaboration économique », l’exemple le plus connu est celui de Renault devenue alors une « Régie nationale ».

Une deuxième vague de nationalisations après 1981

La deuxième vague a eu lieu avec l'alternance politique de 1981. Le gouvernement de Pierre Mauroy a procédé à de nouvelles nationalisations : cinq groupes industriels, trente-neuf banques et deux compagnies financières qui passent alors du secteur privé au secteur public.

Années 80 : mouvement inverse à travers l’Europe

Par la suite, on a assisté à un mouvement inverse. Les privatisations, initiées en Grande-Bretagne au début des années 80 par Margaret Thatcher, se sont généralisées en Europe. Elles s’inscrivent dans l’ouverture du marché européen et les règles de concurrence qui en découlent : un secteur industriel ou commercial ne saurait être l’objet d’un monopole, même public.

En France, à partir de 1986 sous le gouvernement de Jacques Chirac, s’engagent des privatisations de sociétés récemment nationalisées, comme Paribas ou Saint-Gobain.

Dernièrement, certains Etats, en recapitalisant massivement des banques menacées de faillite par la crise financière internationale, ont pris une part plus ou moins importante dans leur capital.

Nationalisations versus privatisations

Pour les partisans des nationalisations, l’Etat, en devenant entrepreneur, peut mieux réguler l’activité économique, devenant ainsi un acteur essentiel dans des secteurs jugés stratégiques (banques, industrie de l’armement, nucléaire…). Cela lui permet notamment de contrôler certaines restructurations industrielles et de garantir des services de qualité à des prix identiques pour tous les usagers (électricité, gaz, téléphone…).

Mais le rôle des entreprises publiques dans l’économie est souvent contesté. Leur capital étant garanti par l’État-actionnaire, elles n’ont pas toujours le même souci de rentabilité que les entreprises privées. Elles bénéficient parfois d’une position dominante ou même d’une situation de monopole dans leur secteur, ce qui peut fausser la libre-concurrence.

La concurrence favorise en général une baisse des prix. L’ouverture à la concurrence des lignes aériennes a ainsi permis des baisses importantes des tarifs, de même pour le secteur des télécommunications. En revanche, la privatisation du transport ferroviaire s'est accompagnée au Royaume-Uni d'une hausse importante du prix des billets.

D’un point de vue budgétaire, les privatisations d’entreprise engendrent des ressources exceptionnelles pour l’Etat et peuvent contribuer à réduire la dette publique.

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