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Le G20, nouvelle instance de gouvernance mondiale ?
Emprunté au vocabulaire des affaires, la notion de gouvernance mondiale fait son apparition dans le champ des relations internationales vers la fin des années 80. Elle répond à une problématique simple : les organisations traditionnelles peinent à remédier aux déséquilibres économiques générés par la mondialisation. Depuis 2008, la gouvernance mondiale s’incarne dans le G20, nouvelle instance de coopération internationale. Pour quels résultats ? Et avec quelles ambitions ? Eléments de réponse.
2- Le G20, un remède anti-crise ?
Septembre 2008. La faillite de la banque américaine Lehman Brothers marque un tournant dans la crise financière apparue durant l’été 2007 aux Etats-Unis : l’économie mondiale entre dans la récession la plus grave qu’elle ait connue depuis 1929. Le Sommet de Paris, le 4 octobre, appelle à la tenue d’un sommet international. Un G20 de crise se réunit à Washington, le 15 novembre 2008. Mais c’est le sommet de Pittsburgh, en septembre 2009, qui donne un coup d’accélérateur au processus, en jetant les bases d’un nouvel ordre économique mondial.
Pourquoi le G20 ?
Le G20 a été créé en 1999 en réponse aux crises financières dans les pays émergents : il s’agissait à l’origine de réunir une fois par an les ministres des Finances et les gouverneurs de Banques centrales pour faciliter la concertation internationale en matière économique. Lors du sommet fondateur de Washington de novembre 2008, les Chefs d’État et de gouvernement se sont mis d’accord sur un plan d’action exceptionnel pour éviter l’effondrement du système financier et de l’économie mondiale. Le G20 est devenu la première enceinte de coordination des politiques économiques. Depuis fin 2008, il se réunit régulièrement : à Londres en avril 2009, à Pittsburgh en septembre 2009, à Toronto en juin 2010, enfin à Séoul en novembre 2010. Il se réunira à Cannes les 3 et 4 novembre 2011.
L’action concertée du G20 a permis d’amortir le choc de la crise sur la croissance et l’emploi et de rétablir la confiance plus tôt que ne le prévoyaient les analystes. Les pays du G20 ont en effet déployé des moyens inédits pour soutenir l’économie mondiale : plans de relance budgétaire massifs et coordonnés, injections de liquidités par les banques centrales, mesures de soutien aux activités de crédit des banques, renforcement considérable des capacités d’aide des organisations internationales aux pays émergents ou en développement.
Deux réunions importantes (Londres en avril 2009, Pittsburgh en septembre 2009) ont fixé un cadre plus strict à la globalisation financière. Sur le plan de la stabilité financière, le G20 s’est ainsi engagé à mettre en place des normes comptables convergentes, à corriger le contrôle des banques et des agences de notation, à surveiller les institutions financières susceptibles de présenter un risque systémique, à mieux contrôler les marchés d’opérations de gré à gré et la rémunération des opérateurs de marché.
Autre avancée : les dirigeants des pays du G20 se sont prononcés en faveur d'une réforme du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Ils ont triplé le budget du FMI, convenu de donner davantage de poids dans l'attribution des quotes-parts aux pays émergeants et en développement encore sous-représentés et se sont engagés à soumettre leurs projets en matière de politique économique à l'approbation mutuelle des membres du groupe. S’agissant de la Banque mondiale, le G20 a acté une augmentation de 3% des droits de vote pour les pays en développement et en transition, au bénéfice des pays sous-représentés.
La réunion de puissances occidentales et de puissances émergentes renforce la légitimité de ce nouvel instrument de gouvernance mondiale, même si leurs intérêts propres demeurent le plus parfois contradictoires. Le G20 doit désormais montrer sa capacité à coordonner les stratégies de politique économique dans un contexte de reprise, prouver qu’il n’est pas seulement un outil anti-crise mais bien une réponse efficace et pérenne aux défis de demain.
Vidéos "C'est quoi le, G20 ? et "C'est quoi, le FMI ?"
Les institutions mondiales
Le Fonds monétaire international
Initialement, le Fonds monétaire international (FMI) avait pour mission de résoudre les problèmes de balance des paiements, dans un système monétaire international de changes fixes, en mettant à disposition des États rencontrant des difficultés, des crédits à court terme. Avec l’abandon des changes fixes en 1976 à la conférence de la Jamaïque, le FMI a recentré ses interventions sur les États connaissant des problèmes d’endettement extérieur important. À partir du milieu des années 80, il conditionne l’octroi de crédits à l’adoption de plans d’ajustement structurel. Il participe aussi à la diffusion de codes et de standards internationaux et aux plans de sauvetage lors des crises financières internationales. Il joue aujourd’hui un rôle stratégique dans le soutien aux pays en difficultés financières.
La Banque mondiale
Mise en place en 1946 pour financer la reconstruction des pays détruits par la guerre, La Banque mondiale, désigne deux institutions internationales : la banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (IDA), créées pour lutter contre la pauvreté en apportant des aides, des financements, des conseils, aux États en difficulté. Le groupe de la Banque mondiale désigne quant à lui un ensemble de cinq établissements. Ces institutions se consacrent principalement à l’aide aux pays en développement auxquels en accordant des prêts à long terme. Récemment, elle a fait de la lutte contre la pauvreté son objectif prioritaire.
Le Conseil de sécurité de l’ONU
Le Conseil de sécurité des Nations unies est l'organe exécutif de l'Organisation des Nations unies (ONU). Il a « la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales » selon la Charte des Nations unies et dispose pour cela de pouvoirs spécifiques tels que le maintien de la paix, l'établissement de sanctions internationales et l'intervention militaire. La France a indiqué, dès 2005, qu’elle était favorable à un élargissement du nombre de sièges permanents et non permanents du Conseil de sécurité pour que sa composition reflète les réalités du monde et tienne compte de l’émergence de nouvelles puissances ayant la volonté et la capacité d’assumer des responsabilités importantes.