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Qualité des huiles végétales, autres que l’huile d’olive

Les huiles et matières grasses végétales sont soumises à des réglementations nationales et européennes qui encadrent leur composition et leur présentation.

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Les huiles et matières grasses végétales sont soumises à des réglementations nationales et européennes qui encadrent leur composition et leur présentation. L’enquête menée en 2015 par la DGCCRF poursuivait un double objectif : contrôler la qualité des huiles végétales proposées à la vente, et contrôler celle des huiles de friture afin d’éviter la mise sur le marché de denrées frites susceptibles de présenter des risques pour la santé des consommateurs. S’agissant des huiles végétales, le taux de non conformités s’élève à 12 %. Concernant les huiles de fritures, utilisées notamment dans la restauration, 11 % se sont révélées impropres à la consommation.

41 % des huiles végétales analysées ne respectent pas la réglementation

Une centaine d’échantillons d’huiles végétales ont été prélevés par les enquêteurs de la DGCCRF auprès de 125 établissements, depuis la production jusqu’au commerce de détail, en passant par les grossistes et les importateurs.

A l’analyse, 12 % des produits sont non-conformes. Les anomalies constatées concernent : des anomalies de composition, des défauts d’étiquetage mais également des allégations trompeuses et des mentions erronées.

Deux procès-verbaux de contravention ont été dressés à l’issue de ces contrôles : l’un à l’encontre d’un importateur commercialisant une huile contenant un colorant cancérigène ; l’autre à l’encontre d’un gérant de société qui n’avait jamais opéré un seul autocontrôle sur ses produits, si bien que leur composition différait de celle annoncée.

Un responsable d’une coopérative a fait l’objet d’une mesure de police administrative afin qu’il supprime le terme « vierge » sur ses huiles. Une mesure identique a été prise à l’égard d’un gérant de société qui utilisait la mention « ne subit qu’une pression » sur des produits fabriqués avec ajout d’huiles raffinées, c’est-à-dire ayant subi un processus chimique de transformation.   

Pour les autres cas, six avertissements ont été adressés à des opérateurs, qui ont engagé des mesures de correction.

Le marché des huiles

L’Union européenne est le premier importateur mondial de graines oléagineuses, le premier importateur et consommateur de tourteaux (résidus solides obtenus après extraction de l’huile), le premier consommateur et le deuxième importateur de corps gras, le troisième triturateur (broyeur) de graines oléagineuses, le sixième producteur de ces graines.

En France, 100 000 producteurs agricoles de plantes oléagineuses produisent un peu plus de 6 Mt de graines (4,2 Mt de colza, 1,3 Mt de tournesol, 601 000 tonnes de soja) qui sont triturées dans 25 sites industriels. Le prix des huiles diffère selon leur nature. En France, les huiles raffinées les plus courantes et les moins chères sont extraites du colza, du tournesol ou du soja.

11 % des huiles de friture analysées sont impropres à la consommation

Sur les 75 échantillons d’huiles de friture analysés, 8 se sont révélés dangereux pour la santé.

De fait, dans la restauration commerciale, le niveau de sensibilisation des professionnels à la maîtrise du risque lié à l’utilisation d’huile de friture usagée est très variable. De manière générale, les restaurateurs n’évaluent pas la qualité des huiles et s’en remettent uniquement à l’aspect visuel pour évaluer la qualité des produits et changer le bain. Certains restaurateurs plus avertis procèdent au renouvellement régulier des bains de friture en fixant une durée ou bien utilisent des friteuses distinctes, l’une réservée à la cuisson des frites l’autre à la cuisson des beignets, produits panés ou farinés responsables d’une altération plus rapide de l’huile.

Les investigations menées auprès de 231 établissements (dont 224 restaurants) ont abouti à la rédaction de cinq procès-verbaux de contravention visant des huiles impropres à la consommation. Dix injonctions ont été adressées à des restaurateurs qui ne réalisaient pas d’autocontrôles. Un procès-verbal a été établi en raison du non-respect d’une injonction visant la mise en place d’autocontrôles.

Vingt-six avertissements ont été adressés aux professionnels. Parmi les exemples les plus représentatifs, citons le cas de ce restaurant dont le propriétaire, sensibilisé, lors d’un premier contrôle, aux risques liés à l’utilisation d’huiles usagées et à la nécessité d’effectuer des autocontrôles avec un matériel adapté, a mis en place une procédure fiable de renouvellement de ses huiles de friture. La DGCCRF a pu s’en assurer à l’occasion d’une second contrôle, preuve de l’efficacité de la sanction adressée et des recommandations fournies.

Les résultats de cette enquête montrent que les contrôles dans le secteur des huiles alimentaires doivent être reconduits en assurant notamment le suivi du comportement des opérateurs ne respectant pas la réglementation. A cet égard, à la suite d’une série de contrôles opérés de 2009 à 2011, on peut souligner la récente condamnation à dix-huit mois d’emprisonnement (dont neuf mois ferme) d’un opérateur récidiviste et 10 000 euros d’amende au motif qu’il ajoutait de l’huile de tournesol à de l’huile de pépin de raisin. Enfin, s’agissant des huiles de friture, le taux d’infraction de 11 %, en baisse depuis plusieurs années (taux moyen observé de 2010 à 2014 : environ 30 %) montre une amélioration sensible dans ce secteur.

Cible Résultats

356 établissements

8 procès-verbaux
12 mesures de police administrative
32 avertissements

 

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