Revenir à la liste des dossiers
Emprunté au vocabulaire des affaires, la notion de gouvernance mondiale fait son apparition dans le champ des relations internationales vers la fin des années 80. Elle répond à une problématique simple : les organisations traditionnelles peinent à remédier aux déséquilibres économiques générés par la mondialisation. Depuis 2008, la gouvernance mondiale s’incarne dans le G20, nouvelle instance de coopération internationale. Pour quels résultats ? Et avec quelles ambitions ? Eléments de réponse.
La présidence française du G20 s’est achevée le 30 novembre dernier, quelques semaines après le sommet des chefs d’Etat de Cannes. Lors de cette réunion, la gestion de la dette souveraine et des risques encourus par les économies de la zone euro a largement monopolisé l’attention, éclipsant les avancées réalisées sur les priorités fixées en août 2010 par le Président de la République. Pour autant, dans le tumulte d’une actualité dominée la résolution de la crise grecque, le G20 de Cannes a permis de parvenir à des accords sur bien des points. Et force est de constater que les grandes puissances ont démontré leur mobilisation pour coordonner leurs politiques macro-économiques et apporter une réponse globale à la crise.
Crise de la dette oblige, la mission première du sommet de Cannes a été de s’attaquer aux vulnérabilités de court et moyen termes à travers un paquet de mesures globales, baptisé Plan d’action pour la croissance et l’emploi, destiné à soutenir la croissance et assurer la stabilité financière. A plus long terme, les principales économies de la planète se sont engagées à tenter de ramener la croissance sur des fondements durables, en s’efforçant de corriger les déséquilibres mondiaux.
La Chine et l’Allemagne ont accepté à prendre des mesures pour soutenir leur consommation domestique.Les pays émergents, qui ont une balance commerciale excédentaire, ont également promis de faire évoluer leur demande intérieure, de manière à soutenir la reprise mondiale. La Chine s’est notamment engagée à augmenter la flexibilité du yuan, accusé par certains d’être sous-évalué de manière artificielle pour favoriser les exportations chinoises au détriment des partenaires commerciaux de Pékin.
Partant d’un constat partagé sur les dysfonctionnements du système monétaire international (SMI) actuel, les pays du G20 se sont accordés pour lancer une réforme selon plusieurs axes :
Enfin, de façon plus globale, le G20 a décidé de renforcer la capacité du FMI à répondre aux crises et à les prévenir, grâce notamment à la mise en œuvre d’un nouvel instrument de liquidité à court terme.
À Cannes, les pays du G20 ont réaffirmé avec vigueur leur détermination à mener à bien la réforme du secteur financier dans des délais courts, en renforçant notamment les règles qui s’appliquent aux banques les plus importantes. D’autres décisions de poids ont été prises, s’agissant en particulier de la régulation des marchés dérivés de matières premières ou encore de la nécessité de poursuivre l’encadrement des activités financières dans leur ensemble. Un accord a été trouvé pour renforcer les capacités, les ressources et la gouvernance du Conseil de stabilité financière, préfigurant ainsi une organisation mondiale de la finance. S’agissant des juridictions non coopératives, les pays du G20 ont rappelé leur engagement à promouvoir la conformité aux standards internationaux d’échange d’information fiscale et financière. Par ailleurs, pour la première fois, le G20 a étudié en profondeur la question des financements innovants, y compris d’une éventuelle taxe sur les transactions financières.
La volatilité excessive des matières premières a un impact fort sur les agents économiques et les pays du G20 ont travaillé à limiter ces effets via plusieurs actions : l’amélioration de la transparence des marchés physiques et des bases de données sur les énergies fossiles, la lutte contre les subventions inefficaces aux énergies fossiles, ou encore l’amélioration de la sécurité alimentaire. Partant du constat que les marchés de matières premières sont de plus en plus financiarisés, le G20 a endossé à Cannes un cadre commun de régulation et de supervision des marchés dérivés de matières premières. Ce cadre inclut des mesures d’amélioration de la transparence de ces marchés et le renforcement de leur surveillance.
Pour renforcer la sécurité alimentaire, le G20 s’est prononcé en faveur de la mise en place de stocks humanitaires d’urgence et pour la fin des restrictions aux exportations destinées au PAM (Programme alimentaire mondial). En matière d’infrastructures, les membres du G20 se sont engagés à soutenir 11 projets exemplaires dont la réalisation aura un effet décisif pour la croissance, l’intégration régionale et l’accès aux marchés mondiaux. Ils sont par ailleurs convenus d’un renforcement de la coopération en matière d’emploi et d’une reconnaissance de l’importance des socles de protection sociale.
S’agissant du financement du développement, la discussion a portée sur un menu d’options de financements innovants mis en avant par Bill Gates (garanties d’achat futur, obligations pour les diasporas, taxation de combustibles de soute et du tabac, taxes financières), certains membres se déclarant prêts à étudier, voire à mettre en œuvre, ces options.
Enfin, le G20 voit sa crédibilité renforcée : il est confirmé en tant qu’instance informelle de discussion. A l’instauration d’un secrétariat permanent les grandes puissances ont préféré l’institutionnalisation d’une « Toïka », associant les présidences précédente, en exercice et future, soit mexicaine, française et russe. Par ailleurs, la gouvernance mondiale s’engage sur la voie d’un multilatéralisme accru, à travers la réforme du Fonds de stabilité financière, la réforme du FMI et le renforcement de l’OMC.
Le G20 de Cannes a-t-il rempli sa mission ? L’envie est forte, au regard de l’énumération qui précède, de répondre par l’affirmative. Cannes figurera avec le G20 de Londres et celui de Séoul comme des G20 qui ont su faire avancer l’agenda de la gouvernance mondiale. Et dans ce cadre, la Présidence française aura joué pleinement son rôle d’entraînement et d’impulsion.
- 24 au 26 février à Mexico : réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales,
- 19 et 20 avril à Washington : deuxième réunion ministérielle Finance
- 18 et 19 juin à Los Cabos : sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement
- 9 et 10 novembre à Mexico : Dernière réunion ministérielle Finance
Présidences à venir : Russie en 2013, Australie en 2014 et Turquie en 2015.
Informations sur le portail :
Les rubriques du portail :
Suivre l'information :
S'informer pour agir :
Portails associés :
© Ministère de l'Économie, des Finances et du Commerce extérieur 2012