Ministère de l'économie, de l'industrie et de l'emploi, Ministère du budget, des comptes publics, de la fonction publique et de la réforme de l'ÉtatLes Monopoles - Entrées 'extraordinaires'

Les débitants de tabac

Depuis le Premier Empire, le pouvoir politique dispose des bureaux de tabac (17 000 en 1816), d’autant qu’ils vendent également les timbres fiscaux. Titularisés par l’administration, ils sont rétribués par la majoration des prix qu’ils sont autorisés à pratiquer lors de la vente. Pendant plusieurs décennies, les titulaires sont des veuves ou orphelins de militaires ou de fonctionnaires, ou d’autres personnes nécessiteuses et méritantes. En 1873, une commission au ministère des finances est chargée d’établir des listes de candidature aux débits de tabac, qui sont alors au nombre de 39 980.

En 1906, les titulaires de débits sont dispensés de l’exploitation ; les gérants sont désormais nommés par l’administration des Contributions indirectes qui fixe la redevance à verser. À partir de 1961, le SEITA décide conjointement avec le ministère des finances des créations, suppressions et transferts de débits, des conditions d’attribution des gérances et de l’aide financière apportée aux gérants de débits. La loi du 24 mai 1976 confirme que le monopole de la vente au détail est confié à l’administration des impôts qui l’exerce par l’intermédiaire des débitants (48 892 en 1970, 36 431 en 1992) désignés comme ses préposés et soumis à redevance, et auxquels elle impose certaines contraintes (réservation de vitrines publicitaires, accessibilité du comptoir tabac).

Le premier syndicat professionnel des gérants de débit de tabac est celui de la Seine, fondé le 20 mars 1896 ; suivent Bordeaux (1897), Marseille (1901) et Lyon (1903). Les 22 et 23 avril 1903, ces syndicats décident de se grouper sur le plan national et créent la Fédération nationale des débitants de tabacs, qui devient la Confédération en 1926. Dans chaque département existe une chambre syndicale, celles-ci se regroupant ensuite dans des Fédérations régionales. Le débitant de tabac est une publication professionnelle de la Fédération des gérants de débits de tabac de l’Île-de-France, qui a paru mensuellement de 1896 à 2002. Sur la couverture du numéro présenté ici, on reconnaît en haut à gauche du titre la carotte, qui est depuis 1906 l’enseigne officielle et obligatoire des débits de tabac humides (dotés d’un commerce annexe : bar ou café) et des débits secs. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la carotte, constituée de brins de tabac rassemblés, pressés et liés ensemble suivant des normes déposées, était, avec le rôle (fine corde de tabac) l’une des formes du tabac à mâcher, alors très à la mode : on devait la couper en morceaux et la râper soi-même.


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