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Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

Le point sur... La loi Chatel - 01/01/2009

Article extrait de la revue trimestrielle "concurrence&consommation" du n° 157 (janvier-février-mars 2008)

Luc Chatel, secrétaire d'Etat chargé de la consommation et du tourisme

La loi du 3 janvier 2008 pour le développement de la concurrence au service des consommateurs a été publiée au Journal officiel du 4 janvier. Quarante articles répartis en quatre titres consacrés à la modernisation des relations fournisseurs-distributeurs, à des mesures sectorielles en faveur du pouvoir d'achat (téléphonie, banques, assurances…) à la lutte contre les pratiques commerciales déloyales ou agressives.

La modernisation des relations commerciales
Mesure phare, le passage au "trois fois net" permettra d'abaisser le seuil de revente à perte. Pour le calculer, les distributeurs diminueront désormais le prix unitaire net facturé du pourcentage représentant l'ensemble des avantages financiers relevant de la "coopération commerciale (1)" .
Le texte maintient le coefficient de 0,9 appliqué au prix d'achat effectif des produits vendus à des revendeurs, transformateurs ou prestataires de service finals sous réserve que ces professionnels soient indépendants de leur fournisseur.
Un cas particulier : les spécialités pharmaceutiques remboursables. La modification de l'article L 138-9 du code de la Sécurité sociale plafonne à 17 % les rabais, remises et avantages commerciaux sur les médicaments génériques.
Avant le 1er mars de chaque année, fournisseurs et distributeurs devront avoir signé une convention unique ou un contrat-cadre annuel complété par des contrats d'application, détaillant le résultat des négociations commerciales qu'ils auront conclues (2).
Le régime des contrats-types agricoles est précisé. Parmi les clauses qui devront y être insérées figurent les modalités de révision des conditions de vente en cas de fortes variations du cours des matières premières (3).
La sanction pénale du refus de communication des conditions  générales de vente par un fournisseur est supprimée. Elle est remplacée par une sanction civile (4).

Mieux protéger le consommateur

En matière de communications électroniques, deux mesures renforceront la protection des consommateurs lors de la résiliation d'un contrat :

le préavis est désormais limité à dix jours à compter de la réception par le fournisseur de la demande de l'abonné ;
le délai de restitution du dépôt de garantie et des avances est également de dix jours. Le non-respect de ce délai entraînera une majoration de 50 % des sommes dues (5).

Les contrats qui comportent une durée minimum d'exécution (limitée à vingt-quatre mois) sont aussi soumis à des obligations. Sur chaque facture doivent figurer des éléments (date, durée) permettant au consommateur de  connaître la date de fin de l'engagement, même si elle est déjà échue (6).

Tout opérateur proposant un contrat d'une durée supérieure à un an devra simultanément faire une offre "non disqualifiante" pour une durée d'un an au plus. En outre, l'abonné aura la faculté au bout de douze mois de résilier son contrat. Le montant de l'indemnité ne pourra excéder le quart des sommes dues pour la période d'abonnement à laquelle il renonce (7) : il paiera donc au plus un trimestre s'il résilie un abonnement un an avant son échéance.
Autre obligation pour l'opérateur : recueillir, à l'issue de la période de gratuité, l'accord exprès de l'abonné avant de facturer un service jusque-là offert (8).

Mesures très attendues, l'accès au service après-vente, aux services d'assistance technique ou de traitement des réclamations par des numéros d'appel non surtaxés (quelle que soit l'origine de l'appel) et la gratuité du temps d'attente depuis le réseau de l'opérateur sont également prévues (9).
Toutes ces dispositions entreront en vigueur le 1er juin 2008.

Enfin, le législateur a donné au gouvernement les moyens juridiques de faire entrer un 4e opérateur titulaire d'une licence sur le marché de la téléphonie mobile. Un dispositif réglementaire, sous le contrôle du Parlement, doit préciser le montant et les modalités de versement de la redevance perçue à cette occasion.

La médiation dans le secteur bancaire sera désormais étendue au crédit et à l'épargne.
À partir de 2008, et pour chaque année, les établissements de crédit devront envoyer aux personnes physiques et aux associations le relevé annuel détaillant la totalité des frais bancaires liés à la gestion de leur compte de dépôt. Le premier récapitulatif sera adressé aux titulaires des comptes concernés avant le 31 janvier 2009.
Pour les crédits immobiliers (10), les offres de prêts à taux fixe comprennent un calendrier des amortissements qui précise, pour chaque échéance, les montants du capital remboursé et des intérêts payés.
À partir du 1er octobre 2008, les offres de prêts à taux variable seront accompagnées d'une notice sur les modalités de variation du taux d'intérêt et d'une simulation de l'impact d'une variation du taux sur les mensualités, la durée du prêt et le coût total du crédit. Ce document d'information ne constitue pas un engagement de l'organisme prêteur sur l'évolution des taux d'intérêt. Chaque année, l'établissement prêteur devra indiquer à l'emprunteur le montant du capital restant à rembourser (11).
À la même date entrera en vigueur la possibilité pour l'emprunteur – sauf en cas d'adhésion obligatoire à un contrat d'assurance collective conclu par le prêteur (12) – de souscrire une assurance auprès du prestataire de son choix.
S'agissant d'assurances, dès le 1er juillet 2008, le délai de rétractation, dans le cas de démarchage à domicile, sera de quatorze jours pour toute vente de contrat, à l'exception des assurances-vie ou de capitalisation, des contrats d'assurance d'une durée maximale d'un mois et des assurances de voyage ou de bagages (13).
C'est à partir du 1er juin 2008 que s'appliqueront les nouvelles dispositions sur la vente à distance. La date de livraison ou d'exécution du service commandé devra impérativement être précisée par le fournisseur. En cas de non-respect de cette date, le consommateur pourra demander la résolution de la vente et le remboursement des sommes déjà versées. Obligatoire aussi, la mention du droit de rétractation, ou de son absence s'il ne s'applique pas à la transaction. Le professionnel sera alors tenu de rembourser le consommateur qui a exercé son droit de rétractation, de toutes les sommes versées par un véritable moyen de paiement, dans un délai maximum de trente jours.
Obligatoirement communiqués lors de la conclusion du contrat, les numéros d'appel, qui permettent au consommateur de suivre sa commande et de faire jouer ses droits, ne seront pas surtaxés (14).
Enfin, l'article 34 de la loi innove en reconnaissant au juge le pouvoir de relever d'office des règles protectrices issues du code de la consommation (voir encadré ci-dessous).

Nouveau pouvoir du juge, article 34 de la loi

Les litiges relatifs au droit de la consommation relèvent le plus souvent de la compétence des juridictions d'instance. Le recours à un avocat n'est donc pas obligatoire. Or, le consommateur qui se défend seul n'est pas toujours en mesure d'invoquer un argument juridique décisif. Avant les nouvelles dispositions de la loi, le juge ne pouvait lui venir en aide en soulevant d'office un moyen issu du droit de la consommation. L'article 34 l'autorise désormais à le faire. Ces dispositions bénéficieront également aux artisans, commerçants ou chefs de petites entreprises qui n'ont pas nécessairement recours à un avocat.

Refonte et adaptation du code de la consommation

L'article 35 de la loi autorise le gouvernement à procéder par ordonnance, dans un délai de 24 mois, à la refonte du code de la consommation. Les dispositions législatives non encore codifiées y seront incluses. Le plan en sera  aménagé pour améliorer la clarté d'un texte fréquemment enrichi et modifié au cours des dernières années.
L'article 36 habilite le gouvernement à prendre, par voie d'ordonnance également et dans un délai de huit mois, deux mesures importantes.
Il s'agit d'abord d'améliorer le contrôle des produits alimentaires importés. Les pouvoirs des agents chargés du contrôle des produits importés des pays tiers seront renforcés. Les contrôles des aliments pour animaux et des denrées alimentaires non animales pourront être opérés avant qu'un régime douanier ne leur soit affecté.
La seconde habilitation vise à intégrer dans le code de la consommation les dispositions concernant la sécurité générale des produits qui précisent que : "Un produit est présumé sûr quand il est conforme à une norme européenne publiée au Journal officiel de l'Union européenne (15)" .
L'article 39 prévoit la transposition, en droit interne, dans le code de la consommation, de la directive européenne relative aux pratiques commerciales déloyales (16) à l'égard du consommateur. Mentionnons notamment la création d'une section (section 5) consacrée aux pratiques agressives et précisant les sanctions qui leur sont applicables.

L'outre-mer

Le gouvernement dispose d'une habilitation pour prendre par ordonnance, dans un délai de douze mois, les mesures nécessaires à l'application des dispositions de la loi dans les territoires et collectivités d'outre-mer.

Acheter ses meubles le dimanche

Acheter ses meubles le dimanche
La "loi Chatel" étend la liste des commerces autorisés à ouvrir le dimanche. Ce régime dérogatoire s'applique désormais également aux magasins de meubles.

1. L'expression services de coopération commerciale, appliquée aux produits vendus aux distributeurs est remplacée par : "services rendus à l'occasion de leur revente, propres à favoriser leur commercialisation et ne relevant pas des obligations d'achat et de vente ou de services ayant un objet distinct", voir article L. 441-2-1 du code du commerce.
2. Article L. 441-7 du code de commerce.
3. Article L. 442-9 du code de commerce.
4. Articles L. 442-6 et L. 441-6 du code de commerce.
5. Article L.121-84- 1 et 2 du code de la consommation.
6. Article L . 121-84-3 du code de la consommation.
7. Article L 121-84-6 du code de la consommation.
8. Article L. 121-84-4 du code de la consommation.
9. Article L. 121-84-5 du code de la consommation.
10. Article L. 312-8 du code de la consommation.
11. Article L. 312-14-2 du code de la consommation.
12. Voir conditions prévues par l'article L. 312-9 du code de la consommation.
13. Article L. 112-9 du code des assurances.
14. Articles L. 121-18, L. 121-19 et L. 121-20-1 du code de la consommation.
15. Cette mesure complétera la transposition de la directive 2001/95/CE.
16. Articles L 120 à L. 122 et 141-2 du code de la consommation.

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