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Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

Contamination de certaines denrées alimentaires par des composés néoformés

07/09/2016

Chaque année, la DGCCRF lance un plan de surveillance portant sur la contamination de certaines denrées alimentaires de grande consommation par des composés qui se forment au cours de leur transformation (composés néoformés[1]) et sont susceptibles de présenter des risques sanitaires. Sur l’ensemble des produits analysés, l’enquête a mis en évidence, dans quelques cas, des teneurs en acrylamide supérieures aux valeurs indicatives et a conduit les professionnels à prendre des mesures correctives. En outre, la réglementation européenne devrait être prochainement renforcée afin de prendre en compte les récentes expertises scientifiques sur ces substances.

 

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Les objectifs de l’enquête étaient :

  • d’une part, de procéder à la surveillance de la contamination de certaines denrées alimentaires par des composés néoformés ;
  • d’autre part, de sensibiliser les opérateurs aux dangers représentés par ces composés et d’inciter à la réduction de la contamination.

Les différentes substances recherchées présentent des risques potentiels sur la santé humaine

  • L’acrylamide

L’acrylamide est un contaminant qui se forme naturellement lors de la cuisson des aliments au cours d’un ensemble de réactions chimiques entre les acides aminés et les sucres en présence.

  • Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)

Les HAP se forment au cours des processus de pyrolyse et de combustion incomplète de matières organiques. La contamination des denrées alimentaires par les HAP peut avoir une origine environnementale, liée aux émissions atmosphériques dans l’environnement par les gaz d’échappement des moteurs ou le chauffage domestique par exemple. Elle peut également avoir une origine technologique, liée à la mise en œuvre de procédés permettant aux produits de combustion d’entrer en contact direct avec l’aliment lors de sa préparation (séchage, fumage, grillage et cuisson à haute température).

  • Le 3-monochloropropane-1, 2-diol (3 MCPD) et ses esters et les esters de glycidol

Le 3-MCPD peut être présent dans une gamme élargie de denrées alimentaires. Quant aux esters de MCPD et de glycidol, ils se forment lors du raffinage des huiles végétales.

  • Le furane

Le furane est un composé volatil qui se forme au cours du traitement thermique de certains aliments.

Les teneurs en HAP des échantillons analysés lors de l’enquête étaient conformes aux teneurs maximales réglementaires. Des teneurs supérieures aux valeurs indicatives définies pour l’acrylamide ont été mises en évidence

L’acrylamide a été dosé dans 166 échantillons, parmi lesquels sept présentaient une teneur supérieure aux valeurs indicatives[2] définies par la recommandation de la Commission 2013/647/UE (un échantillon de frites prêtes à être consommées ; cinq chips et un café torréfié). Les opérateurs concernés ont été invités à évaluer puis mettre en œuvre les outils permettant de réduire la contamination et feront l’objet d’un suivi particulier.

La DGCCRF a conduit des actions de sensibilisation, auprès des restaurateurs et des PME en particulier, sur les risques de contamination par l’acrylamide. Certains d’eux ont d’ailleurs intégré ce danger dans leur procédure d’analyse des risques et procèdent régulièrement à des contrôles.

Les teneurs en HAP des 132 échantillons analysés par le Service commun des laboratoires (huiles et matières grasses végétales, fèves de cacao et produits dérivés, aliments infantiles, compléments alimentaires, cafés et substituts de café, légumes et céréales, bananes frites) étaient toutes conformes à la réglementation en vigueur lors de la réalisation de l’enquête et aux nouvelles dispositions applicables depuis le 1er avril 2016.

Une partie des échantillons analysés a permis de doser la teneur des produits en esters de MCPD et de glycidol ainsi que de furane et de ses dérivés méthylés. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a été saisie d’une demande d’évaluation des risques liés à l’exposition des consommateurs à ces composés.

L’EFSA publie des évaluations sur les risques liés à la contamination de certaines denrées alimentaires par les substances néoformées

  • L’acrylamide

L’EFSA a publié, le 4 juin 2015 un avis sur les risques liés à l’exposition des consommateurs à l’acrylamide. Les discussions en cours sur les suites à donner à cet avis s’orientent vers la rédaction d’un règlement imposant aux opérateurs l’application de bonnes pratiques décrites dans des codes rédigés par les organisations professionnelles et validés par la Commission européenne et les Etats membres.

Par ailleurs, un groupe de travail a été créé au sein du Conseil national de la consommation afin de définir d’une part des recommandations de préparations des aliments pour réduire la contamination des denrées alimentaires préparées à la maison, et d’autre part, de sensibiliser les consommateurs au danger « acrylamide ». Les travaux devraient être finalisés pour la fin de l’année 2016.

  • Le 3-MCPD, ses esters et les esters de glycidol

L’EFSA a adopté, le 3 mars 2016, un avis sur les risques liés à l’exposition à ces contaminants. Des discussions sont en cours au niveau de l’UE sur la fixation de teneurs maximales réglementaires pour les huiles végétales, les préparations pour nourrissons et les préparations de suite.

  • Le furane

Un avis de l’EFSA sur les risques liés à l’exposition au furane et aux dérivés méthylés du furane est attendu pour la fin de l’année 2017.

Les données individuelles de contamination des denrées alimentaires recueillies dans le cadre de ce plan de surveillance, qui est reconduit par la DGCCRF en 2016, seront transmises à l’EFSA par l’intermédiaire de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).

A partir de ces nouvelles expertises scientifiques, le dispositif réglementaire devrait donc être progressivement complété et permettre une surveillance du marché renforcée, au bénéfice de la sécurité sanitaire des denrées alimentaires.

 

[1] Les contaminants néoformés sont : l’acrylamide, le 3-monochloro-propane-1, (3-MCPD) et ses esters, les esters de 2-MCPD, les esters de glycidol, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), le furane et les dérivés méthylés du furane.

[2] Une valeur indicative ne constitue pas un seuil de sécurité, ni un seuil réglementaire. Leur dépassement souligne la nécessité d’une étude, chez le fabricant, des conditions de fabrication et des mesures mises en place pour limiter la contamination de la denrée par l’acrylamide. Ces valeurs indicatives sont fixées par la recommandation de la Commission du 8 novembre 2013.

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