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Les produits cidricoles

La DGCCRF conduit chaque année une enquête destinée à vérifier la qualité et la sécurité des produits cidricoles1  et à assurer aux consommateurs une information loyale sur les produits. La majorité des manquements relevés concernent des défauts d’étiquetage.

 

© Fotolia

 

En 2015 les contrôles réalisés par la DGCCRF et ciblés sur les opérateurs et les produits susceptibles de présenter des non-conformités2  ont porté sur la conformité de l’étiquetage de ces produits, le respect des critères analytiques fixés par décret, mais également la protection des IGP3 , la gazéification des produits sous signe de qualité, les conditions d’élaboration et de commercialisation des cidres aromatisés, ou encore les conditions de fabrication des vinaigres de cidre artisanaux et industriels.

 

L’activité cidricole se concentre dans le nord-ouest de la France. Deux coopératives se partagent majoritairement le marché : la coopérative « Agrial » (65 %) et la coopérative « Les Celliers Associés » (25 %).
A côté de cette production de taille industrielle coexistent une multitude de petits producteurs (une quarantaine d’artisans cidriers et 500 producteurs-transformateurs).

 De nombreuses anomalies sur l’étiquetage

  • 19 avertissements et 10 injonctions

106 cidres et poirés ont été prélevés afin de déterminer leurs caractéristiques analytiques et de les comparer avec celles indiquées sur les étiquetages. Les anomalies relevées concernent principalement les mentions facultatives « doux », « brut » et « demi sec » (qui traduisent un certain niveau de sucre dans la boisson) et les teneurs en alcool (autrement appelées titres alcoométrique) indiquées. Ces mentions renseignent sur la qualité gustative qu’on peut attendre de la boisson et orientent ainsi le choix du consommateur lors de l’acte d’achat. Etant donné que les teneurs en sucre et en alcool d’un cidre peuvent varier dans le temps, les professionnels doivent mettre en place des autocontrôles au cours de son élaboration pour s’assurer que leurs estimations sur ses caractéristiques sont correctes.

  • Autres non conformités d’étiquetage

Signes de qualité. Malgré les actions régulières d’information menées auprès des producteurs, le suivi des cidres IGP fait apparaître des références directes ou indirectes4  aux dénominations protégées « cidre de Bretagne » ou « cidre de Normandie » sur des boissons n’étant pas produites selon les cahiers des charges de ces signes de qualité. Deux avertissements et cinq mesures administratives ont été adressés à des producteurs.

Ajout de dioxyde de carbone. Un cidre bénéficiant d’une appellation d’origine était présenté comme « d’effervescence naturelle », c’est-à-dire comme n’ayant pas fait l’objet d’un ajout de CO2, alors qu’il en contenait.et que le cahier des charges de l’appellation n’autorise que la fermentation alcoolique. Une mesure de police administrative a été dressée à l’encontre du producteur.

Vinaigres : 33% des vinaigres contrôlés dans le cadre de cette enquête indiquent un titre acétique5  plus élevé qu’il ne l’est en réalité. Il en résulte que ces produits ne devraient pas être dénommés « vinaigres ». Il a été demandé aux producteurs contrôlés de renforcer leurs autocontrôles sur ce point.

Adjonction d’eau. Un manque de maîtrise du processus de lavage conduit souvent à un mauvais égouttage des pommes avant leur râpage. Cette pratique peut entraîner un mouillage du produit sans intention frauduleuse de la part des producteurs. Deux analyses de cidres qualifiés de « pur jus » ont ainsi conduit à constater un ajout d’eau estimé à 15%. A la suite des contrôles, la mention « pur jus » a été supprimée pour la production encore détenue et le processus de production a été revu.

Recherche de substances indésirables. Les recherches de plusieurs substances (patuline6  et pesticides) entreprises par le laboratoire n’ont révélé aucune non-conformité des cidres analysés. En revanche, la présence de phloridzine a été détectée dans 2 poirés : cette substance est un marqueur de la pomme… qui ne peut entrer dans la composition du poiré.

La présence de mentions valorisantes sur les sites internet

Des allégations sur la présentation des produits et les méthodes de fabrication sont souvent présentes sur les sites internet des producteurs :

  • du jus de pomme fabriqué par le producteur, alors que celui-ci est acheté à un autre opérateur ;
  • du « cidre bouché » qui ne répond pas aux critères réglementaires ;
  • du vinaigre de fabrication « bio » sans certification du producteur ;
  • des mentions de santé pour décrire les bienfaits supposés d’un vinaigre ;
  • des mentions légales absentes sur le site internet7.

Au total, 23 sites internet ont été vérifiés. Même si le taux d’anomalies est en baisse par rapport à la dernière enquête, 7 avertissements et 2 injonctions ont été dressés.

Des progrès constatés dans les procédures d’hygiène

Les situations sont très variables selon l’importance de l’activité et l’implication des producteurs. Des procédures HACCP8  ont été mises en place et du matériel performant acheté dans les établissements industriels et chez certains artisans. A cela s’est ajouté auprès de certains producteurs un suivi technique accompagné d’une formation à l’hygiène dispensés par les organisations professionnelles afin d’offrir aux opérateurs une meilleure maîtrise de la transformation de leurs produits.

Même si peu d’anomalies ont été relevées, des problèmes ponctuels en matière d’hygiène sont constatés, (environnement souillé, matériel vieillissant, cuves de récupération non décontaminées…). Une mesure de police administrative a été adressée à un producteur utilisant des cuves de récupération en polyéthylène. Celui-ci a procédé à un lavage abondant des cuves et à des vérifications documentées (contrôle visuel et olfactif, contrôle de pH, contrôle de la concentration en chlore).

Les travaux en cours pour l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques et d’hygiène devraient encore faire progresser les pratiques d’hygiène dans la fabrication du cidre et du poiré.

Devant le taux élevé (30%) d’établissements faisant l’objet de suite9 , le contrôle de ce secteur demeure une nécessité afin de sensibiliser les producteurs à leurs obligations réglementaires : même si la majorité des anomalies ne remettent pas en cause la qualité intrinsèque des produits proposés aux consommateurs, il importe de veiller à la loyauté l’information sur la qualité des produits, aussi bien pour les consommateurs que pour l’équité de la concurrence entre producteurs.

Cible Résultats

169 établissements visités

676 actions de contrôle
133 échantillons analysés
45 prélèvements « non conformes »
34 avertissements
21 mesures de police administrative


1Cidres et poirés, jus de pommes, vinaigres de cidre.
2Les pourcentages de non-conformités rapportés ici ne sont donc pas représentatifs de la conformité du marché des produits cidricoles (ciblage des contrôles et prélèvement sur les entreprises et produits à risque)
3Indication géographique protégée.
4Carte géographique, blason, drapeau, coiffe de bigouden…
5Acidité.
6La patuline est une moisissure qui démontre un manque de maîtrise de l’hygiène, notamment au niveau du stockage des pommes. Elle provoque des désordres gastro-intestinaux.
7Article 19 de la loi du 21/06/2004.
8Système d’analyse des dangers.
9Avertissements, injonctions, mesures de police administrative.

Liens utiles

Fiche pratique de la consommation :

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