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Interview - 2 questions à Célia AZOYAN

Célia AZOYAN, chargée du secteur microbiologie au bureau de la qualité et de la valorisation des denrées alimentaires de la DGCCRF

L’enquête a-t-elle mis en évidence des anomalies sur les méthodes de conservation des denrées animales ou d’origine animale ?

L’infraction la plus fréquemment constatée concerne le défaut de maîtrise par les professionnels des températures de conservation des produits, frais ou surgelés, stockés dans des meubles de présentation.

Beaucoup d’opérateurs ne procèdent pas régulièrement aux relevés de températures de ces meubles. D’autres se fient simplement à l’affichage digital qui n’est pourtant pas toujours représentatif de la température à cœur des aliments. À titre d’exemple, certaines denrées comme les glaces sont souvent conservées à une température proche de 4°C, contrairement à celle recommandée de -18°C.

Au total, lors de la dernière enquête de la DGCCRF, près de 120 kg de marchandises ont été retirés du marché car susceptibles de présenter un danger pour les consommateurs.

Réalisez-vous des contrôles similaires sur les produits végétaux ?

En effet, chaque année la DGCCRF mène un plan de contrôle sur la qualité microbiologique des végétaux consommés en l’état (épices séchées, champignons secs, légumes en conserve, fruits rouges surgelés et autres végétaux crus ou transformés par les opérateurs). Selon une étude de l’ANSES (avis n° 2008-SA-0172) l’alimentation en France est constituée pour une bonne part de produits consommés crus incluant les denrées végétales.

L’épidémie de VHA (virus de l’hépatite A) survenue en 2013 dans plusieurs pays de l’Union européenne, liée à la consommation de mélanges de baies rouges et à la présence régulière de norovirus dans les végétaux a conduit les autorités à effectuer des contrôles renforcés au stade de l’importation.

Les derniers résultats de l’enquête de la DGCCRF réalisée dans 745 établissements ont donné lieu à 46 avertissements, 10 injonctions liées à la conformité et à la sécurité des produits, 2 injonctions liées à l’information des consommateurs et 3 procès-verbaux.

Sur les 1 564 échantillons analysés par les laboratoires de la DGCCRF, 27 ont été déclarés impropres à la consommation et 70 n’étaient pas conformes aux règles d’hygiène[1].

Même si le taux d’établissements en infraction est en diminution à l’issue de ces deux enquêtes, les plans de contrôle seront reconduits, en raison des conséquences potentiellement graves en termes de santé publique du non-respect des règles d’hygiène des aliments.

 

[1] Contamination par des microorganismes non pathogènes.

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