En 1141 apparaît le métier de changeur, qui ne s’occupe que du troc de monnaies d’or et d’argent et de marchandises diverses. Au cours du XVIIe siècle, la prééminence des transactions financières s’affirme et les « agents de change » concentrent leur activité sur les papiers négociables.
De 1572 à 1720, puis de 1774 à 1791, les agents de change ont le statut d’officiers ministériels, condition sine qua non pour négocier officiellement les valeurs mobilières. Un décret du 19 mars 1801 leur attribue de nouveau ce statut. À ce titre, ils sont nommés par ordonnance de la plus haute autorité de l’État (le roi, l’empereur, le Président de la République) sur rapport du ministre des finances. Le décret du 7 octobre 1890 qui règlemente la profession d’agent de change modifie leur mode de nomination, qui se fait désormais par décret. Après la réforme de décembre 1966, et jusqu’en 1987, ce sont des arrêtés du ministre des finances publiés au Journal officiel, qui nomment, suspendent et révoquent les agents de change, comme c’était déjà le cas pour le tarif des courtages des agents de change et la fixation du nombre des offices d’agents de change dans chaque bourse.
Parmi les agents de change nommés dans l’ordonnance du 22 octobre 1817 présentée ici, on relève les noms de Dosne, Tattet et Demachy. Alexis Dosne (1789-1849) était le beau-père d’Adolphe Thiers, ministre et président du Conseil sous la Monarchie de Juillet et premier président de la Troisième République, de 1871 à 1873. Thiers épousa sa fille aînée Élise en 1833. Pierre Frédéric Ferdinand Tattet (mort en 1837), agent de change de 1817 à 1823, était le père d’Alfred, ami intime du poète Alfred de Musset. Enfin, Hector Charles Claude Demachy (1776-1828) était l’agent de change de Gabriel Ouvrard, fournisseur aux armées durant les guerres du Premier Empire et de la campagne d’Espagne de 1823.