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L’AIFE en première ligne pour soutenir l’économie inclusive dans les métiers du numérique

03/12/2018

Comment remettre le pied à l'étrier à des jeunes en difficulté d'insertion professionnelle grâce au numérique ? C'est l'ambitieux projet mené par « Acces, Inclusive Tech », la première coentreprise d’insertion sur les métiers du numérique en France, que l'AIFE a été le 1er partenaire à mettre en œuvre.

Fin 2016, le groupe associatif ARES, premier acteur francilien de l’insertion par l’activité économique, et la Fondation Accenture, se sont unies pour créer « Acces, Inclusive Tech », la première coentreprise d’insertion sur les métiers du numérique en France. Acces est née d’un double constat : d’une part, des compétences numériques de plus en plus demandées, voire en pénurie, dans le monde du travail, et, d’autre part, un vivier inexploité de talents constitué de demandeurs d’emploi ayant une forte appétence pour le numérique. Alors même que le numérique est souvent présenté comme un obstacle à l’emploi pour les personnes défavorisées, l’ambition d’Acces est justement de prendre le contrepied de cette idée et de faire du numérique un facteur d’inclusion.

« L’objectif d’Acces est vraiment un projet d’intérêt général pour aider des personnes fragiles à retrouver un emploi, dans les métiers du numérique. Les personnes que nous aidons peuvent aussi bien être des jeunes décrocheurs scolaires sans qualification, des travailleurs handicapés, des séniors qualifiés chômeurs de longue durée, que des travailleurs migrants et réfugiés », indique Jean-Christophe Arnauné, directeur d’Acces.
 

L’AIFE, le tout premier partenaire d’Acces

L’AIFE a été le tout premier partenaire d’Acces à mettre en place ce dispositif. Cinq collaborateurs, recrutés en CDD de 18 mois, ont ainsi été accueillis par l’AIFE en octobre 2016 sur des fonctions de tests logiciels de non-régression. Pierre-Jean Budria responsable du pilotage « Recette & Intégration » de l’AIFE, nous explique la genèse de ce partenariat : « l’AIFE a intégré en 2016 une clause sociale dans son marché de renouvellement de la maintenance du Système d’Information Chorus. C’est dans ce cadre qu’Accenture, qui a remporté ce marché, a proposé à l’AIFE d’intégrer dans son équipe de maintenance des collaborateurs en cours de réinsertion sociale. »

Acces s’est chargée du recrutement des collaborateurs en évaluant à la fois les difficultés des candidats, leur motivation, leurs capacités potentielles, et, compte tenu du contexte de l’AIFE, leur appétence pour l’informatique.

« Des consultants Accenture leur ont délivré une formation initiale d’une semaine, pour leur donner un minimum de connaissance du contexte et les bases du métier qu’ils avaient à assurer » explique Anne Leyris, responsable de l’équipe Accenture intégration/tests présente à l’AIFE.

Les collaborateurs ont été totalement intégrés aux équipes d’Accenture, y compris physiquement dans les locaux de l’AIFE. «  Il a tout de même fallu briefer au début nos consultants sur la démarche et surtout bien prendre le temps pour expliquer et si besoin réexpliquer aux collaborateurs Acces les tâches qu’ils avaient à effectuer. Accenture les a accompagnés opérationnellement tout au long de leur présence et leur a apporté l’expertise technique ou fonctionnelle dont ils avaient besoin » complète Anne Leyris.

Chacun son rôle, Acces a de son côté accompagné opérationnellement et socialement ses collaborateurs, avec la présence à l’AIFE d’un manager Acces à temps plein tout au long de la prestation. « Nous aidons nos collaborateurs à régler certaines problématiques sociales liées par exemple à leur logement, leur santé, leur endettement. Le but est de les aider à se concentrer sur leur emploi et à se projeter vers l’avenir » précise Jean-Christophe Arnauné. Cet accompagnement social n’a pas été visible de l’AIFE, mais il a pourtant été essentiel pour la réussite globale des parcours des collaborateurs. « Il est clair que l’une des clés de la réussite tient dans l’accompagnement et le cadrage très strict des collaborateurs mis en place par Acces. Mais d’autres facteurs ont aussi contribué à cette réussite, notamment une bienveillance particulière de la part d’Accenture et de l’AIFE pour l’intégration de ces personnels au sein des équipes » tient à préciser Pierre-Jean Budria.

Pourtant, tout n’a pas été si facile, tant pour l’AIFE, pour Accenture, que pour les collaborateurs eux-mêmes, dont le niveau scolaire était, de plus, très hétérogène. Il a fallu un accompagnement personnalisé, de la méthode (avec notamment la rédaction de nombreux modes opératoires) et de la pédagogie pour expliquer par exemple à un collaborateur n’ayant pas le Bac comment procéder à des tests d’intégration. Quant aux collaborateurs, il a fallu qu’ils montrent une motivation sans faille pour réussir à franchir cette marche. Ce qu’ils ont fait remarquablement.

« Au final, nous avons été pleinement satisfaits du travail réalisé et nous avons vu ces collaborateurs progresser chacun à leur rythme et gagner peu à peu en autonomie. Et il est certain que sans ce partenariat, compte tenu de leurs parcours et de leurs niveaux d’étude, jamais ils n’auraient été choisis par l’AIFE ou par Accenture. D’ailleurs probablement qu’ils n’auraient même jamais osé postuler » précise Pierre-Jean Budria. Anne Leyris partage cette vision d’un bilan très positif, à tous points de vue : « l’apport opérationnel de ces collaborateurs a été réel pour Accenture, ils ont fourni un travail de qualité. L’apport a été aussi humain. Voir leur progression, leur épanouissement, et le début de leur envol professionnel est une grande satisfaction et cela a même renforcé le sens de leur travail pour les consultants Accenture présents à l’AIFE ».

Reste évidemment que la finalité n’est pas cette mission, qui n’est qu’un tremplin, mais bien d’aider ces personnes à retrouver un emploi pérenne. « Acces coache ses collaborateurs dans leur recherche d’emploi, nous ne les laissons pas seuls. Le but est de les professionnaliser et, in fine, qu’ils puissent retrouver un emploi, ou au minimum une formation qui les aidera à retrouver ensuite un emploi  » conclut Jean-Christophe Arnauné.
 

Un bilan très positif avec un taux de réussite de 80% et un partenariat reconduit fin 2018

Au total, le bilan est très positif avec 4 des 5 collaborateurs qui ont été jusqu’au bout de leur mission à l’AIFE et, aujourd’hui, soit ont retrouvé un emploi en CDI, soit suivent ou ont suivi une formation diplômante. A noter que le taux habituel moyen de réussite est plutôt de 65%.

La meilleure preuve de la réussite de cette démarche est qu’elle a été reconduite fin 2018, avec 6 nouveaux collaborateurs qui viennent de rejoindre les équipes d’Accenture au sein de l’AIFE pour deux années, dans le cadre du partenariat avec Acces.

          

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Le portrait de Samuel Pina-Varela

Arrivé à 16 ans en France, sans aucun diplôme et sans parler français, Samuel Pina-Varela n’avait aucune chance de trouver un emploi ou même une formation dans l’informatique, domaine qui le passionnait, sans cette opportunité proposée par Acces. Au final, son passage de 18 mois à l’AIFE est une pleine réussite et lui a servi de tremplin.

« C'était quasi impossible pour moi de trouver un emploi ou une formation dans le domaine de l’informatique comme je le voulais. Puis j'ai trouvé Acces et cela a tout changé pour moi. Mon arrivée à l’AIFE dans les équipes Accenture, c'était tout simplement mon premier emploi, mon premier vrai contact avec le monde du travail, dans le secteur que je voulais connaître, l’informatique.

J’ai été très bien accueilli par les équipes Accenture et AIFE, ils ont pris le temps pour bien m’expliquer. Les trois premiers mois, je suis monté en compétences sur le domaine de la dépense qui était celui pour lequel j’ai effectué des tests de non-régression. Très vite, j’ai pu, peu à peu, gagner en autonomie et en confiance.

J’ai beaucoup appris durant ces 18 mois, et pas que dans le domaine informatique. J’ai aussi appris tout simplement ce qu’était le monde du travail. Et surtout, cela m’a permis d’enchaîner ensuite, après l’AIFE, sur une formation en alternance. Je travaille actuellement dans un centre de support et je suis en parallèle des cours pour passer un Baccalauréat informatique. Mais je ne compte pas m’arrêter là et je pense poursuivre ensuite des études supérieures. Mon but est de devenir développeur web et je ferai tout pour y parvenir !

Mais sans l’opportunité que m’a donnée Acces de cet emploi à l’AIFE je n’en serais pas là, c’est certain ».

La meilleure preuve sans doute de l’intérêt et de la pertinence de la démarche pour des personnes sans diplômes comme Samuel Pina-Varela, est qu’il a recommandé à des amis et à l’un de ses proches de suivre son exemple et de candidater chez Acces !

Le portrait de Yasmine

Yasmine a un profil atypique parmi les collaborateurs d’Acces. Déjà diplômée d’un BTS gestion PME-PMI, elle avait préalablement travaillé dans différents domaines (gestion, vente…). Mais elle avait aussi vite compris qu’elle était partie sur une mauvaise orientation professionnelle. Intégrer Acces était pour elle, dans une démarche de reconversion, l’occasion de se ressourcer, de prendre du recul, mais surtout d’essayer de trouver enfin sa vraie voie professionnelle.

«  J’ai découvert à l’AIFE un nouvel environnement. Travailler pour l’État, découvrir le secteur informatique, apprendre – et c’était compliqué au début-, à effectuer des tests sur un grand logiciel comme Chorus, tout ceci était nouveau pour moi. Mais c’était vraiment passionnant et nous apprenions tous les jours quelque chose.

J’ai été très bien accueillie par les équipes Accenture et AIFE. Ce qui était très important pour moi est que nous formions une équipe et que nous étions tous, collaborateurs Acces et consultants Accenture, dans le même bureau, mélangés et il n’y avait pas de différence. Humainement, cette intégration a vraiment été essentielle pour notre réussite.

Après mon contrat de 18 mois à l’AIFE, je me suis inscrite dans une école spécialisée dans la reconversion professionnelle pour suivre une formation dans le domaine social, et plus précisément de « conseillère d’insertion professionnelle ». J’ai obtenu mon diplôme en septembre dernier. Et je suis depuis à la recherche d’un emploi dans cette fonction, et j’ai bon espoir de trouver.

Mon passage à Acces m’a vraiment beaucoup apporté et ils m’ont bien aidé à définir mon projet de formation et de reconversion professionnelle. Je sais aujourd'hui que j’ai enfin trouvé ma voie. Quelque part je reviens à ce que j’ai toujours voulu réellement faire de ma vie, aider les autres, et je vais donc pouvoir maintenant être là où je dois être, après avoir moi-même été accompagnée. »

 

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