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Les gants de jardinage en cuir : une situation contrastée

Considérés comme EPI (équipement de protection individuelle), les gants de jardinage en cuir sont le plus souvent conformes. Un certain nombre de ces produits pèchent pourtant par leur teneur en chrome VI.

La DGCCRF a mené une enquête nationale sur la conformité des gants de jardinage, constitués en tout ou partie de cuir, plus particulièrement pour s’assurer de leur innocuité, après plusieurs retraits de produits du marché pour présence excessive de chrome hexavalent (chrome VI).

Des équipements de protection individuelle soumis à une réglementation européenne

Les gants de jardinage constitués en tout ou partie de cuir constituent des équipements de protection individuelle (EPI) régis par la directive 89/686/CEE. Parmi les exigences essentielles de santé et de sécurité fixées dans cette directive, figure l’innocuité des EPI. Les gants de jardinage, selon cette réglementation, « doivent être conçus et fabriqués de façon à ne pas engendrer des risques et autres facteurs de nuisance, dans les conditions prévisibles d’emploi ». La même directive impose que ce type d’EPI possède « une résistance à l’abrasion, à la perforation et à la coupure par tranchage appropriée aux conditions prévisibles d’emploi ».
Or, la norme NF EN 420+A1 relative aux exigences générales et méthodes d’essai pour les gants de protection, fixe la teneur maximale en chrome VI des gants en cuir à 3 mg/kg.

Ces gants, comme tous les EPI, doivent être accompagnés de la notice d’information réglementaire et porter le marquage « CE » de façon visible, lisible et indélébile.

Le terrain de l’enquête

Les inspecteurs se sont rendus prioritairement chez les responsables de la première mise sur le marché (RPMM). Les enquêtes au stade de la distribution se sont déroulées dans les grandes et moyennes surfaces ainsi qu’auprès des magasins spécialisés dans les fournitures pour les collectivités et les professionnels.

Le produit « gant de jardinage en cuir » semble assez peu diffusé, la plupart des gants de protection vendus étant plutôt constitués de textiles divers  et/ou de caoutchouc.

Des résultats contrastés

Au titre des règles relatives aux EPI, le nombre d'anomalies est relativement faible (3,9 %), même si les informations données au consommateur doivent respecter davantage les dispositions réglementaires et normatives.

En revanche, si l’on tient compte de la composition « cuir » du produit, le bilan est plus négatif avec un taux de dangerosité des échantillons prélevés et analysés de 15,4 %.

De tels résultats plaident pour un renouvellement de cette enquête, avec le même axe de sécurité autour de la teneur en Chrome VI, mais en élargissant cependant le panel à d’autres gammes de produits contenant du cuir et/ou d’autres gants de protection, notamment ceux pour travaux lourds.

Cible Résultats

  15 régions
26 départements
222 établissements visités

645 actions de contrôle menées
16 avertissements
2 mesures de police administrative

Pourquoi contrôler la teneur en chrome VI  dans les gants de jardinage en cuir ?

Le tannage des cuirs au chrome est le procédé le plus utilisé. La présence d’impuretés dans les produits employés ou d’éventuelles réactions chimiques lors du processus de tannage peuvent conduire à des concentrations notables de chrome hexavalent (Cr VI).

L’utilisation de gants en cuir dans les milieux humides, lors de la pratique du jardinage, favorise l’absorption par la peau des substances présentes dans le cuir, dont les dérivés du Cr VI.

Le Cr VI présente la particularité d’être à la fois doté de propriétés cancérogènes et allergisantes. Il n’est cependant, pour l’heure, réglementairement limité que dans les ciments (2 mg/kg). Les articles en cuir venant en contact avec la peau, dans leur ensemble, seront prochainement couverts par une restriction comparable, en vertu d’un règlement de la Commission du 25 mars 2014  : limite de 3 mg/kg à compter du 1er mai 2015.

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