Tensions sur le marché de
l'interconnexion sur Internet
L’Autorité de la concurrence (ADLC) a
rendu, le 3 avril, son avis dans le contentieux opposant France
Télécom à l’opérateur de transit Cogent. Le second fait grief au
premier d’abuser de sa position dominante sur le marché de
l’interconnexion sur Internet, où France Télécom est présent à
un double titre : en tant que fournisseur d’accès à Internet (FAI),
à travers Orange, et en tant qu’opérateur de transit, avec Open
transit. Or, c’est grâce aux opérateurs de transit que les FAI se
connectent à Internet.
Même si l’ADLC considère que « les
pratiques de France Télécom dénoncées par Cogent ne semblent pas,
à ce stade de l’instruction, constituer une infraction », elle
exprime ses préoccupations, dans la mesure où l’opacité des
échanges internes au groupe France Télécom rend difficile le
contrôle d’éventuelles pratiques discriminatoires. Pour répondre à ces préoccupations, France Télécom a
présenté deux engagements : formaliser un protocole interne entre
Orange et Open Transit décrivant les conditions techniques,
opérationnelles et financières applicables à la fourniture de
services de connectivité en France ; mettre en place un suivi de ce
protocole interne. L'Autorité de la concurrence invite les acteurs à
s’exprimer sur ces engagements, jusqu'au 3 mai prochain.
L’Autorité organise un test de marché pour recueillir le point de vue des acteurs intéressés.
Si ces engagements sont jugés de nature à répondre aux
préoccupations de concurrence exprimées dans le cadre de la
procédure, l'Autorité de la concurrence, constatant qu'il n'y a plus
lieu d'agir, procèdera à la clôture de l'affaire, en prenant acte
des engagements qui prendront alors un caractère obligatoire. Cet avis
de l'Autorité de la concurrence conforte la décision prise par
l'ARCEP relative à la collecte d'informations sur les conditions
techniques et tarifaires de l'interconnexion et de l'acheminement de
données.
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