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Emprunté au vocabulaire des affaires, la notion de gouvernance mondiale fait son apparition dans le champ des relations internationales vers la fin des années 80. Elle répond à une problématique simple : les organisations traditionnelles peinent à remédier aux déséquilibres économiques générés par la mondialisation. Depuis 2008, la gouvernance mondiale s’incarne dans le G20, nouvelle instance de coopération internationale. Pour quels résultats ? Et avec quelles ambitions ? Eléments de réponse.
Depuis le 12 novembre 2010, la France assume la présidence du G20 et tiendra cette responsabilité jusqu'au Sommet de Cannes, les 3 et 4 novembre 2011. Elle s’est donnée comme priorité la promotion d’une gouvernance mondiale fondée sur des institutions internationales rénovées. La France a affirmé par ailleurs vouloir conforter le G20 dans son rôle de première enceinte de coopération économique, renforcer la cohérence d'action des institutions internationales en matière économique, sociale et environnementale et identifier les sujets où cette gouvernance est insuffisante. Elle s’est également fixée comme objectif d’améliorer la synergie entre le G20 et les Nations unies.
Le Conseil de Sécurité, institué après la Seconde Guerre mondiale, doit avoir une composition qui reflète le monde d'aujourd'hui. Cette réforme passe par un élargissement du nombre de sièges permanents et non permanents. La France propose d'opter pour une réforme intérimaire, qui permettra de tester les différents paramètres et de tirer le bilan de cet élargissement à la fin de la période intérimaire. Un accord au sein du G20 sur cette proposition donnerait une impulsion décisive pour relancer les négociations à l'Assemblée générale des Nations Unies.
Le G20 doit être ouvert sur le monde. Il doit faire partager ses positions et ses décisions. Tout au long de sa Présidence, la France s'attachera à approfondir les liens entre le G20 et les Nations Unies. Elle entend également développer le dialogue entre le G20 et les pays qui n'en sont pas membres. Elle souhaite intensifier les échanges avec les organisations régionales de tous les continents ainsi qu'avec la Francophonie et le Commonwealth. Partout où cela sera possible, la France s'efforcera de développer le dialogue avec les forces vives de la société : élus et collectivités, entreprises, partenaires sociaux, représentants des différentes confessions religieuses, universités, jeunes, etc.
La réforme est possible : on l'a vu pour la Banque Mondiale et le FMI, avec une meilleure prise en compte du nouveau poids des pays émergents ; on l'a vu aussi pour la Sécurité alimentaire avec une réforme de l'organisation internationale compétente, la FAO. Dans certains domaines comme l'environnement, où il existe un défaut évident de gouvernance compte tenu de la dispersion des moyens et des normes, il y a urgence à agir. Il faut également regarder l'existant : comment améliorer concrètement le fonctionnement des différentes organisations internationales ? Comment les faire mieux travailler entre elles ?
Aujourd'hui, la préparation des Sommets du G20 est assurée par le pays qui en exerce la présidence. Ce système permet de donner une dynamique politique mais il rencontre des limites : complexité croissante avec la multiplication des sujets traités par le G20, parfois très techniques, lourdeur d'organisation à mesure que la participation au G20 se développe, risque d'un défaut de continuité entre les présidences successives. L'une des pistes pour consolider le G20 pourrait être de créer un Secrétariat permanent. Il renforcerait l'expertise du G20, en complément de celle des institutions financières internationales. Il apporterait un soutien à l'organisation et au déroulement de la présidence. Il donnerait davantage de cohérence interne et de continuité dans l'action.
La direction générale du Trésor a participé à l’adaptation des ressources du FMI, en facilitant la ratification par la France de l’augmentation du montant des nouveaux accords d’emprunt. Elle a également œuvré à ce que la réflexion sur les modalités d’intervention du FMI se poursuive. Ces efforts ont permis d’entériner en 2010 une nouvelle étape de la réforme de son cadre de prêt afin d’accroître sa capacité à prévenir les crises. Elle s’est enfin impliquée dans la négociation de la réforme de la gouvernance du FMI qui a permis de renforcer sa crédibilité, son efficacité et sa légitimité.
La DG Trésor a conduit pour la France la négociation sur la réforme de la gouvernance de la Banque mondiale, afin de renforcer la légitimité de cette institution par une plus grande représentation des pays émergents et en développement. À l’issue de cette réforme, les droits de vote des pays en développement atteignent 47,2 %, et la Chine devient le troisième actionnaire de la Banque mondiale, devant l’Allemagne (quatrième), la France et le Royaume-Uni (cinquième ex-aequo).
Le « Cadre pour la croissance » est un exercice ambitieux où la compatibilité internationale des politiques économiques de chacun est étudiée par le FMI puis discutée par les membres du G20. La DG Trésor a été largement associée à cet exercice, soit par sa participation directe à un groupe de travail dédié et aux réunions des suppléants des ministres et gouverneurs de banque centrale, soit par la préparation de la position française en vue des réunions ministérielles, des sherpas ou des chefs d’État et de gouvernement. Plus largement, la DG Trésor continue de veiller au renforcement de la pérennité de cette enceinte de discussion, en ligne avec la présidence française du G20.
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