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Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

Plan de surveillance des salmonelles dans les matières premières et les aliments pour volailles - 08/03/2017

La DGCCRF mène chaque année des contrôles pour vérifier la présence de salmonelles dans les aliments pour volailles et les matières premières entrant dans la fabrication des aliments pour animaux[1]. Les plans de surveillance annuels sont ainsi établis en fonction des risques sanitaires pour les consommateurs. En 2015, 158 établissements ont été visités et 251 échantillons ont été analysés en laboratoire. Le taux de non-conformité constaté est de 5,6%, en hausse par rapport à l’année précédente.

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Les salmonelles sont des agents zoonotiques à l’origine de nombreuses toxi-infections alimentaires : l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) évalue à 100 000 le nombre de salmonelloses humaines par an dans l’Union européenne. Les aliments pour animaux constituent un vecteur important de contamination des animaux par Salmonella et donc, des denrées d’origine animale qui en sont issues.

Le règlement (CE) n°882/2004 organise le dispositif de contrôle par les États membres. Les données recueillies font l’objet d’une transmission à la Commission européenne et à l’AESA. Les contrôles de la DGCCRF ont été réalisés auprès de fabricants d’aliments pour animaux, d’établissements exerçant une activité de négoce ou de stockage et des fournisseurs de matières premières.

Des cas de non-conformité relevés dans les matières premières

Les analyses de la DGCCRF ont porté sur :

  • 118 échantillons de matières premières de nature (soja, colza, tournesol, blé, maïs, etc.) et d’origine (France, Amérique Latine, Union européenne, Europe de l’Est, Asie, autres) différentes ;
  • 126 échantillons d’aliments composés ;
  • 7 prélèvements d’environnement : les prélèvements d’environnement sont réalisés aux endroits les plus susceptibles de présenter une contamination en salmonelles (dans des lieux où il y a une accumulation de poussières ou encore chauds et humides).

16 prélèvements effectués ont été considérés comme non-conformes en raison, pour 14 d’entre eux, de la présence de salmonelles (9 tourteaux de soja, 2 tourteaux de colza, 2 aliments complets de finition pour poulet et un aliment complet pour poules et canard). Les contrôles confirment donc une prévalence de non-conformités dans les matières premières, qui ne forment que la moitié des prélèvements effectués mais représentent 78 % des contaminations par salmonelles détectées. Les matières premières oléagineuses apparaissent une fois encore comme les plus à risque, et en premier lieu le soja. Celui-ci représente à lui seul la majorité des matières premières contaminées.

Les deux autres prélèvements non-conformes présentaient un taux d’entérobactéries trop élevé par rapport aux prescriptions de l’agrément « salmonelle ».

Qu'est-ce que l'agrément salmonelle ?

L’agrément vise les établissements de fabrication d’aliments composés destinés aux troupeaux de volailles de reproduction des espèces Gallus gallus (poule) et Meleagris gallopavo (dinde) délivré par la Direction Générale de l’alimentation (DGAL). Il établit des critères microbiologiques spécifiques pour les plans de maîtrise sanitaire, de contrôle qualité et HACCP2 des établissements afin de garantir la maîtrise du risque « salmonelles » chez les volailles de reproduction, point crucial de la filière.

Pour en savoir plus : Arrêté du 23 avril 2007, modifié par l’arrêté du 10 mars 2010.

Des professionnels bien informés

Les professionnels du secteur sont bien formés au risque salmonelle et le prennent en compte dans leurs procédures HACCP[2] et leurs plans d’autocontrôles. Par ailleurs, de nombreux fabricants d’aliments adhèrent au réseau Oqualim[3] : ils suivent alors son guide de bonnes pratiques d’hygiène (GBPH) et participent à son plan de prélèvement, qui contribue à fiabiliser les pratiques des professionnels et leurs autocontrôles.

Les contrôles ont cependant révélé chez plusieurs professionnels des problèmes d’incohérence du plan HACCP ainsi que des anomalies d’hygiène générale. À plusieurs reprises, les enquêteurs ont par exemple noté que l’étanchéité du bâtiment de production aux contaminations extérieures (poussières, nuisibles) était insuffisante.

Les professionnels du secteur se sont montrés réactifs aux remarques et ont corrigé rapidement les failles présentes dans leurs mesures d’hygiène et de sécurité.

L’enquête de la DGCCRF démontre un taux d’anomalie supérieur à celui de l’année 2014 (5,6 % en 2015 contre 2,5 % en 2014). Pour le renouvellement de ce plan de surveillance, il convient également de continuer à orienter les contrôles à venir vers les matières premières oléagineuses transformées et leurs sous-produits, notamment le soja qui reste le plus à risque.

Cible Résultats

158 établissements visités
251 prélèvements analysés

16 avertissements
5 mesures de police administrative
5,6% de non-conformité des échantillons analysés

 

[1] Règlement (CE) n°882/2004 relatif aux contrôles officiels effectués pour s’assurer de la conformité avec la législation sur les aliments pour animaux et les denrées alimentaires et avec les dispositions relatives à la santé animale et au bien-être des animaux.

Règlement (CE) n°2160/2003 relatif au contrôle des salmonelles et autres agents zoonotiques.

[2] Hazard Analysis Critical Control Point, méthode et principes de gestion de la sécurité sanitaire des aliments.

[3] Association réunissant les entreprises du secteur de la nutrition animale en France et travaillant à l’amélioration continue de la sécurité des aliments destinés aux animaux d’élevage.

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