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Refonte du titre IV du livre IV du Code de commerce

A l’issue des Etats généraux de l’alimentation, la loi du 30 octobre 2018, dite loi « Egalim », a habilité le Gouvernement à procéder, par voie d'ordonnance, à la modification du titre IV du livre IV du Code de commerce.

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La DGCCRF avait sollicité les principaux acteurs, tous secteurs d’activité confondus (alimentaire et non-alimentaire), pour recueillir leurs contributions quant aux modifications du titre IV du livre IV du Code de commerce. Cette consultation était accessible sur le site internet de la DGCCRF.

A la suite de cette consultation, l’ordonnance n° 2019-359 du 24 avril 2019 portant refonte du titre IV du livre IV du Code de commerce relatif à la transparence, aux pratiques restrictives de concurrence et aux autres pratiques prohibées a été publiée au Journal officiel le 25 avril 2019.

L’objectif de cette ordonnance est de réorganiser, préciser, clarifier et simplifier les dispositions du Code de commerce afin d’améliorer sa lisibilité et d'en renforcer l'effectivité.

Chapitre Ier du titre IV du livre IV du Code de commerce : de la transparence dans la relation commerciale

Les trois premiers articles de l’ordonnance ont pour objet de réformer les dispositions du titre IV du livre IV du Code de commerce.

L'ensemble des dispositions fait en effet l'objet d'une renumérotation liée à la réorganisation du titre IV du livre IV du Code de commerce à travers un plan chronologique et thématique de la relation commerciale.

Le chapitre Ier du titre IV du livre IV du Code de commerce relatif à la transparence dans la relation commerciale (article 1er de l'ordonnance) couvre la relation contractuelle en débutant par les conditions générales de vente (section 1), puis la négociation et la formalisation de la relation commerciale, c'est-à-dire la contractualisation obligatoire et le contenu de ces contrats (section 2) (nouveaux articles L. 441-1 à L. 441-16 du Code de commerce).

Parmi les modifications majeures de l’ordonnance, il a été prévu deux régimes de conventions :

  • un régime aux obligations allégées applicable à tous les fournisseurs et distributeurs, ou prestataires de service (y compris les grossistes), tous secteurs confondus ;
  • un régime applicable à tous les fournisseurs et distributeurs ou prestataires de services (à l'exception des grossistes) lorsque cette convention concerne des produits de grande consommation (PGC) qui sont définis comme des produits non durables à forte fréquence et récurrence de consommation. La convention conclue entre fournisseurs et distributeurs de produits de grande consommation devra respecter les dispositions du nouvel article L. 441-3, ainsi que celles additionnelles du nouvel article L. 441-4.

Par ailleurs, l’ordonnance prévoit d’harmoniser les règles de facturation du Code de commerce avec celles du Code général des impôts. Ainsi, la date d’émission de la facture est la date retenue dans les dispositions du Code général des impôts. Enfin, deux mentions supplémentaires sont désormais obligatoires sur la facture, à savoir l’adresse de facturation de l'acheteur et du vendeur si celle-ci est différente de leur adresse, ainsi que le numéro de bon de commande s'il a été préalablement établi par l'acheteur.

En matière de délais de paiement, une sous-section regroupant toutes les dispositions relatives à cette matière a été créée dans un souci de lisibilité et d’accessibilité. La nouvelle sous-section se compose ainsi d'un article regroupant les dispositions générales de fond (nouvel article L. 441-10), de plusieurs articles successifs exposant les dérogations relatives aux denrées périssables, au transport, aux accords dérogatoires, à l'export et à l'outre-mer (nouveaux articles L. 441-11, L. 441-12 et L. 441-13), d'un article concernant les obligations des commissaires aux comptes (nouvel article L. 441-14), d'un article portant sur le rescrit (nouvel article L. 441-15) et d'un dernier article prévoyant les sanctions (nouvel article L. 441-16).

Chapitre II du titre IV du livre IV du Code de commerce : des pratiques commerciales déloyales entre entreprises

Le chapitre II du titre IV du livre IV du Code de commerce relatif aux pratiques commerciales déloyales (article 2 de l'ordonnance) rassemble les pratiques restrictives de concurrence (section 1) et les autres pratiques prohibées (section 2, nouveaux articles L. 442-1 à L. 442-11).

Les objectifs poursuivis dans ce chapitre ont été de :

  • recentrer la liste des pratiques commerciales restrictives autour de trois notions cardinales : constituant l’essentiel du contentieux en la matière, à savoir : le déséquilibre significatif, l’avantage sans contrepartie et la rupture brutale des relations commerciales.
  • simplifier la liste des pratiques commerciales restrictives de concurrence en y supprimant les pratiques qui peuvent être appréhendées par un autre fondement juridique ou qui ne sont pas utilisées par les opérateurs économiques ;
  • prévoir un article spécifique relatif aux clauses ou contrats prohibés en tant que tels en recentrant la liste sur deux clauses interdites, à savoir :

« De bénéficier rétroactivement de remises, de ristournes ou d'accords de coopération commerciale » ;

« De bénéficier automatiquement des conditions plus favorables consenties aux entreprises concurrentes par le cocontractant ».

Chapitre III du titre IV du livre IV du Code de commerce : dispositions spécifiques aux produits agricoles et aux denrées alimentaires

Enfin, l’ordonnance a créé un nouveau chapitre III dans le titre IV du livre IV du Code de commerce dans lequel sont regroupées toutes les dispositions spécifiquement applicables aux produits agricoles et alimentaires afin de clarifier et harmoniser les dispositions relatives à cette catégorie de produits.

L’entrée en vigueur des dispositions de l’ordonnance a un effet immédiat en matière de contrats ou avenants conclus postérieurement à son entrée en vigueur, même si l'avenant se rapporte à une convention conclue antérieurement. Par ailleurs, s'agissant des contrats pluriannuels en cours d'exécution à la date d'entrée en vigueur de l'ordonnance, celle-ci prévoit leur mise en conformité avec les dispositions introduites par l'ordonnance à la date du 1er mars 2020. L’ordonnance prévoit également que les professionnels ont jusqu'au 1er octobre 2019 pour s'adapter aux nouvelles règles applicables en matière de facturation.

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